Archives de catégorie : Répression

Vincennes, le 22 octobre 2011

Vincennes, le 22 octobre 2011

Posted on 24 octobre 2011 by juralib

Témoignage téléphonique du 22 octobre 2011 depuis le centre de rétention de Vincennes, bâtiment 2

« À l’intérieur, chaque jour, ils mangent le métal. Il y a un Égyptien qui a mangé du métal trois fois. Quant à moi, un policier m’a frappé aux jambes. Il y a trois jours, j’ai déjà appelé le Samu, j’ai appelé les pompiers. Ils sont venus là, mais la police ne les a pas laissé rentrer. Chaque jour, je souffre. Je ne marche pas à pieds, je marche à genoux. Ils m’ont frappé parce qu’il y a eu une bagarre entre des blacks. Moi je suis passé au moment de manger, le temps du réfectoire. Je suis passé au moment où la police est venue. Ils étaient en train de se bagarrer. Il m’a donné un coup de genou sur le dos, je te jure. La vie de ma mère, le matin je peux pas me lever seul. Il faut que quelqu’un m’aide pour que je me lève. Je suis parti voir le docteur, là-bas des fois il y a un docteur. C’est eux qui disent que c’est un docteur, mais je pense pas que c’est un docteur. Il me donne un antidouleur, des cachets antidouleur. Lorsque je le prends, je suis bon, je suis bien. Le matin, lorsque ça finit, je peux même pas bouger de ma place. Je te jure, même pas bouger de ma place.

Ça, c’est mon cas. Il y a plein, franchement plein de catastrophes. Des catastrophes. C’est Guantanamo. Presque. Presque, pas à 100 %. L’ASSFAM, elle est là-bas, elle voit tous ceux qu’elle veut. Par liste. Elle a la liste. Tu parles pas, c’est-à-dire tu es gentil lorsque tu dis quelque chose, tu peux rentrer. Tu es un mec qui parle, c’est-à-dire qui dit non, tu rentres jamais à l’ASSFAM. Je sais pas, franchement je pense qu’ils sont avec la police.

Moi j’ai été arrêté à Pigalle. J’habite en Suisse, je suis résident en Suisse. J’étais à Pigalle avec mes potes, nous étions dans un bar. Je suis sorti, j’ai fait pipi près d’une belle voiture. Hop, une C4 s’arrête près de nous, ils m’embarquent, ils m’ont pris. Ils m’ont dit “Tu as pissé sur la voiture, c’est pas bien, tu es Algérien t’as pas le droit d’être ici en France”. J’ai mes papiers là, ils m’ont dit qu’ils me ramènent en Suisse. Ils m’ont dit “On cherche le ticket le moins cher pour vous renvoyer en Suisse”. Ça fait maintenant 23 jours, ils ont pas trouvé le moins cher. Paris-Genève, chaque jour, 5 vols. Ils ont pas trouvé de vol. Par exemple, tu viens d’Irak, ils te trouvent en Tunisie, automatiquement ils te renvoient en Irak. Si t’as fait l’asile en Suisse, s’ils te trouvent en France, automatiquement ils vont te renvoyer en Suisse. Et la Suisse, c’est eux qui s’occupent de toi, eux qui vont te renvoyer chez toi.

Je tiens à dire d’autres choses. Que des catastrophes, dedans. Catastrophes. Surtout pour les gens qu’ont pas de connaissances ici. Moi j’ai ma femme en Suisse, elle m’envoie l’argent, j’ai quelqu’un ici qui me ramène l’argent. Mais y en a, des gens, qui vivent la merde. Manger, tout ça, c’est pas halal. L’après-midi on prend un yaourt et un morceau de pain. À midi, rien. Parce que c’est pas halal. Ils savent ça, et ils le font exprès.

Tu sais, moi, hier… J’ai pleuré. La vie de ma mère, hier matin, devant la porte, je pleure. Tellement j’ai eu de souffrance. Tout le monde dit qu’il faut attendre le docteur. De 8h du matin, j’ai attendu jusqu’à 11h30. 11H30, je te jure, j’ai vécu la mort. Il m’a augmenté les antidouleurs. Au lieu de deux, il m’en donne quatre. Il m’a dit “Je peux rien faire pour toi, il faut sortir, il faut vous soigner dehors”. Il m’a dit “Il vous reste pas beaucoup de temps ici, tu peux te soigner en Suisse ou quand tu sors, ici”.

Moi je suis toujours près de la cabine. S’il y en a une qui sonne, je réponds. »

(« Au fond près du radiateur », tous les mardi de 19h à 20h30, sur Fréquence Paris Plurielle, 106.3 FM, sur Paris et la proche banlieue.)

Sous les lingots, l’exploitation

[INDONESIE] Les mineurs de Grasberg en lutte depuis plus d’un mois contre la multinationale américaine Freeport

Indonésie: poursuite de la grève sur le site minier de Grasberg

Les mineurs ont reçu le soutien des villageois ainsi que celui des proches des hommes tués la semaine dernière à proximité de la mine. 

Les mineurs ont reçu le soutien des villageois ainsi que celui des proches des hommes tués la semaine dernière à proximité de la mine.

REUTERS/Muhamamd Yamin

 

Voici plus d’un mois que dure la grève dans la mine Grasberg, l’une des plus grandes mines d’or au monde, située dans la province indonésienne de Papouasie. Les mineurs papous réclament des hausses de salaires mais le propriétaire du site, le groupe américain Freeport, refuse de céder. Le conflit social est également renforcé par le climat de violence qui entoure la Papouasie ces dernières semaines. Huit morts en un mois, dont trois personnes tuées par balles par des inconnus, hier vendredi, à proximité de la mine.

 

Un chauffeur du groupe Freeport mitraillé dans sa voiture au petit matin, puis deux autres personnes assassinées à leur domicile : c’est la troisième embuscade de ce style depuis avril, sans le moindre suspect jusqu’à présent.

Un drame de plus après la mort de deux mineurs papous début octobre, tués par la police pendant une marche de protestation. Les nerfs sont à fleur de peau d’un côté comme de l’autre. Avec la grève, la production de cuivre et d’or tourne au ralenti, et Freeport voit des millions de dollars de chiffre d’affaires s’envoler chaque jour.

Quant aux Papous, pas question de céder devant une compagnie étrangère qui exploite les ressources de leur île sans en reverser la juste part. Ils réclament l’alignement de leur salaire sur celui des autres employés du groupe dans le monde. Pour mettre fin au blocage, les autorités locales ont obtenu la reprise des négociations pendant 24 heures. Un délai cependant beaucoup trop court, dans le contexte actuel, pour trouver un compromis et un semblant de retour au calme.

Presse bourgeoise – RFI, 22/10/2011

 

Indonésie : un mouvement de grève dégénère dans l’une des grandes mines de la planète

La mine de Grasberg, à Timika, où un manifestant est mort lors des heurts entre policiers et employés, le 10 octobre 2011. 
La mine de Grasberg, à Timika, où un manifestant est mort lors des heurts entre policiers et employés, le 10 octobre 2011. 
Reuters/Muhammad Yamin

Un gréviste tué, six autres blessés par balles, c’est le bilan des heurts, lundi 10 octobre, entre la police et les employés d’une des plus grandes mines au monde située en Papouasie indonésienne. Une grève qui dure depuis plus de 3 semaines a dégénéré car des grévistes auraient tenté de s’interposer à l’arrivée de travailleurs. Les revendications portent sur les salaires mais les origines de cette tension sociale sont multiples.

La mine de Grasberg est la plus grande mine d’or et la troisième plus importante mine de cuivre au monde. Son impact sur l’économie indonésienne est considérable. L’exploitant de la mine Freeport-McMoRan Copper & Gold Inc. (FCX), une multinationale américaine, emploie plusieurs dizaines de milliers de personnes. Elle est le premier contribuable du pays, on comprend qu’elle fasse donc l’objet de toutes les attentions du gouvernement indonésien.

Il n’en reste pas moins que depuis la mise en exploitation du site, il y a 30 ans, son histoire est émaillée de violences. Les installations ultra-sécurisées de Freeport ont subi plusieurs attaques, dont certaines ont été attribuées à l’OPM (Organisation pour une Papouasie libre). La mine a entraîné un déséquilibre démographique dans la région, avec l’arrivée du reste de l’archipel de dizaines de milliers de jeunes ouvriers et le départ et l’expropriation de milliers de Papous.

 

Au conflit social et politique vient s’ajouter un problème écologique. Située sur le plus haut sommet d’Océanie, dans la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, la mine provoque des dégâts considérables sur l’environnement. La mine menace à présent le parc national de Lorentz et l’un des rares glaciers équatoriaux, tout proche des gisements de Freeport.

Presse bourgeoise – RFI, 10/10/2011

De nouvelles mesures pour nous pourrir la vie

De nouvelles mesures pour nous pourrir la vie

L’obligation de travailler pour des miettes

Le rapport Daubresse [Mission présidentielle sur l’amélioration du RSA et le renforcement de son volet insertion, remis au président en août 2011] organise la mise au travail forcé des RSAstes à raison de 7 heures par semaine, sous peine de radiation. Ce nouveau contrat nous oblige à accepter n’importe quel boulot payé des miettes, pour 130EUR en plus du RSA par mois, équivalant à bosser pour 4,6EUR de l’heure. Cela nous met en concurrence avec les salariés : quel intérêt pour un patron d’embaucher aux conditions d’exploitation habituelles alors qu’on lui sert sur un plateau une main-d’œuvre quasi gratuite et cofinancée à 88 % par l’État ?

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1319204388.pngLutte contre la fraude

Le second volet de ce rapport consiste au renforcement de la « lutte contre la fraude ». Très en vogue en ce moment, elle désigne à la vindicte les soi-disant profiteurs, responsables de la dette publique [La fraude aux prestations sociales, en France, est estimée entre 2 à 3 milliards d’euros. La fraude patronale est estimé à 18 milliards d’euros. Le « fond européen de stabilisation économique », en gros l’aide financière accordé aux banques en est à environ 440 milliards d’euros…]. Tous les allocataires devront avoir une carte électronique qui regroupera les données sur leurs aides sociales. De plus, le Répertoire national commun de la protection sociale (RNCPS) recoupe les informations de différents services (CAF, CPAM, MSA, Trésor public, opérateurs téléphoniques, banques, EDF, commerçants, etc.) au prétexte de détecter plus facilement les incohérences et omissions dans les déclarations, et de cibler les fraudeurs potentiels. Toucher des « trop perçus » en connaissance de cause ou sans s’en rendre compte ne permet de toute façon pas de remplir le frigo à la fin du mois. La lutte contre la fraude permet surtout de renforcer le flicage, d’augmenter le nombre de radiations, et accessoirement de réaliser quelques économies toujours sur le dos des mêmes…

Les équipes pluridisciplinaires

Dans le même esprit, le conseil général du Gard, département pilote, teste une nouvelle mesure : des bénéficiaires du RSA vont participer à des « équipes pluri-disciplinaires ». Dans une ambiance décontractée, chacun pourra « prendre des responsabilités, comme les professionnels ». En fait, il s’agit de « réduire, suspendre et réorienter » les allocations des autres. Ceux qui accepteront de mettre les autres dans la merde le feront « anonymement et en toute confidentialité ». Ils devront radier leurs voisins, leur entourage, et pourquoi pas « étudier » leur propre dossier ! L’intégration des allocataires aux mesures répressives vise à rendre les radiations acceptables. Dans une ville ou nous sommes plus de 30 % à être sans emploi, le Conseil général compte bien attiser, en nous montant les uns contre les autres, la guerre de tous contre tous.

Le monde entier est en pleine restructuration économique et sociale, qui nous oblige à toujours plus de sacrifices, de serrage de ceinture ; qui exige de tout un chacun de se mobiliser pour contribuer au « sauvetage de l’économie ». Pour réaliser toujours plus de bénéfices, il faut réduire le coût de la main-d’œuvre. Cela passe notamment par la remise en cause généralisée, dans les pays où ils existent, des minimas sociaux, allocations, retraites, sécurité sociale, etc., que l’on appelle le « salaire indirect ». Elle permet de réaliser des économies sur le dos des travailleurs et de tous les pauvres. Et indirectement elle développe un travail toujours moins bien rémunéré, tirant vers le bas l’ensemble des conditions de travail.

Ne nous laissons pas faire. Refusons les restrictions, les radiations, empêchons la mise en place des équipes pluridisciplinaires. Agir collectivement permet d’être plus fort face aux administrations, aux propriétaires, aux huissiers, aux patrons…

Sur Alès, il existe aussi un collectif qui s’organise dans ce sens, n’hésitez pas à venir nous rencontrer et en discuter !

Le collectif Exploités-Énervés se réunira le jeudi 10 novembre, à partir de 18h30, au « Café des Fleurs, bar-brocante », en face de la gare d’Alès, vous y êtes les bienvenus.

Ensuite, permanence tous les 2es vendredi du mois.

Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes !, 20 octobre 2011.

Le « Très très grand coeur » guetté par l’infarctus du myocarde

Le « Très très grand coeur » guetté par l’infarctus du myocarde

mercredi 19 octobre 2011 à 9h à Montpellier

Tribunal de Grande Instance de Montpellier, Place Pierre Flotte, 34040 Montpellier

carte

Dans le quartier Figuerolles, nombre de bâtiments sont jugés malades par la SERM, et cette pathologie serait, d’après les experts en sécurité urbaine cités par la mairie, qui s’inspirent d’anciennes analyses de spécialistes anglais et américains, à l’origine de nombreux problèmes rencontrés quotidiennement dans ces quartiers : pauvreté, violence, échanges déséquilibrés de cartes Panini, deal de poissons pas frais…

Par conséquent, soigner Figuerolles serait une priorité. Toutefois, le corps urbain étant une chose sensible, l’opération s’avère délicate et nombreux furent ceux qui s’échinèrent sur cette question. La solution retenue par les plus grands chirurgiens fut de traiter le phénomène à la manière d’un cancer, à savoir en « enlevant les tumeurs une à une ». Le but, à terme, serait d’après Max LEVITA, président de la SERM, « de régénérer le tissu urbain montpelliérain » en lui donnant l’occasion « d’intégrer, à l’aide d’une politique sociale forte, les grands axes fixés par les décisions européennes ». Il est en cela soutenu par feu Georges FRÊCHE qui affirmait lors du lancement de l’Opération Grand cœur en 2001 « J’aime bien la SERM. C’est des gens cools. Mais je préfère la vodka !». Hélène MANDROUX, actuelle maire de Montpellier, se félicite aujourd’hui du succès de l’opération. Dimanche dernier, alors qu’elle discutait avec Martine AUBRY des perspectives à donner à Montpellier quant à la recherche scientifique, elle affirma devant les journalistes : « Wesh, t’as vu grosse ! Figuerolles c’est craignos, y’a même pas de pesos ! Mais avec la SERM, ma sœur, on les désosse !».

Toutefois, une équipe dissidente de médecins formée à la BIERE (Bassin International Éprouvant Rageusement l’Existence) se leva contre ces manières d’agir qu’illes jugèrent « intrusives, brutales, injustes, malsaines et dégueulasses. Et avec des instruments même pas stérilisés !». Pour eux et elles, le diagnostic posé par les médecins subventionnés par la mairie était erroné, car mettant directement en jeu leur réputation et leur portefeuille. La question fut également soulevée de savoir dans quelle mesure ils confondaient avec une grande naïveté l’essence des choses et leur existence : « Si vous injectez de l’héroïne par intraveineuse, le comportement physiologique et psychologique change inévitablement. Toute la misère de notre environnement est de laisser penser alors que l’héroïne n’est pas un problème et que les dommages qu’elle engendre ne dépendent pas d’elle. » mais le parti adverse leur adressa un pli non affranchi contenant une lettre où il était inscrit : « On pine queudalle à quoi tu dis. Maintenant, cassez-vous ou on vous tape dessus. ».

Se levant alors avec rage et courage contre ces immondices proférées par une bande de vautours aigris et sociopathes, illes décidèrent d’axer leur lutte sur trois points :

  • La nécessité vitale, quoi qu’on en dise, de disposer d’un endroit où les corps puissent se reposer
  • Le refus d’une vision du corps réduit à l’état de marchandise
  • La possibilité, pour chaque cellule de chaque organisme conscient, de s’auto-déterminer et la capacité physique et matérielle pour elles d’autogérer leurs projets au sein de structures organiques adaptées
  • Le rejet absolu d’une philosophie utilitariste et l’arrêt immédiat de la prostitution immobilière

Et pour ce faire, ils se mirent à squatter tout à fait illégalement les diverses structures laissées à l’abandon par la SERM et l’Etat. Pointant du doigt des décisions favorisant l’industrie pharmaceutique qui, voyant les tumeurs croître, profite d’une augmentation de ses bénéfices, ils s’installèrent récemment au 31, rue du Père Fabre, une maison composée de trois appartements, les deux du rez-de-chaussée vides depuis cinq ans, celui du haut depuis huit mois.

Le 13 octobre, les propriétaires du premier étage et la SERM les assignèrent à comparaître devant un collège de médecins qui, de toute évidence, a déjà un avis tout fait sur la question.

Le Très très grand coeur, avec ses allées et venues incessantes, ses peintures murales qui feraient pâlir Julie Lascaux, policière de son état et peintre à ses heures perdues, sa joie de vivre et sa gaieté suintantes, ses divers projets d’ateliers (menuiserie, mécanique, photo, théâtre…) risque donc bientôt de s’arrêter de battre.

Une équipe sur place est déjà occupée à le garder en vie. Le 19 octobre, vous aurez vous aussi la possibilité de participer à l’opération de sauvetage en affichant votre soutien indéfectible à une entreprise à la fois personnelle et collective de reconquête de la vie. Pour cela :

RENDEZ-VOUS devant le TRIBUNAL D’INSTANCE
de MONTPELLIER à 9h

Distribution gratuite, soumise à autorisation parentale, de café, brochures et baisers

(à bas le) P.S : Ne pas jeter sur la voie publique. Plutôt sur le tribunal.

Demosphère Montpellier

Mobilisation réussie pour la famille Diallo-Cisse, la lutte continue !

 

Mobilisation réussie pour la famille Diallo-Cisse, la lutte continue !

 

Hawa Diallo travaille comme agent périscolaire pour la mairie de Poitiers, vit avec ses trois enfants, tous nés en France, depuis douze années. En mars dernier, elle avait reçu une OQTF, suscitant l’indignation. Cette OQTF fut annulée par une décision du tribunal administratif le 26 mai, suite à une mobilisation de parents d’élèves, d’associations et de collectifs de défense des sans-papiers.

Mais la préfecture s’acharne : hier lundi 17 octobre, Hawa reçoit une deuxième OQTF. L’après-midi même, des policiers stationnent une bonne vingtaine de minutes devant chez elle. Heureusement, Hawa n’est pas chez elle.

Aussitôt, des parents d’élèves organisent la riposte immédiate. De façon à montrer à la préfecture et à la police qu’à Poitiers la solidarité n’est pas un vain mot. Un tractage a lieu dès ce mardi matin devant les écoles de Poitiers, où sont scolarisés ses trois enfants de 5, 8 et 11 ans. Des courriels tournent auprès des parents d’élèves, d’associations, collectifs, syndicats et organisations politiques, appelant à un rassemblement de soutien à 18H devant le palais de justice.

C’est un large succès : en moins de 24 heures, plus d’une centaine de personnes répondent à l’appel ; les médias locaux viennent relayer la mobilisation. Des slogans fusent, exigeant la régularisation des sans-papiers, quelqu’un a amené une pancarte d’appel à la solidarité. Les nombreuses personnes présents, très motivé-e-s, décident ensuite spontanément de marcher sur la préfecture de Poitiers, dont l’entrée est fermée par quatre policiers. Une ronde d’enfants, franchissant le cordon en chantant « non à l’expulsion de la famille Diallo-Cisse », s’organise spontanément autour d’une voiture de la police, invitant les adultes à leur donner la main. Les policiers, qui ont l’air pris au dépourvu devant le succès de cette mobilisation, sortent un camescope pour filmer cette scène hautement subversive.

Deux annonces sont aussi relayées : sur l’invitation de resf 86, une rencontre le soir même au Toit du monde, à 20H. Elle s’est conclue par la décision de mettre en place un document à faire circuler. Ce document, en cours d’élaboration, rassemblera les coordonnées des associations, collectifs, syndicats et organisations politiques se mobilisant pour les sans-papiers et souhaitant y figurer ; de sorte que n’importe quelle attaque des autorités contres des « étrangers » puisse rapidement donner lieu à l’information et à la mobilisation solidaire du plus grand nombre.

Une réunion du collectif « d’ailleurs nous sommes d’ici » aura par ailleurs lieu demain mercredi, 18h salle Timbault, où cette initiative sera relayée.

Face à ceux qui veulent nous diviser, la solidarité est notre force.

Solidarité totale avec Hawa, Bachir, Hawaou et Ali, et avec tou-te-s les sans-papiers !

 

Groupe Pavillon Noir – Fédération Anarchiste 86 – 18 octobre 2011