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[Chasseneuil-du-Poitou – 86] 45.000 euros de prime extralégale pour les salarié.e.s de Federal Mogul

Federal Mogul : un groupe spécial de négociation ce matin à Chasseneuil

Une réunion est prévue ce jeudi matin, depuis 11 h, à Chasseneuil-du-Poitou, entre le président de Federal Mogul Opérations France, Benoît Letendre, et les représentants syndicaux.

C’est une nouvelle étape dans le dossier Federal Mogul. Au cœur des discussions de ce groupe spécial de négociation (GSN) prévu ce jeudi matin, selon les syndicats : la prime extra légale, la prime légale et les formations pour la reconversion des 241 salariés.

La semaine dernière, les ouvriers du site ont accepté, par vote, la prime supra légale de 45.000 € que leur proposait la direction. Selon ces mêmes syndicats, un comité central d’entreprise (CCE) serait prévu demain vendredi.

La fermeture de l’usine Federal Mogul à Chasseneuil-du-Poitou, aux portes de Poitiers – la dernière à fabriquer des pistons pour moteurs diesel en France – ne fait plus aucun doute. Cela fait déjà plusieurs mois que la production sur le site est à l’arrêt. L’usine va être délocalisée dans les pays à bas coûts de production, en Pologne et en Turquie.

Adrien Planchon, Nouvelle République, 4 septembre 2014

[86] Une rentrée qui tient ses promesses… de licenciements

NdPN : « made in France » or not « made in France », that is not the question… Think instead : for whom ? In what conditions ? To produce what ?

La Vienne, symbole d’une France qui souffre

La rentrée 2014 s’avère dévastatrice pour l’économie du département. Federal Mogul pourrait entraîner plusieurs entreprises dans sa chute.

Loudun : CEIT 80 emplois disparaissent

Le jugement du tribunal de commerce de Poitiers est tombé comme un coup de massue, vendredi 25 juillet, validant une reprise partielle de l’entreprise par le groupe Barat situé à Saint-Aignan (Loir-et-Cher) : seuls 40 % des salariés ont été conservés.

Pour Loudun, les effectifs sont passés brutalement de 130 à 50 salariés. « Ces suppressions d’emplois interviennent sur un territoire de la Vienne qui n’en avait vraiment pas besoin », regrette Catherine Giraud, secrétaire de l’UD-CDT. « Une partie de la production a été délocalisée au Maroc », déplore son camarade de lutte Franck Renard.
Qu’en est-il des commandes ? « Eurostar a maintenu la moitié de son carnet de commandes, à savoir sept rames (*) .» Ce qui ne suffira pas, selon les syndicats, à maintenir la production sur le site au-delà de 2016. Quant au donneur d’ordres Alstom, « aucun engagement n’a été obtenu » le concernant.

Chasseneuil : Federal Mogul chronique d’une mort annoncée

Cela fait quatre mois que les 241 salariés battent le pavé, brocardant leurs slogans pour dire leur colère. Mais cette fois, la fermeture de leur usine à Chasseneuil-du-Poitou – la dernière en France à produire des pistons pour moteurs diesel – ne fait plus aucun doute.
Jeudi dernier, les « pistonniers » ont dit « oui » à la prime supra légale de 45.000 € que leur proposait la direction, à laquelle viendra s’ajouter la prime légale en fonction du nombre d’années passées dans l’entreprise. Ainsi, un dernier GSN (groupe spécial de négociation) est prévu, en milieu de semaine, pour entériner l’accord de méthode et signer l’arrêt de mort de cette usine historique.
S’ils sont abattus, les salariés ne sont en revanche guère surpris : l’usine qui a compté jusqu’à 850 salariés en 1983, avait déjà été frappée par des suppressions de postes en 2009. Passée sous giron américain en 1998, elle perdait peu à peu ses lignes de production.
La direction de Federal Mogul, entreprise fondée à Detroit aux États-Unis en 1899, a décidé de délocaliser le site de production de Chasseneuil en Turquie et en Pologne, là où les coûts de production sont nettement inférieurs.

Chasseneuil : la plateforme La Poste fermera-t-elle ?

C’est sans aucun doute le dossier le plus flou. Rappel des faits : le 10 juillet à Poitiers, Bruno Ecalle, représentant de la CGT, fait part, en réunion plénière, à la direction « des bruits de couloirs » qui annoncent la fermeture de la plateforme de distribution de Chasseneuil-du-Poitou (PDC) où travaillent 45 salariés. Il raconte : « Frédérique Wagner, directrice de la plateforme, a annoncé ce jour-là que la fermeture se ferait en juin 2015. »
Problème, quinze jours plus tard, Éric Tailliez, directeur groupement courrier de la Vienne – qui n’est autre que le supérieur de Frédérique Wagner – dément publiquement l’information. « Depuis c’est silence radio », déplore Christophe Massé, secrétaire communication à la CGT. Ce qui ne rassure pas les salariés : « Je ne vois pas ce qui aurait poussé Mme Wagner à se mettre à dos ses salariés », avance Pascale Chabot, facteur d’équipes.
Contactée en fin de semaine dernière, la direction maintient sa position : « Il n’y a pas de projet de fermeture, pour le moment. »

Chasseneuil : Altia l’espoir demeure

Souvenez-vous. Au cœur de l’été, le 4 août très exactement, Altia, fabricant de petites pièces plastiques pour l’industrie automobile et électronique, était placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d’Angers.
Le site de Chasseneuil, qui emploie 48 salariés, subissait « les dommages collatéraux et les très mauvais résultats sur certains sites » du groupe Altia Industry auquel il appartient, selon les mots de son directeur financier, Gilles Pelletan.
Mais dès le lendemain, quatre repreneurs se manifestaient. Aujourd’hui, ils sont « plus d’une dizaine » à s’intéresser au site poitevin créé en 1985, annonce Gilles Pelletan qui assure que « le moral dans l’atelier est bon ».
Après la semaine de fermeture – pour congés annuels et maintenance mi-août – « l’usine refonctionne normalement », poursuit-il, tout en rappelant que « la liquidation judiciaire s’accompagne d’une poursuite d’activité jusqu’au 30 septembre ».

(*) Une rame représente 18 wagons.

Adrien Planchon, Nouvelle République, 1er septembre 2014

[Chasseneuil-du-Poitou] Liquidation judiciaire d’Altia : 48 salarié.e.s menacé.e.s

NdPN : nouvelle menace sur des salarié.e.s de Chasseneuil-du-Poitou, après Federal Mogul…

Altia en liquidation judiciaire à Chasseneuil

L’information est tombée hier en fin d’après-midi. Le groupe Altia Industry – qui œuvre principalement dans le secteur de la sous-traitance automobile et aérospatiale et propriétaire du fabricant de chariots Caddie – a fait placer en redressement judiciaire 46 de ses 48 entreprises qui sont en proie à de grandes difficultés financières.

48 emplois menacés

La division métal et plastique d’Altia, dont fait partie la société de plasturgie automobile de Chasseneuil-du-Poitou, connaît un sort différent. En effet, l’entreprise a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d’Angers avec poursuite d’activité jusqu’au 30 septembre. Les candidats à la reprise peuvent toujours se manifester.
Mais que sait-on vraiment de cette société basée aux portes de Poitiers ? Créée en 1985, elle compte 48 salariés et affiche un capital social de 500.000 €. Ses difficultés ne sont pas nouvelles puisqu’elle avait déjà été placée en redressement judiciaire en 2009.
Néanmoins, la municipalité de Chasseneuil se dit « surprise » par la nouvelle. « Le maire est lui aussi très étonné, explique Jean-Claude Daguisé, adjoint aux travaux. D’autant plus que nous n’avons jamais reçu la visite de cette société. »
C’est un nouveau coup dur pour la commune déjà durement frappée par la crise économique. En effet, le site de Federal Mogul, qui emploie 241 salariés, doit fermer ses portes avant la fin de l’année. « L’économie est de plus en plus pesante, reconnaît Jean-Claude Daguisé. Mais cela commence à faire beaucoup. On compatit avec les salariés. »

Adrien Planchon, Nouvelle République, 5 août 2014

[Loudun] Des licenciés de CEIT témoigne

CEIT : un couple sur la liste des licenciés

Jonathan et Delphine travaillaient à Loudun, pour CEIT. La trentaine, parents de trois enfants, ils ont été licenciés mardi.

Aujourd’hui, nous sommes en congés non décomptés. Jonathan, 33 ans, un solide gaillard parle d’un ton calme, presque posé. Sa compagne, Delphine, 34 ans, fait des efforts pour ne pas craquer.

Ils ne l’oublieront jamais ce quart d’heure si long qui n’en finissait pas. C’était mardi à 16 h 30. A la Compagnie pour équipement intérieur des transports (CEIT). Debout, dans l’atelier, ils attendent. La déléguée syndicale annonce, dans un silence de plomb, ceux qui partent. Licenciés. « Interminable, c’était la liste de Schindler », lâche Delphine, des sanglots dans la voix. Une mort sociale. Jonathan, acheteur, fait partie de la charrette. Sa compagne, secrétaire au service achat, aussi. « Nous avions mis un toit sur nos trois enfants ».Des jumeaux, Enzo et Hugo, 9 ans, nés d’une première union pour Delphine, devenue veuve, et la petite Lisa, 2 ans, qu’ils ont eu ensemble.

 » Interminable, c’était la liste de Schindler « 

L’administrateur judiciaire a tranché – c’est lui qui a désigné les personnes licenciées selon certains critères sociaux. « Nous pensions que Jonathan allait rester », raconte Delphine. Pas du tout. Leur destin s’est joué à moins d’un point . « 0,75 », précise le trentenaire. Comme un examen. Sauf que dans cette boîte-là, il n’y a pas de rattrapage. Pas de seconde chance. Ce mardi-là, les larmes succèdent à la colère. Des femmes pleurent, des hommes laissent monter leur dégoût. C’était un sale jour. Et la compassion chez l’administrateur ne fait pas partie de sa culture professionnelle : « Je pars en vacances nous a-t-il fait savoir, rapporte Jonathan, je ferai la lettre à mon retour. » Question de priorité (comptable?) pour celui qui joue avec les nerfs de ces hommes et femmes privés d’emploi !
Les copains sont là dans cette entreprise familiale « Entre nous, l’ambiance est bonne. Ce sont des amis. Nous avons fait un barbecue, nous étions une soixantaine. Nous nous fréquentons en dehors de l’entreprise ».
Jonathan et Delphine bénéficient de 80% de leur salaire brut durant une année et de la prime supra légale de 5.000 euros chacun. Après ? « On ne sait pas ». Ils veulent travailler, restent mobiles, jusqu’à 50 km de leur domicile.
En attendant, les traites de la maison continuent de tomber tous les mois : 950 euros ….pendant 16 ans. La nourrice, à plein-temps, pour la petite Lisa, Jonathan ne veut pas la licencier « pour l’instant ».
Les problèmes se démultiplient : il faut rassurer les jumeaux qui s’interrogent : « Comment on va faire pour manger maintenant qu’on est pauvre », nous ont-ils dit. Les vacances pour le mois d’août étaient déjà payées. « Je voulais les annuler mais nous en avons besoin, nous allons partir dans le Sud. »

Nouvelle République, 1er août 2014