On parle des Editions Libertaires dans la presse

Les Editions libertaires, debout et sans se taire

La maison d’édition a publié 150 titres en dix ans. Rencontre avec son fondateur militant.

Jean-Marc Raynaud, éditeur et auteur, mais toujours militant.

Jean-Marc Raynaud, éditeur et auteur, mais toujours militant. (PHOTO K. C.)

 

Dans la vie, celui qui ne veut ni dieu, ni maître, a pourtant un maître (-mot) : c’est le bonheur ! « Si on peut, pas la peine de s’emm… quand même ! » Voilà ce qui guide Jean-Marc Raynaud en tout domaine.

Et ce Rochefortais de 64 ans, installé en Oléron depuis belle lurette, en a plusieurs des casquettes ! Son métier, c’était intendant au collège du Château. Ça, c’était pour l’alimentaire, même si Jean-Marc Raynaud, efficace et bosseur, s’épanouissait dans sa carrière.

Politique et éducation

Mais ce militant généreux a apporté sa pierre à bien d’autres édifices. L’école BonAventure qui vit le jour à Saint-Georges-d’Oléron de 1993 à 2001, c’est lui. Sa femme enseignait et lui gérait l’établissement parallèle qui pratiquait la méthode Freinet. Et puis, l’amoureux des mots a toujours écrit, dans « Le Monde libertaire » notamment, sur la politique et l’éducation, ses deux dadas.

Voilà comment, de fil en aiguille, Jean-Marc Raynaud s’est retrouvé responsable des éditions de la Fédération anarchiste dont il est membre. Et le jour où il a passé la main, il y avait pris goût. « Je trouvais dommage de ne pas poursuivre sur cette voie. »

Ainsi sont nées les Éditions libertaires, voilà dix ans. Pour comprendre la ligne éditoriale, les titres de collections devraient suffire : « Propos mécréants », « Ni dieu, ni maître d’école », « Anarchisme », « Graine d’ananar », pigé ? « On est cinq ou six copains à travailler gratuitement, du graphiste à l’imprimeur, des auteurs au gestionnaire. »

Bien sûr, au départ, le noyau dur a injecté quelques sous dans l’aventure, bien lancée grâce aux premiers livres qui ont bien marché : « Du rouge au noir », de Gérard Lorne et « Les Égorgeurs », de Benoist Rey. « Depuis, dès qu’on a trois ronds, on réinvestit dans d’autres bouquins. »

Il écrit aussi

Et, en dix ans, la petite maison d’édition, qui s’est fait un nom chez les anars, a pondu quelque 150 titres. Et comme Jean-Marc Raynaud est un épicurien né, « ce sont tous des coups de cœur ! » Il faut dire que « La Lutte des signes, 40 ans d’autocollants politiques », de Zvonimir Novak, ou les fables d’Ésope orchestrées par Melon sont de purs bijoux. Sans parler du tout dernier, aussi politiquement incorrect que drôle, « Divin capital », de Claude Margat, copain de lycée de Jean-Marc Raynaud. Tiens, tiens !

Enfin, Jean-Marc Raynaud s’amuse aussi à écrire. Après son premier polar, voilà trois ans, « Meurtres exquis à la librairie du « Monde libertaire » », il a accouché d’autres « Meurtres exquis » à Oléron ou à la Libre Pensée, et bientôt au… PS ! C’est pour avril et ça devrait saigner !

« Je me fends la gueule, je règle quelques comptes, c’est loufoque, mais il y a de la vérité noyée entre les lignes. » Bien sûr, comme dit Boby Lapointe, comprend qui peut ou comprend qui veut.

Les Éditions libertaires, 35, allée de l’Angle-Chaucre, 17190 Saint-Georges-d’Oléron. editions-libertaires.org. Tél. 05 46 76 73 10

Sud-Ouest, 29 décembre 2011

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