{"id":519,"date":"2011-10-14T17:25:15","date_gmt":"2011-10-14T15:25:15","guid":{"rendered":"http:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=519"},"modified":"2011-10-14T17:25:16","modified_gmt":"2011-10-14T15:25:16","slug":"les-cordeliers-font-leur-fete-aux-poitevines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=519","title":{"rendered":"Les Cordeliers font leur f\u00eate aux Poitevines"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">\u00a0 <strong>Les Cordeliers font leur f\u00eate aux Poitevines<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Au coeur du \u00ab\u00a0coeur d&rsquo;agglo\u00a0\u00bb, le centre commercial des Cordeliers c\u00e9l\u00e8bre ses dix ans. Le pr\u00e9sident de l&rsquo;association des commer\u00e7ants des Cordeliers, aussi directeur du lucratif et n\u00e9anmoins philanthropique Monoprix, a une envol\u00e9e lyrique dans un article de Centre-Presse : <em>\u00ab\u00a0Les Cordeliers sont une r\u00e9ussite commerciale, mais aussi un lieu qui a <\/em><em><strong>une \u00e2me, un lieu de vie o\u00f9 les gens se rencontrent en plein centre<\/strong><\/em><em>\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Le r\u00e8glement int\u00e9rieur, affich\u00e9 pr\u00e8s du local des vigiles, non loin des toilettes (entretenues par une femme), nous en dit plus long sur cet Eden de la convivialit\u00e9 : \u00ab\u00a0Pour assurer votre s\u00e9curit\u00e9, cet espace est sous vid\u00e9osurveillance. (\u2026) la mendicit\u00e9, les spectacles de rue, le d\u00e9marchage, la distribution de tracts (\u2026) sont interdits. (\u2026) Nos amis les animaux et notamment les chiens ne sont pas autoris\u00e9s (\u2026) La vie en soci\u00e9t\u00e9 oblige chacun \u00e0 adapter son comportement pour qu&rsquo;il soit acceptable par tous (\u2026) Pour cette raison, nous interdisons de courir, de chahuter, de s&rsquo;invectiver, (\u2026) d&rsquo;occuper durablement un espace commun. (\u2026) Le centre n&rsquo;est pas accessible aux personnes en \u00e9tat d&rsquo;ivresse ou sous l&#8217;emprise de la drogue\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Le mod\u00e8le de vie sociale que nous propose la galerie des Cordeliers, c&rsquo;est un espace marchand, o\u00f9 tout est sous surveillance constante. O\u00f9 les vigiles pr\u00e9viennent r\u00e9guli\u00e8rement les policiers arm\u00e9s pour arr\u00eater les sans-le-sou ayant l&rsquo;audace de vouloir emporter avec eux de la bouffe du Monop&rsquo;. Une vie d&rsquo;o\u00f9 sont banni-e-s les joggers, les clodos, les drogu\u00e9-e-s, les animaux, les artistes, les militant-e-s, les contestataires de cette soci\u00e9t\u00e9 de merde, celles et ceux qui revendiquent un espace commun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Aux Cordeliers, c&rsquo;est la \u00abF\u00caTE\u00bb, du 12 au 22 octobre. Cette galerie marchande f\u00eate ses dix ans d&rsquo;id\u00e9al consum\u00e9riste. A cette occasion, le centre fait une petite obole\u00a0promotionnelle aux\u00a0consommateurs-trices, en \u00aboffrant\u00bb 50.000 euros en pochettes-cadeaux. Prise sur les profits issus du travail salari\u00e9 et\u00a0du porte-monnaie des Poitevin-e-s, mais c&rsquo;est ce que le canard local (Centre-Presse) appelle \u00ab\u00a0c\u00e9l\u00e9brer dignement\u00a0\u00bb les dix ans de la galerie. On n&rsquo;a pas la m\u00eame id\u00e9e de la dignit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Rien ne manque \u00e0 ce microcosme de monde pourri, le sexisme est omnipr\u00e9sent. Pas seulement par la pub sexiste. La \u00ab\u00a0F\u00eate des Cordeliers\u00a0\u00bb est aussi associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;expression \u00ab\u00a0F\u00eate des Poitevines\u00a0\u00bb, ce que rappelle avec \u00e9l\u00e9gance une voix d&rsquo;homme, au micro. F\u00eate qui doit se c\u00e9l\u00e9brer comme il se doit : le directeur du centre et le directeur de l&rsquo;association des commer\u00e7ants du centre (deux hommes) ont une conception toute particuli\u00e8re de voir et de traiter la \u00ab\u00a0 Poitevine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0De grands dessins cartonn\u00e9s sont suspendus un peu partout dans le centre. Comme d&rsquo;habitude, uniquement des dessins de femmes. L\u00e0, elles sont toutes rousses, en habits d\u00fbment genr\u00e9s : robes, rubans, fanfreluches, maquillage, boucles d&rsquo;oreille, sacs-\u00e0-main-cabas (c&rsquo;est bien connu, la femme n&rsquo;est qu&rsquo;une d\u00e9pensi\u00e8re). Une affiche sordide pr\u00e9sente un dessin de cinq fillettes dans un landau, dont les deux plus petites tiennent elles aussi des sacs \u00e0 main : sans doute les enfants des autres femmes dessin\u00e9es, \u00ab\u00a0dix ans\u00a0\u00bb apr\u00e8s ?&#8230; les titres de ces affiches ne laissent aucun doute : \u00ab\u00a0G\u00e9n\u00e9ration Cordeliers, G\u00e9n\u00e9ration Poitevines\u00a0\u00bb. Porter son petit cabat \u00e0 mains, \u00e7a doit s&rsquo;apprendre d\u00e8s l&rsquo;enfance, quand on est une femme comme il se doit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0La direction a aussi embauch\u00e9, \u00e0 l&rsquo;occasion de cette f\u00eate des Poitevines, des salari\u00e9es coiff\u00e9es de perruques rousses. Sourires fig\u00e9s aux l\u00e8vres, elles tractent des bulletins pour participer au jeu merveilleux des pochettes-cadeaux, o\u00f9 se presse les badauds. J&rsquo;interpelle l&rsquo;une s&rsquo;elles et lui demande la signification de ces perruques ridicules. \u00ab\u00a0C&rsquo;est pour faire comme sur les dessins\u00a0\u00bb, r\u00e9pond-elle. Je lui dis que je trouve \u00e7a sexiste, elle me r\u00e9pond d&rsquo;un laconique \u00abEh oui&#8230;\u00a0\u00bb. Puis ajoute, troquant son sourire pour une moue de d\u00e9pit : \u00abOn a pas le choix, on est oblig\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Elles ne sont pas les seules. D&rsquo;autres femmes, elles aussi le sourire aux l\u00e8vres, diffusent juste apr\u00e8s les portes du centre un prospectus. Pas de perruques, mais toutes sont coiff\u00e9es avec attention. Le prospectus est une pub pour un salon de coiffure. Je dis \u00e0 l&rsquo;une d&rsquo;entre elles que le d\u00e9marchage publicitaire est interdit par l&rsquo;article 4 du r\u00e8glement \u00e9dict\u00e9 par la direction. \u00ab\u00a0Je savais pas, r\u00e9pond-elle, mais bon c&rsquo;est la direction qui nous embauche, alors elle fait ce qu&rsquo;elle veut\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Lorsque nous avions diffus\u00e9 \u00e0 la sortie du centre commercial, voil\u00e0 un an et demi, un tract antipatriarcal \u00e0 l&rsquo;occasion de la \u00ab\u00a0journ\u00e9e de la femme\u00a0\u00bb, deux vigiles (des hommes) nous avaient repouss\u00e9-e-s au-del\u00e0 des bittes m\u00e9talliques sur le trottoir, \u00e0 plusieurs m\u00e8tres des portes. En nous disant \u00ab\u00a0Jusque l\u00e0, c&rsquo;est la galerie. A partir de l\u00e0 les tracts sont interdits, si vous continuez on appelle la police\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Les luttes contre contre le patriarcat, le capitalisme et l&rsquo;Etat, sont d\u00e9cid\u00e9ment indissociables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Jeanine, groupe Pavillon Noir,\u00a0\u00a013 10 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Les Cordeliers font leur f\u00eate aux Poitevines \u00a0Au coeur du \u00ab\u00a0coeur d&rsquo;agglo\u00a0\u00bb, le centre commercial des Cordeliers c\u00e9l\u00e8bre ses dix ans. Le pr\u00e9sident de l&rsquo;association des commer\u00e7ants des Cordeliers, aussi directeur du lucratif et n\u00e9anmoins philanthropique Monoprix, a une envol\u00e9e lyrique dans un article de Centre-Presse : \u00ab\u00a0Les Cordeliers sont une r\u00e9ussite commerciale, mais &hellip; <a href=\"https:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=519\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Les Cordeliers font leur f\u00eate aux Poitevines<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2691,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,22,7,14],"tags":[],"class_list":["post-519","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecrits","category-le-travail-tue","category-propagande-marchande","category-questions-de-genres"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/519","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2691"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=519"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/519\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":521,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/519\/revisions\/521"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=519"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=519"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=519"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}