{"id":6716,"date":"2012-10-17T10:27:17","date_gmt":"2012-10-17T08:27:17","guid":{"rendered":"http:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=6716"},"modified":"2012-10-17T10:27:17","modified_gmt":"2012-10-17T08:27:17","slug":"quelques-reflexions-autour-du-massacre-du-17-octobre-1961","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fa86.noblogs.org\/?p=6716","title":{"rendered":"Quelques r\u00e9flexions autour du massacre du 17 octobre 1961"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><a href=\"http:\/\/www.monde-libertaire.fr\/securitaire\/14880-quelques-reflexions-autour-du-massacre-du-17-octobre-1961\" target=\"_blank\"><strong>Quelques r\u00e9flexions autour du massacre du 17 octobre 1961<\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 17 octobre 1961, dans l\u2019indiff\u00e9rence d\u2019une France anesth\u00e9si\u00e9e, c\u2019est une v\u00e9ritable guerre de type colonial qui devait se d\u00e9rouler \u00e0 Paris. Le lendemain, la presse ne s\u2019\u00e9tait pas trop \u00e9tendue sur un massacre froidement organis\u00e9 par la police parisienne. La r\u00e9pression conduite contre les Alg\u00e9riens paraissait \u00eatre \u00e0 cent lieues des pr\u00e9occupations ordinaires de la France profonde. La police s\u2019\u00e9tait simplement content\u00e9e de remettre au pas quelques trublions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La France, pays des Droits de l\u2019homme, ne s\u2019est jamais content\u00e9e de conduire des guerres de conqu\u00eates coloniales. Les ressortissants des pays qu\u2019elle pr\u00e9tendait civiliser ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme des indig\u00e8nes \u00e0 qui il \u00e9tait possible de \u00ab faire suer le burnous \u00bb, ou de fournir de la chair \u00e0 canon, comme cela avait \u00e9t\u00e9 le cas au cours des deux guerres mondiales qui s\u2019\u00e9taient d\u00e9roul\u00e9es durant la premi\u00e8re partie du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Sans que cela puisse poser probl\u00e8me aux grands r\u00e9publicains qui gouvernaient la France, d\u2019authentiques razzias \u00e9taient effectu\u00e9es dans les pays de l\u2019Afrique noire, comme dans le Maghreb. Ces troupes coloniales allaient constituer les r\u00e9giments de zouaves, spahis, turcos, tirailleurs alg\u00e9riens, tabors marocains, aux uniformes rutilants. Tous \u00e9tant plac\u00e9s sous la f\u00e9rule d\u2019officiers impitoyables, et nul ne devait broncher dans les rangs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>La r\u00e9pression coloniale : une habitude bien ancr\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s la d\u00e9faite des puissances totalitaires en 1945, la France lib\u00e9r\u00e9e, d\u00e9sormais dirig\u00e9e par d\u2019anciens r\u00e9sistants, allait faire montre de son savoir-faire. D\u00e8s le 8 mars 1945 (jour de la victoire sur l\u2019Allemagne nazie), c\u2019\u00e9tait la r\u00e9pression meurtri\u00e8re en Alg\u00e9rie, et le Constantinois \u00e9tait mis \u00e0 feu et \u00e0 sang, avec des dizaines de milliers de morts ; les colons faisant le coup de feu aux c\u00f4t\u00e9s des militaires. Motif : la revendication d\u2019une certaine autonomie interne jug\u00e9e inacceptable. En mars 1947, c\u2019\u00e9tait le soul\u00e8vement des Malgaches qui osaient revendiquer l\u2019ind\u00e9pendance de Madagascar. Ces audacieux feront l\u2019objet d\u2019une r\u00e9pression faisant pr\u00e8s de 100 000 morts. Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Vincent Auriol (socialiste), confiera ing\u00e9nument: \u00ab On a peut-\u00eatre tir\u00e9 \u00e0 tort et \u00e0 travers\u2026 \u00bb Dans le m\u00eame temps, les communistes indochinois, qui avaient constitu\u00e9 le Vi\u00eat-minh et pr\u00e9tendaient se s\u00e9parer de la France, \u00e9taient agress\u00e9s d\u00e8s 1946. Le Vietnam en formation allait subir une guerre sanglante qui se terminera par la d\u00e9faite de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise \u00e0 Di\u00ean Bi\u00ean Phu, en avril 1954. Passons rapidement sur la fausse d\u00e9colonisation des pays de l\u2019Afrique subsaharienne dont les militants d\u00e9mocratiques seront mat\u00e9s par certains gouvernements pratiquement mis en place par l\u2019ancien colonisateur, en 1959 et 1960: la Fran\u00e7afrique prenant le relais. C\u2019est le gage au coeur que la caste militaire avait d\u00fb quitter le Vietnam sur une d\u00e9faite cuisante. Se promettant bien de prendre sa revanche. Cette volont\u00e9 de mettre au pas les peuples colonis\u00e9s r\u00e9calcitrants ne tarderait pas \u00e0 se mat\u00e9rialiser apr\u00e8s le 1er novembre 1954 qui marque le d\u00e9but de l\u2019insurrection alg\u00e9rienne. D\u00e8s lors, ce qui \u00e9tait d\u00e9crit comme des \u00ab op\u00e9rations de maintien de l\u2019ordre\u00bb allait bient\u00f4t se transformer en une v\u00e9ritable guerre, avec tout un peuple consid\u00e9r\u00e9 tel un ennemi h\u00e9r\u00e9ditaire. Ce n\u2019\u00e9tait pas la premi\u00e8re r\u00e9volte contre le colonisateur et il serait dommage d\u2019oublier le soul\u00e8vement des Kabyles, en 1871, qui verra de nombreux insurg\u00e9s d\u00e9port\u00e9s en Nouvelle-Cal\u00e9donie, bient\u00f4t rejoints dans cette \u00eele lointaine du Pacifique par Louise Michel et ses camarades rescap\u00e9s de la r\u00e9pression qui avait suivi la Commune de Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Bien avant le 17 octobre 1961, des cadavres flottaient sur la Seine <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s ce long pr\u00e9ambule, il est temps d\u2019en arriver \u00e0 l\u2019essentiel de ce rappel \u00e0 l\u2019histoire : en fait, la premi\u00e8re r\u00e9pression de masse conduite dans les rues de Paris depuis l\u2019\u00e9crasement des barricades en juin 1948 et la f\u00e9rocit\u00e9 mise en oeuvre par la soldatesque versaillaise pour assassiner les combattants de la Commune, en mai 1871. En cette ann\u00e9e 1961, la guerre s\u2019\u00e9ternisant en Alg\u00e9rie et devant le refus du FLN de la moindre compromission, des pourparlers secrets commen\u00e7aient \u00e0 se multiplier en vue de cette ind\u00e9pendance tellement rejet\u00e9e par les militaires et les colons. D\u2019o\u00f9 ce putsch des g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 Alger, conduit par le g\u00e9n\u00e9ral Salan, le 28 avril 1961, et la cr\u00e9ation de l\u2019OAS (Organisation arm\u00e9e secr\u00e8te). En France, au fil des mois, l\u2019influence des nationalistes alg\u00e9riens n\u2019a fait que s\u2019\u00e9tendre dans les villes industrielles, dans le m\u00eame temps que la police, alli\u00e9e de fait \u00e0 l\u2019OAS, pourchasse les travailleurs venus d\u2019Afrique du Nord. Bien avant la nuit sanglante du 17 octobre 1961, la communaut\u00e9 alg\u00e9rienne est d\u00e9j\u00e0 lourdement r\u00e9prim\u00e9e. C\u2019est ainsi que, de janvier \u00e0 la fin du mois d\u2019ao\u00fbt 1961, plus de 450 Alg\u00e9riens ont \u00e9t\u00e9 abattus ou sont morts sous la torture du fait de la police ou dans diverses officines. Dans son livre, <em>La Bataille de Paris<\/em> (Le Seuil, 1991), Jean-Luc Einaudi rappelle que, tout au long du mois de septembre et dans les premiers jours d\u2019octobre, il \u00e9tait possible de voir des cadavres d\u2019Alg\u00e9riens flotter sur la Seine ou le canal Saint-Denis, certains d\u2019entre eux ayant les mains li\u00e9es dans le dos. Ce qui mettra le feu aux poudres, c\u2019est l\u2019instauration, le 5 octobre 1961, d\u2019un couvre- feu, pour les Alg\u00e9riens, entre 20h30 et 5h30 du matin. Le pr\u00e9fet de police, Maurice Papon, couvert par le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Roger Frey, avait donc d\u00e9cid\u00e9 de marginaliser des dizaines de milliers d\u2019Alg\u00e9riens. Lesquels \u00e9taient toujours, formellement, des citoyens fran\u00e7ais \u00e0 part enti\u00e8re. D\u00e8s lors, quiconque avait le mauvais profil, le teint basan\u00e9 ou les cheveux cr\u00e9pus, risquait de se faire embarquer par les policiers en chasse contre les \u00abBougnoules \u00bb. Nombreux seront aussi les Tunisiens et les Marocains victimes de cette traque conduite contre ceux que la pr\u00e9fecture de police d\u00e9crit alors comme Fran\u00e7ais musulmans alg\u00e9riens (FMA). D\u2019ordre de Maurice Papon, les d\u00e9bits de boisson \u00ab tenus et fr\u00e9quent\u00e9s \u00bb par des Fran\u00e7ais musulmans devaient \u00eatre ferm\u00e9s \u00e0 partir de 19 heures. Comme rien ne devait \u00eatre laiss\u00e9 au hasard, tout Fran\u00e7ais musulman circulant en voiture, de jour comme de nuit, \u00e9tait interpell\u00e9 et son v\u00e9hicule susceptible d\u2019\u00eatre mis en fourri\u00e8re. Cette note de service \u00e9tant compl\u00e9t\u00e9e par une circulaire dat\u00e9e du 7 octobre, o\u00f9 il \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9 que les Fran\u00e7ais musulmans interpell\u00e9s durant les heures de couvre-feu devaient \u00eatre dirig\u00e9s sur le centre d\u2019identification de Vincennes. Avec, bien entendu, les mauvaises mani\u00e8res polici\u00e8res en prime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Manifester pacifiquement sans r\u00e9pondre aux provocations polici\u00e8res.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce couvre-feu, inacceptable, ne pouvait que provoquer une r\u00e9action forte de la part du Comit\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration de France du FLN. Avec comme directive, outre le boycott de cette d\u00e9cision, de sortir en masse avec femmes et enfants, et m\u00eame endimanch\u00e9s si possible. Particuli\u00e8rement dans les grandes art\u00e8res de la capitale : sur les Grands Boulevards, le boulevard Saint-Michel et les Champs-\u00c9lys\u00e9es. Les commer\u00e7ants alg\u00e9riens \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 baisser leur rideau durant vingtquatre heures, en signe de protestation contre le couvre-feu. Par la suite, indiquait cette directive des instances m\u00e9tropolitaines du FLN, \u00ab \u00e0 partir du troisi\u00e8me jour, tous les hommes sortiront normalement comme par le pass\u00e9. Comme si la mesure du couvre-feu n\u2019existait pas <sup>1<\/sup> \u00bb. Si les autorit\u00e9s polici\u00e8res avaient envisag\u00e9 de terroriser les Alg\u00e9riens, elles se trompaient lourdement et la r\u00e9action de Maurice Papon sera d\u2019autant plus violente. D\u00e9j\u00e0, le 2 octobre 1961, dans la cour d\u2019honneur de la pr\u00e9fecture de police, lors des obs\u00e8ques d\u2019un policier, il lan\u00e7ait cet avertissement : \u00ab Pour un coup re\u00e7u, nous en porterons dix ! \u00bb Proclamation aussit\u00f4t re\u00e7ue comme une autorisation de tuer. Ce m\u00eame jour, \u00e0 Montrouge, il dit aux policiers du commissariat local :\u00ab Vous serez couverts. Je vous en donne ma parole <sup>2<\/sup>. \u00bb Le terrain est pr\u00e9par\u00e9 pour la r\u00e9pression annonc\u00e9e. La grande soir\u00e9e de manifestation va donc se d\u00e9rouler le 17 octobre 1961. Les consignes des responsables du FLN sont claires : interdiction de porter sur soi ne serait-ce qu\u2019un simple canif car la volont\u00e9 est affirm\u00e9e de manifester pacifiquement. Autre directive imp\u00e9rative : ne pas r\u00e9agir \u00e0 la brutalit\u00e9 polici\u00e8re. Le secret \u00e9tant bien gard\u00e9, les services de Maurice Papon ne seront inform\u00e9s que dans la matin\u00e9e du 17 octobre de l\u2019ampleur de la manifestation qui se pr\u00e9pare. Aussit\u00f4t, le pr\u00e9fet de police se fait donner carte blanche par le Premier ministre, Michel Debr\u00e9, pour r\u00e9primer lourdement si n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Une rafle organis\u00e9e avec l\u2019aide des bus de la RATP<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Avant m\u00eame que les manifestations se mettent en place, sur les lieux pr\u00e9vus, des milliers de policiers sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents, ainsi qu\u2019aux portes de Paris. C\u2019est ainsi que les Alg\u00e9riens qui sortent du m\u00e9tro ou descendent des autobus sont interpell\u00e9s. Comment ne pas rappeler que la v\u00e9ritable rafle op\u00e9r\u00e9e ce soir-l\u00e0 avait pu se d\u00e9rouler avec l\u2019aide massive des moyens roulants de la RATP. Cela sans que les syndicats aient oppos\u00e9 le moindre refus, \u00e9mis quelques protestations. Il en avait \u00e9t\u00e9 de m\u00eame lors de la rafle du V\u00e9l\u2019d\u2019Hiv, le 16 juillet 1942, sauf que le 17 octobre 1961 nous n\u2019\u00e9tions plus sous la botte nazie. Il n\u2019en reste pas moins que plusieurs milliers de manifestants ont pu se rassembler, tandis que dans les rangs policiers commence \u00e0 circuler la rumeur: \u00ab On a eu des coll\u00e8gues tu\u00e9s. Il faut bouffer du Bougnoule ! Pas de cadeaux <sup>3<\/sup> ! \u00bb Ce sera le cas. La f\u00e9rocit\u00e9 polici\u00e8re pourra s\u2019exprimer dans toute son horreur. Au-del\u00e0 des matraquages sauvages, des Alg\u00e9riens serons jet\u00e9s \u00e0 la Seine, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s : ceux qu\u2019on appellera les \u00ab noy\u00e9s par balles \u00bb. Seul parmi les photojournalistes, \u00c9lie Kagan sera en mesure de prendre de nombreux clich\u00e9s de cette r\u00e9pression sanglante mise en oeuvre dans un pays se revendiquant de la d\u00e9mocratie. Le 17 octobre 1961, des milliers d\u2019Alg\u00e9riens ont \u00e9t\u00e9 \u00ab ramass\u00e9s \u00bb par les policiers et charg\u00e9s \u00e0 bord des autobus de la RATP pour \u00eatre conduits au palais des sports de la porte de Versailles ou au centre d\u2019application de la police de Vincennes o\u00f9 il seront lourdement malmen\u00e9s selon les t\u00e9moignages de quelques rares policiers indign\u00e9s. Au-del\u00e0 des chiffres approximativement r\u00e9v\u00e9l\u00e9s, il y aura des milliers de bless\u00e9s et peut-\u00eatre deux cents morts. Sans oublier les nombreux manifestants expuls\u00e9s vers l\u2019Alg\u00e9rie. Au lendemain de cette soir\u00e9e r\u00e9pressive, comme si la d\u00e9monstration raciste n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 suffisante, des \u00e9quipes de policiers haineux viendront se livrer \u00e0 des \u00ab ratonnades\u00bb dans les bidonvilles de Nanterre. Surtout ne pas se laisser aller au moindre amalgame mais, tr\u00e8s r\u00e9cemment, le 31 ao\u00fbt 2011, la police parisienne s\u2019est crue autoris\u00e9e \u00e0 utiliser les tramways de la banlieue parisienne pour expulser une centaine de Roms de leur campement de Saint-Denis. Sans v\u00e9ritable r\u00e9action de la direction de la RATP et pas d\u2019avantage des syndicats. Certes on ne d\u00e9portait pas, on se contentait \u00ab d\u2019\u00e9vacuer \u00bb des ind\u00e9sirables apr\u00e8s, tr\u00e8s souvent, avoir s\u00e9par\u00e9 les enfants de leurs parents. Au soir de cette op\u00e9ration naus\u00e9abonde, on expliquait dans les instances polici\u00e8res : \u00ab Il n\u2019y a pas eu de contr\u00f4le d\u2019identit\u00e9, ni d\u2019interpellations\u2026 Tout s\u2019est tr\u00e8s bien pass\u00e9 ! \u00bb La guerre d\u2019Alg\u00e9rie se poursuit en banlieue Cinquante ans apr\u00e8s le 17 octobre 1961, on ne massacre plus, on expulse. 30 000 sanspapiers \u00ab non souhait\u00e9s \u00bb par Nicolas Sarkozy seront \u00ab reconduits \u00e0 la fronti\u00e8re \u00bb, en 2011, par les soins des sbires de Claude Gu\u00e9ant. Ceux des \u00ab ind\u00e9sirable \u00bb qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019expulser imm\u00e9diatement sont enferm\u00e9s dans des centres de r\u00e9tention administrative et trait\u00e9s tels des criminels par les fonctionnaires de la police de l\u2019air et des fronti\u00e8res \u00e0 qui l\u2019on s\u2019est bien gard\u00e9 d\u2019enseigner le respect des droits de l\u2019homme. Cinquante ans apr\u00e8s le 17 octobre 1961, la guerre d\u2019Alg\u00e9rie se poursuit dans les banlieues du pays de la libert\u00e9. Avec pour victimes des jeunes que les diff\u00e9rents gouvernements se sont appliqu\u00e9s \u00e0 marginaliser, apr\u00e8s avoir exploit\u00e9 et ghetto\u00efs\u00e9 leurs parents. Unique rem\u00e8de p\u00e9dagogique aux conflits n\u00e9s de cette volont\u00e9 : la matraque, quand ce n\u2019est pas le flash-ball, le t\u00e4ser, quand ce n\u2019est pas la balle meurtri\u00e8re. Encore une fois, il ne peut \u00eatre question de se livrer au moindre amalgame mais, \u00e0 moins de vingt ans de distance, de nombreux policiers avaient pu participer au rafles visant des juifs \u00e9trangers affol\u00e9s, et celles ayant pour cible des Alg\u00e9riens revendiquant leur ind\u00e9pendance. En effet, le policier \u00e2g\u00e9 de 25 ans le 16 juillet 1942 n\u2019avait que 44 ans le 17 octobre 1961. Ce fonctionnaire, pr\u00eat pour toutes les missions, aurait pu participer \u00e0 ces deux actions r\u00e9pressives. Ce policier ordinaire n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas raciste, mais le sort des Juifs en 1942 comme celui des Alg\u00e9riens ne le concernait pas. Dans les deux situations, il lui suffisait d\u2019ob\u00e9ir \u00e0 des ordres dont il n\u2019avait pas \u00e0 discuter le bien-fond\u00e9.<\/p>\n<p>1. Ces pr\u00e9cisions nous ont \u00e9t\u00e9 fournies par Jean- Luc Einaudi dans son livre <em>La Bataille de Paris<\/em>. On peut se reporter utilement \u00e0 l\u2019ouvrage de Michel Levine, <em>Les Ratonnades d\u2019Octobre<\/em>, Ramsay 1985. 2. <em>Id. <\/em> 3.<em> Id.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Maurice Rajsfus, Le Monde Libertaire (13 au 19 octobre 2011)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelques r\u00e9flexions autour du massacre du 17 octobre 1961 Le 17 octobre 1961, dans l\u2019indiff\u00e9rence d\u2019une France anesth\u00e9si\u00e9e, c\u2019est une v\u00e9ritable guerre de type colonial qui devait se d\u00e9rouler \u00e0 Paris. Le lendemain, la presse ne s\u2019\u00e9tait pas trop \u00e9tendue sur un massacre froidement organis\u00e9 par la police parisienne. 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