[Poitiers] Les rippers toujours en lutte !

NdPN : enfin une grève dure, avec tous les travailleurs en grève reconduite. Hourra pour les camarades qui tiennent bon, malgré une direction qui joue le pourrissement, et qui recourt à des intérimaires pour nettoyer (un peu)… le centre-ville en priorité bien sûr.

Grand Poitiers : la grève des éboueurs reconduite vendredi

Huitième jour de grève des collecteurs de poubelles de Sita-Suez sur le territoire de Grand-Poitiers. Hier matin, les grévistes ont mis en place un barrage filtrant au rond-point de l’usine d’incinération à Poitiers. De nouvelles négociations se sont achevées à 20 h et ont repris ce matin.

Mise à jour jeudi 15 h

Depuis ce matin, les négociations ont repris entre la CGT et la direction de Sita et ne sont pas terminées. A 15h, Laurent Barreau, représentant du personnel, indiquait qu’une issue au conflit n’était guère envisageable d’ici ce soir. La grève est donc reconduite demain vendredi.

Par endroits, le ramassage des ordures ménagères est assuré par des intérimaires ou des non grévistes, comme sur cette photo boulevard du Pont-Joubert.

Mise à jour à 20 h26.

  • La grève des éboueurs de la société Sita-Suez,  chargée de la collecte des déchets ménagers et du tri sélectif,  sur le secteur de Grand Poitiers s’est poursuivie aujourd’hui et sera reconduite demain. Les négociations entre les représentants du personnel gréviste et la direction n’ont pas abouti à un accord total.  Elles ont duré de 14 h à 20 h. Le secrétaire de la CGT Michel Multeau s’est réjoui d’avancées sur plusieurs points dont  » une solution pour perdre le moins possible d’argent en raison de la grève ». L’obtention de jours supplémentaires lorsque les salariés prennent des vacances fractionnées et le lavage des vêtements de travail seront examinés par les Prud’hommes. Une nouvelle réunion se tiendra demain  à 9 h 30. Elle conditionnera la reprise du travail vendredi ou pas.
  • Le mouvement de grève a débuté jeudi dernier. Hier, à la suite de l’échec des négociations avec la direction de Sita Sud-Ouest, le secrétaire du syndicat CGT avait envisagé le blocage de l’entrée de l’entreprise, située près de l’usine d’incinération dans le quartier de Saint-Eloi, à Poitiers. Une menace qui n’a pas été mise à exécution. Toutefois, Michel Multeau constatait ce matin que la situation était tendue. La direction a en effet fait appel à un équipage composé de deux salariés venus de Limoges. Cinq fourgons ont ainsi été mis en service contre quatre les jours précédents. Seuls les intérimaires poursuivent le travail. La cinquantaine d’agents permanents étant en grève.
  • Ce matin, les grévistes ont installé un barrage filtrant au rond point de la route de Bonneuil-Matours et de la rue du Haut-Bois et maintenu leur piquet de grève jusque dans la soirée. Les usagers de la route étaient invités à donner une obole en signe de solidarité avec les grévistes. Vers 10 h 30, un fourgon de ramassage des ordures ménagères est sorti de l’entreprise sans que cela ne génère des troubles. Deux policiers assuraient la sécurité aux abords de la route.
  • Les poubelles s’amoncellent dans certains quartiers de la ville mais sont pratiquement inexistantes dans l’hyper-centre de Poitiers. Des agents du service propreté de la Ville procèdent à des collectes avec des moyens modestes. La société Sita-Suez devra payer des pénalités à Grand Poitiers dans la mesure où elle n’assure plus le service auquel elle s’était engagée dans la convention signée avec la Ville.
Marie-Catherine Bernard, Nouvelle République, 30 avril 2014

Les négociations entre les grévistes et la direction du Sita Sud-ouest ont échoué hier. Les délégués syndicaux demandent l’intervention d’un médiateur.

Ce matin, dès 4 h, le piquet de grève devrait être de nouveau en place près du rond-point de la route de Bonneuil-Matours et de la rue du Haut-Bois conduisant à la société Sita-Ouest. Les conducteurs et rippeurs de l’entreprise en charge de la collecte des déchets ménagers sur Poitiers et Grand-Poitiers entameront leur neuvième jour de grève. Les négociations entre les représentants du personnel et Fabien Labussière, directeur des ressources humaines de la direction Sud-Ouest n’ont pas abouti à un accord hier contrairement aux espérances exprimées la veille.

«  La direction laisse pourrir le mouvement  »

« Des propositions nous sont faites mais une fois la direction générale contactée, elles ne sont plus valables. Il n’y a pratiquement aucune avancée. On demande depuis le début à négocier avec la bonne personne. Nous sommes des salariés de Sita Centre-Ouest pourquoi avons-nous le DRH de Sita sud-Ouest ? * », commentait hier à l’issue de la réunion, l’un des représentants CGT, Laurent Barraud. Il constate que la situation s’enlise. « La direction laisse pourrir le mouvement. Nous avons demandé l’intervention d’un médiateur. On espère qu’il sera là vendredi ». Ce matin, les négociateurs rendront compte des discussions de la veille aux grévistes. « Nous verrons quelle suite donner au mouvement. Nous avons insisté pour négocier le 1er Mai, nous voulons sortir de la grève », conclut le syndicaliste. Les effets de la grève sont de plus en plus visibles sur les trottoirs et les points de collecte des déchets des communes de Grand Poitiers. Cinq fourgons dont les équipages sont constitués d’intérimaires étaient en service hier. La CGT craint que la direction de Sita ait recours à des sous-traitants. Laurent Barraud ne parle pas pour autant de blocage de l’entrée de l’entreprise. « Nous faisons en sorte que ça se passe correctement. Nous ne voulons pas empêcher les intérimaires de travailler. » Le service propreté de la Ville « pallie au plus urgent ». Des habitants s’impatientent de voir les déchets gagner du terrain devant chez eux. Rue du Pré-L’Abesse (près de la rue des Feuillants), l’un d’eux se disait prêt, mercredi, à transporter les sacs poubelles devant la mairie.

* La chargée de communication nous a précisé que les ressources humaines dépendaient de Sita Sud-Ouest et que l’ensemble de la société poitevine y serait rattachée en juillet prochain.

du côté de la direction

Reprise des discussions aujourd’hui

> La direction de Sita Suez nous a indiqué hier soir que les discussions reprendraient ce matin sur le site de Poitiers avec le directeur général de Sita Sud-Ouest, Patrick Tréfois.  > Elle impute le blocage des négociations, hier, « au retour en arrière des salariés grévistes . Mercredi soir, on envisageait véritablement une sortie de crise ». > Pour le ramassage des déchets, « des moyens complémentaires seront mis en place aujourd’hui pour assurer un service minimum dans le cadre réglementaire. Nous avons obtenu l’autorisation de Grand Poitiers. »

soutien des élus communistes

Le groupe communiste de la mairie de Poitiers prend position sur la grève à Sita-Suez : « Le contrat qui lie l’entreprise à Grand Poitiers est un marché public qui place l’agglomération devant une double responsabilité : – morale car le donneur d’ordre doit s’assurer des conditions de travail et de la réalisation du contrat par son sous-traitant ; – de résultat vis-à-vis des citoyens : le ramassage des déchets. »  « Notre responsabilité d’élus est de s’assurer que les agents travaillent dans des conditions respectueuses du code du travail et les engagements pris par leur employeur auprès de nous. Nous devons donc nous préoccuper de la résolution rapide de ce conflit et appelons à la reprise d’un vrai dialogue. »

Marie-Catherine Bernard, Nouvelle République, 2 mai 2014