Archives mensuelles : janvier 2012

[Saint-Savin] La justice de classe a frappé les ex-salariées d’Aubade

ndPN : pour rappel, un article de la CNT 86

Prud’hommes : la requête des ex-Aubade rejetée

Les 66 ex-Aubade qui contestent le motif économique de leur licenciement n’ont pas été entendues, hier, par les prud’hommes. Leur avocat fait appel.

Le combat des ex-salariées n'est pas terminé.

 

Le combat des ex-salariées n’est pas terminé. – (Photo archives)

Le délibéré est tombé hier, quatorze mois après l’audience : la requête des 66 ex-salariées de l’usine de lingerie Aubade de Saint-Savin est rejetée par le conseil des prud’hommes.

Le juge valide donc le motif économique des 101 licenciements de décembre 2009, mis en avant par la société, et non leur caractère « boursier » dénoncé par Me Giroire-Revalier, l’avocat des plaignantes.

«  Il faut rester optimiste  »

« Très déçu », ce dernier annonce qu’il va faire appel au nom des ex-salariées. Pour lui, les conclusions du juge sur le fond ne sont pas satisfaisantes : « Il est resté sur une appréciation des comptes de la société Aubade France, et pas des comptes de la holding suisse Calida. Or, il est impossible de statuer sur le bien ou le mal-fondé de licenciements sans se mettre à la hauteur de Calida, qui détient 100 % d’Aubade et qui est donc celui qui tire les fils. Par ailleurs, pour statuer, le juge a seulement pris en considération l’activité luxe de la société. Or, à nos yeux, on ne peut pas étudier la viabilité de l’entreprise sans prendre en compte l’ensemble du secteur textile du groupe. »
Lors de l’audience, l’avocat avait pointé du doigt la « volonté capitalistique de Calida de démanteler la production française d’Aubade au profit des filiales tunisiennes. » Une analyse qui n’a donc pas été entendue.
Me Giroire-Revalier soulève un autre point de désaccord : « Le juge n’a pas répondu à une question fondamentale que nous avions soulevée, à savoir l’absence de motivation explicite sur les lettres de licenciement. »
Me François Gaston, l’avocat représentant l’union départementale CGT, associée à la demande des 66 ex-Aubade, partage le sentiment de son confrère : « C’est une grande déception dans la mesure où nous avions énormément investi pour essayer de démontrer le caractère irrégulier des licenciements. »
Il n’en démord pas : « Il s’agit de licenciements d’économies, liés à des choix stratégiques d’entreprise, et non économiques. »
Pour lui aussi, il est « nécessaire d’aller en appel pour avoir une clarification sur les appréciations juridiques. Il faut rester optimiste. »

à chaud

 » Je suis très déçue et révoltée « 

Invité à réagir, Brigitte Péris, ex-déléguée CGT d’Aubade, est « très déçue et révoltée » par la décision prise hier par le conseil des prud’hommes de Poitiers. « Je ne comprends pas la décision des juges. Il n’y en a que pour les patrons. Je ne demandais pas spécialement de l’argent, juste qu’ils soient punis et qu’on reconnaisse notre combat. Il y avait de l’argent et du travail dans cette boîte. On a privé des gens de boulot pour aller produire là-bas (en Tunisie, N.D.L.R.), où les coûts de production sont moins élevés, et ainsi faire deux fois plus de bénéfices. Ça ne va pas s’arrêter là, nous allons faire appel, en espérant, à la longue, être entendues. »

Nouvelle République, Anthony Floc’h, 17 janvier 2012

[Bruxelles] Antipub en force

[Bruxelles antipub] «Une multitude de groupes autonomes…»

Panneaux publicitaires détruits : acte militant ou vandalisme ?

Le phénomène de destruction des panneaux publicitaires concerne toutes les communes bruxelloises. La société ClearChannel qui possède une part du marché, dénombre 58 panneaux fracturés au cours des trois derniers mois.

Des banderoles rouges et blanches, pour marquer la présence d’un panneau publicitaire vandalisé. Un acte qui se répète à travers Bruxelles et ses différentes communes, et que reconnaissent les deux grandes sociétés propriétaires des structures : ClearChannel et JC Decaux. Le second se refuse à comptabiliser, mais ClearChannel évoque 58 vitres brisées au cours des trois derniers mois.

On pointe du doigt les anti-pubs, qui préfèrent rester anonymes : « Il existe à Bruxelles et dans d’autres grandes villes, une multitude de groupes autonomes, qui choisissent chacun leur moyen d’action, qui va du plus répréhensible, comme la casse, au détournement des publicités. On attaque dans tous les sens, et toute l’année, mais il y a des périodes plus propices, comme Noël ou la Saint Valentin, qui sont récupérées. Ce sont des périodes porteuses de valeurs morales et sociétales, qui n’ont rien avoir avec la publicité. »

Pour la société JC Decaux, c’est un acte de vandalisme, qu’il faut réparer. Les panneaux sont en train d’être remplacés et une plainte a été déposée.

Leur presse (RTBF.be), 16 janvier 2012.

Appel au blackout du web le 18 janvier

SOPA & PIPA: rejoignons le blackout du web le 18/01 !

janvier 15, 2012 dans PIPA, SOPA

Le web est depuis plusieurs mois en lutte contre deux projets américains de censure du web mondial. SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act) sont en passe d’être votés respectivement par la chambre des représentants et le sénat des États-Unis. Un blackout du web s’organise le 18/01 en signe de protestation.

Ces projets vont permettre aux lobbys des industries dites « culturelles » de censurer tout site considéré comme favorisant la diffusion de contenus protégés par des droits d’auteurs. Cette large définition permettrait en réalité de vouer aux limbes tout site hébergeant ce type de contenus (Youtube, Facebook ou n’importe quel site affichant une vidéo ou une image protégée par exemple).

Les méthodes préconisées par SOPA et PIPA sont dignes des systèmes mis en place par certains régimes dictatoriaux comme la Chine, l’Iran ou la Syrie.

Ainsi, il sera possible:

  • de bloquer l’accès au site au niveau des serveurs DNS (Domain Name System). Ces serveurs permettent de faire l’association entre une adresse URL et l’adresse IP du site. En tapant son adresse, nous ne pourrions donc plus y accéder.
    De plus ce type de blocage risque non pas de censurer un seul site, mais l’ensemble du domaine auquel il est rattaché.
  • d’obliger les moteurs de recherche à enlever de leurs résultats des sites proposant du contenu protégé par des droits d’auteurs.
  • d’obliger les fournisseurs d’accès à Internet à bloquer ces contenus.
  • d’obliger les sites proposant des liens vers ceux contre qui une plainte a été déposée à retirer ces liens.
  • d’asphyxier les sites visés en interdisant aux intermédiaires publicitaires et financiers (Paypal par exemple) de traiter avec ces sites.

Tout cela impliquera potentiellement une surveillance accrue des communications entre individuEs, même par leurs échanges privés par mail.

Les outils permettant aux activistes du monde entier de communiquer anonymement (comme Tor par exemple) pourraient eux aussi être menacés, tout comme les serveurs DNS alternatifs utilisés pour contourner ce type de censure.

SOPA et PIPA sont votés aux États-Unis mais concernent les internautes du monde entier! N’oublions pas qu’une grande partie des services que nous utilisons sur le net proviennent des États-Unis.

Rejoignons le blackout!

Révolte Numérique appelle donc toutes les personnes administrant un site internet à se joindre au blackout organisé aux États-Unis pour la journée du mercredi 18 janvier 2012 de 8h à 20h.
De nombreux sites comme Reddit, Mozilla US, Minecraft, FSF, EFF, identi.ca, Anonymous (via Twitter) etc. (et peut-être Wikipédia) se joindront à cette initiative.

Même si la maison blanche semble prendre position contre certains aspects de ces lois, nous ne devons pas relâcher la pression!

  • Si vous avez un site WordPress, des extensions sont disponibles afin de mettre votre site en maintenance en affichant un message de votre choix, ainsi que des extensions spécialement prévues pour l’événement.
    Vous pouvez également vous référer à cette méthode.
  • Si vous n’avez pas de site, modifiez votre avatar sur les réseaux sociaux et apposez-y un bandeau STOP SOPA ou STOP SOPA & PIPA.
  • Parlez-en autour de vous, faites monter la pression!

Liens utiles:
Révolte Numérique sur identi.ca (vous pouvez vous abonner au flux RSS)
Stop american censorship
blackout SOPA

 Révolte Numérique, 15 janvier 2012

Appel à une journée d’action contre le capitalisme – 31 mars 2012

31 mars 2012 – journée d’action européenne contre le capitalisme

L’Europe est dans un état d’urgence ! Depuis des mois, la crise du crédit et de la dette souveraine s’intensifie. On tente de sauver le capitalisme lors d’innombrables sommets inter-gouvernementaux à coup de programmes d’urgence. A en croire les politiques et les médias- c’est une menace d’effondrement, de récession et de pauvreté de masse qui pèse sur l’Europe. Avec cette rhétorique de la catastrophe, des réformes radicales du marché sont adoptées. Si nous ne résistons pas, celles-ci vont définir notre société et nos vies pour les décennies à venir. Au début de la crise, il était question de réguler le capitalisme. Les banques et les entreprises devaient payer le prix des dérives qu’elles avaient eux-mêmes engendrées. Mais en fait, c’est le contraire qui s’est passé : L’Union Européenne (états membres et candidats à l’adhésion) renforcent la concurrence et ont amorcé des politiques d’austérité pour regagner la confiance des investisseurs. C’est de cette manière que la logique destructive du capitalisme est renforcée. Les crises, l’impuissance, les inégalités face à la richesse sont des éléments inhérents au capitalisme. Organisons-nous pour changer cette société !

Le système est la crise

La globalisation des décennies dernières a intensifié la concurrence des entreprises et des sites économiques. Les grandes puissances industrielles ont dérégulé leurs marchés par tous les moyens. Elles ont supprimé de nombreuses couvertures sociales, privatisé le domaine public, réduit les droits des travailleurs salariés et renforcé le contrôle de la société ; pour servir le développement optimal du système capitaliste. Pourtant, même en Europe, du bon côté de ce système capitaliste, nos vies deviennent d’année en année de plus en plus précaires et le clivage social s’accentue. Les pays dit « émergents » sont de leur côté dans une sorte de crise sociale permanente. Cela se traduit par des expropriations brutales et des exploitations impitoyables avec la complicité de leurs gouvernements. Il est question de permettre la croissance nationale au travers de ces mesures, mais dans les faits seul un petit groupe de privilégiés en bénéficie. Ce n’est pas un phénomène nouveau. La transformation néoliberale a aussi fait exploser les marchés de capitaux. Que ce soit le DotCom-Boom, les fonds immobiliers et le commerce de produits dérivés – cela fait des années que ces bulles spéculatives éclatent les unes aprés les autres. Chaque boom économique est suivi d’une dépression. Ce ne sont pas l’ « avidité » et la « corruption » d’une petite élite capitaliste qui sont responsables, comme beaucoup le prétendent. La faute en revient à la logique quotidienne du profit à laquelle nous sommes toutes et tous assujetis, nous en déplaise ou non.

Mettons à bas le régime de l’Union européenne !

En 2011, la crise européenne de la dette et de la monnaie a dégénéré. Quelques pays sont face à la faillite, ce qui met l’euro en danger. Ces pays sont accusés d’avoir vécu « au-dessus de leurs moyens ». En réalité, ils ont seulement essayé de stimuler la croissance économique en recourant au crédit. Ils ont adopté les mêmes pratiques que tous les autres pays, mais avec moins de succès. En contrepartie de l’aide apportée aux pays en crise par la Banque centrale européenne (BCE) et par le Fonds de sauvetage européen, ces derniers sont obligés de mettre en place des mesures d’austérité. Une limitation de la dette européenne est censée apaiser les marchés, au détriment des travailleurs salariés, des chômeurs et des étudiants. Les profits privés quant à eux ne sont pas affectés. Tous cela est mis en place pour protéger la concurrence européenne et évidemment pour servir les intérêts des grandes puissances économiques. Malgré quelques petites mésententes, la France et l’Allemagne ont réussi à faire prévaloir leurs intêréts sans grandes difficultés. Partout en Europe, nous avons alors assisté à de grands mouvements de résistance. Des initiatives locales et populaires ont vu le jour afin de palier à l’impuissance politique. Mais jusqu’à ce jour, même les grêves générales sont restées sans succés. Les grands syndicats nationaux n’ont pas réussi à dépasser leurs frontières et à se solidariser au sein de l’UE. Ils se sont pliés à la logique du capital et ont au final soutenu les politiques économiques de leurs pays respectifs. C’est en agissant par nous même que nous sortirons de cette situation !

Nous pouvons faire mieux !

La gestion européenne de la crise est aussi spéculative que le système capitaliste en soi. « Faire des économies » a exactement le même effet pervers que générer de la croissance à tout prix. Il n’y a dans le capitalisme aucune voie sûre. C’est une gestion de crise permanente. Alors pourquoi devrions nous continuer à gaspiller nos vies pour un tel système ? Ne devrions nous pas plûtot nous organiser tous ensemble, au niveau européen, contre la dictature du capital ? La journée d’action européenne est un premier pas dans cette direction. Les manifestations simultanées en Grèce, Espagne, Italie, Allemagne et autres pays européens sont plus qu’un simple signe de solidarité. Ces manifestions représentent en quelque sorte déjà une partie des discussions et connexions qui ont lieu à l’echelle européenne. Nous invitons tous les mouvements émancipatoires à rejoindre ce processus. Nous devons nous organiser hors des sentier institutionalisés et nous avons besoin pour cela de beaucoup d’énergie, car la lutte risque d’être de longue haleine. La crise prend des formes multiples dans nos pays. Mais nous avons un but commun : nous ne voulons pas sauver le capitalisme, mais le dépasser. Nous sommes contre les égoismes et ressentiments nationaux.
La défense des droits sociaux acquis est primordiale, mais nous devons penser au-delà. Il faut stopper les effets pervers du capitalisme. C’est la seule manière de réaliser une Vraie Démocratie !


Cet appel est disponible en anglais, allemand, néerlandais, italien, turc, grec et suédois.
Visite www.march31.net

cordialement solidaire !

Indymedia Lille, 16 janvier 2012

[Nigeria] Grève générale menacée par la bureaucratie syndicale et les forces armées

Nigeria: les syndicats suspendent la grève générale après l’intervention des forces de sécurité

Les syndicats nigérians ont annoncé lundi la « suspension » de la grève générale d’une semaine provoquée par la hausse du prix de l’essence peu de temps après l’intervention en force des forces de sécurité à Lagos contre plusieurs centaines de personnes voulant manifester.

Des militaires nigérians contrôlent des manifestants à Lagos le 16 janvier 2012.

Des militaires nigérians contrôlent des manifestants à Lagos le 16 janvier 2012.
 

« Les syndicats et leurs partenaires annoncent formellement la suspension de la grève, des rassemblements et des manifestations à travers le pays », a déclaré à la presse à Abuja le chef de la puissante centrale syndicale nigériane, le Nigeria Labour Congress, Abdulwahed Omar.

A Lagos, métropole économique, environ 300 manifestants manifestants on protesté dans la rue, en jugeant insuffisante une première concession du président Goodluck Jonathan qui avait annoncé dans la nuit une baisse du prix de l’essence.

Les forces de sécurité ont procédé à des tirs de sommation et utilisé des gaz lacrymogènes à Lagos pour les disperser tandis que les autorités prenaient des mesures pour empêcher les rassemblements dans le pays dans le cadre de la grève générale.

Ce mouvement national, paralysant le pays le plus peuplé d’Afrique, avait commencé lundi 9 janvier, après la fin des subventions aux carburants qui a provoqué une flambée des prix à la pompe.

Les autorités prenaient parallèlement d’autres mesures pour empêcher les rassemblements dans le pays.

Toujours à Lagos, la police a effectué un raid d’une vingtaine de minutes dans les bureaux de la chaîne de télévision américaine CNN, sans qu’on sache s’il était lié au mouvement de protestation contre la hausse du prix des carburants.

Dans les bureaux de CNN, des membres de la police secrète sont passés outre la sécurité et ont posé des questions sur le nombre d’expatriés et les autorisations de travail, selon un témoin.

Pour la première fois depuis le début du mouvement lancé le 9 janvier, des soldats armés se sont déployés et ont érigé des barrages aux points stratégiques de la capitale économique du Nigeria.

Ils interdisaient notamment l’accès au principal lieu des grandes manifestations de la semaine dernière, un parc, et occupaient le terrain lui-même, a constaté l’AFP.

Le président Jonathan demande l’arrêt de la grève

Le dispositif militaire a été mis en place alors que le président Jonathan faisait une première concession, en annonçant une baisse de 30% du prix de l’essence pour tenter de stopper le mouvement.

« Compte tenu des difficultés rencontrées par les Nigérians (…), le gouvernement a approuvé une baisse du prix du carburant à 97 nairas le litre », a-t-il déclaré dans une adresse télévisée.

La brusque suppression au 1er janvier des subventions des carburants a entraîné le doublement du prix de l’essence à la pompe, passé de 65 nairas le litre (0,40 dollars, 0,30 euros) à 140 nairas ou plus du jour au lendemain.

M. Jonathan a toutefois refusé de céder sur le fond, affirmant que « le gouvernement allait continuer de poursuivre une déréglementation complète du secteur pétrolier ».

« Je demande instamment aux dirigeants syndicaux d’appeler à la fin de la grève et à la reprise du travail », a ajouté le président.

Le gouvernement a justifié l’arrêt de subventions aux carburants, quelque 8 milliards de dollars, pour financer la modernisation des infrastructures du pays. Mais le doublement du prix de l’essence frappe durement une population dont la majorité vit avec moins de deux dollars par jour.

Si les grandes centrales ont dit vouloir poursuivre la grève, le principal syndicat du secteur pétrolier, le PENGASSAN, a répété dimanche qu’il n’envisageait pas dans l’immédiat la fermeture des plate-formes offshore.

Une grève du secteur du pétrole marquerait un net durcissement du conflit, le brut représentant 90% des exportations du Nigeria.

Le président a aussi affirmé que les manifestations avaient été « détournées » par des gens cherchant à semer « discorde, anarchie et insécurité ».

Outre les protestations sociales, le Nigeria, est aux prises avec un conflit récurrent entre chrétiens et musulmans qui a connu un regain d’acuité après des attentats antichrétiens revendiqués par le groupe islamiste Boko Haram.

Ces violences ont depuis Noël fait une centaine de morts et quelques manifestations organisées dans le cadre de la grève générale ont donné lieu à des violences à caractère confessionnel.

AFP, 16 janvier 2012