Archives mensuelles : mai 2012

Des nouvelles de Fukushima

Le 5 mai dernier, dans le cadre d’un grand plan de maintenance, le dernier réacteur nucléaire a fermé au Japon, et le pays n’est pas retourné à la bougie. L’heure est-elle pour autant à la fête, pour les antinucléaires que nous sommes ?

Pour perpétuer son modèle capitaliste productiviste, l’Etat recourt à de massives importations d’hydrocarbures, gonflant les factures d’électricité pour les populations de l’archipel. Sans compter la nationalisation de fait de la filiale nucléaire (en vue du démantèlement notamment, mais aussi d’une possible reprise de certaines exploitations), par le biais de subventions massives, qui pèsent elles aussi sur les contribuables.

Du point de vue des conséquences sanitaires, la catastrophe de Fukushima est loin d’être terminée. La gestion en paraît même tout simplement insoluble, on parle de dizaines d’années avait de « régler » le problème. L’entreprise pharaonique de confinement est repoussée aux calendes grecques du fait de la non-maîtrise de ce qui se passe dans le sol, où les coriums s’enfoncent sans que personne ne puisse exactement dire ce qu’ils sont devenus. Une bonne partie des eaux utilisées pour le refroidissement, elles-mêmes contaminées, sont perdues dans la nature.

De plus, le réacteur numéro 4 est truffé de Césium 137 (85 fois plus qu’à Tchernobyl), et sa piscine menace de s’effondrer lors d’une prochaine secousse sismique. Ce qui donnerait alors lieu à un incendie aux conséquences radiologiques considérables. Le Japon fait appel à l’aide internationale pour prévenir cette nouvelle catastrophe, qui frapperait non seulement le Japon mais le monde entier.

Au Japon comme partout, la lutte continue contre cette industrie cauchemardesque, avec son lot de territoires contaminés, de travailleur-euses-s du nucléaire et d’habitant-e-s irradié-e-s, trompé-é-s et méprisé-e-s, de centaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs et ingérables, à stocker durant une période équivalente à celle qui nous sépare des premiers humains ayant peuplé la planète. La lutte continue, contre le nucléaire et le monde sordide qui l’a engendré.

Juanito, Pavillon Noir, 9 mai 2012

Le capitalisme, scandale permanent

NdPN : Dans le silence assourdissant des médias, a été révélé il y a trois jours un « scandale historique », pesant des milliers de milliards de dollars. Un accord secret aurait été passé entre de grandes banques internationales, sur le bidouillage d’un indice fixant les taux du marché interbancaire.

Le scandale financier du siècle

C’est peut-être le scandale financier du siècle. Un des coupables, la banque UBS, a lâché le morceau. Les plus grandes banques du monde se seraient entendues pour manipuler le Libor, le principal taux d’intérêt de la planète finance. Il y en aurait pour des milliers de milliards de dollars.

«Libor» : l’acronyme ne vous dit peut-être pas grand-chose. Derrière ces cinq lettres se cache pourtant l’un des plus grands scandales financiers présumés de l’histoire. Plusieurs grandes banques internationales sont soupçonnées d’avoir manipulé le London Interbank Offered Rate (Libor en abrégé) afin de camoufler leurs difficultés de financement lors de la crise financière.

Parmi elles, que des grands noms de la finance mondiale : Bank of America, Barclays, Citibank, Crédit Suisse, Deutsche Bank, HSBC, JP Morgan, Royal Bank of Scotland, UBS… L’enjeu est colossal. Le Libor est étroitement lié au fonctionnement de l’un des plus grands marchés monétaires du monde : le marché interbancaire (celui où les banques se prêtent entre elles), dont la taille est estimée à 90.000 milliards de dollars.

Dans le collimateur de plusieurs autorités de contrôle (aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, au Japon et en Suisse, notamment), ces établissements financiers appartiennent en fait au «club» des 16 banques qui participent à la fixation quotidienne du Libor, le taux interbancaire offert à Londres.

«Trafiquer» le niveau réel du Libor peut avoir des conséquences considérables sur les coûts de financement des entreprises et des particuliers. Crise ou pas, «la manœuvre est double, souffle un vieux briscard de la finance internationale. Il s’agit de tirer vers le bas les taux à court terme sur les dépôts tout en gonflant les taux à plus long terme pour les grands crédits syndiqués aux entreprises.» Sans oublier que tirer les taux à court terme vers le bas permet de se refinancer à bon compte tout en rassurant les marchés sur sa solidité financière. Intéressant quand on a de gros besoin de liquidités.

L’opacité qui entoure cette affaire de manipulation de taux témoigne de l’âpreté du combat mené Londres pour éviter toute régulation. Face aux récentes propositions de directives européennes visant à maîtriser la finance de l’ombre, les banquiers anglo-saxons resserrent les rangs.

Sébastien Buron, Trends.be, 3 mai 2012 

[Notre Dame de Cenilly – 50] Arrestations et traque policière des militant-e-s anti-THT

Une vingtaine d’arrestation à la maison occupée de l’Aubressière tandis que les invités de l’après-midi sont dispersés/pourchassés dans la campagnes.

17h00. Une vingtaine de personnes viennent de se faire arrêter.

Ce dimanche 6 mail, des militant et miltantes anti-THT avaient prévu de rejoindre un groupe résidant dans une maison qui avait été rachetée par RTE sur la commune de Notre Dame de Cenilly au lieu-dit l’Aubressière pour un repas, une après-midi de discussion et une soirée musicale.

Parti du rendez-vous traditionnel du dimanche midi à l’ancien château d’eau du Chefresne, le groupe de véhicule des militant-e-s anti-THT n’a jamais pu rejoindre le lieu du repas, bloqués à plusieurs reprises par des forces de gendarmerie et militaires.

Pendant ce temps-là, il semblerait que d’autres composantes de ces forces aux ordres de RTE sont en train d’expulser de leur logement les habitants de cette maison que RTE a vidé de ces habitant-e-s.

Différents groupes sont dispersés dans la campgne environnante chassé par la gendarmerie, les gardes mobiles et autres uniformes.

Il est difficile de faire le point à l’heure actuelle, la crainte étant surtout le sort réservé à nos ami-e-s de la maison de l’Aubressière qui avait déjà fait l’objet d’un pique-nique le 5 novembre 2011.

Contact tél : 06 68 02 24 23.

Rennes info, 6 mai 2012

Le totalitarisme publicitaire a encore de beaux jours devant lui

NdPN : une nouvelle action des Déboulonneurs 86 est prévue ce mois-ci. Plus d’infos très bientôt !

Une mesure sur l’affichage publicitaire plombe le Grenelle de l’Environnement

Ce samedi  5 mai 2012 quoi de neuf en ce monde ??? Un amendement discrètement voté par les députés fin mars rogne encore un peu plus les mesures du Grenelle de l’Environnement sur l’impact de la publicité dans les paysages. Il permet aux afficheurs d’attendre six ans au lieu de deux pour se mettre en conformité avec le tout nouveau règlement sur les panneaux de publicités et les enseignes.

Amendement à l’article 55 de la loi Warsmann : le délai de mise en conformité des panneaux publicitaires et enseignes, déjà en place au moment de l’entrée en vigueur de la loi Grenelle, passe de deux ans à six ans. Cette modification a été apportée au texte par le député-maire du Haut-Rhin, Eric Straumann. Il assure ne pas avoir offert de cadeaux aux professionnels de l’affichage, mais avoir défendu l’intérêt des collectivités locales.

En effet, une taxe sur la publicité extérieure, mise en place durant la législature, leur permet de toucher des royalties sur les panneaux d’affichages. Et plus leur taille est élevée, plus la somme est rondelette. Ainsi, la commune d’Houssen, 1.800 habitants, touche-t-elle 200.000 euros par an.

Le Grenelle de l’Environnement prévoyant une diminution de la taille de certains panneaux, Eric Straumann assure avoir voulu permettre aux collectivités de bénéficier de plus de temps pour anticiper une baisse de revenus. Cet allongement du délai s’applique à toute modification d’un règlement sur la publicité, y compris un règlement local.

Mais c’est surtout le Grenelle de l’environnement que la mesure affaiblit encore. Son résultat sur la publicité est plus que contesté par les associations. L’une d’elles, Paysages de France, a même déposé un recours devant le conseil d’Etat, accusant les afficheurs, JCDecaux en tête, d’avoir réécrit le texte. La loi est pire après le Grenelle qu’avant, s’émeuvent-elles : des dispositifs illégaux ont été validés et des nouveaux ont été adoptés, comme les pubs géantes sur les bâches de chantiers, ou les écrans de télévision, dont certains pourront mesurer 50 mètres carrés à proximité des aéroports.

Voila encore un jour en ce beau monde….allez allez circulez il y a rien à voir.

Billet d’humeur, groupes de Béthune et d’Arras (Fédération Anarchiste), 5 mai 2012