{"id":6278,"date":"2012-08-27T09:44:37","date_gmt":"2012-08-27T07:44:37","guid":{"rendered":"http:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=6278"},"modified":"2012-08-27T09:44:37","modified_gmt":"2012-08-27T07:44:37","slug":"notre-histoire-la-veritable-histoire-de-la-liberation-de-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=6278","title":{"rendered":"[Notre histoire] La v\u00e9ritable histoire de la lib\u00e9ration de Paris"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>NdPN<\/strong> : Hier nous relations un communiqu\u00e9 FA sur l&rsquo;arrestation d&rsquo;anarchistes dans la manifestation c\u00e9l\u00e9brant la comm\u00e9moration de la lib\u00e9ration de Paris. Les compagnons voulaient rappeler l&rsquo;implication des anarchistes espagnols, occult\u00e9e par les manuels d&rsquo;histoire officiels. Leur arrestation, suivie d&rsquo;une lib\u00e9ration rapide au bout de trois heures,\u00a0d\u00e9montre la volont\u00e9 claire des autorit\u00e9s (pr\u00e9fecture, pr\u00e9sidence&#8230;), avec la l\u00e2che passivit\u00e9 de certains \u00ab\u00a0socialistes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0communistes\u00a0\u00bb qui d\u00e9filaient, d&rsquo;enterrer la m\u00e9moire de ces combattants anarchistes. <a href=\"http:\/\/paris.indymedia.org\/spip.php?article11511\" target=\"_blank\"><strong>Ce t\u00e9moignage<\/strong><\/a> nous rapporte ainsi l&rsquo;attitude de certains manifestants \u00ab\u00a0communistes\u00a0\u00bb durant la manif.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Voici aujourd&rsquo;hui un article de Paco\u00a0qui s&rsquo;inspire du travail d&rsquo;Evelyn Mesquida sur la Nueve, pour remettre les points sur les i, sur l&rsquo;implication des Espagnols (notamment anarchistes) dans la lib\u00e9ration de Paris.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Non, les anarchistes espagnols ne seront pas enterr\u00e9s deux fois !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/florealanar.wordpress.com\/2012\/08\/25\/la-veritable-histoire-de-la-liberation-de-paris\/\" target=\"_blank\"><strong>La v\u00e9ritable histoire de la lib\u00e9ration de Paris<\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Longtemps, les manuels d\u2019histoire ont pr\u00e9tendu que la lib\u00e9ration de Paris a commenc\u00e9 le 25 ao\u00fbt 1944. Apr\u00e8s avoir lu le livre de la journaliste Evelyn Mesquida paru au Cherche-Midi, ils vont devoir corriger leur \u00ab erreur \u00bb. C\u2019est en effet le 24 ao\u00fbt 1944 que la 9e compagnie de la 2e division blind\u00e9e du g\u00e9n\u00e9ral Leclerc est entr\u00e9e dans Paris par la porte d\u2019Italie. Le capitaine Raymond Dronne \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate de la Nueve, un r\u00e9giment compos\u00e9 de r\u00e9publicains espagnols, dont pas mal d\u2019anarchistes, qui esp\u00e9raient finir leur lutte antifasciste \u00e0 Madrid. Un espoir d\u00e9\u00e7u, pour ne pas dire trahi.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Impossible de parler de la Nueve sans remonter \u00e0 la guerre d\u2019Espagne, guerre civile et r\u00e9volutionnaire o\u00f9 tout un peuple osa r\u00eaver d\u2019un autre futur. A partir du 17 juillet 1936, date du soul\u00e8vement franquiste au Maroc, les Espagnols durent lutter pendant trente-trois mois contre le fascisme international (Hitler, Mussolini et Salazar pr\u00eataient main-forte au g\u00e9n\u00e9ral Franco) et contre quelques faux amis avant d\u2019affronter l\u2019insoutenable \u00ab Retirada \u00bb, une retraite infernale qui les conduisait vers la mort (ce fut le cas notamment pour le po\u00e8te Antonio Machado \u00e0 Collioure) ou dans des camps de concentration fran\u00e7ais. <a href=\"http:\/\/florealanar.files.wordpress.com\/2012\/08\/h-20-2594710-1316547549.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"h-20-2594710-1316547549\" src=\"http:\/\/florealanar.files.wordpress.com\/2012\/08\/h-20-2594710-1316547549.jpg?w=187&amp;h=300\" alt=\"\" width=\"187\" height=\"300\" \/><\/a>Apr\u00e8s la victoire des troupes franquistes, fin janvier 1939, une effroyable fourmili\u00e8re se rua vers la France. Une mar\u00e9e humaine qui \u00e9choua, sous la pluie ou la neige, sur des plages aujourd\u2019hui recherch\u00e9es par les estivants. Peu de vacanciers savent que les sites o\u00f9 ils l\u00e9zardent furent d\u2019ignobles lieux de souffrances et m\u00eame les cimeti\u00e8res de milliers d\u2019Espagnols victimes du froid, de la faim, de la gangr\u00e8ne, de la dysenterie, du d\u00e9sespoir. D\u00e9sarm\u00e9s, humili\u00e9s, parqu\u00e9s comme des b\u00eates, couverts de poux et de gale, maltrait\u00e9s par les tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais, les \u00ab rouges \u00bb \u00e9chappaient aux balles fascistes pour conna\u00eetre une nouvelle barbarie \u00e0 la fran\u00e7aise dans une vingtaine de camps situ\u00e9s dans le Sud-Ouest (Argel\u00e8s, Saint-Cyprien, Le Vernet, Gurs, Agde, Bram, Septfonds\u2026). Dans son livre <em>La Lie de la terre,<\/em> Arthur Koestler \u00e9crit que le camp du Vernet o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 se situe <em>\u00ab au plus haut degr\u00e9 de l\u2019infamie \u00bb.<\/em> Parmi les vaincus, on comptait des nu\u00e9es d\u2019<em>\u00ab extr\u00e9mistes dangereux \u00bb,<\/em> c\u2019est-\u00e0-dire des militants tr\u00e8s politis\u00e9s, des combattants aguerris et des dynamiteurs redoutables. Le camp du Vernet regroupait \u00e0 lui seul 10 200 intern\u00e9s dont la quasi-totalit\u00e9 des anarchistes de la 26e division qui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre colonne Durruti. Que faire de ce gibier de potence ? Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises en envoy\u00e8rent bon nombre, plus de 30 000, dans une cinquantaine de camps de travail disciplinaires situ\u00e9s en Afrique du Nord (Relizane, Bou-Arfa, Camp Morand, Setat, Oued-Akrouch, Kenadsa, Tandara, Meridja, Djelfa\u2026). V\u00e9ritables esclaves, victimes de tortures et d\u2019assassinats, les Espagnols construisirent des pistes d\u2019aviation, particip\u00e8rent \u00e0 la construction de la voie ferr\u00e9e transsaharienne qui devait relier l\u2019Alg\u00e9rie au Niger. Les anarchistes espagnols avaient \u00e9t\u00e9 convertis en <em>\u00ab pionniers de cette grande \u0153uvre humaine \u00bb<\/em> comme l\u2019annon\u00e7a le journal <em>Aujourd\u2019hui.<\/em> L\u2019engagement dans la L\u00e9gion fut une curieuse alternative offerte aux combattants espagnols. Entre la L\u00e9gion et la menace d\u2019un retour en Espagne (o\u00f9 une mort certaine les attendait), le choix n\u2019\u00e9tait pas simple, mais n\u00e9anmoins rapide. Ceux qui furent incorpor\u00e9s dans le 11e r\u00e9giment se retrouv\u00e8rent ainsi sur la ligne Maginot\u2026 D\u2019autres iront dans le 11e bataillon de marche d\u2019outre-mer qui participa \u00e0 la formation de la 13e demi-brigade de la L\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re qui combattit contre les Allemands dans les neiges norv\u00e9giennes avant de batailler en Libye, en Syrie, en Egypte, en Tunisie\u2026 Engag\u00e9s parfois juste pour survivre ou recevoir des soins vitaux, ballott\u00e9s entre les revers militaires de la France et les rivalit\u00e9s au sein des forces alli\u00e9es, les Espagnols \u00e9taient comme des bouchons dans une mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e. Si de nombreux Espagnols \u00e9vad\u00e9s des camps avaient rejoignirent la R\u00e9sistance en France, c\u2019est en Afrique que d\u2019autres allaient contribuer \u00e0 \u00e9crire un chapitre de l\u2019histoire de la 2e DB. D\u00e9but 1943, apr\u00e8s le d\u00e9barquement alli\u00e9 en Afrique du Nord, des Espagnols lib\u00e9r\u00e9s des camps de concentration du Sahara (majoritairement des anarcho-syndicalistes de la CNT) compos\u00e8rent un bataillon de corps francs. Une autre compagnie command\u00e9e par Joseph Putz, officier fran\u00e7ais h\u00e9ros de 14-18 et de la guerre d\u2019Espagne, int\u00e9gra aussi d\u2019anciens prisonniers espagnols. Ce genre d\u2019unit\u00e9s de combat d\u00e9plaisaient fortement \u00e0 certains officiers fran\u00e7ais format\u00e9s par Vichy et fra\u00eechement gaullistes. Apr\u00e8s la reprise de Bizerte, o\u00f9 les Espagnols p\u00e9n\u00e9tr\u00e8rent les premiers, la presse d\u2019Alger et les g\u00e9n\u00e9raux am\u00e9ricains saluaient cependant <em>\u00ab l\u2019habilet\u00e9 de ces guerriers primitifs \u00bb<\/em>\u2026<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a href=\"http:\/\/florealanar.files.wordpress.com\/2012\/08\/la-nueve.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"La Nueve\" src=\"http:\/\/florealanar.files.wordpress.com\/2012\/08\/la-nueve.jpg?w=300&amp;h=149\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"149\" \/><\/a><\/p>\n<p>Photo officielle de la Nueve, prise \u00e0 Dalton Hall, en Angleterre, au printemps 1944 (photo DR)<\/p>\n<p>La 2e DB vit le jour au Maroc, dans la r\u00e9gion de Skira-Temara, au sud de Rabat, le 24 ao\u00fbt 1943. Un an apr\u00e8s, jour pour jour, l\u2019une de ses compagnies, la Nueve, allait lib\u00e9rer Paris. Si Leclerc \u00e9tait <em>el patron<\/em> pour les Espagnols, Raymond Dronne en \u00e9tait <em>el capit\u00e0n.<\/em> La Nueve fut l\u2019une des unit\u00e9s blind\u00e9es du 3e bataillon du r\u00e9giment de marche du Tchad appel\u00e9 aussi le \u00ab bataillon espagnol \u00bb. Cent quarante-six hommes de la Nueve, sur cent soixante \u00e9taient espagnols ou d\u2019origine hispanique. On y parlait le castillan. Les ordres \u00e9taient donn\u00e9s en espagnol et m\u00eame le clairon sonnait \u00e0 la mode espagnole. Les anarchistes y \u00e9taient nombreux. Des hommes <em>\u00ab difficiles et faciles \u00bb<\/em> selon le capitaine Dronne. Difficiles parce qu\u2019ils ne respectaient que les officiers respectables. Faciles parce leur engagement \u00e9tait total quand ils respectaient leurs officiers. Antimilitaristes, les anars \u00e9taient des guerriers exp\u00e9riment\u00e9s et courageux. Plus gu\u00e9rilleros que soldats, ils menaient une guerre tr\u00e8s personnelle. <em>\u00ab On avait tous l\u2019exp\u00e9rience de notre guerre et on savait ce qu\u2019il fallait faire,<\/em> se souvient German Arrue, ancien des Jeunesses libertaires. <em>On se commandait nous-m\u00eames. On \u00e9tait une compagnie de choc et on avait tous l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une guerre dure. Les Allemands le savaient\u2026 \u00bb<\/em> Autre originalit\u00e9, les Espagnols ont baptis\u00e9 leurs half-tracks avec les noms de batailles de la guerre d\u2019Espagne : Guadalajara, Brunete, Teruel, Ebro, Santander, Guernica. Pour \u00e9viter les querelles, les noms de personnalit\u00e9s avaient \u00e9t\u00e9 interdits. Par d\u00e9pit et d\u00e9rision, des anarchistes qui souhaitaient honorer Buenaventura Durruti, grande figure de la CNT et de la FAI, avaient alors baptis\u00e9 leur blind\u00e9 \u00ab Les Pingouins \u00bb. D\u2019autres encore s\u2019appelaient \u00ab Don Quichotte \u00bb ou \u00ab Espa\u00f1a ca\u00f1i \u00bb (Espagne gitane). Raymond Dronne ne fut pas en reste quand il fit peindre sur sa jeep un joli \u00ab Mort aux cons \u00bb. <em>\u00ab A la playa ! A la playa ! \u00bb<\/em> Avec un humour noir datant des camps de concentration de 1939, les Espagnols plaisantaient en mer avant de d\u00e9barquer dans la nuit du 31 juillet au 1er ao\u00fbt pr\u00e8s de Sainte-M\u00e8re-Eglise. La division Leclerc \u00e9tait la premi\u00e8re troupe fran\u00e7aise a mettre les pieds en France depuis quatre ans. Zigzaguant entre les positions nazies, la 2e DB avala les kilom\u00e8tres d\u2019Avranches au Mans. Avan\u00e7ant cach\u00e9e dans des chemins discrets et des sentiers touffus, la Nueve roulait vers Alen\u00e7on en combattant et capturant de nombreux Allemands (qu\u2019ils donnaient aux Am\u00e9ricains contre de l\u2019essence, des bottes, des mitrailleuses ou des motos, selon le nombre et le grade des ennemis). La bataille de Normandie passa par Ecouch\u00e9. Les Espagnols fon\u00e7aient <em>\u00ab comme des diables \u00bb<\/em> sur les soldats des 2e et 9e Panzerdivisions. Plus dr\u00f4le, le capitaine Dronne mentionne une anecdote amusante dans ses M\u00e9moires. Les anarchistes et autres anticl\u00e9ricaux se cotis\u00e8rent pour que le pr\u00eatre du coin puisse se racheter une statue du Sacr\u00e9-C\u0153ur. La sienne n\u2019avait pas surv\u00e9cu aux combats. La statue achet\u00e9e avec l\u2019argent des bouffeurs de cur\u00e9s est rest\u00e9e en place jusqu\u2019en 1985. Contrariant les plans am\u00e9ricains, Leclerc d\u00e9cida, le 21 ao\u00fbt, de lancer ses troupes sur Paris. De Gaulle approuva imm\u00e9diatement. Le 23 \u00e0 l\u2019aube, la division se mettait en route avec le r\u00e9giment du Tchad en t\u00eate et la Nueve en premi\u00e8re ligne. Le 24 au matin, sous la pluie, les d\u00e9fenses ext\u00e9rieures de Paris \u00e9taient atteintes. Les combats contre les canons allemands furent apocalyptiques. Parall\u00e8lement, Dronne mettait le cap sur le c\u0153ur de la capitale par la porte d\u2019Italie. La Nueve arrivera place de l\u2019H\u00f4tel-de-Ville vers 20 heures. Le lieutenant Amado Granell, ex-capitaine de la Colonne de Fer, fut le premier officier \u00ab fran\u00e7ais \u00bb re\u00e7u par le Conseil national de la r\u00e9sistance. Georges Bidault, pr\u00e9sident du Conseil, posa avec lui pour la seule photo que l\u2019on connaisse de ce moment historique. Le journal <em>Lib\u00e9ration<\/em> la publia le 25 ao\u00fbt. <em>\u00ab C\u2019est les Fran\u00e7ais ! \u00bb<\/em> criaient les Parisiens. Quand la rumeur annon\u00e7a qu\u2019il s\u2019agissait en fait d\u2019Espagnols, de nombreux compatriotes accoururent. Plus de 4 000 Espagnols engag\u00e9s dans la r\u00e9sistance int\u00e9rieure particip\u00e8rent \u00e0 l\u2019insurrection parisienne. La nuit fut gaie. Dronne s\u2019endormit berc\u00e9 par les hymnes r\u00e9publicains. <em>\u00ab Quelle joie pour ces Espagnols combattants de la libert\u00e9 ! \u00bb,<\/em>\u00e9crivit-il plus tard. Plus de 20 000 Allemands bien arm\u00e9s occupaient encore Paris. Leclerc et son \u00e9tat-major entr\u00e8rent par la porte d\u2019Orl\u00e9ans o\u00f9 l\u2019accueillit une d\u00e9l\u00e9gation des Forces fran\u00e7aises de l\u2019int\u00e9rieur. Le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle l\u2019attendait gare Montparnasse. Le nettoyage n\u2019\u00e9tait pas termin\u00e9. Une colonne de la Nueve fut charg\u00e9e de d\u00e9loger les Allemands d\u2019un central t\u00e9l\u00e9phonique. Appuy\u00e9e par la R\u00e9sistance, la 2e DB partit combattre autour de l\u2019Op\u00e9ra, de l\u2019h\u00f4tel Meurice, des jardins du Luxembourg, de l\u2019Ecole militaire\u2026 Le 25 ao\u00fbt au matin, un r\u00e9sistant espagnol, Julio Hernandez, d\u00e9ployait le drapeau r\u00e9publicain, rouge, jaune et violet, sur le consulat d\u2019Espagne. Il fut moins facile d\u2019abattre les forces d\u2019\u00e9lite allemandes qui d\u00e9fendaient l\u2019h\u00f4tel Meurice. Ce sont encore des Espagnols, Antonio Guti\u00e9rrez, Antonio Navarro et Francisco Sanchez, qui partirent \u00e0 l\u2019assaut des lieux avec grenades et mitraillettes. Il d\u00e9sarm\u00e8rent le g\u00e9n\u00e9ral Dietrich von Choltitz, gouverneur militaire de Paris, et son \u00e9tat-major.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=L4PCm1cM1lw&amp;feature=player_embedded\" target=\"_blank\"><strong>Vid\u00e9o<\/strong><\/a><\/p>\n<p>Le 26 ao\u00fbt, la Nueve fut salu\u00e9 par de Gaulle et re\u00e7ut les honneurs militaires. Au risque de d\u00e9plaire \u00e0 de nombreux soldats fran\u00e7ais, de Gaulle chargea la Nueve de le couvrir jusqu\u2019\u00e0 Notre-Dame. Pr\u00e9caution utile pour \u00e9liminer les miliciens qui tiraient l\u00e2chement sur la foule en liesse. De Gaulle et Leclerc furent \u00e9galement prot\u00e9g\u00e9s par la Nueve dans la cath\u00e9drale m\u00eame. Des tireurs isol\u00e9s y s\u00e9vissaient. Amado Granell ouvrait la marche dans une grosse cylindr\u00e9e prise \u00e0 un g\u00e9n\u00e9ral allemand. Curieuse escorte que ces half-tracks nomm\u00e9s Guernica, Teruel, R\u00e9sistance et Guadalajara qui arboraient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te drapeaux fran\u00e7ais et drapeaux r\u00e9publicains espagnols\u2026 Un autre drapeau r\u00e9publicain, de plus de vingt m\u00e8tres de long celui-l\u00e0, fut d\u00e9ploy\u00e9 \u00e0 leur passage par des Espagnols, hommes, femmes et enfants, survolt\u00e9s. Apr\u00e8s un temps de repos dans le bois de Boulogne o\u00f9 les combattants re\u00e7urent la visite de Federica Montseny (militante CNT et ancienne ministre de la Sant\u00e9 du gouvernement r\u00e9publicain), de camarades anarcho-syndicalistes, mais aussi d\u2019admiratrices\u2026 le moment de repartir vint le 8 septembre. De nouveaux volontaires, dont des Espagnols de la R\u00e9sistance, s\u2019\u00e9taient engag\u00e9s dans les troupes de Leclerc pour continuer le combat, mais une page se tournait. Les Espagnols re\u00e7urent l\u2019ordre d\u2019enlever leurs drapeaux des half-tracks d\u00e9sormais l\u00e9gendaires. Avant d\u2019arriver au QG de Hitler, \u00e0 Berchtesgaden, la Nueve traversa des batailles \u00e9piques dans des conditions souvent extr\u00eames \u00e0 Andelot, Dompaire, Ch\u00e2tel, Xaff\u00e9villers, Vacqueville, Strasbourg, Ch\u00e2teauroux\u2026 Les Allemands subirent de gros revers, mais les pertes humaines \u00e9taient aussi importantes chez les Espagnols. <em>\u00ab On a toujours \u00e9t\u00e9 de la chair \u00e0 canon, un bataillon de choc, <\/em>soutient Rafael Gomez. <em>On \u00e9tait toujours en premi\u00e8re ligne de feu, t\u00e2chant de ne pas reculer, de nous cramponner au maximum. C\u2019\u00e9tait une question d\u2019honneur. \u00bb<\/em> Question de revanche aussi contre les nazis qui ont martyris\u00e9 le peuple espagnol et d\u00e9port\u00e9 des milliers de r\u00e9publicains \u00e0 Buchenwald et \u00e0 Mauthausen. Vainqueurs d\u2019une course contre les Am\u00e9ricains, les Fran\u00e7ais, dont des combattants de la Nueve, investirent les premiers le \u00ab nid d\u2019aigle \u00bb de Hitler le 5 mai. Apr\u00e8s avoir mis hors d\u2019\u00e9tat de nuire les derniers tr\u00e8s jeunes nazis qui d\u00e9fendaient la place jusqu\u2019\u00e0 la mort, officiers et soldats burent du champagne dans des coupes grav\u00e9es \u00ab A H \u00bb. Les soldats glan\u00e8rent quelques souvenirs (jeu d\u2019\u00e9checs, livres anciens, cristallerie, argenterie\u2026) qui am\u00e9lior\u00e8rent ensuite un ordinaire parfois difficile. Les m\u00e9dailles pleuvaient pour les Espagnols rescap\u00e9s, mais la victoire \u00e9tait am\u00e8re. Les projets de ces r\u00e9volutionnaires internationalistes ne se limitaient pas \u00e0 la lib\u00e9ration de la France. <em>\u00ab La guerre s\u2019est arr\u00eat\u00e9e malheureusement,<\/em> regrettait encore, en 1998, Manuel Lozano, ancien des Jeunesses libertaires. <em>Nous, on attendait de l\u2019aide pour continuer le combat et lib\u00e9rer l\u2019Espagne. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/florealanar.files.wordpress.com\/2012\/08\/guadalajara_0.jpg\"><img decoding=\"async\" title=\"Guadalajara_0\" src=\"http:\/\/florealanar.files.wordpress.com\/2012\/08\/guadalajara_0.jpg?w=500\" alt=\"\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le half-track \u201cGuadalajara\u201d, premier v\u00e9hicule a \u00eatre entr\u00e9 sur la place de l\u2019H\u00f4tel-de-Ville de Paris, le 24 ao\u00fbt 1944 (photo DR)<\/p>\n<p>Le livre d\u2019Evelyn Mesquida, enfin traduit en fran\u00e7ais par le chanteur libertaire Serge Utge-Royo, est \u00e9tay\u00e9 par de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences historiques, mais aussi par les t\u00e9moignages des derniers h\u00e9ros de la Nueve recueillis entre 1998 et 2006. Ce qui donne un relief et un souffle extraordinaires. Evad\u00e9s des camps de concentration, d\u00e9serteurs de la L\u00e9gion, anciens des corps francs\u2026 chacun avait un parcours singulier. Antifascistes visc\u00e9raux, tous \u00e9taient press\u00e9s d\u2019aller r\u00e9gler son compte \u00e0 Franco. <em>\u00ab Il y a eu des Espagnols si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s de voir que l\u2019aide ne venait pas qu\u2019ils en ont perdu la t\u00eate et sont partis vers la fronti\u00e8re, sans vouloir en \u00e9couter davantage\u2026 Ils sont tous morts \u00bb,<\/em> explique Fermin Pujol, ancien de la colonne Durruti et de la 26e division. Amado Granell, le premier soldat fran\u00e7ais re\u00e7u \u00e0 Paris, retourna clandestinement en Espagne en 1952. Il mourut \u00e0 71 ans dans un accident de la route pr\u00e8s de Valence. Dans son journal, le capitaine Dronne \u00e9crit qu\u2019on aurait trouv\u00e9 des traces de balles sur la voiture\u2026 Les manuels scolaires ont gomm\u00e9 la pr\u00e9sence des Espagnols dans la R\u00e9sistance ou dans les forces alli\u00e9es et de nombreuses personnes s\u2019\u00e9tonnent d\u2019apprendre que des r\u00e9publicains espagnols, dont nombre d\u2019anarchistes, ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la lutte contre les nazis et la lib\u00e9ration de Paris. Comment s\u2019est op\u00e9r\u00e9e cette amn\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale sur fond de patriotisme v\u00e9reux ? Dans la pr\u00e9face de l\u2019ouvrage, Jorge Semprun, ancien r\u00e9sistant communiste d\u00e9port\u00e9 et ancien ministre de la Culture espagnol, l\u2019explique. <em>\u00ab Dans les discours de la Lib\u00e9ration, entre 1944 et 1945, des centaines de r\u00e9f\u00e9rences furent publi\u00e9es sur l\u2019importance de la participation espagnole. Mais peu apr\u00e8s, \u00e0 la suite de la d\u00e9faite allemande et la lib\u00e9ration de la France, apparut tout de suite la volont\u00e9 de franciser \u2013 ou nationaliser \u2013 le combat de ces hommes, de ceux qui lutt\u00e8rent au sein des arm\u00e9es alli\u00e9es comme au sein de la R\u00e9sistance. Ce fut une op\u00e9ration politique consciente et volontaire de la part des autorit\u00e9s gaullistes et, dans le m\u00eame temps, des dirigeants du Parti communiste fran\u00e7ais. Quand arriva le moment de r\u00e9\u00e9crire l\u2019histoire fran\u00e7aise de la guerre, l\u2019alliance communistes-gaullistes fonctionna de fa\u00e7on impeccable. \u00bb<\/em> Aussi incroyable que cela puisse para\u00eetre, Luis Royo est le seul membre de la Nueve a avoir re\u00e7u un hommage officiel de la mairie de Paris et du gouvernement espagnol en 2004 \u00e0 l\u2019occasion de la pause d\u2019une plaque sur le quai Henri-IV pr\u00e8s de l\u2019H\u00f4tel-de-Ville. En 2011, surveill\u00e9s de pr\u00e8s par la police, une poign\u00e9e d\u2019ami-e-s de la R\u00e9publique espagnole, dont Evelyn Mesquida, s\u2019est regroup\u00e9e dans l\u2019indiff\u00e9rence quasi g\u00e9n\u00e9rale lors de la comm\u00e9moration de la lib\u00e9ration de Paris. <em>\u00ab Avec l\u2019histoire de la Nueve, on poss\u00e8de un th\u00e8me de grand film \u00bb,<\/em>affirme Jorge Semprun. Assur\u00e9ment. Le plus bel hommage que l\u2019on pourrait rendre aux milliers d\u2019Espagnols combattants de la libert\u00e9 serait surtout de poursuivre leur lutte pour un autre futur.<\/p>\n<p><strong>Evelyn Mesquida, \u00ab La Nueve, 24 ao\u00fbt 1944 Ces r\u00e9publicains espagnols qui ont lib\u00e9r\u00e9 Paris \u00bb. Traduction de Serge Utge-Royo. 16 pages de photos. Collection Documents, \u00e9ditions du Cherche-Midi, 384 pages. 18 \u20ac.<\/strong><\/p>\n<p><strong>La vid\u00e9o plac\u00e9e dans cet article a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9e lors de la pr\u00e9sentation du livre \u00ab La Nueve \u00bb le 10 d\u00e9cembre 2008, \u00e0 la Librairie espagnole de Paris.<\/strong><\/p>\n<p><em>Paco,\u00a0blog de Flor\u00e9al, 25 ao\u00fbt 2012<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NdPN : Hier nous relations un communiqu\u00e9 FA sur l&rsquo;arrestation d&rsquo;anarchistes dans la manifestation c\u00e9l\u00e9brant la comm\u00e9moration de la lib\u00e9ration de Paris. Les compagnons voulaient rappeler l&rsquo;implication des anarchistes espagnols, occult\u00e9e par les manuels d&rsquo;histoire officiels. Leur arrestation, suivie d&rsquo;une lib\u00e9ration rapide au bout de trois heures,\u00a0d\u00e9montre la volont\u00e9 claire des autorit\u00e9s (pr\u00e9fecture, pr\u00e9sidence&#8230;), avec &hellip; <a href=\"https:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=6278\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">[Notre histoire] La v\u00e9ritable histoire de la lib\u00e9ration de Paris<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2691,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[17,16],"tags":[],"class_list":["post-6278","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-education-populaire","category-repression"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6278","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2691"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6278"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6278\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6280,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6278\/revisions\/6280"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6278"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6278"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6278"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}