Archives de catégorie : Ni patrie ni frontière

[Hongrie] L’extrême-droite veut détenir les Roms dans des camps

L’extrême-droite hongroise veut détenir les Roms dans des camps

En plein débat sur les Roms, l’extrême-droite hongroise joue la surenchère. Le Jobbik a proposé de créer des camps de haute sécurité pour y enfermer les Roms, qu’il qualifie de menace publique. A l’approche des élections municipales du 3 octobre, le parti affiche ostensiblement ses thèses xénophobes. Et le candidat Gabor Staudt de citer d’autres pays en exemple “L’instauration de camps de protection publics résoudrait le problème du manque de places dans les prisons”, explique-t-il. “Je voudrais rappeler que tous les pays représentés au groupe du Parti populaire européen ont déjà concrétisé ces idées. Permettez-moi de mentionner M. Sarkozy en France, M. Berlusconi en Italie, ou un autre exemple approprié en Finlande.”

Pour le Jobbik, les tentatives d’intégration ont échoué et l’heure de la ségrégation est venue. Consterné, l‘élu de l’opposition socialiste Attila Mesterhazy accuse le centre-droit au pouvoir de ne pas riposter  “Ce que dit le Jobbik est inacceptable. Et le pire, c’est que le Fidesz au pouvoir n’a pas pris ses distances avec ces propos xénophobes. J’appelle donc le gouvernement à se démarquer plus clairement de ce genre de déclarations et idéologies.” Les Roms constituent la plus importante minorité dans l’Union européenne. Environ 700.000 vivent en Hongrie, pour la plupart dans des conditions insalubres.

Groupe de Béthune (Fédération Anarchiste), 15 décembre 2011

[Japon] Des intérieurs de maisons contaminés jusque dans la banlieue de Tokyo

Japon: des intérieurs de maisons contaminés à 200 km de Fukushima

Un laboratoire français indépendant a annoncé jeudi avoir détecté une contamination radioactive dans des poussières de maisons situées à 200 km de Fukushima, en banlieue de Tokyo.

« L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) a analysé les poussières d’aspirateur de 12 habitations situées dans un rayon de 200 km de la centrale. Toutes ces poussières sont contaminées en césium 137 et 134 à la suite à la catastrophe de Fukushima », affirme le laboratoire basé à Hérouville Saint-Clair, dans le nord-ouest de la France, dans un communiqué. Les poussières ont été prélevées en octobre.

 La contamination « la plus importante » (« presque » 20.000 becquerels par kilo) est enregistrée dans le district de Watari « situé à une cinquantaine de kilomètres de la centrale, où la vente de riz vient d’être interdite », détaille l’association créée après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986.

Mais « les habitations sont aussi contaminées de manière significative » à la limite du périmètre examiné, soit à 200 km de la centrale, jusque dans la banlieue de Tokyo, avec « presque 6.000 becquerels par kilo », selon l’Acro.

L’association, souvent sollicitée par des élus locaux français pour des mesures liées aux sites nucléaires de ce département, en déduit que le gouvernement japonais devrait modifier les critères fixés pour décider l’évacuation des populations et faire des mesures dans les habitations.

Ces critères « reposent uniquement sur la contamination des sols à l’extérieur et supposent implicitement qu’une fois chez eux, les habitants des zones contaminées ne courent plus aucun risque. Notre étude montre qu’il n’en est rien », argumente l’Acro.

Le 11 mars, un tremblement de terre de magnitude 9 a provoqué un gigantesque raz-de-marée au nord-est du Japon. En déferlant sur les côtes, il a tout détruit sur son passage, déclenchant une série d’avaries à la centrale atomique de Fukushima.

Quelque 20.000 personnes sont mortes ont ou été portées disparues dans la catastrophe.

AFP, 15 décembre 2011

Centres de rétention : chronique de révoltes et d’évasions

Centres de rétention : chronique de révoltes et d’évasions

 Bobigny
Cinq sans-papiers se sont évadés le 12 décembre. Les quatre Tunisiens et un Angolais étaient présentés dans l’après-midi à une audience du tribunal de grande instance de Bobigny (Seine Saint-Denis). Ils ont profité d’une suspension pour échapper à leurs geôliers en ouvrant une fenêtre qui se trouvait au rez-de-chaussée. A l’extérieur, ils sont sortis dans la rue au nez et à la barbe des policiers qui les surveillaient. Trois des évadés devaient être expulsés le lendemain, après avoir vu leur demande d’asile politique rejetée.

Vincennes
Dans la nuit du 5 au 6 décembre, une trentaine de retenus du module 3 du centre de rétention de Vincennes se sont enfermés dans une chambre. Ils ont empêché les flics de rentrer pour venir chercher deux des leurs, deux Algériens dont l’expression était prévue pour un vol le lendemain matin. Pour l’un des deux, c’était le dernier jour de rétention.
Suite à leur mouvement de résistance et de solidarité, 24 retenus ont été placés en garde-à-vue dans trois commissariats. Au bout de 20 heures, ils ont été ramenés au centre de rétention, sauf les deux Algériens. Après un passage devant un juge qui les a condamnés à trois ans d’interdiction du territoire et à trois mois de prison avec sursis, les deux ont également été réenfermés en centre de rétention.
Ni prison ni rétention, liberté pour tous !

 Mesnil-Amelot
Le vendredi 4 novembre, trois sans-papiers ont réussi à s’évader du nouveau centre de rétention du Mesnil-Amelot. Ce centre de rétention qui enferme 240 personnes, hommes, femmes et enfants, a ouvert en août 2011. Il est situé dans un endroit isolé à quelques kilomètres de l’aéroport de Roissy. Comme toutes les nouvelles prisons, il a été conçu pour entraver la communication entre les prisonniers et endiguer les révoltes : petites unités séparées, nombreuses caméras… Mais quelle que soit la forme que prend la prison, la volonté de celles et ceux qui y sont enfermés, sera toujours d’en sortir.

 Rennes
Le 7 octobre, au centre de Saint-Jacques-de-la-Lande, à côté de Rennes, plusieurs retenus se sont révoltés contre l’enfermement qu’on leur inflige. Ils ont monté des barricades, jeté des pierres et divers objets sur les policiers-matons, ce qui a valu à plusieurs d’entre eux d’être condamnés à un mois de prison. A leur sortie, ils ont été ramenés au centre de rétention. Le 19 octobre, c’est un jeune Malien qui, venant d’apprendre que sa rétention était prolongée de 20 jours, s’est révolté. Placé en isolement, il a détérioré le système de vidéosurveillance et a essayé de se pendre en accrochant sa ceinture au détecteur d’incendie. Il a été placé en garde-à-vue et écopé d’un mois de prison.

 Vive la belle sans frontières !
En octobre en Roumanie, 24 Algériens et Tunisiens ont réussi à s’échapper du centre de rétention où ils étaient enfermés en attendant leur expulsion. Sept ont été repris alors qu’ils tentaient de passer la frontière vers la hongrie. Les autres courent toujours.
En Italie, au cours des mois d’octobre et de novembre, ce sont 18 retenus qui ont pu s’évader du centre d’identification et d’expulsion (CIE) de Restinco, et 3 de celui de Bologne.
A Valence, en Espagne, 5 sans-papiers ont pu se faire la belle du centre d’internement et d’expulsion (CIE).
A tous nous souhaitons bonne chance !

 [Informations compilées par nos soins à partir du Parisien du 14 décembre 2011 (p.6) et de Sans papiers ni Frontières n°4, décembre 2011/janvier 2012]

Brèves du Désordre, 15 décembre 2011

Rencontre anarchiste internationale de Saint-Imier août 2012

Aux organisations, groupes, collectifs et individus intéressés-es

Chers et chères compagnons-agnes, cher-es camarades,

Du 8 au 12 août 2012, aura lieu une Rencontre anarchiste internationale à St-Imier (Suisse romande) pour la commémoration des 140 ans du congrès de la Première Internationale anti-autoritaire qui fut organisé en 1872.

Jusqu’ici, les organisations qui ont porté et animé cette importante échéance sont : la Fédération anarchiste (FA), l’Internationale des Fédérations anarchistes (IFA), la Fédération libertaire des montagnes (FLM), l’Organisation socialiste libertaire (OSL) et Espace Noir.

L’IFA tiendra son propre congrès à St-Imier à l’occasion des Rencontres internationales. Il en est probablement de même pour les organisations fédérées dans Anarkismo. La Coordination anarcho-syndicaliste Rouge et Noire sera également présente.

Ces Rencontres internationales sont ouvertes et portées par différentes composantes du mouvement libertaire international :

1) l’Internationale des Fédérations anarchistes (IFA)

2) Anarkismo

3) la Coordination anarcho-syndicaliste rouge et noire (CGT-Es, CNT-Fr, SAC-Suède, etc.)

4) l’Association internationale des travailleurs (AIT)

5) les Industrial workers of the world (IWW)

6) les collectifs et organisations indépendantes de ces regroupements internationaux

La Rencontre internationale est ouverte à tous regroupements agissant au niveau international, national, régional ou local ainsi qu’aux individualités sur la base d’une adhésion à la déclaration « Saint-Imier 2012 ».

Cette Rencontre entend assurer un dialogue exigeant et structuré autour, et à partir, de l’idée que l’anarchisme est une politique générale, cohérente, animatrice et actrice des luttes populaires, basé sur un socle théorique identifiable et un enrichissement permanent.

Pour compléter cela, nous pourrions dire que l’anarchisme est capable d’une politique complexe liée à des propositions stratégiques, à des objectifs intermédiaires, à un projet général d’alternative autogestionnaire, libertaire, fédéraliste et d’écologie sociale.

C’est à partir de cette orientation générale que nous avons proposé et mis en place une structuration de la Rencontre de St-Imier en quelques moments politiques forts, communs à tous les groupes qui y participeront.

Ces moments sont :

a) Table ronde sur « Anarchisme et innovation politique » : capacités de l’anarchisme contemporain à innover et à affronter des situations politiques plus complexes que celles de sa première période historique face au fascisme, aux régimes autoritaires ; face aux défis environnementaux, écologiques ; face aux mutations économiques et sociales (accent mis sur l’apport de Malatesta, Fabbri, Berneri, Abad de Santillan, Daniel Guérin).

b) Table ronde sur « Nouveaux territoires de l’anarchisme, implantation ou réimplantation de l’anarchisme en Afrique, en Asie et en Amérique Latine »

c) Table ronde sur « Faire l’anarchisme aujourd’hui », sur les pratiques et interventions militantes intéressantes ou exemplaires, notamment en Europe et dans les pays anglo-saxons.

d) Table ronde sur « Les alternatives anarchistes en actes » et comment articuler les expériences alternatives au projet et luttes révolutionnaires.

e) Table ronde sur « La crise de la dette, les politiques d’austérité et les résistances sociales et populaires ».

f) Un meeting final de clôture de St-Imier avec adoption, si possible, d’une résolution politique commune.

Un meeting d’ouverture sera organisé afin de présenter le Congrès de St-Imier de 1872 et ce qu’il a représenté pour l’anarchisme international. Un banquet final public ouvert à l’ensemble de la population locale est aussi prévu.

Nous prétendons sortir de St-Imier avec un renforcement des liens d’unité et de fédération aussi importants que possible pour les camarades présent.e.s Nous avons l’ambition de construire un échange politique systématique ; cerner, définir et approfondir les convergences ; définir politiquement et théoriquement les désaccords ; étudier les projets de collaboration. Sur cette base, hormis le meeting final, les tables rondes feront chacune l’objet d’un document de bilan aussi précis que possible que chaque collectif utilisera par la suite à sa convenance. Les groupes présents seront naturellement libres d’établir les collaborations et les associations qu’ils jugeront bons. Il ne s’agira pas de vouloir, à tout prix, prolonger St-Imier, mais bien d’en exploiter toutes les potentialités d’événements.

St-Imier va aussi avoir une importance matérielle et symbolique par le nombre de camarades que cette initiative va drainer. Être des milliers à débattre, à décider, à ouvrir des collaborations et de libres associations est une énorme richesse. Plus nombreux seront les mouvements de l’anarchisme social organisé à cette Rencontre et davantage sera renforcé la capacité d’animer, en un sens cohérent, exigeant et ouvert, l’intervention libertaire dans les luttes et l’organisation des résistances.

À chaque groupe, nous proposons la libre association sur la base d’un accord et, pour autant que les conditions matérielles le permettent, d’une contribution financière et d’une participation active des personnes militantes selon la taille des organisations (300, 600, 1000 euros). L’entrée au planning des journées et la visibilité offerte dans la communication en dépendront.

Fin mars 2012, cette proposition de libre association sera close, en principe, afin de se focaliser sur la logistique de l’évènement.

D’ores et déjà, outre les inscriptions, nous demandons à chaque collectif de nous préciser l’investissement qu’il pourrait apporter à ces journées :

Proposition de conférences, ateliers, animations. (ateliers-conferences@anarchisme2012.ch)

Traductions

Mise à dispositions de matériel d’infrastructure (cuisines collectives roulantes).

Compétences techniques pour l’organisation du village autogéré.

Militant-e-s pouvant être sur place un peu avant et durant la Rencontre pour assurer l’organisation et le fonctionnement des services de base

(volontaires@anarchisme2012.ch)

L’organisation interne pour la préparation de la Rencontre internationale fonctionne avec des groupes de travail et un comité d’organisations. On peut s’y associer à tout moment.

ANARCHISME 2012 ST-IMIER,

www.anarchisme2012.ch

14 décembre 2011