Archives mensuelles : décembre 2011

[Tours]  » On se croirait revenu à l’époque de la guerre  »

 » On se croirait revenu à l’époque de la guerre  »

Les sans-papiers ont protesté contre la « traque » dont ils font l'objet.

 
Les sans-papiers ont protesté contre la « traque » dont ils font l’objet. – (dr)
 

C’est un policier qui s’exprime. Un flic comme les autres, au commissariat de Tours. Dans un couloir, il confie à demi-mots son écoeurement. En cette fin d’année 2011, sur ordre de la préfecture, les effectifs de police sont mobilisés sur la chasse aux sans-papiers. Plusieurs policiers en témoignent : ils reçoivent des listes de gens à interpeller avec les adresses devant lesquelles il faut planquer pour les trouver. Parfois, la consigne porte sur un groupe de Roumains qu’il faut contrôler sans raison apparente. Plus tard, c’est devant un foyer Adoma qu’il faut guetter l’arrivée d’un père de famille arménien signalé en situation irrégulière. « On se croirait revenu à l’époque de la Seconde Guerre mondiale, ça me révulse, ajoute le policier. Les quotas, c’est une réalité. On nous demande de faire tant d’arrestations d’ici la fin de l’année. » La chasse aux sans-papiers est loin d’être terminée.

Nouvelle République, Caroline Devos, 30 décembre 2011

[Japon] Arrêt du nucléaire… en un an

Le Japon est en passe (malgré lui) de sortir du nucléaire en moins d’un an : La compagnie d’électricité du sud-ouest du Japon, Kyushu Electric Power, a arrêté dans la nuit du dimanche 25 décembre son dernier réacteur pour maintenance, ne laissant que six unités en service dans tout le pays sur un parc de 54. Les réacteurs japonais doivent subir des contrôles durant plusieurs semaines tous les treize mois environ.

Les six unités encore en service doivent être stoppées d’ici à la fin mai 2012, et nul ne sait quand les autres tranches pourront être réactivées.

Sortir du Nucléaire (chronologie du mois de décembre), 25 décembre 2011

QHS et rébellion : un court-métrage contre la prison

QHS et rébellion : un court-métrage contre la prison

Novembre 2011, Bruxelles

En juin 2008, un module d’isolement ouvrait dans la prison de Bruges, Belgique. C’était la réponse de l’État face aux multiples rébellions, évasions et émeutes qui avaient echauffée bien des coeurs à l’intérieur qu’à l’extérieur de la prison.

Le quartier de haute sécurité (QHS) : dix cellules individuelles contenant le strict minimum, deux cachots, une quarantaine de matons et des ’blouses blanches’ — médecins, psychiatres, psychologues, infirmiers. Le but : briser les détenus récalcitrants. L’État y impose un régime sévère, utilisant la torture physique et mentale, administrant drogues légales et injections. Les détenus y sont enfermés de quelques mois à un an (voire plus) pour briser tout esprit rebelle, faire avaler les fables du ’bon chemin’ et de la bonne conduite et éviter les rébellions possiblement contagieuses en écartant les soi-disant meneurs.

Nous voulons rappeler la résistance de l’intérieur que ce lieu infect a connu depuis ses débuts et, à la fois, encourager une lutte contre l’isolement, partie intégrante d’une lutte plus globale contre la prison et les différentes formes d’oppression et de privation de liberté. Une lutte qui ne se réduit pas à demander des améliorations du régime pénitentiaire, qui ne demande rien à un État mettant tout en oeuvre pour maintenir les rapports sociaux d’oppression et éteindre les feux de la révolte.

Aujourd’hui, la résistance dans les prisons se situe toujours sur le fil du rasoir. Le désir de liberté ne se laisse pas facilement contrecarrer. Des évasions toujours plus violentes sont la réponse aux mesures de sécurité croissantes, la violence contre les matons répond à l’arrogance de ceux qui se cachent derrière la toute-puissance de leurs syndicats. Une violence qui se dirige clairement contre l’oppresseur et qui reste, après tout, relative dans le contexte de l’enfermement et des humiliations quotidiennes.

Le court-métrage esquisse le module d’isolement dans la prison de Bruges, dans le contexte de la révolte à l’intérieur et à l’extérieur des prisons.

A faire circuler largement !

Pour proposer un endroit où projeter le film et toutes autres remarques et questions, envoyez un mail à : contrelataule@riseup.net

http://www.youtube.com/watch?v=ixRrsSWGozo&feature=player_embedded

On peut le télécharger ici (attendre quelques secondes, cliquer sur ’téléchargement normal’).

(Reçu par mail)

Base de données anarchistes, 29 décembre 2011

[Moscou] Une vingtaine de manifestant-e-s arrêtée-e-s par la police

Russie: des dizaines de manifestants interpellés à Moscou et Saint-Pétersbourg

Des dizaines de personnes, dont l’écrivain Edouard Limonov, qui tentaient samedi de participer à des manifestations non-autorisées à Moscou et Saint-Pétersbourg pour réclamer le départ de Vladimir Poutine ont été interpellées.

Un manifestant fait le signe de la victoire alors qu'il vient d'être arrêté par la police, le 31 décembre 2011 à  aint-Pétersbourg.

Un manifestant fait le signe de la victoire alors qu’il vient d’être arrêté par la police, le 31 décembre 2011 à aint-Pétersbourg.
 

A Moscou, le rassemblement, organisé par l’opposant et écrivain controversé Edouard Limonov, qui a indiqué à la radio Echo de Moscou avoir été interpellé, avait lieu sur la place Trioumfalnaïa dans le centre de la capitale, autour du slogan « une nouvelle année sans Poutine ».

Mais des dizaines de policiers ont empêché sa tenue en interpellant une vingtaine de manifestants dès leur sortie du métro situé juste à côté de la place.

L’un d’eux a crié « Liberté » alors qu’il était arrêté par la police. D’autres ont scandé « La Russie sans Poutine ». Une banderole, où il était écrit « mort aux occupants du Kremlin », a aussi été brandie.

Dès l’après-midi, un important dispositif policier avait été déployé pour quadriller les lieux, avec l’envoi notamment d’une trentaine de fourgons cellulaires.

Outre le départ de l’homme fort du pays, Vladimir Poutine, le rassemblement avait également pour but de réclamer comme tous les 31 des mois comptant 31 jours l’application de l’article 31 de la Constitution garantissant la liberté de rassemblement.

A Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays, une dizaine de personnes ont été interpellées alors qu’elles essayaient de manifester sur la perspective Nevski, en plein centre.

Plusieurs ont scandé « La nouvelle année sans Poutine » ou « Nous avons besoin d’une autre Russie ».

Réagissant à ces interpellations le soir du Nouvel An, l’ex-dissidente soviétique et militante russe Lioudmila Alexeeva a estimé que c’était « honteux et stupide ».

« Les autorités doivent comprendre que l’ère de la dispersion des rassemblements est finie », a-t-elle ajouté, citée par l’agence Interfax.

Le régime de Vladimir Poutine fait face au plus important mouvement de contestation depuis son arrivée au sommet du pouvoir en 2000.

Ce mouvement, qui a lieu à un peu plus de deux mois de la présidentielle, à laquelle M. Poutine est candidat pour un troisième mandat au Kremlin après ceux accomplis entre 2000 et 2008, a été déclenché par les législatives controversées du 4 décembre, qui ont été remportées par son parti Russie Unie.

Le 24 décembre, entre 70.000 et 100.000 personnes ont manifesté dans Moscou pour réclamer l’annulation des législatives et une « Russie sans Poutine ». Le 10 décembre déjà, l’opposition avait rassemblé des dizaines de milliers de personnes, une mobilisation exceptionnelle pour la Russie.

L’opposition a promis d’organiser un nouveau rassemblement après la longue période de jours fériés (du 1er au 10 janvier), mais n’a pas encore fixé de date.

Samedi, Vladimir Poutine a estimé qu’il n’y avait rien d' »anormal » à ce que « tout bouillonne » en Russie, en pleine période électorale, ajoutant qu’il s’agissait du « prix à payer pour la démocratie ».

Il a cependant à plusieurs reprises minimisé l’importance du mouvement de contestation et opposé une fin de non-recevoir aux appels de l’opposition à annuler les résultats des législatives.

Mercredi, le Premier ministre a de plus estimé qu’un dialogue avec les opposants était impossible, jugeant ce mouvement trop désorganisé, sans leader, ni programme.

AFP, 31 décembre 2011

Libération sexuelle – Sortie d’Offensive n°32

Libération sexuelle – Sortie d’Offensive n°32

Notre vie quotidienne est saturée de représentations de la sexualité, au travers de la publicité, des magazines, du cinéma, de la télévision, etc. Le capitalisme en a fait un véritable argument de vente, du yaourt à la voiture dernier cri, et l’industrie du sexe est plus que florissante. Un nombre toujours plus grand d’auteur-e-s et de journalistes vantent les libertés acquises suite à la fameuse libération sexuelle des années 1970. Les pratiques sexuelles ont certes évolué depuis le mouvement féministe et les mouvements homosexuel et lesbien des années 1970. La légalisation partielle de l’avortement et la généralisation de la contraception féminine ont permis à un grand nombre de femmes des pays occidentaux de contrôler leur fécondité. Mais la sexualité reste pour beaucoup d’individu-e-s synonyme d’angoisse.

Le sexe a beau être partout, nos sexualités sont toujours soumises à des normes subies et des contraintes morales. Ce ne sont plus les mêmes qu’avant les années 1970, quand le poids de la religion catholique lui permettait de mettre le nez dans la vie sexuelle des individu-e-s. Les normes qui balisent aujourd’hui les sexualités ont aussi à voir avec le culte de la performance (orgasme obligatoire, régularité des rapports, etc.). La morale s’est faite plus diffuse et se traduit par une autocensure des désirs et des plaisirs, et de la parole autour de nos sexualités.

Et, si l’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie, ceux qui la pratiquent sont encore vus comme des déviants. Les lesbiennes sont toujours aussi invisibilisées.

Les bisexuel-le-s considéré-e-s comme des « anormaux ». Avoir des relations sexuelles n’est pas un acte naturel mais fait l’objet d’un apprentissage.

Nos sexualités s’enrichissent au fil du temps et des expériences. Parler librement de ma ou de mes sexualités, entamer le dialogue avec l’autre, me permet aussi de m’assurer que je ne lui impose pas mon désir. L’éducation, en matière de sexualité, est loin d’être égalitaire. Quand on aborde la sexualité avec les garçons, on leur parle de leur pénis et du plaisir qu’ils vont éprouver grâce à lui (ce qui est déjà réducteur !). Pour les petites filles, la sexualité se résume aux maladies et infections sexuellement transmissibles, à la peur de tomber enceinte. Quid du plaisir féminin ? De la connaissance de son corps ? Peut-être faudrait-il commencer par là pour parvenir à vivre des sexualités épanouissantes.

On ne peut évidemment pas faire l’impasse sur les violences sexuelles, qui sont essentielles pour aborder la question du consentement. Nous avons tout de même pris le parti de ne pas développer cette question, considérant que les violences sexuelles ne font pas partie de la sexualité des femmes, mais qu’elles sont plutôt une expression exacerbée de la domination masculine à laquelle les femmes se heurtent dans la sphère sexuelle. Eh non, le sexe n’est pas que plaisir et légèreté. Et tant pis s’il nous faut passer pour des coincé-e-s du cul en le disant ! Cela ne nous empêche pas de vouloir explorer les possibles de nos désirs, qui peuvent être un chemin vers la liberté sexuelle. S’il ne faut pas oublier que nous vivons dans une société qui n’a rien d’égalitaire et que nos sexualités ne pourront se libérer sans la mise à bas des systèmes de domination masculine, raciste et capitaliste, il n’est jamais trop tôt pour commencer à vivre nos désirs et à les partager avec d’autres.

- Pas de révolution sans libération sexuelle !
- Éducation sexualisée vs éducation sexuelle
- Corps en (dés)accords
- Vieillesse, le sexe buissonier
- Pornographie, l’économie des corps
- Une « libération sexuelle » à géométrie variable
- Si je veux, quand je veux !
- La contraception masculine Plaisirs solitaires
- Et les hommes… ? Je t’aime si tu es libre… En finir avec le tout-génital Utopies sexuelles

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- L’énergie, un problème central
- L’Argent est-il devenu obsolète ?
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Indymedia Paris-IDF, 31 décembre 2011