Archives de catégorie : La rue grogne

[Etats-Unis] Manifestations et répressions

Des milliers de manifestants à New York : «Cette fois je crois qu’ils nous ont entendus»

Au terme de cette mobilisation inédite, près de 250 personnes ont été arrêtées.

Affrontements entre forces de l’ordre et manifestants à Wall Street, le 17 novembre 2011. (© AFP Allison Joyce)

 

Le mouvement anti-Wall Street a marqué jeudi son deuxième mois d’existence par une série d’actions dans plusieurs villes américaines, principalement à New York, berceau de la contestation. Des milliers de manifestants s’y sont rassemblés et 245 ont été arrêtés, dont environ 70 ce matin.

En début de soirée, plusieurs milliers de manifestants, défilaient sur le pont de Brooklyn à New York, deux jours après le démantèlement du campement d’Occupy Wall Street du square Zuccotti, près de la Bourse.

Parmis les manifestants se trouvaient de nombreux syndicalistes et des étudiants protestant contre le coût de l’éducation. La police a également indiqué que sept policiers ont été blessés.

Notre correspondant à New York Fabrice Rousselot était sur place, il raconte en détail cette journée de manifestation. Extrait :

C’est l’heure de vérité pour Occupy Wall Street. Les syndicats avaient promis qu’ils se mobiliseraient pour une marche organisée depuis Foley Square, dans le sud de Manhattan, vers le pont de Brooklyn. Et ils sont bien là. Entre 10000 et 12000 personnes sont rassemblées dans le froid. Mike Phelan, un grand costaud, tient une banderolle du SEIU, le syndicat des employés de service. «Je suis là car je fait partie des 99% qui veulent protester contre les inégalités», s’insurge-t-il, «au lieu de donner de l’argent aux riches on ferait mieux de le consacrer à l’éducation ou aux emplois». La place est noire de monde mais l’ambiance est festive. «Je représente les générations à venir qui vont se retrouver à la rue», dit une grand mère, «c’est pour elles que je me bats». Lire le reportage de Fabrice Rousselot: «Cette fois, je crois qu’ils nous ont entendus» (cliquez ici).

Sur la côte ouest, la police a évacué un camp anti-Wall Street et une vingtaine de personnes ont été interpellées à Los Angeles. Sur le campus de la prestigieuse université de Berkeley, près de San Francisco, une vingtaine de tentes ont été enlevées par les forces de l’ordre et plus au nord, dans l’Etat de l’Oregon, 34 personnes ont été arrêtées.

A Chicago (nord), des milliers de manifestants ont bloqué le trafic à l’heure de pointe. La police a verbalisé 46 personnes. Dans la capitale Washington (est), plus de 300 personnes ont manifesté sans incident.

Cette journée d’actions a également été suivie de l’autre côté de l’Atlantique: les campeurs anti-Wall Street installés dans la City de Londres ont rejeté l’ultimatum qui exigeait qu’ils plient les tentes avant 19 heures, ouvrant la voie à une bataille judiciaire avec la municipalité.

(AFP)

[Grèce] Auto-organisation sociale

[Grèce] Auto-organisation sociale

Vous dites « unité nationale », nous disons « pillage » : encore un supermarché exproprié à Athènes

Aujourd’hui, jeudi 3 novembre, des camarades ont pillé une chaîne de supermarché de Zografou dans la banlieue d’Athènes et ont distribué les marchandises pillées sur un marché populaire en plein air.

Une traduction du texte distribué lors de leur action :

Arrêtons de nous tromper nous-mêmes. Derrière la rhétorique facilement assimilable sur les arnaqueurs et les golden boys, les méchants Allemands et les marchés — généralement et abstraitement — sans merci, se cache notre exploitation sans fin et le pillage de la production de biens par la clique des patrons. Et c’est clair comme de l’eau de roche que tant qu’ils s’imposeront sur nos vies, ils continueront à nous abaisser et ils nous étoufferont pour maintenir leurs profits. Et les coups consécutifs que l’on se prend, peu importe comment ils se présentent, servent tous à maintenir leurs propres, et unifiés, intérêts de classe. En même temps, ils propagent la peur pour préserver leur autorité : augmentation du flicage, chasse aux immigrés, suppressions de « l’asile » universitaire, agitation du racisme et du patriotisme.

Fini la passivité. Reprenons nos vies en mains.

La perspective de la classe des opprimés n’est ni dans la lutte pour la survie, ni dans une position de soumission et d’appauvrissement. Cette perspective est résumée ici et maintenant, dans les petits et les grands moments de la négation et dans nos luttes. À chaque confrontation quotidienne avec les patrons et dans les grèves générales ; dans les manifs, les assemblées populaires et les structures d’entraide ; dans les occupations de bâtiments publics, les écoles et les universités ; dans la rage contre les flics et la solidarité contre la répression ; dans les actes agressifs contre des cibles capitalistes et d’État ; dans les mouvements de refus de payer, des factures électriques aux péages autoroutiers ; dans les pillages collectifs de biens dans les supermarchés, et leur redistribution publique.

Saisissons notre force collective.
Tissons notre projet d’émancipation sociale et individuelle.
Guerre à la guerre des patrons.

Tous aux grèves générales !

Contra Info, 4 novembre 2011.

Athènes : Une assemblée de quartier met en place un centre de santé auto-organisé

Depuis le mardi 11 octobre, l’Espace social de santé a ouvert au squat PIKPA, situé dans les rues Timodimou et Antoniadou (« Petrina »), dans le quartier d’Ano Petralona, pas loin de la station de métro Petralona.

De plus en plus de personnes sont mises à l’écart d’un système de santé pourtant déjà démantelé. L’assemblée populaire locale a décidé, pour la seconde fois au cours des dernières années, de mettre en place un espace de soin auto-organisé.

Des soins primaires seront offerts, gratuitement, suivant les diagnostics, par des travailleurs de la santé ou des volontaires à l’intérieur du squat.

En octobre, l’espace social de santé sera ouvert le mardi (17h-20h) et le mercredi (17h30-20h). Le mercredi, à 20h, des réunions publiques des groupes de travail sur la santé  des assemblées populaires de Petralona, Koukaki et Thission se tiendront également au squat PIKPA.

Contra Info, 30 octobre 2011.

Thessalonique : un cabinet médical solidaire sera ouvert dans quelques jours

Les violentes mesures d’austérité imposées par le gouvernement grec et la Troika (FMI / BCE / CE) enterrent totalement les restes de l’État providence avec des restrictions budgétaires et des suppressions d’emplois dans le secteur de la santé ; la pauvreté et le chômage explosent, et l’exclusion sociale est toujours plus forte. Pour répondre à ces mesures qui affectent la vie de milliers de personnes, une structure de résistance a été lancée à Thessalonique.

Le 7 novembre 2011, le « Dispensaire social de solidarité » va ouvrir ses portes au rez-de-chaussée du 24 de la rue Asopou (quartier de Vardari). Cet espace a été concédé par la Bourse du travail de Thessalonique à l’initiative de travailleurs de la santé.

Le cabinet médical sera ouvert tous les jours de la semaine, et fournira pour toutes et tous (avec ou sans papiers) des services gratuits à ceux qui n’ont pas de sécurité sociale : médecine généraliste mais aussi neurologique, psychiatrique, soins dentaires et pharmacie. Pour prendre rendez-vous appelez le 0030 2310 520 386 en matinée.

Vous pouvez apporter votre expérience et une aide financière à ce projet, mais aussi le soutenir en donnant de l’équipement ou des médicaments (avant leur date d’expiration).

Il n’y a pas d’autre choix. Tout ce que l’on peut faire, c’est s’entraider.

Contra Info, 30 octobre 2011.

[Chine] Un conflit foncier provoque des émeutes dans le sud du pays

[Chine] Un conflit foncier provoque des émeutes dans le sud du pays

Émeutes dans le sud de la Chine autour de la vente de terres

Des milliers de personnes armées de bâtons, de pierres et de cocktails Molotov ont participé aux heurts, qui auraient fait trois morts.

De violents affrontements ont opposé, samedi, les forces de l’ordre à des villageois en colère contre la vente de terres dans le sud de la Chine, a indiqué la police. Des milliers de personnes armées de bâtons, de pierres et de cocktails Molotov ont participé aux heurts, qui auraient fait trois morts, selon le quotidien de Hong Kong, Oriental Daily News. La police de la préfecture de Zhongshan, dans la province du Guangdong (sud), a indiqué sur un compte Weibo, le Twitter chinois, que les habitants du village de Yilong avaient envahi un parc industriel où ils « ont cassé, pillé et brûlé ».

La police a démenti qu’il y ait eu des victimes. Elle n’a pas précisé combien de personnes avaient été impliquées, mais a indiqué que, depuis le mois d’août, des villageois bloquaient le parc industriel au prétexte d’un contentieux foncier entre deux quartiers. Deux ateliers ont été incendiés, rapporte Oriental Daily News, selon lequel les habitants reprochent aux dirigeants locaux d’empocher le produit de la vente de terrains communaux. Quelque 3000 policiers ont été déployés, affirme encore le journal.

L’AFP a vainement cherché à joindre la police locale, la police et les autorités de la ville de Zhongshan. À la fin du mois d’octobre, des milliers de personnes à Huzhou, dans la province du Zhejiang (est), avaient protesté contre le doublement d’une taxe professionnelle portée à 600 yuans (67,4 euros) par employé dans la confection de vêtements pour enfants. La police a arrêté 72 personnes depuis.

Leur presse (Agence Faut Payer), 13 novembre 2011.

[Aix-en-Provence] Licenciements annulés pour les Fralib de Géménos en lutte

Les salariés de Fralib continuent la lutte et l’occupation du site de Gémenos.

La cour d’appel d’Aix-en-Provence a annulé ce matin le plan de sauvegarde mis en place à Fralib par Unilever (donc les licenciements)

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LIPTON-FRALIB

17 novembre 2011

La cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a annulé le plan de sauvegarde mis en place à Fralib, jugeant que sa validité devait être appréciée au regard des moyens du groupe américain.« Les chiffres donnés par Fralib permettent de constater que le chiffre d’affaires du groupe est en pleine croissance sur le plan mondial, toutes activités confondues, plus 44 milliards d’euros en 2010, 11% de mieux qu’en 2009 », peut-on lire dans un document de la cour. La cour d’appel indique en conséquence que « le plan de sauvegarde est sans valeur ».La juridiction déclare également : « Nul et de nul effet tout licenciement de salariés de Fralib prononcé dans le cadre du projet de fermeture du site de Gémenos. »Enfin, les magistrats ont condamné Fralib à payer au comité d’entreprise de la société la somme de 5000 € de frais de justice.

Source : Reuters

[Poitiers] Manif d’étudiantEs en orthophonie contre la réforme Bertrand

Les étudiants orthophonistes manifestent en chantant

Ils étaient 70 à protester, hier place du Maréchal-Leclerc à Poitiers, contre la réforme proposée par Xavier Bertrand, ministre de la Santé.

Soixante-dix étudiants en orthophonie ont manifesté hier.

 

Soixante-dix étudiants en orthophonie ont manifesté hier. – (dr)

Ceux qui passaient hier, en fin d’après-midi, sur la place du Maréchal-Leclerc à Poitiers se sont arrêtés et ont applaudi la prestation. Visage grimé, portant un tee-shirt rouge, soixante-dix jeunes ont donné de la voix. Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle chorale. Non, cette ritournelle ne sera pas diffusée sur toutes les ondes. Les étudiants en orthophonie manifestaient en chantant.

La création d’un Master

« Nous protestons contre le projet avancé par le ministre de la Santé, explique Jeanne Roeltgen, présidente de l’Association pour les étudiants en orthophonie de Poitiers. Ce projet prévoit une orthophonie à deux vitesses. » Actuellement, les étudiants en orthophonie sont admis au centre de formation, rattaché à la faculté de médecine, sur concours. Leur cursus se déroule sur 4 ans. « Mais seul un niveau bac + 2 nous est reconnu, précise Jeanne. Nous réclamons depuis longtemps au gouvernement de créer un Master 2. Nous voulons approfondir nos connaissances et accéder à la recherche afin de permettre l’évolution de nos pratiques. »
Et Xavier Bertrand accède à leur demande. Pourtant les étudiants sont en colère. Ils n’imaginaient pas une proposition conditionnée : « Il veut scinder notre profession, s’exclame Jeanne. Il nous faudra passer une nouvelle sélection au bout de nos quatre années d’études pour entrer en Master 2. Notre concours d’entrée au centre de formation est déjà suffisamment exigeant. C’est inadmissible. »
Selon les étudiants, ceux qui ne pourront pas atteindre cette cinquième année d’étude ne pourront plus soigner toutes les pathologies. Ceux qui l’intégreront seront obligés de choisir une spécialité. « Ce système provoquerait une baisse de l’offre de soin de qualité et de proximité », s’emporte Jeanne. L’attente est déjà longue pour les personnes souhaitant un rendez-vous : de 6 à 18 mois.
Pendant 16 jours, les étudiants des 16 villes accueillant un centre de formation en orthophonie vont se mobiliser. « Et s’il le faut nous irons tous manifester à Paris. » Une pétition est à signer sur www.mesopinions.com. Il faut taper « Pour un master en orthophonie » dans la barre de recherche.

Nouvelle République, Magalie Lépinoux, 16 novembre 2011