Archives mensuelles : avril 2012

« Moins pire » le Hollande ?

Certain-e-s ont cru en Mélenchon, d’autres en Joly, d’autres en Poutou… qui appellent maintenant à voter sans ambiguïté « contre Sarkozy » et donc pour Hollande, remplissant ainsi le vieux rôle de la « gauche » électorale quelle qu’elle soit, celle consistant à rabattre la révolte populaire qui gronde dans les urnes du système capitaliste, tout en grignotant quelles places confortables aux frais du contribuable.

Alors, Hollande moins pire que Sarkozy ?

Comme Sarkozy, Hollande met « la priorité sur le soutien à la croissance » (qui est celle du capital, soit celle de la plus-value extorquée au monde du travail) et sa conception de l’Europe est celle d’un instrument de cette « croissance ». Comme Sarkozy, Hollande est pour la « rigueur budgétaire », synonyme d’austérité, suivant en cela les gouvernements « socialistes » qui ont installé des pays comme la Grèce dans la spirale de la destruction sociale. Comme Sarkozy, Hollande ne reviendra pas sur les réformes de son concurrent (retraites, suppression de la taxe professionnelle…). Comme Sarkozy, Hollande est pour le « dialogue social », soit les accords honteux passés entre les bureaucraties syndicales et le patronat, ainsi que le salue Laurence Parisot : « L’approche de François Hollande sur le paritarisme, sur la place et l’autonomie du dialogue social est une approche que nous trouvons tout à fait intéressante ». Comme Sarkozy, Hollande est pour le maintien des centres de rétention, pour l’expulsion d’étrangers « au cas par cas » et sur « critères » « économiques » et « d’intégration ». Draguant d’ailleurs l’un et l’autre l’électorat du Front National, offrant ainsi le triste spectacle d’un plateau offert aux idées fascisantes, en disant « comprendre » ce vote. Hollande déclare « Quand un territoire ne se sent plus défendu, alors oui, il peut y avoir une désespérance »… Comme Sarkozy, Hollande affirme que « l’industrie nucléaire doit continuer à produire » et faisant les louanges du nucléaire « nouvelle génération », notamment de l’EPR de Flamanville. Comme Sarkozy, il est pour la LGV, pour le projet de deuxième aéroport à Nantes… Comme Sarkozy, Hollande est le chantre de l’Etat et du capitalisme, ce système d’exploitation de populations, réduites à un pseudo-choix, dépossédées de leur capacité décisionnelle. Comme l’UMP, des mairies PS expulsent des squats, refusent leur soutien à des étrangers menacés d’expulsion.

Alors, moins pire le Hollande ? La gauche sociale-démocrate a toujours joué son rôle d’illusionniste pour mieux étouffer les révoltes populaires. Le pire serait de faire confiance à l’un de ces deux aspirants à la mégalomanie représentativiste, de lui donner carte blanche pour continuer le sale boulot de destruction des droits sociaux, sur fond d’un prétendu consentement national conféré par des isoloirs et des urnes !

Comme à chaque élection, des gens voteront ? Nous, on continuera à se battre !

Pavillon Noir, FA 86

[Poitiers] Bienvenue au Dédale

Dédale J2 23-04-12

Occupation des bâtiments du 11 rue Jean- Jaurès 21-04-12_02

Occupation des bâtiments du 11 rue Jean- Jaurès 21-04-12_02

Vous êtes invités au Dédale, le squat autogéré mis en place par le Collectif des sans logis et mal logés de Poitiers et le DAL86 au 11 rue Jean Jaurès à Poitiers. Vous pouvez passer quand vous voulez, y rester un moment et même y habiter avec nous si vous le souhaitez. Pour le moment nous n’avons ni sonnette ni cloche donc mettez vous sur le trottoir face à la porte du jardin du n°11 (où il y a la boite à lettres) et appelez Nous sommes de l’autre côté de la cour au premier étage. Ou alors téléphonez au 06 52 93 54 44

Beaucoup de visites hier. D’abord, deux personnes d’une agence immobilière qui nous ont informés que cet

Ici squat autogéré au 11 rue Jean-Jaurès à Poitiers 083Ici squat autogéré au 11 rue Jean-Jaurès à Poitiers 083

Dernière visite officielle : un groupe d’élus et de militants d’EELV dont Arnaud Clairand et Christiane Fraysse qui sont très intéressés, comme nous le sommes d’ailleurs, bien sûr par la question du logement mais aussi par l’architecture de cette très belle maison de début du XIXe. Pal mal de visites surtout dans la soirée de militants et de personnes intéressées par le projet. Nous avons fait une assemblée à lequel a participé une vingtaine de personnes si on tient compte de celle qui sont passées. Nous avons beaucoup discuté de la nécessité de prévenir les voisins et de les inviter. Nous avons décidé de faire un fête des voisins dimanche prochain 29 avril à partir de midi. Nous allons préparer un flyer pour le distribuer dans les boîtes à lettres du quartier et un tract communiqué commun pour informer plus largement de nos objectifs. Nous soumettrons ces propositions à l’assemblée de ce soir 19h dans la salle de réunion. Nous avons décidé de faire deux assemblées par jour. L’une à 14h pour les habitants du lieu surtout axée sur l’organisation concrète et l’autre à 19h ouverte à tous ceux qui le souhaitent.

Occupation des bâtiments du 11 rue Jean- Jaurès 21-04-12_12Occupation des bâtiments du 11 rue Jean- Jaurès 21-04-12_12

Les habitants du Dédale ont besoin de produits de première nécessité (nourriture, bouteilles d’eau, produits de toilette…), de bidons pour stoker l’eau potable et pour récupérer l’eau de pluie. De produits et ustensiles d’entretien, d’outils, de matériel, de produits de fabrication et réparation, cire + paille de fer, javel, bois, fer, pots de peinture, sac de plâtre et de ciment,  sable, mélange béton, grandes bâches pour étanchéifier la toiture… (les ustensiles, machines et outils peuvent bien sûr nous être seulement prêtés)

Comité des sans logis et mal logés de Poitiers ; DAL86

Vu sur le site du DAL 86, 24 avril 2012

Appel à dons pour l’impression d’une brochure contre les expulsions

Appel à don pour l’impression du guide pratique et juridique : « Sans papiers : s’organiser contre l’expulsion »

La brochure « Sans papiers : s’organiser contre l’expulsion, que faire en cas d’arrestation ? » a été écrite en janvier 2008 et réactualisée pour la dernière fois en septembre 2009. Elle a été diffusée à des milliers d’exemplaires. Elle est aussi disponible en ligne sur le site : http://sanspapiers.internetdown.org/

Cette brochure décrit la procédure à laquelle sont confrontées les personnes sans-papiers lorsqu’elles sont arrêtées par la police et donne des conseils juridiques et pratiques pour s’en sortir au mieux. Elle s’adresse autant aux personnes sans papiers qu’à leur entourage et à toutes celles et ceux qui luttent contre la machine à expulser. La nouvelle loi sur l’immigration de juillet 2011 a modifié les procédures d’expulsion, ce qui nécessitait de réécrire entièrement cette brochure. Ce travail est bientôt fini. Nous avons besoin d’argent pour payer l’impression de la nouvelle version ainsi que pour sa traduction en anglais, arabe et chinois.

Si vous souhaitez participer à diffuser la brochure, aider à la traduire ou simplement prendre contact avec nous, vous pouvez nous écrire à : anticra@laposte.net

Si vous souhaitez envoyer de l’argent, vous pouvez envoyer vos chèques à l’ordre de : Martin Zerner, à l’adresse : La Brochure « sans papiers » au Rémouleur 106, rue Victor Hugo 93170 Bagnolet

(la nouvelle brochure bientôt sur internet…)

[Poitiers] Contre l’expulsion de Kévin : résistance !

Bonjour à tous,

Ci joint un article publié sur Mediapart par une camarade du RESF 93 au sujet des évènements de la semaine dernière. L’acharnement continue puisqu’aujourd’hui même, la police a tenté d’interpeller Kevin à son domicile, il a réussi à s’échapper par le balcon.

Le lien de l’article: http://blogs.mediapart.fr/blog/resf/230412/sur-le-vol-af888-paris-kinshasa-ne-badine-pas-avec-le-bac

Mail, 23 avril 2012

Sur le vol AF888 Paris-Kinshasa on ne badine pas avec le bac !

Nous sommes le 19 avril 2012 aéroport de Roissy Charles de Gaulle dans le terminal 2C, les vacances scolaires battent leur plein. A l’enregistrement des bagages, on sent l’euphorie du voyage chez les passagers du vol AF888 de 10h45 à destination de Kinshasa. Kevin KIMPEFE en classe de terminale au lycée Kyoto à Poitiers fait aussi partie du voyage mais lui est déjà au pied de l’avion sur le tarnac, dans un fourgon de police et sera monté en premier au fond de l’appareil. Menotté, encadré par 4 policiers dont 3 en civil, contrairement aux autres passagers, il n’a pas choisi de faire ce voyage. Pourquoi est-il là alors ? Il a 19 ans, il est sans-papiers, donc indésirable et doit être banni du territoire français… Léon, passager  en classe  Affaires ne pouvait pas voir Kevin de sa place mais vers 10H30 des cris stridents provenant du fond de l’appareil commencent à retentir dans tout l’avion « ne me laissez pas partir ! Aidez-moi aidez-moi ! Je passe mon bac dans 2 mois ! « . Plus personne ne pouvait dire « je ne savais pas, je n’ai rien entendu, je n’ai rien vu ». Installé en Belgique, Léon est père d’un jeune homme du même âge que Kevin. Il se dit qu’il ne peut pas laisser faire ça, que ça pourrait être son fils ! Il repense alors au papier qui parle de ce jeune majeur scolarisé et sans-papiers que lui avaient remis quelques heures plus tôt des militants venus sensibiliser les passagers à la cause de Kevin. Il relit l’histoire du lycéen et se lève aussitôt  puis se dirige d’un pas déterminé vers le fond de l’avion. Un autre passager est déjà debout et demande aux policiers à ce que le calme soit rétabli à bord car les cris du jeune homme font peur à ses enfants. « Ne vous inquiétez pas, rasseyez-vous et il va se calmer quand l’avion décollera ! ». Kévin est en larmes… Léon s’approche de Kevin. Ce dernier le supplie d’un regard atterré de l’aider et lui explique en suffoquant qu’il n’a plus personne à Kinshasa. En effet, le père de Kevin a été assassiné et suite à ce drame la famille a rejoint la France en 2006 laissant derrière elle un passé douloureux. Kevin était alors âgé de 14 ans, un âge sensible.  La famille endeuillée s’est installée à Poitiers où elle a pu reconstruire une vie, certes  jalonnée parfois d’épisodes difficiles car il y a des souffrances qui laissent des cicatrices indélébiles dans une vie mais Kevin a su surmonter ses difficultés.  Un récit de vie auquel nul ne peut rester insensible et encore moins les passagers du vol AF888 qui avaient conscience que l’avenir tout entier de Kevin était entre leurs mains et qu’il s’agissait là de porter assistance à une personne en danger. Les passagers décident alors dans leur grande majorité de se lever et de ne plus se rasseoir tant que le futur bachelier ne serait pas débarqué. Parmi eux, Daida. lycéenne de 16 ans en classe de seconde. Elle va passer ses vacances  avec ses deux sœurs cadettes chez ses grands-parents à Kinshasa. Elle aussi ne comprends pas que son pays la France qu’elle a toujours imaginé comme un pays respectueux de la dignité humaine, puisse traiter de la sorte un lycéen pour le simple fait qu’il n’a pas les bons papiers. Profondément choquée par ce qui se passe sous ses yeux, elle appelle sa mère d’origine indo-africaine qui approuve d’emblée l’acte courageux et solidaire de sa fille et l’incite à ne pas céder à la pression des CRS qui ont envahi massivement l’avion afin de dissuader la résistance grandissante. Une policière filme avec une caméra les visages des passagers  toujours debout et refusant d’obéir aux forces de l’ordre qui les menacent de poursuites judiciaires pour rébellion. Le bras de fer entre passagers et policiers dure deux longues heures, durant lesquelles pas une seule fois le commandant de bord ne se sera manifesté ! Le vol décollera à 13H mais sans Kevin qui a pu assister à son audience du juge des libertés et de la détention à Meaux le lendemain. Il est libre et a rejoint sa maman et sa fratrie à Poitiers. Merci aux passagers du vol AF888 pour leur courage. Un passager a été choisi parmi tant d’autres et a été débarqué pour s’être indigné contre l’expulsion de Kevin. Nous ne savons pas ce qu’il est advenu de lui. Quant à messieurs Sarkozy et Guéant, sachez qu’au pays des Droits de l’Homme et du Citoyen, on n’expulse pas des lycéens, on ne démembre pas des familles, sans qu’il y ait de résistance ! Des voix continuent et continueront de s’élever tant qu’en France règnera cette politique inhumaine et attentatoire du chiffre qui va à l’encontre  des valeurs inscrites sur le fronton de nos édifices publics, ces mêmes valeurs pour lesquelles des femmes et des hommes vivent et respirent.

Malika Chemmah RESF 93

Mediapart, 23 avril 2012