Une émeute impliquant cinq détenus a éclaté à la prison d’Orsainville dans la nuit de samedi à dimanche, causant pour quelques dizaines de milliers de dollars de dégâts à l’établissement.
Selon le procureur de la Couronne au dossier, Me Éric Beauséjour, deux individus auraient réussi, vers 23 h, à arracher la porte de leur cellule. Le duo aurait par la suite aidé d’autres détenus à effectuer la même chose.
Au total, quatre portes de cellules ont finalement cédé sous la force. Les détenus ont aussi été en mesure de défoncer une porte mitoyenne, qui divisait le secteur en deux parties, en plus d’endommager fortement la fenêtre d’une console où des agents correctionnels faisaient de la surveillance. Un seul détenu, qui prenait part à l’émeute, aurait été blessé dans cette affaire.
Les policiers n’ont toutefois pas eu à intervenir directement dans l’établissement. « L’équipe correctionnelle d’intervention d’urgence a permis de contrôler rapidement la situation », a expliqué Valérie Savard, du ministère de la Sécurité publique, qui parle de « désordre », plutôt que d’une « émeute ».
Une enquête de la Sûreté du Québec a permis l’arrestation des détenus reliés à cet événement. Il s’agit de Steeve Frenette, 30 ans, Jonathan Giroux-Barras, 22 ans, Francis Mikhail, 30 ans, Ghyslain Daigle, 30 ans, et Miroslav Dragicevic, 19 ans…
Les cinq individus, qui étaient détenus de manière provisoire en attendant la suite des procédures judiciaires dans d’autres dossiers, ont fait face, jeudi, à des accusations de bris avec l’intention de commettre une évasion, d’avoir pris part à une émeute et de méfait de plus de 5 000 $.
Rassemblement de solidarité avec les migrant-e-s
Samedi 17 décembre 2011 à 15h30
Place d’armes – Poitiers
Voici le tract commun (dispo ici en pdf), qui sera diffusé demain après-midi, devant la mairie de Poitiers :
SANS PAPIER… NI FRONTIÈRE !
L’économie se restructure. Les médias appellent ça la crise. Vous y êtes habitué-e, on vous en fait bouffer depuis tout gosse, de la crise. C’est un bon alibi pour reprendre les miettes arrachées par des décennies de lutte. C’est aussi un bon alibi pour durcir les politiques (anti)migratoires.
Les gens de pouvoir atomisent le lien social, créent la peur de l’Étranger. Puis surfent sur cette peur pour instaurer des lois sécuritaires destinées à protéger le travail, la sécurité nationale… C’est le fonds de commerce de la droite française depuis toujours.
La gauche ne fait pas dans la dentelle non plus. Juste avant l’occupation nazie, elle avait déjà ouvert des camps de concentration pour les réfugié-e-s fuyant l’Espagne franquiste. C’est d’un de ces centres qu’est parti le premier convoi français pour les camps d’extermination par le travail en Allemagne nazie.
En 1981, la gauche en arrivant au pouvoir a clairement choisi son camp : plutôt que d’assouplir les politiques migratoires, elle a légalisé ces lieux où la police parquait illégalement les migrant-e-s avant de les expulser du territoire. Les centres de rétention administrative naissaient.
Le retour de la droite aux affaires a vu la succession de lois durcissant les conditions de vie des migrant-e-s à défaut d’enrayer les flux migratoires. Nous touchons là un point crucial. Le pouvoir économique trouve clairement son compte dans l’existence d’une main-d’œuvre bon marché et docile.
Qui y a-t-il de plus docile qu’une personne éloignée de ses proches, qui n’a pas développé les liens de solidarité nécessaires à la moindre action de résistance face à la force de frappe capitaliste ? Si en plus cette personne a fui la guerre que les puissances industrielles ont gentiment amené à sa porte…
L’immigration n’est pas une histoire de terroristes qui cherchent à venir frapper la métropole en plein cœur – même si on se demande parfois si la métropole ne le chercherait pas un peu… Ni de barbares cherchant à piller les richesses de la métropole – même si chaque reconquête de richesses spoliées ne nous semble finalement que Justice.
Les perspectives de conditions de vie moins rudes, les espoirs d’ascension sociale, la nécessité d’échapper à des persécutions politiques, religieuses, ethniques, voilà ce qui pousse à migrer. Au nom de cela, les migrant-e-s en situation irrégulière se taisent souvent, se cachent parfois, travaillent dur, payent l’impôt sans en bénéficier.
À cela vient s’ajouter cette précarisation créée de toutes pièces. Par les successions de lois, de circulaires. Par l’arbitraire des préfectures qui ne respectent même pas la législation gerbante qu’elles sont censées faire appliquer.
Ainsi, un-e migrant-e peut se voir privé-e durablement des maigres moyens de subsistance que lui fournissent sontaf et les allocations de la CAF, alors même qu’un tribunal aura ordonné à la préfecture qu’elle lui délivre un titre de séjour – condition sine qua non pour la validité d’un contrat de travail et le droit aux allocs.
Avec la fin de l’année civile, c’est la chasse aux sans-papiers qui s’intensifie. Le ministre de l’Intérieur a promis 30 000 reconduites à la frontière pour 2011. Les services de la police nationale doivent mettre un dernier coup de collier pour ne pas faire mentir le patron. Sur le terrain, les CRS, la police aux frontières et les autres roquets en bleu foncé vont pouvoir s’en donner à cœur joie.
Nous voulons définitivement mettre en échec ces politiques (anti)migratoires et détruire le système qui les met en place. Nous n’attendons rien des élections, rien non plus des humanitaires qui vivent de la gestion de ce désastre humain. Nous ne cesserons de nous agiter tant qu’il ne sera pas possible de vivre l’Égalité dans la Liberté.
Organisation Communiste Libertaire du Poitou
Groupe Pavillon Noir, Fédération anarchiste de la Vienne
Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux
Solidarité des Étudiant.e.s de Lycées et de Facultés de la Vienne
Au terme d’une journée très tendue, nous avons donc appris hier à 19 heures que Salah Hamouri ferait partie de la seconde vague de libération et qu’il rejoindrait sa famille à Jérusalem-Est dimanche 18 décembre après avoir subi injustement 6 ans, 9 mois et 7 jours de prison dans les geôles israéliennes.
Nous ferons de plus amples commentaires une fois sa sortie réalisée et qu’il sera bien chez lui. Nous partageons totalement la joie de sa famille qui va enfin pouvoir l’embrasser, depuis ce temps où aucun contact n’a eu lieu. Sans attendre nous voulons remercier toutes celles et ceux qui, par dizaines de milliers, se sont rassemblés dans leur diversité pour obtenir sa libération. C’est une certitude : sans eux, et leur mobilisation déterminée, Salah ne serait pas libéré dimanche, aussi tard que cela nous paraisse. Nous tenons à remercier vivement tout le monde qui a participé à ce résultat : personnalités, artistes, associations, organisations, notamment de jeunes, partis, « simples gens » comme on dit, les innombrables Comités de soutien qui se sont multipliés en France.
Dimanche Salah sera chez lui. Il va découvrir et devoir s’approprier un monde nouveau et imaginer, en prenant un temps nécessaire et mérité, une étape nouvelle de sa vie. Il va devoir se reconstruire en imaginant l’avenir au goût de liberté. Nous resterons à ses côtés. Nous voulons vous signaler sans attendre plusieurs points :
° Une adresse électronique a été ouverte qui lui est strictement personnelle. Vous pourrez communiquer avec lui dès lundi : salah_hamouri@hotmail.com
° Notre Comité de soutien va s’éteindre mais pas avant avoir accompli jusqu’au bout son devoir et sa mission. En particulier nous resterons disponibles pour, le temps venu, organiser sa venue en France où il a beaucoup d’amis et d’amies à remercier. Il a à nous parler aussi.
° Notre Comité de soutien dispose, c’est sur le site http://www.salah-hamouri.fr/souscription, la somme de 13.683, 64 euros. Nous proposons de lui envoyer à Jérusalem pour qu’il puisse disposer de quelques moyens pour se reconstruire. Nous fermerons les comptes dans un mois. Celles et ceux qui veulent abonder en ce sens peuvent donc encore le faire.
° Une adresse postale est aussi disponible où lettres ou d’autres envois peuvent être effectués : Salah Hamouri – Po BOX 19587 – 21, Nablus Road – Jerusalem – Israel
France-palestine.org, Jean-Claude Lefort, 15 décembre 2011
Il existe en 2011 un village peuplé d’irréductibles Chinois. Située au sud de la Chine, dans la province industrielle du Guangdong, la localité côtière de Wukan est, depuis plusieurs semaines, le théâtre d’une lutte pour le moins inédite. D’après le New York Times, près d’un millier de policiers encerclent le village de 13’000 habitants, devenu en quelques semaines le symbole du combat des paysans chinois contre leur gouvernement. Tout commence en septembre dernier, lorsque les habitants de ce village de bord de mer se voient confisquer leurs terres par Pékin, pour être ensuite revendues à de riches promoteurs immobiliers.
Manifestation de mercredi
Un procédé d’autant plus illégal qu’il n’est suivi de la moindre compensation. Furieux du sort qui leur est réservé, des milliers de « Wukanois » descendent alors dans la rue. Mais les manifestations dégénèrent. Des voitures de police sont détruites, des immeubles gouvernementaux saccagés. Après deux journées d’émeutes sans précédent, la police est déployée, et la révolte étouffée. Or, fait rare dans l’empire du Milieu, les autorités vont néanmoins accepter de négocier avec les villageois, à condition qu’ils nomment un groupe de 13 représentants. Parmi eux, Xue Jinbo, un boucher de 42 ans.
Le portrait du martyr Xue Jinbo sur le portail du commissariat déserté
Or la proposition gouvernementale n’était qu’un leurre. Très vite, un responsable local accuse les nouveaux représentants de complicité avec « des forces étrangères cherchant à créer des divisions entre le gouvernement chinois et ses villageois ». Les manifestations reprennent de plus belle. Mais, une nouvelle fois, Pékin a tout prévu. Pour éviter toute contamination de la gronde sociale au reste du pays, la police dresse un blocus autour du village, tandis que d’autres de ses membres en civil parviennent à s’infiltrer à l’intérieur du village.
Des traces des exactions policières de septembre
L’assaut est lancé, et cinq représentants, dont le boucher Xue Jinbo, sont enlevés. Deux jours plus tard, c’est avec effroi que les paysans apprennent son décès. D’après l’agence officielle Chine nouvelle, l’un des seuls médias à évoquer les troubles, le villageois est mort d’une « défaillance cardiaque », d’autant plus qu’« aucune trace apparente de violence » n’a été constatée sur son corps. Des proches affirment pourtant avoir retrouvé la victime avec des contusions sur les genoux, des narines maculées de sang et des pouces cassés.
« Nous supposons que les menottes ont laissé des marques sur ses poignets, et que les légères contusions sur les genoux sont dûs au fait qu’il était agenouillé », s’est contenté de répondre le chef adjoint du centre de médecine légale de l’université Zhongstan, selon Chine nouvelle. Une version qui n’a pas convaincu la population de Wukan, qui a immédiatement repris son mouvement de protestation, déterminée à aller jusqu’au bout. « Nous voulons que le gouvernement central (à Pékin) s’occupe de notre problème. Nous n’abandonnerons pas la lutte, nous voulons que les cadres corrompus soient arrêtés », a annoncé un manifestant, qui a requis l’anonymat, à l’AFP. D’après le New York Times, les frondeurs s’attelleraient désormais à dresser des barricades et se défendraient avec des armes « made in Wukan » [“villagers had stockpiled crude weapons, including steel-tipped bamboo spears”].
Le blocus policier du village mercredi
Mais, face à eux, les autorités ont décidé d’employer les grands moyens. Pour « assurer la stabilité », la police, les forces anti-émeute ainsi que les pompiers sont désormais déployés autour du village avec des canons à eau. Pékin compte ainsi affamer sa population, pour la forcer à se rendre. Mais celle-ci peut néanmoins compter sur les dons de nourriture en provenance de villages voisins. Dès lors, le gouvernement a annoncé que le corps du boucher décédé ne serait remis à sa famille que lorsque les protestations cesseront. Totalement isolé du reste de la Chine, le village rebelle l’est également sur Internet. En effet, il n’existe sur la Toile chinoise aucune trace de Wukan.
Leur presse (Armin Arefi, Le Point, 14 décembre 2011)
La police en charge de l’application de la charia a interpellé 64 punks, 59 hommes et 5 femmes, qui participaient samedi soir à un concert de rock destiné à lever des fonds pour des orphelins, dans la capitale provinciale Banda Aceh, dans l’extrême nord de l’île indonésienne de Sumatra.
« Nous craignons que leurs actions ne viennent perturber l’application de la charia », a expliqué Illiza Sa’aduddin Djamal, maire adjoint de Banda Aceh. Les punks ont été transférés à une soixantaine de kilomètres de là, à Seulawah, où ils ont entamé mardi un stage de « rééducation » de dix jours, sous contrôle policier, a-t-elle précisé, ajoutant : « Nous espérons qu’ils se repentiront. »
Les jeunes hommes et femmes ont été immédiatement tondus à leur arrivée au centre de rééducation, faisant disparaître crêtes et chevelure peroxydée, avant d’être forcés à se baigner dans un lac naturel. Ils ont, par la suite, été vêtus d’habits neufs plus conformes à la charia, en lieu et place des tee-shirts vantant l’anarchie ou un groupe de rock, puis ont été contraints de participer à une séance de prières.
« Le but est de les arracher à leur comportement déviant… On doit les réhabiliter afin qu’ils aient un comportement convenable. Un traitement sévère est nécessaire », a indiqué le responsable provincial de la police, Iskandar Hasan. Une militante locale des droits de l’homme, Evi Narti Zain, a condamné l’arrestation. « Être punk est un mode de vie et les punks vivent de par le monde sans porter préjudice à qui que ce soit », a-t-elle déclaré.
La province d’Aceh a adopté la charia en 2001, quand une autonomie lui a été accordée afin de mettre un terme à un mouvement séparatiste meurtrier. Le reste de l’Indonésie, plus grand pays musulman de la planète avec 240 millions d’habitants, pratique très majoritairement un islam modéré.