Archives de catégorie : Ni patrie ni frontière

Traduction : communiqué d’organisations Oaxaquen@s en soutien aux cairotes en lutte

Communique # 1 : 22 Novembre 2011

Camarades , frères et soeurs

À Oaxaca nous com­pre­nons bien ce que cela signi­fie d’exiger la fin d’un gou­ver­ne­ment tyran­ni­que. Cette exi­gence du peuple est juste et légi­time et nous savons très bien com­ment les élites diri­gean­tes des métro­po­les répon­dront ; ils ne ne sou­cient pas de nos deman­des, tout ce qui leur importe est de main­te­nir leur pou­voir sur­tout lors­que nous exi­geons la fin d’un règne mili­taire.

Nous savons com­bien il est dif­fi­cile de résis­ter col­lec­ti­ve­ment dans les moment que vous vivez actuel­le­ment. Les per­son­nes dignes et rebel­les d’Oaxaca mon­trent leur soli­da­rité avec les 46 Egyptiens assas­si­nés et nous vous disons : ne soyez pas inti­mi­dés par les forces de l’ordre et l’Etat mili­taire.

Nous croyons que nous avons raison de tra­vailler ensem­ble pour un meilleur futur. Que les ondes posi­ti­ves de la révolte soient avec vous. Sachez qu’à tra­vers vous nous per­ce­vons votre indi­gna­tion et notre cons­cience com­mune ouvrira la voie à un monde où nous vivrons selon notre volonté et qui appor­tera la paix et la jus­tice à nos cama­ra­des assas­si­nés par le gou­ver­ne­ment tyran­ni­que.

Nous aime­rions être phy­si­que­ment pré­sent à vos côtés mais cela nous est impos­si­ble car par­tout des pro­blè­mes doi­vent être réso­lus avec ce satané gou­ver­ne­ment qui nous opprime , nous tue , nous blesse et nous empri­sonne. Cependant nous vous trans­met­tons notre meilleure énergie qui contri­buera à for­ti­fier votre cœur et la sagesse néces­saire pour pour­sui­vre votre combat. La route du chan­ge­ment est longue , loin de la chutte du gou­ver­ne­ment mili­taire qui ne cons­ti­tue que le germe d’une nou­velle société.

Pariez sur la base pour chan­ger les choses et ne soyez pas dépen­dant de struc­tu­res gou­ver­ne­men­ta­les pour accom­plir le chan­ge­ment et la soli­da­rité qui habille le peuple Egyptien sera la même que celle qui a habillé les Oaxaquen@s en 2006. Rendez vous dans la rue et faîtes savoir qu’il existe d’autres maniè­res de vivre. Battez-vous, ayez la tête haute, lais­sez les cama­ra­des assas­si­nés former un nou­veau bas­tion de résis­tance nous per­met­tant de pour­sui­vre le combat. Certains tom­bent pour le rêve des autres mais la dyna­mi­que conti­nue et nous devons garder à l’esprit l’exi­gence de liberté que leur mort repré­sente et se rendre uni­que­ment lors­que le moment est venu pour faire savoir à nos morts que nous avons achevé leur rêves.

Une énorme embras­sade , restez forts cama­ra­des !

Depuis un endroit secrè­te­ment gardé en Oaxaca de Magon.

Fraternellement :

VOCAL
CASOTA
Colectivo Espanta pajaro
Colectivo Mano de Obra
Hormigas Libertarias
CACITA

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La suite à lire sur : http://www.ainfos.ca/en/ainfos25701.html

Rébellyon, 1er décembre, texte tra­duit de l’anglais, l’ori­gi­nal est sur http://www.ainfos.ca

[Poitiers] Famille menacée par une OQTF : mobilisation contre la préfecture

Pour que la préfecture dise  » oui  » à Andy

Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées hier devant la préfecture en soutien au jeune Andy, un collégien de 11 ans menacé d’expulsion.

Les soutiens à Andy se sont rendus hier à la préfecture pour demander audience et remettre au préfet toutes les pétitions recueillies.

 Les soutiens à Andy se sont rendus hier à la préfecture pour demander audience et remettre au préfet toutes les pétitions recueillies. – (dr)

Depuis début novembre. Andy, un jeune Congolais de 12 ans, vit avec sa mère et sa soeur sous la menace d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Son frère aîné, majeur, est pour sa part autorisé à rester en France.
Cette décision révolte aujourd’hui parents d’élèves et enseignants de Camille-Guérin qui ont lancé une pétition de soutien à Andy. Jean-Yves Ferjoux, ancien éducateur de football d’Andy, a fait de même ainsi que le réseau éducation sans frontières (Resf).
Au total, quelque 1.500 signatures papier et 500 électroniques ont été recueillies. Elles ont été remises hier après-midi à Poitiers à un représentant du préfet.
 
 » Aujourd’hui, la préfecture fabrique des sans-papiers  »

Une délégation des associations présentes hier devant la préfecture a reçu la promesse d’être à nouveau reçue avant 8 jours pour évoquer le cas du jeune Andy et de sa mère. « Sous prétexte qu’elle ne s’est pas conformée à une précédente OQTF, datée de 2007, on refuse de la régulariser, dénoncent la Cimade ou encore le collectif contre les expulsions, on lui a cependant délivré des récépissés de 3 mois renouvelables avec autorisation de travailler. La préfecture est incohérente ! »
Les associations rappellent par ailleurs que la famille Bahoumina est parfaitement insérée, que les enfants sont bien évidemment scolarisés et renouvellent leur appel pour qu’on lui délivre un titre de séjour « vie privée et familiale ».
« On est là pour elle mais aussi pour pas mal d’autres personnes dans le même cas actuellement, enchaîne la Cimade, le problème aujourd’hui, c’est qu’on a des personnes qui avaient un titre de séjour et qui le perdent. La préfecture fait du chiffre et veut accélérer les procédures d’expulsion. Elle fabrique des sans-papiers. C’est clair ! »

repères

Aleks, footballeur, régularisé

A 15 ans, Aleks Berisa a participé l’été dernier à la coupe du monde de football des sans-papiers… sous les couleurs de la France. Ce jeune Kosovar appartenant à la communauté Rom, était réfugié à Poitiers depuis octobre 2009.
Scolarisé en classe en 3 e au collège Ronsard de Poitiers, aujourd’hui au lycée pilote innovant de Jaunay-Clan, il avait fait une demande d’asile. Une demande qui a été acceptée tout récemment. Aleks, membre de l’équipe du Secours catholique de Poitiers, vient d’obtenir le droit de rester en France aussi longtemps qu’il le voudra…

Nouvelle République, Jean-Michel Gouin, 1er décembre 2011

ndPN : un rassemblement d’une bonne soixantaine de personnes. La préfecture ne s’est pas engagée à retirer l’OQTF, mais reverrait la délégation d’ici quelques jours.

[Etats-Unis] Répression contre les anti-Wall Street : deux camps évacués, centaines d’arrestations, manif réprimée…

Etats-Unis: coup dur pour les anti-Wall Street, des camps évacués

Les autorités ont porté un nouveau coup aux anti-Wall Street en démantelant dans la nuit deux des plus gros campements anti-capitalistes des Etats-Unis à Los Angeles et Philadelphie, deux semaines après l’évacuation des manifestants new-yorkais à l’origine du mouvement.

Au total, quelque 350 personnes ont été arrêtées au cours de ces expulsions qui marquent un nouveau coup dur pour le mouvement, qui peine à trouver un second souffle depuis son apparition à New York le 17 septembre.

A New York, coeur symbolique du mouvement, les manifestants ont dû quitter le square Zuccotti il y a deux semaines. Ils se retrouvent encore pour des manifestations ponctuelles mais la dernière remonte au 23 novembre. Sur leur site internet, les manifestants confient « chercher désespérément des abris ».

A Oakland (Californie) ou à Portland (Oregon, Nord-Ouest), des campements de protestataires ont également été démontés à la mi-novembre.

Dans la capitale Washington en revanche, les anti-Wall Street occupent toujours deux camps de fortune non loin de la Maison Blanche, mais des rumeurs commencent à courir parmi les médias locaux et les manifestants, à propos d’une note des autorités évoquant « l’augmentation des incidents » et qui serait le signe annonciateur d’une prochaine expulsion.

Plutôt confiants, les anti-Wall Street de la capitale se préparent pourtant à passer l’hiver sous leurs tentes.

A Los Angeles, environ 500 personnes étaient présentes au moment de l’intervention de la police dans la nuit de mardi à mercredi, selon un photographe de l’AFP. Le démantèlement du camp est finalement intervenu 48 heures après l’expiration d’un ultimatum fixé par le maire de la ville.

Peu après minuit (08H00 GMT mercredi), les forces de l’ordre ont annoncé avec des mégaphones que le campement était désormais considéré comme illégal, et que les manifestants devaient quitter les lieux « immédiatement » sous peine d’être interpellés.

Après avoir passé des heures à se demander d’où les policers surgiraient, les anti-Wall Street ont finalement vu les forces de l’ordre sortir directement des locaux de l’hôtel de ville, pendant que leurs collègues qui cernaient les manifestants procédaient à de premières arrestations.

L’opération s’est ensuite poursuivie dans le calme et les policiers se sont mis à démonter les tentes.

Quelque 1.400 policiers ont été réquisitionnés et ont arrêtés 292 manifestants, a indiqué le maire de la ville Antonio Villaraigosa qui s’est dit très « fier » du déroulement pacifique des opérations.

A peu près au même moment, à l’autre bout du pays, la police a également démantelé un campement à Philadelphie (Pennsylvanie, Est). La police a arrêté 52 personnes, a indiqué un porte-parole des forces de l’ordre. « Je pense que nos policiers ont montré de la retenue dans l’opération. Nous avons été très patients », a déclaré à l’AFP le commissaire Charles Ramsey.

A Philadelphie comme à Los Angeles, les policiers étaient suivis par des camions poubelles, pour emporter les tentes, les bâches et les pancartes accumulées dans les deux campements.

Quelques échauffourées ont éclaté au cours de ces deux opérations, mais ces dernières se sont déroulées dans l’ensemble dans le calme.

A Phoenix, en Arizona (sud-ouest), la police a utilisé des gaz lacrymogènes mercredi pour disperser des manifestants anti-Wall Street et six personnes ont été arrêtées.

Leur presse, AFP, 30 novembre 2011

[Paris] Compte-rendu de la manifestation pour la révolution égyptienne (groupe Quartier Pirate]

[Paris] Compte-rendu de la manifestation pour la révolution égyptienne

Des militant-e-s du groupe Quartier Pirate étaient présent-e-s lors de la manifestation de soutien à la révolution égyptienne. Globalement, la mobilisation a été moindre que prévue. Il faut toutefois nuancer ce constat : le contexte morose n’est pas très favorable, et l’impression terne est aussi produite par le contraste avec la mobilisation pour la révolution tunisienne (manifestations dans une période d’enthousiasme soudain pour les révolutions arabes, alimentées par la présence d’une importante communauté tunisienne en France). Quoi qu’il en soit, il était important pour nous d’affirmer une solidarité internationale avec les forces émancipatrices en Egypte, dans un contexte complexe.

En effet, hier, lundi, et aujourd’hui, mardi, des élections ont été organisées dans le pays. Nous exprimons notre scepticisme sur le fait qu’elles représentent effectivement une manière pour l’armée de laisser la place au peuple. Il n’est pas anodin que le maréchal Hussein Tantaoui, chef de l’armée au pouvoir, ait exprimé sa satisfaction quant au déroulement du vote. De fait, les élections constituent à la fois un moyen de court-circuiter le mouvement social, et de le diviser.

Pour les tendances qui avaient été décrédibilisées et mises à la porte lors de cette deuxième vague révolutionnaire, ces élections représentent en quelque sorte une occasion de revenir par la fenêtre. Face aux Frères musulmans, se présentent des dizaines de partis salafistes (fondamentalistes musulmans), libéraux ou de gauche, le plus souvent récents et encore mal implantés. Au-delà, de nombreux élus de l’ancien parti de M. Moubarak, aujourd’hui interdit, tentent même leur chance comme indépendants ou sous des bannières politiques créées de toutes pièces.

Face à cette situation, sur la place Tahrir, foyer de la contestation où les violences de la semaine dernière ont causé la mort de plus de 40 personnes et des milliers de blessés, les avis sur ces élections sont partagés. Certains ont décidé de boycotter le scrutin en refusant d’aller voter et de cautionner le système mis en place par la junte au pouvoir, d’autres ont souhaité participer au vote mais sont revenus occuper l’espace, et enfin certains ont invalidé leur choix en barrant plusieurs noms. De manière générale, nous estimons, avec toute la prudence qu’impose notre accès limité aux informations locales, qu’il demeure légitime d’exiger le départ immédiat des militaires : cela nous apparaît comme la seule issue pour que la révolution soit libertaire, c’est-à-dire représente pour le peuple une émancipation réelle.

Groupe Quartier Pirate, Fédération Anarchiste, 29 novembre 2011

Déclaration internationale libertaire de solidarité avec la lutte populaire égyptienne

Déclaration internationale libertaire de solidarité avec la lutte populaire égyptienne

Lors du week-end du 19-20 novembre 2011, une nouvelle vague de protestation de masse s’est déversée sur toute l’Égypte contre la violence systématique du Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) sur les masses égyptiennes. Le peuple est fatigué du comportement dictatorial, de l’utilisation de la dure répression contre les manifestants, des tribunaux militaires qui en 10 mois ont réussi à envoyer 12’000 camarades pourrir en prison, de la censure, de la torture, des kidnappings et des assassinats d’activistes. Le peuple est fatigué du conseil militaire qui détourne les bannières de notre révolution pour continuer la même vieille dictature sous d’autres prétextes. Le peuple est fatigué de leur promotion du sectarisme pour nous détourner de notre vrai combat pour la justice, l’égalité et la liberté.

L’impérialisme a dicté une « transition ordrée » vers la démocratie en Égypte. Les militaires se sont montrés obéissant envers ce projet. Le peuple en Égypte demande la fin de la dictature et l’éradication de tous les vestiges du régime haï de Moubarak. Les masses égyptiennes veulent sentir, enfin, que leur pays est dirigé pour elles et par elles.

Les anarchistes égyptiens, et le mouvement de solidarité avec les révolutionnaires libertaires, soutient d’une seule et même voix la lutte justifiée du peuple égyptien pour continuer leur révolution et condamne le massacre des manifestants qui nous montre bien que le CSFA n’est en rien différent de Moubarak.

Contrairement à d’autres secteurs qui gardent leurs illusions à propos de la démocratie bourgeoise, nous croyons que la démocratie et l’État sont irréconciliables. La démocratie réelle a été mise en pratique par le peuple égyptien lorsqu’ils ont formé les comités populaires et ont fait fonctionner leurs propres communautés, leurs propres villes, leurs propres affaires par le bas. Nous appelons au renforcement de ces comités populaires, nous appelons à la décentralisation du pays, pour que chaque position politique soit révocable par les comités si elles ne reçoivent pas un mandat populaire.

Nous croyons aussi que l’aspiration à la démocratie est incompatible avec le système capitaliste, basé sur le contrôle d’une élite sur l’économie et la vie, et qui condamne chaque jour vingt-cinq mille êtres humains à mourir de faim. La démocratie réelle n’est possible que lorsque toute la société gère démocratiquement l’économie et l’industrie d’une nation. Cela requiert la propriété collective du territoire et des entreprises ainsi que leur autogestion par les travailleurs et les paysans. Si une minorité contrôle le bien-vivre du monde, cette minorité gardera son pouvoir sur la majorité. Le libre marché est une forme plus subtile de dictature.

Par conséquent, nous appelons les travailleurs et les syndicats à prendre un rôle majeur dans la lutte actuelle, pour occuper les lieux de travail, pour en faire des coopératives de travailleurs, et à préparer la complète autogestion de l’économie égyptienne.

La crise en Égypte ne se résoudra pas par des solutions sans conviction. Nous avons besoin de l’engagement des jeunes, des femmes, des travailleurs pour éradiquer les sources de la tyrannie et de la violence dans notre pays — le système capitaliste et l’État. Unissons-nous sous la bannière de la lutte contre le gouvernement militaire, mais défendons l’alternative révolutionnaire, libertaire pour le peuple égyptien.

25 novembre 2011

Libertarian Socialist Movement (Égypte)
Federazione dei Comunisti Anarchici (Italie)
Organisation Socialiste Libertaire (Suisse)
Workers Solidarity Movement (Irlande)
Zabalaza Anarchist Communist Front (Afrique du Sud)
Workers Solidarity Alliance (États-Unis)
Confederación Sindical Solidaridad Obrera (Espagne)
Grupo Libertario Vía Libre (Colombie)
Centro de Investigación Libertaria y Educación Popular (Colombie)
Instituto de Ciencias Económicas y de la Autogestión (Espagne)
Federación Comunista Libertaria (Chili)
Revista Política y Sociedad (Chili)
Melbourne Anarchist Communist Group (Australie)
Common Struggle – Libertarian Communist Federation (États-Unis)
Unión Socialista Libertaria (Pérou)
Common Cause (Canada)
Confederación General del Trabajo (Espagne)
Coordination des Groupes Anarchistes (France)

Vu sur le Jura Libertaire, le 29 novembre 2011