{"id":4990,"date":"2012-03-26T09:15:18","date_gmt":"2012-03-26T07:15:18","guid":{"rendered":"http:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=4990"},"modified":"2012-03-26T09:15:18","modified_gmt":"2012-03-26T07:15:18","slug":"salariat-etat-des-lieux-dune-exploitation-quotidienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=4990","title":{"rendered":"Salariat : \u00e9tat des lieux d&rsquo;une exploitation quotidienne"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><em><strong>ndPN<\/strong> : cet article rend compte d&rsquo;une \u00e9tude pour le compte du minist\u00e8re du travail. Il n&rsquo;est pas une critique du salariat comme outil de domination et d&rsquo;exploitation dans la d\u00e9possession sociale organis\u00e9e par la bourgeoisie. N\u00e9anmoins, il t\u00e9moigne de l&rsquo;\u00e9volution de cette institution en termes d&rsquo;impacts sanitaires d\u00e9sastreux sur\u00a0des millions de gens.\u00a0A ce compte-rendu de Basta Mag, faudrait-il ajouter la \u00ab\u00a0baisse d&rsquo;autonomie\u00a0\u00bb en termes de \u00ab\u00a0latitude d\u00e9cisionnelle\u00a0\u00bb chez les salari\u00e9-e-s, notamment les plus qualifi\u00e9-e-s, relev\u00e9e par ce rapport.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><a href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/article2231.html\" target=\"_blank\">Surmen\u00e9s, surveill\u00e9s, surcharg\u00e9s : le quotidien de 8 millions de salari\u00e9s<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Intensification du travail, surveillance accrue des salari\u00e9s par leur hi\u00e9rarchie, p\u00e9nibilit\u00e9s physiques toujours tr\u00e8s pr\u00e9sentes&#8230; Tels sont les enseignements de la nouvelle \u00e9tude sur l\u2019exposition aux risques professionnels que vient de publier le minist\u00e8re du Travail. Elle r\u00e9v\u00e8le un accroissement des situations de \u00ab tension au travail \u00bb dans un contexte o\u00f9 le Medef, au nom de la comp\u00e9titivit\u00e9, cherche \u00e0 remettre en cause nombre de dispositions du droit du travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les conditions de travail se d\u00e9gradent-elles ? Quelles sont les contraintes et p\u00e9nibilit\u00e9s qui p\u00e8sent sur les salari\u00e9s ? Et les risques encourus ? L\u2019enqu\u00eate \u00ab Sumer \u00bb (Surveillance m\u00e9dicale des expositions aux risques professionnels) nous livre une photographie, bien plus \u00e9tay\u00e9e qu\u2019un vulgaire sondage, de la situation des 22 millions de salari\u00e9s fran\u00e7ais. Cette \u00e9tude lanc\u00e9e par la direction g\u00e9n\u00e9rale du travail (DGT) et la Dares [<a id=\"nh1\" title=\"Direction de l\u2019animation de la recherche, des \u00e9tudes et des statistiques.\" href=\"#nb1\" rel=\"footnote\">1<\/a>] est r\u00e9alis\u00e9e tous les 9 ans par 2 400 m\u00e9decins du travail aupr\u00e8s de 48 000 salari\u00e9s du priv\u00e9 et du public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une fois n\u2019est pas coutume, commen\u00e7ons par quelques aspects positifs. Il y a vingt ans, pr\u00e8s d\u2019un salari\u00e9 sur trois travaillait plus de 40 heures par semaine. Ils ne sont plus que 18 % aujourd\u2019hui, gr\u00e2ce notamment aux 35 heures. Cette diminution du temps de travail demeure cependant virtuelle pour un cadre sur deux, au bureau plus de 40 heures par semaine (48 % aujourd\u2019hui contre 63 % il y a vingt ans). Dans les ateliers ou sur les chantiers, les contraintes physiques intenses baissent l\u00e9g\u00e8rement. Elles concernent les personnes oblig\u00e9es de travailler debout, de porter des charges lourdes, d\u2019effectuer des gestes r\u00e9p\u00e9titifs (le travail \u00e0 la cha\u00eene, par exemple) ou soumis \u00e0 des vibrations. En 1994, pr\u00e8s de 46 % des salari\u00e9s \u00e9taient ainsi r\u00e9guli\u00e8rement confront\u00e9s \u00e0 au moins une de ces contraintes [<a id=\"nh2\" title=\"Au moins 20 heures par semaine pour la manutention manuelle de charges, (...)\" href=\"#nb2\" rel=\"footnote\">2<\/a>]. Cette proportion descend en dessous de 40 % en 2010. Soit pr\u00e8s de 9 millions de personnes. Sans surprise, ce sont principalement les ouvriers, les employ\u00e9s de commerce et de service, le secteur de la construction et le monde agricole qui sont les plus expos\u00e9s, avec comme possible cons\u00e9quence des probl\u00e8mes de dos, des douleurs aux articulations et des troubles musculaires. Seule l\u2019exposition au bruit progresse : un salari\u00e9 sur cinq travail dans un environnement sonore sup\u00e9rieur \u00e0 85 d\u00e9cibels, soit le bruit d\u2019un camion roulant \u00e0 50 km\/h.<\/p>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p><strong>Intensification du travail<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 un recours de plus en plus grand aux mol\u00e9cules chimiques dans l\u2019industrie, l\u2019exposition globale aux produits chimiques diminue depuis 2003. Un salari\u00e9 sur trois est expos\u00e9 \u00e0 au moins un produit dangereux dans le cadre de son travail avec, en cas de contact, des risques imm\u00e9diats \u2013 br\u00fblure irritation, r\u00e9actions allergiques \u2013 ou diff\u00e9r\u00e9s dans le cas des canc\u00e9rog\u00e8nes. Ce qui concerne quand m\u00eame plus de 7 millions de salari\u00e9s, l\u00e0 encore principalement des ouvriers qualifi\u00e9s et non qualifi\u00e9s. Une <em>\u00ab d\u00e9crue \u00bb<\/em> li\u00e9e au <em>\u00ab renforcement de la r\u00e9glementation \u00bb<\/em> depuis 2001, cons\u00e9quence, entre autres, des grandes mobilisations sur l\u2019amiante.<\/p>\n<p>Ces l\u00e9g\u00e8res am\u00e9liorations se font cependant dans un contexte d\u2019intensification du travail. Contraintes de rythme, quantit\u00e9 de travail excessive, polyvalence, objectifs irr\u00e9alistes ou flous, ou instructions contradictoires se multiplient au sein des entreprises. Le nombre de salari\u00e9s soumis \u00e0 au moins trois contraintes de rythme \u2013 li\u00e9 \u00e0 la cadence automatique d\u2019une machine, \u00e0 la d\u00e9pendance imm\u00e9diate vis-\u00e0-vis du travail de ses coll\u00e8gues, aux normes et d\u00e9lais de production \u00e0 respecter en moins d\u2019une journ\u00e9e, ou au contr\u00f4le permanent de la hi\u00e9rarchie\u2026 \u2013\u00a0 passe de 28 % \u00e0 35,5 %. <em>\u00ab L\u2019intensit\u00e9 du travail est l\u2019une des principales dimensions des facteurs psychosociaux de risque au travail \u00bb<\/em>, rappelle l\u2019\u00e9tude. Et ce risque concerne 7,7 millions de personnes, aussi bien les ouvriers, les employ\u00e9s et les cadres. Travailler plus en moins de temps, voil\u00e0 un nouveau slogan\u2026<\/p>\n<p><strong>Des salari\u00e9s davantage surveill\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab La proportion de salari\u00e9s contr\u00f4l\u00e9s en permanence par leur hi\u00e9rarchie s\u2019est accrue entre 2003 et 2010, notamment pour les employ\u00e9s de commerce et de service \u00bb<\/em>, souligne encore l\u2019\u00e9tude. Cette surveillance permanente concerne plus d\u2019un salari\u00e9 sur quatre. Le contr\u00f4le informatis\u00e9, lui, continue de s\u2019\u00e9tendre partout, aussi bien dans l\u2019industrie que dans les services, et touche autant les cadres que les ouvriers qualifi\u00e9s. Si, globalement, le temps de travail hebdomadaire diminue, la flexibilit\u00e9 du temps de travail s\u2019accro\u00eet. Le travail le dimanche et les jours f\u00e9ri\u00e9s augmente, concernant 31 % des salari\u00e9s, principalement dans le commerce. Ceux-ci sont \u00e9galement confront\u00e9s \u00e0 la multiplication des horaires variables. Un salari\u00e9 sur dix demeure soumis \u00e0 des horaires impr\u00e9visibles d\u2019une semaine \u00e0 l\u2019autre !<\/p>\n<p>L\u2019intensification du travail \u2013 davantage de sollicitations en moins de temps \u2013 s\u2019accompagne d\u2019un <em>\u00ab net accroissement \u00bb<\/em> des situations de <em>\u00ab tension au travail \u00bb<\/em> : lorsqu\u2019un salari\u00e9 est confront\u00e9 \u00e0 une forte demande (rythme, objectifs, diversit\u00e9 des t\u00e2ches \u00e0 accomplir\u2026) sans disposer de la marge de man\u0153uvre n\u00e9cessaire pour y r\u00e9pondre. De plus, la part de salari\u00e9s estimant rencontrer un comportement hostile (22 % des salari\u00e9s) ou m\u00e9prisant (15 %) au travail augmente de mani\u00e8re notable. Cette charge psychologique vient ainsi s\u2019ajouter \u00e0 des p\u00e9nibilit\u00e9s physiques qui diminuent tr\u00e8s lentement. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019on ne parle que de comp\u00e9titivit\u00e9 ou de r\u00e9duction des co\u00fbts, il serait peut-\u00eatre temps que ces questions li\u00e9es aux conditions de travail et aux cons\u00e9quences qu\u2019elles font peser sur la vie quotidienne des salari\u00e9s \u00e9mergent dans la campagne \u00e9lectorale.<\/p>\n<p>Notes<\/p>\n<p>[<a id=\"nb1\" title=\"Notes 1\" href=\"#nh1\" rev=\"footnote\">1<\/a>] Direction de l\u2019animation de la recherche, des \u00e9tudes et des statistiques.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p>[<a id=\"nb2\" title=\"Notes 2\" href=\"#nh2\" rev=\"footnote\">2<\/a>] Au moins 20 heures par semaine pour la manutention manuelle de charges, pour le travail debout, au moins 2 heures par semaine pour les autres contraintes posturales (position \u00e0 genoux, maintien de bras en l\u2019air, posture accroupie, en torsion, etc.).<\/p>\n<p><em>Basta Mag, Ivan du Roy, 26 mars 2012<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ndPN : cet article rend compte d&rsquo;une \u00e9tude pour le compte du minist\u00e8re du travail. Il n&rsquo;est pas une critique du salariat comme outil de domination et d&rsquo;exploitation dans la d\u00e9possession sociale organis\u00e9e par la bourgeoisie. N\u00e9anmoins, il t\u00e9moigne de l&rsquo;\u00e9volution de cette institution en termes d&rsquo;impacts sanitaires d\u00e9sastreux sur\u00a0des millions de gens.\u00a0A ce compte-rendu &hellip; <a href=\"https:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=4990\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Salariat : \u00e9tat des lieux d&rsquo;une exploitation quotidienne<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2691,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[22],"tags":[],"class_list":["post-4990","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-travail-tue"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4990","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2691"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4990"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4990\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4992,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4990\/revisions\/4992"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4990"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4990"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4990"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}