Le carré botanique

Propriétés alimentaires, condimentaires et médicinales des plantes du carré botanique du jardin des plantes de Poitiers

Introduction

Dans le but d’une réappropriation des savoirs trop souvent oubliés de nos ancien-ne-s, en vue d’une autonomie sociale, la connaissance des espèces végétales nous paraît indispensable, tant pour nous nourrir que pour nous soigner. Les plantes « sauvages », qualifiées de « mauvaises herbes » avec l’avènement de l’agriculture sélective et productiviste, sont pourtant riches d’innombrables secrets. Elles sont souvent chargées d’éléments très nutritifs, comme des protéines complètes, mais aussi de principes actifs permettant de nous soigner gratuitement. La beauté du monde végétal n’en finit pas de subjuguer toute personne se penchant sur la botanique.

Suite au succès de la visite botanique du 30 mai dernier, proposée par un membre du groupe Pavillon Noir de la Fédération Anarchiste, voici un petit résumé sur quelques vertus alimentaires, condimentaires et médicinales des espèces de plantes dont on peut trouver des spécimens au jardin botanique du jardin des plantes de Poitiers, ce qui constitue une approche facile et directe des plantes sauvages. Bien entendu, ceci n’est qu’un aperçu : de nombreuses espèces aussi courantes qu’utiles sont absentes de ce carré botanique.

Ces informations ont été tirées d’échanges, de lectures (notamment les livres de l’ethnobotaniste François Couplan), ainsi que de divers sites internet traitant de botanique, de tisanes et de phytothérapie (soin par les plantes).

Il est impératif de bien identifier une plante avant de l’utiliser. En effet, il existe de nombreuses espèces toxiques, parfois très ressemblantes à d’autres espèces comestibles. De nombreux manuels existent à ce sujet. Une confusion peut entraîner de graves conséquences ! Si le moindre doute persiste dans l’identification d’une plante, il est préférable de ne pas l’utiliser.

Il ne faut consommer que des plantes manifestement en bonne santé, loin des sources de pollution (routes notamment). Il est important de ne consommer que des plantes dont on est sûr qu’elles n’ont pas été polluées par des urines d’animaux (risques de maladies parasitaires) : cueillir au-dessus de 50 centimètres du sol, à l’écart des lieux de passage, est une sage précaution. Un lavage est de toute façon indispensable. Enfin, on évitera de cueillir une plante si elle est peu fournie dans le lieu où on l’a trouvée.

L’automédication est déconseillée si l’on est enceinte. De façon générale s’il y a le moindre doute, consulter un pharmacien compétent est préférable, en particulier si l’on est déjà sous médicaments, si l’on prend la pilule. L’automédication à base de plantes toxiques est à proscrire, car les doses médicales sont souvent très proches des doses toxiques. De façon générale, il est conseillé de se renseigner plus amplement qu’avec ces quelques indications générales données ici.

Pour le séchage, qui permet de conserver les plantes au moins un an sans qu’elles perdent trop de leurs principes actifs, exposer deux heures au soleil, puis rentrer à l’intérieur, dans un endroit sec, ombragé et bien aéré (grenier par exemple), dans une cagette tapissée de papier par exemple, ou suspendues en bouquets pas trop serrés, avec une petite ficelle.  Sécher entre dix et douze jours environ : la plante doit être bien sèche, cassante mais ne doit pas tomber en poudre. Il est aussi possible, si l’on est pressé, de gagner du temps en séchant les plantes quelques minutes dans un four à 50°C, porte ouverte. Après séchage, conserver ses plantes dans un endroit hermétique et à l’abri de la lumière (sac en papier, bocal propre…)

Petit lexique

antispasmodique : contre crampes et spasmes

analgésique : diminue la douleur

antiseptique : arrête ou ralentit la pullulation des microbes

astringent : resserre les tissus (cicatrisant)

béchique : calme la toux

carminatif : aide à expulser les gaz intestinaux en cas de ballonnements

cataplasme : hacher et bouillir, puis mettre sur tissu (ou tremper tissu), éventuellement avec argile verte.

cholagogue : active la bile (digestion)

décoction : faire bouillir les éléments indiqués dix minutes dans l’eau

dépuratif : élimine les toxines de l’organisme

diurétique : favorise la production des urines et l’élimination

émétique : qui fait vomir

emménagogue : régularise le flux menstruel

émollient : calme l’inflammation et adoucit localement

expectorant : favorise l’expulsion du mucus des bronches

fébrifuge : fait tomber la fièvre

hémostatique : arrête les hémorragies

infusion : voir tisane

laxatif : aide à vider les intestins

purgatif : laxatif puissant (attention)

rubéfiant : provoque une congestion de la peau, intense et passagère

sédatif : calme nervosité et douleurs

stomachique : facilite la digestion

thé solaire : laisser macérer la plante dans un bocal fermé rempli d’eau, exposé au soleil au moins un jour.

tisane : dans de l’eau préalablement bouillie, infuser 10 mn la plante fraîche ou séchée (quelques grammes suffisent), le temps que les principes actifs se libèrent.

Les plantes du carré botanique du jardin des plantes de Poitiers

Absinthe : éloigne pucerons et chenilles (fonctionne aussi en décoction, bouillir une demi-heure 500g dans 5 litres d’eau, puis laisser macérer 24H, filtrer). Inhibe la croissance des plantes voisines, ce qui est pratique contre les plantes adventices. Condiment : facilite la digestion des viandes grasses (en petites quantités !). Séchée, bon anti-mites dans les placards.

Ache des montagnes (livèche) : Condiment commun en Roumanie et Bulgarie. Tige en fruits confits. Racines en tisane amaigrissante : lutte contre rétention d’eau et évacue toxines (anti-inflammatoire).

Achillée : En condiment : jeunes feuilles hachées (salades, ou sauté au beurre en Angleterre). Thé solaire avec fleurs. Tisane de fleurs et feuilles : tonique, contre manque d’appétit, crampes, douleurs abdominales. Ne pas prolonger l’usage. En usage externe (cataplasmes, feuilles écrasées) : bon cicatrisant (plaies, crevasses…). Le nom vient du héros mythique Achille, qui soignait les blessures de ses soldats avec cette plante.

Aconit : Attention, très toxique, surtout la racine (autrefois suc utilisé poison sur pointes de flèches). Utilisé en médecine à doses infimes (antalgique, sédatif) : pas d’automédication !

Agastache: Serait un condiment en Amérique du N et en Asie.

Agripaume : la plante entière est utilisée en tisane contre les problèmes de cœur, et les palpitations nerveuses/émotionnelles, mais aussi contre dhiarrées, bronchites, troubles de la ménopause, hyperthyroïdie.

Aigremoine eupatoire : La plante entière est consommée en tisane pour aider à la digestion, et contre la dhiarrée. Décongestionnant (hémorroïdes, circulation jambes), utile aussi contre les démangeaisons. En usage externe, bon contre les contusions et les entorses. Gargarisme. Symbole de gratitude (pour remercier) et de joie.

Ail des ours : Feuilles crues ou cuites (excellent en sandwich). Vitamines C. Stimulant, diurétique.

Alchemille : jeunes feuilles crues, en salades, sinon cuire à 2 eaux. Astringente. Bonne tisane contre règles douloureuses et syndrômes prémenstruels.

Angélique : feuilles cuites en soupe (petites quantités). Pousses crues en condiment ou cuites en légumes. Tige crue ou cuite (comme asperges), ou confites. Fleurs parfument desserts. Fruits très forts (en épice).

Armoise : jeunes pousses crues, extrémité des tiges. Au Japon : jeunes feuilles cuites avec sauce soja et sésame. En petites quantités (pas pour femmes enceintes car agit sur le cycle menstruel). Digestive, vermifuge, emménagogue, antispasmodique. L’extrait d’armoise est utilisé par les populations des pays touchés par le paludisme.

Artichaut : on en mange la tête. Bon pour foie, bile, immunité.

Aspérule odorante : séchée, parfume les vêtements (du fait de sa coumarine).

Aubépine : jeunes feuilles en salade, pétales de fleurs. Fruits (cénelles) cuits, mixés et ajoutés à de la farine = galettes, bouillie, pain. Feuilles tonicardiaques, mais fleurs calmantes, antispasmodiques et sédatives (anxiété, insomnies, dépendance…). Tisane : 20gr pour un litre, infuser 20 mn.

Aunée : jeunes feuilles cuites. Rhizome cuit, rapé ou ou confit (desserts). Tonique. Bronches. Contre diabète.

Aurone monarde : Utilisée comme condiment.

Avoine odorante : présence de coumarine, d’où son parfum (vêtements). Aromatise la vodka.

Bardane : Racine crue ou cuite (légume populaire au Japon, le « gobô »). Jeunes tiges, crues ou cuites. Pétiole cuit (bouillir). Racine antidiabétique. Feuilles en cataplasmes : cicatrisant et anti-infectieux (problèmes de peau notamment). La fleur s’accroche facilement aux vêtements.

Belladone : Attention très toxique ! (surtout baies) : l’atropine provoque des troubles graves, dont hallucinations (utilisée autrefois par les « sorcières » en onguent), conduisant à la mort. Utilisée en méd (ophtalmologie pour effet mydriatique de dilatation de la pupille, d’où son nom ; analgésique puissant ; antispasmodique, inhibateur de sécrétions ; anti-asthmatique). Pas d’automédication !

Benoîte : Racine a le goût de clou de girofle, et soulage aussi les douleurs des dents et des gencives. Astringent et vulnéraire. Tonique et stomachique. Jeunes feuilles peuvent être ajoutées aux salades.

Bouillon blanc (molène) : Fleurs séchées en tisane (1 à 2 c à café pour 200 ml, mais bien filtrer à cause des poils irritants !) contre refroidissement et toux (suc fleurs et feuilles aussi utilisé contre hémorroïdes-irritations anales).

Bourdaine : Attention, toxique ! Fruits psychotropes rendent fous les chevreuils, qui en raffolent. Mais après séchage, écorce ou fruits sont parfois utilisés comme laxatif (irritants pour le colon : limiter l’usage).

Bourrache : saveur de concombre ou d’huître. Jeunes feuilles crues, hachées en salade (piquantes), ou cuites en légumes ou beignets. Fleurs parfument salades et boissons (réputées rendre joyeux). Adoucissante, émolliente, expectorante : très bonne tisane contre la toux,  elle est aussi diurétique (bonne contre la cystite) et diaphorétique (provoque la transpiration).

Calament : Fleurs et feuilles en condiment ressemblant à la menthe. Stimulante (attention tisanes peuvent exciter), cholagogue et carminative.

Camomille : plusieurs espèces, on utilise les fleurs de celles qui sont odorantes, en petites quantités (aromatiser salades, desserts), ou en infusion calmante, analgésique et digestive.

Campanule : Feuilles en salade et racine crue ou cuite pour certaines (dont la campanule raiponce).

Capucine : Fleurs et feuilles en condiment, graines piquantes et aromatiques rappelant le poivre, en salade. Boutons floraux dans vinaigre avec estragon, comme câpres. Antiseptique, stimulante, expectorante, diurétique. La tradition populaire la dit aphrodisiaque.

Cardère à foulon (cabaret des oiseaux à cause de ses feuilles faisant coupe d’eau) : Autrefois utilisée pour carder les tissus. Racine contient de l’inuline : tonique pour le foie, diurétique et sudorifique, contre panaris et autres problèmes de peaux.

Cassis : Feuilles séchées : diurétique et anti-inflammatoire, antiallergique, bonne contre rhumatismes. Fruits séchés contre maux de gorge. Jus de baies antidhiarréique et vitamine C.

Cerfeuil musqué : forte odeur d’anis. Racine cuite. Jeunes tiges en bonbon végétal. Feuilles crues ou cuites aromatisent salades, tartes, confitures, crudités, omelettes, potages. Graines parfument laitages (filtrer), desserts et liqueurs. Tonique.

Chardon-marie : Racine tendre cuite, jeunes pousses crues ou cuites. Feuilles crues ou légèrement cuites, après avoir découpé les bords. Tige avant floraison, crue ou cuite. Tonique et digestif.

Chélidoine : Attention, le joli latex (jaune orangé) est toxique et irrite peau et muqueuses. La racine est la partie la plus toxique. Le latex est encore utilisé en usage externe contre les verrues (« herbe à verrues »).

Chicorée sauvage : racines torréfiées en succédané de café. Très jeunes feuilles crues en salades, cuire si plus âgées (légume célèbre en Italie). Plein de vitamine A. Tonique et digestif.

Ciboulette : feuilles en condiment.

Consoude : Feuilles rêches (attention à ne pas confondre avec la digitale, très toxique, dont les feuilles sont plus douces au toucher). Jeunes feuilles crues, autres cuites. Filets (pâte à crêpe) ou beignets. Riche en protéines complètes et vitamine B12 (autrefois considérée comme exclusivement d’origine animale). Usage externe : cicatrisant efficace (émolliente et astringente). Polémique sur sa toxicité : utiliser avec parcimonie. Bon purin en addition aux orties (potasse) : 1Kilo pour 10L, utiliser à 10%.

Cumin des prés (carvi) : racine (en hiver) comme carottes. Feuilles et graines en condiment. Attention à ne pas confondre avec d’autres ombellifères toxiques.

Digitale : Attention, très toxique ! Quelques feuilles à peine peuvent être mortelles. En méd, à très faible dose, renforce le cœur (pas d’automédication!)

Echinacée pourpre : toute la plante, surtout racine, stimule l’immunité, anti-inflammatoire et antiseptique. ½ c à café de poudre de racine séchée en tisane prévient affections, grippes…

Epervière piloselle : pour fortifier la vue, aussi très réputée comme anti-infectieuse pour guérir blessures et toutes sortes d’affections. Tisane amaigrissante (élimine urée). Limite la croissance des plantes adventices (et l’usage des herbicides).

Eupatoire chanvrine : célèbre contre nausées, constipation, rhumatismes, prévention contre rhumes et grippe (immunité, anti-infectieuse). Ne pas faire d’usage prolongé. Feuilles et racine en tisane. Racine en décoction ou cataplasmes de feuilles pour cellulite, couperose.

Fenouil : Crues ou cuites, toutes les parties. Carminative et facilite la digestion. Autrefois pris en infusion pour mères qui allaitent (aide à la digestion de bébé et stimule la lactation).

Fragon petit houx : jeunes pousses cuites. Racine diurétique et bonne pour la circulation sanguine. Attention, fruits toxiques.

Fraisier : jeunes feuilles bourrées de vitamines C, crues en salades, ou cuites (moins amères). Tisane diurétique, antirhumatismale, astringente. Fruits délicieux (mais attention à l’échinocoque : cuire).

Fumeterre : tisane (3g pour 1L) : tonique, dépurative (action sur la bile), contre indigestion et nausées. En usage externe (décoction de 60g dans ¼ L, bouillir 5 mn, infuser 10mn et filtrer) : contre acné, eczémas, dermatites atopiques, conjonctivites.

Garance : autrefois utilisée pour les teintures rouges.

Genêt des teinturiers :  autrefois utilisée pour les teintures jaunes et parfois vertes.

Guimauve : Racine bouillie, ou crue (épluchée) était donnée aux jeunes enfants comme hochet de dentition. Jeunes feuilles crues, autres cuites. Racine et feuilles contre maux de gorge et bronchites, en cataplasmes contre inflammations.

Hosta : consommée au Japon (« urui »)

Houblon : Jeunes pousses crues, en addition aux salades, ou cuites. Cônes en tisanes : sédatif, contre l’irritabilité, le stress et les insomnies.  Leur lupuline est anaphrodisiaque et oestrogénique (d’où les poussées mammaires des gros consommateurs de bière) : ne pas abuser des cônes, toxiques en grande quantité.

Hysope : Fleurs et feuilles : condiment piquant et facilitant la digestion, pour viandes et salades. Tisane de fleurs et feuilles : digestive, tonique, antiseptique, efficace contre toux et ballonnements. Déconseiller aux épileptiques et femmes enceintes.

Laurier sauce : seule espèce de laurier utilisable (les autres sont toxiques !). Condiment ou tisane : facilite la digestion (pendant ou après le repas, le consommer avant coupe l’appétit). Amaigrissant.

Lavande : antiseptique, bactéricide, désinfectante (contre rhumatismes et affections bronchiques), calmante (contre anxiété, stress et insomnies), antispasmodique, carminative (vertus digestives). Protège vêtements des mites. Autrefois utilisée contre morsures de vipère (d’où son nom d’aspic). En infusion : 1g de fleurs séchées pour 150 ml d’eau bouillante, infuser 5 à 10 mn.

Lycope : astringente, fébrifuge. Gélules contre hyperthyroïdie, bouffées de chaleur de ménopause, tachycardie… Une teinture noire était tirée de ses feuilles, utilisée par les gitans pour teindre la peau, d’où son nom anglais de « gipsywort ».

Mandragore : attention, très toxique ! Réputation de plante magique, utilisée autrefois pour ses propriétés hypnotiques et hallucinogènes, et sa réputation d’aphrodisiaque.. Racines à formes humaines. En méd : sédative, antispasmodique, anti-inflammatoire (pas d’auto-médication !).

Marguerite : Fleurs et jeunes pousses crues (à ajouter aux salades) ou légèrement cuites à la vapeur. Feuilles développées cuites en légumes (mais sont moins bonnes). Infusion de fleurs séchées : antispasmodique, calmante, digestive, diurétique et diaphorétique. Astringente.

Marjolaine : Condiment (en fin de cuisson) : proche de l’origan, mais plus douce. Infusion réchauffante, antiseptique et relaxante.

Marrube blanc : célèbre remède béchique (contre les infections de la gorge et des voies respiratoires). Expectorant. En tisane de fleurs séchées, ou en décoction : 15-20g de feuilles et-ou fleurs dans 1 L.

Mauve sylvestre : se mange, comme toutes les mauves (y compris la rose trémière, mais attention à ne pas la consommer si elle est attaquée par la rouille). Fleurs décorent salades. Feuilles crues en salade (meilleures jeunes), ou bon légume, cuit en potage ou en fondue (oignons et huile d’olive, puis 600g de feuilles avec eau). Très riche en protéines complètes, vitamines A B C, sels minéraux. Emolliente et expectorante. Laxative à haute dose (recommandée si constipation ou irritation du tube digestif).

Mélilot jaune : Feuilles et fleurs séchées dégagent bon parfum (présence de coumarine). Aromatise desserts. Jeunes feuilles crues ajoutées aux salades. Graines servent d’épice. Infusion : calmante et diurétique, antiseptique des voies urinaires. Ne pas consommer à haute dose.

Mélisse citronnelle : Jeunes pousses crues en salades, ou cuites à la vapeur avec d’autres légumes. En condiment, aromatise salades, fruits, prépas à base de lait. Feuilles et fleurs en tisane délicieuse (ne pas bouillir) : calmante (stress, insomnies) et digestive, utilisée contre l’hyperthyroïdie. Chasse les moustiques.

Menthe : bon condiment. Tisane : stimulante et digestive. Bon anti-mites dans les placards.

Millepertuis perforé : Tisane (2à 4 g pour une tasse d’eau bouillante, infuser 10 mn, 1 à 2 fois par jour, effets au bout de 3 semaines) : célèbre antidépresseur, avec effets efficaces et moins d’effets secondaires que les antidépresseurs chimiques. Célèbre aussi contre blessures, inflammations de la peau et coups de soleil (macérer trois semaines au soleil des fleurs prélevées l’été, dans l’huile d’olive → teinture rouge). Attention, interagit avec beaucoup de médicaments, ne pas utiliser simultanément (notamment avec antidépresseurs, ou la pilule contraceptive).

Molène : voir bouillon blanc (qui est une variété de molène, aux vertus médicinales bien connues).

Momordique : attention, toxique ! En médecine : dépuratif, diurétique et hypotenseur (pas d’automédication!)

Myrte : symbole d’amour. Jeunes pousses crues en condiment aux salades (petite quantité). Boutons fleurs séchés ou fruits séchés : en épice. Fruits passés au moulin : confiture. Feuilles accompagnent viandes. Feuilles et rameaux autrefois brûlés comme encens. Astringent, antiseptique, expectorant. Tisane de feuilles : contre la toux et la dhiarrée (ne pas trop prolonger l’usage).

Nepeta cataire (chataire, herbe aux chats) : sa nepetalactone attire les chats (déclenche phéromones). Feuilles et fleurs en condiment (fromage). Bonne tisane de feuilles (décontractante, calmante et digestive contre coliques et maux d’estomac).

Nigelle de Damas : vertus antihistaminiques (contre les allergies) et autres, mais la nigelle de Damas est toxique : automédication déconseillée.

Noisetier des sorcières (hamamélis) : tonifie et régule le flux sanguin. Cicatrisant, antibactérien, antiviral. Célèbre remède contre hémorroïdes, mais aussi jambes lourdes, varices, contusions, entorses, inflammations, couperose, congestions du visage… Tisanes 3 fois/jour de F (1 ou 2g pour 200 ml, plus pour un bain de siège).

Onagre : bisannuelle, fleurs s’ouvrent le soir. Racine crue ou cuite (à la fin de la première année, avant que la tige florale se développe). Feuilles en légumes. Tige florale à l’état de pousse. Attention à toujours mélanger avec d’autres légumes, sinon irritant. Antispasmodique, anti-inflammatoire. Huile des graines efficace contre règles douloureuses, syndrômes prémenstruels, pbs de peau (eczéma), hypertension.

Origan : Feuilles et fleurs en condiment, en fin de cuisson. Préférer le thé solaire aux infusions. Digestif, carminatif, expectorant, antispasmodique.

Ortie : excellent légume ! Jeunes feuilles crues (en salade, ou hachées) ou cuites (préférer les feuilles terminales, en haut de la tige). Protéines, vitamines A et C, oligo-éléments, fer. Tonique, dépuratif, diurétique, antianémique, hémostatique. Ses piqûres soulagent arthrites et rhumatismes, vieux remède paysan un peu douloureux, mais efficace. Soin du cuir chevelu. Fibres utilisées pour tissage, et même les billets de banque (remplacée par la ramie, ortie de Chine). Purin d’ortie très efficace.

Oseille : Feuille crue mêlée aux salades, ou cuite. Bonne limonade, macérée dans de l’eau sucrée. Dépuratif, diurétique, stomachique. Cuite, elles est émolliente.

Passiflore : Fleurs et feuilles : infusion anxiolytique et sédative (très bonne tisane contre le stress et l’insomnie).

Pastel des teinturiers : on en extrayait du bleu. Bon fourrage. Racine en tisane, très populaire en Chine (antibactérienne et antivirale, serait efficace contre les oreillons). Il serait anticancérigène (20 fois plus de glucobrassicine que dans le brocoli !).

Patience : Tisane de feuilles et racines séchées : goût affreux, mais utile contre l’atonie des voies digestives (foie, bile), les problèmes de peau, les rhumatismes.

Pavot oriental : Jeunes feuilles ajoutées aux salades ou cuites. Graines en condiment. Feuilles séchées (y compris coquelicot) en tisane : sédative, émolliente, béchique.

Penstemon : la racine aurait été utilisée par les indiens contre les maux de dents.

Petite pervenche : Tisane de feuilles (avant la floraison) : contre problèmes de circulation cérébrale, troubles liés au vieillissement (vision, audition, paroles), difficultés de concentration et de mémoire, vertiges, troubles de l’équilibre. Gargarismes contre angines (émolliente). Bonne astringente : Feuilles sur les plaies pour coaguler le sang.

Physalis (coqueret, alkékenge) : Fruits à maturité (sinon toxiques !), souvent amers, meilleurs en confiture. Riches en vitamines A et C. Diurétique et laxatif.

Pissenlit : jeunes feuilles crues, ou cuites en légumes si plus âgées. Racine crue ou cuite ; torréfiée, elle fait un succédané du café. Fleurs et capitules en salade. Protéines, vitamines A et C, et B et E. Tonique, stomachique, cholagogue, dépuratif, laxatif et diurétique. Excellent en cure du printemps !

Pimprenelle (sanguisorbe) : Feuilles en condiment à saveur de concombre (salades, sauces, soupes, omelettes, vinaigre). Jeunes feuilles sont meilleures. Astringente et hémostatique (sanguisorbe = absorbe le sang), cicatrisant plaies et brûlures. Carminatif.

Plantain : lancéolé, moyen ou grand : jeunes feuilles crues en ajout aux salades (champignon). Plus âgées : cuites en soupe ou légumes. Protéines complètes et vitamine C. Astringent et hémostatique (Feuilles écrasées en compresses cicatrisent bien), émollient (gargarisme), dépuratif, antiseptique (bon collyre), bon contre piqûres d’insectes (feuilles écrasées). Graines laxatives.

Plante à curry (immortelle) : en condiment, parfum proche du curry (mais retirer les feuilles en fin de cuisson). Fleurs en pommade : cicatrisante, anti-inflammatoire et analgésique (contre hématomes).

Primevère officinale (coucou) : jeunes feuilles crues, piquantes, à mêler aux salades (avec fleurs). Feuilles cuites (mélanger aussi). Vitamine C et sels minéraux. Feuilles anti-écchymotiques (usage ext) et fleurs utiles en cas de gerçures et crevasses. Fleurs séchées : tisane adoucissante et calmante (toux). Racine expectorante et antivirale. Attention, des allergies sont possibles.

Pulmonaire : Feuilles à saveur douce, crues (jeunes) ou cuites à la vapeur. Fleurs en salades. Emolliente et expectorante : vieux remède, en tisane de feuilles, contre les affections respiratoires (d’où son nom faisant référence aux poumons, forme des feuilles).

Raifort : racine fraîche râpée (couverte de vinaigre) ou séchée puis pulvérisée : condiment très piquant (base du wasabi). Souvent avec crème fraîche. Attention à ne pas respirer et ne pas trop manipuler, racine très irritante et rubéfiante. Jeunes feuilles crues ou cuites : comme le chou mais plus piquant. Protéines, vitamine C, sels minéraux. Plante stomachique, diurétique, expectorante, antiscorbutique (à petites dose!)

Réglisse : racine sucrée utilisée pour bonbons. Le « coco » était une boisson autrefois célèbre : eau citronnée où macèrent des branches. Tisane de racine : désaltérante, digestive (ulcères), expectorante, anti-arthritique. Etudes récentes : réduirait diabète et on en tirerait une molécule contre certains cancers. Attention, toxique à haute dose, déconseillée si hypertension.

Reine des prés (spirée ulmaire) : odeur de médicament : origine de l’aspirine ! Toutes les parties, séchées une année entière, sont un condiment aromatisant lait, crèmes et desserts. Infusion ou thé solaire très bonnes, facilitant digestion, contre acidité gastrique. Très diurétique et diaphorétique : bonne contre la rétention d’eau et la cellulite, mais aussi antirhumatismale, fébrifuge et antispasmodique. En usage externe (cataplasme), racines et feuilles astringentes, vulnéraires et détersives (lavantes).

Reseda gaude : sa lutéoline donne l’un des meilleurs jaunes, très stable. Aussi « herbe aux juifs » car les juifs du comtat venaissin (dans l’actuel dpt du Vaucluse, alors domaine pontifical) devaient colorer leur chapeau jaune, du 13 au 18è siècle.

Rhubarbe : Attention, feuilles toxiques. Seul le pétiole est consommé, cru ou cuit : tonique, antianémique (vitamine C,  Potassium et Phosphore). Bon anti-inflammatoire des muqueuses buccales. Racine séchée et concassée en tisane anti-constipation : bon laxatif et dépuratif, antiseptique pour le foie (effets 6-8h après). Ne pas trop prolonger l’usage. Le rhumex alpin a certains effets analogues.

Romarin : Condiment célèbre pour viandes, vinaigres… tisanes agréables. Stimulant, stomachique, cholagogue et carminatif. Usage ext : antiseptique. La tradition populaire dit que le consommer rend fidèle en amour !

Rue fétide : Attention, plus ou moins photosensibilisante si on la manipule par temps ensoleillé (cloques, rougeurs sur la peau). Les femmes enceintes doivent l’éviter. Feuilles séchées en condiment intéressant (goût spécial!) pour fromages frais et omelettes, en pâte à tartiner avec fromage blanc, huile d’olive, poivre, vinaigre balsamique et ail (rue en petites quantités). Bon purin contre pucerons. Mêlée à l’eau pour laver les sols, était utilisée pour chasser insectes parasites. Tisane diluée : autrefois utilisée en rinçage des yeux contre la fatigue oculaire (peintres célèbres).

Salicaire : Feuilles comestibles crues ou cuites. Tisane de fleurs : antiseptique, contre problèmes gastro-intestinaux (« herbe à coliques ») : 50g fl séches ou 100g de fl pour 1L d’eau. Usage externe : feuilles hachées (ou en décoction, avec de l’argile verte) : contre eczémas et problèmes de peau avec suintement.

Santoline verte : Feuilles et fleurs en condiment (petite quantité) dans les plats salés. Parfume olives vertes. Stimulante, digestive, emménagogue et vermifuge. Anti-mites dans les placards.

Saponaire : Attention, plante toxique ! Pétales et racines font mousser l’eau : autrefois utilisée comme substitut au savon pour se laver les mains ou en shampoïngs (décoction de 60 /L d’eau). Lessive (attention, pas de blanc, légèrement jaunissante) : décoction de 100g/L d’eau. La luzerne marche de la même façon en lessive, ou le lierre (100 feuilles hachées pour 2L d’eau). Décoction (5 à 15 gr/ L d’eau), en compresses utiles pour la peau (démangeaisons, herpès, eczéma, urticaires, acné, pellicules, psoriasis).

Sauge : Condiment pour viandes (canard, porc), va bien avec les oignons. Parfum plus fin si on les fait sécher. Fleurs de la sauge sclarée ont un parfum fort qui aromatisait les boissons (goût de muscat) et son huile essentielle est utilisée en parfumerie. Infusion de sauge (ne pas trop abuser ni prolonger l’usage) est une panacée (« salvia » = qui sauve) : stimulante, stomachique (purifie toutes voies digestives), antisudorale, antiseptique très pratique (feuilles écrasées en usage externe, mâchées si douleurs buccales), emménagogue (y compris bouffées de chaleur de ménopause), astringente. Bain de bouche : soulage gencives irritées. Huile de macération (3 semaines au soleil) apaise contusions, varices, douleurs féminines  (ventre et bas du dos).

Tanaisie : Condiment pour omelettes et desserts, mais amer. Petits fragments de feuilles ou de fleurs pour parfumer crèmes, flans, boissons, infusions. Stimulante, emménagogue, vermifuge. Attention, toxique et abortive à haute dose !

Thym (idem serpolet) : Antimites dans les placards. Fleurs et feuilles en condiment en fin de cuisson (salades, légumes, soupes). Tisane stimulante, antiseptique, stomachique, expectorante, antispasmodique (toux, maux de gorge, rhume, sinusite, bronchite).

Valériane officinale (« herbe aux chats » car racines euphorisent les félins !). Jeunes feuilles et fleurs en ajout aux salades. Racines ont une forte odeur. Tisane de racines : sédative, antispasmodique (rééquilibrant nerveux), stomachique ; ne pas prolonger l’usage.

Verge d’or du Canada : stimulante, sudorifique, tonique, carminative, apéritive et pectorale. Tisane contre problèmes rénaux, entérites et bronchites.

Vergerette du Canada : bon anti-inflammatoire (rhumatismes), mais aussi diurétique, et antidhiarréique (surtout les fleurs).

Verveine citron : Feuilles en condiment agréable pour viandes, poissons et crustacés. Eloigne moustiques. Infusion 30g de F fraîches dans 1/2L d’eau : calmante et digestive. Bonne contre les crampes, nausées, vertiges, migraines, dépression.

Verveine officinale : tisane de feuilles sédative, anti-anémique et fortifiante (bon en convalescence). Bonne contre l’épilepsie.

Vigne rouge : Feuilles cuites peuvent être consommées (pour entourer une farce par exemple). Tisane de feuilles (voire de pépins) : anticoagulante, vsoconstrictrice, astringente, contre insuffisance veineuse (jambes lourdes, varices, hémorroïdes).

Violette : Feuilles crues en salades, ou cuites (les noirs du sud des Etat-Unis en faisaient une soupe épaisse, comme tapioca). Fleurs décorent salades et parfument desserts. Feuilles très riches en vitamines A et C, sels minéraux et mucilage. Feuilles et fleurs en tisane : expectorante et émolliente (toux).

2 thoughts on “Le carré botanique

  1. Réappropriation des savoir faires, oui oui oui. Mais global, non discriminant… quid de nos habitats, de l’énergie, du vivre-ensemble… il est possible de reprendre tout cela en main aussi, c’est pas si difficile et cest fun quand tout est cohérent. Nous bossons là dessus ici à Terre Paille et Compagnie. Autogestion, autonomie (relative bien sûr) et savoir-faires… expérimentation etc… nous sommes à la campagne, c’est sûr, mais les villes ont leurs adaptations possibles et même avec quelques avantages.

    Un sympathisant…
    merci pour votre travail.

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