Archives de catégorie : Ni patrie ni frontière

[Châlons-en Champagne] Toute l’école débraye suite à l’expulsion de deux élèves kosovars

Opération « école morte » pour dénoncer l’expulsion d’enfants kosovars à Châlons-en-Champagne

Les enseignants d’une école de Châlons-en-Champagne (Marne) ont organisé jeudi une opération « école morte » pour dénoncer l’expulsion d’une famille kosovare dont les deux enfants étaient scolarisés dans l’établissement, a-t-on appris auprès du directeur.

« Les enfants, deux jumeaux de 10 ans scolarisés depuis septembre dernier, ont été interpellés mercredi à l’Aube avec leurs parents puis expulsés ce matin vers Pristina », a dit à l’AFP Luc Neuhauser, le directeur de l’école Branly de Châlons-en-Champagne.

Selon lui, l’un des garçons atteint d’une hémiplégie à la suite d’un accident vasculaire devait subir une opération au CHU de Reims au mois de mars pour lui rendre une plus grande mobilité.

La famille qui logeait dans un foyer de demandeurs d’asile était arrivée en France en avril 2011 pour échapper, selon elle, à des menaces d’une mafia locale. Elle faisait l’objet depuis plusieurs semaines d’une « obligation de quitter le territoire français » (OQTF).

« L’équipe d’enseignants a été particulièrement choquée par cette expulsion soudaine et a décidé de ne pas assurer les cours tout en accueillant les élèves », a poursuivi M. Neuhauser.

Une centaine de personnes, professeurs, parents d’élèves et militants du Réseau éducation sans frontières (RESF) s’était rassemblée jeudi midi devant l’école pour demander le retour de la famille.

« Nous envisageons une poursuite de l’action d’autant que d’autres familles à Châlons-en-Champagne sont concernées par des avis d’expulsion », a précisé l’enseignant.

AFP, 19 janvier 2012

[Poitiers] Hawa Diallo et six autres personnes demandent l’annulation de leur OQTF au T.A.

Ce matin au tribunal administratif de Poitiers, sept personnes mises en situation d’OQTF par la préfecture (obligation de quitter le territoire français) demandaient leur annulation. Grosse présence de RESF, de parents d’élèves et d’autres personnes mobilisées, en soutien à Mme Diallo et à Mme Bahoumina et à leurs enfants.

Le rapporteur de la république (l’équivalent du procureur) a été dans le sens de la demande d’annulation d’OQTF pour Mme Diallo et ses enfants, qui a sans doute bénéficié d’un fort soutien des parents d’élèves et d’individus, avec deux rassemblements importants. Ce soutien à Mme Diallo d’un grand nombre de gens de tous bords, révolté-e-s par cette injustice, a été mentionné par son avocate. Mme Diallo, très stressée ce matin, est ressortie soulagée et confiante pour l’obtention d’une carte de séjour.

En revanche, le rapporteur de la République a émis un avis défavorable concernant les demandes… des six autres personnes.

Comme celle de Mme Bahoumina, vivant depuis dix ans en France avec ses trois enfants, pour lesquels un rassemblement avait eu lieu devant la préfecture.

Mais aussi une femme d’origine haïtienne, avec sa fille de deux ans née en France – ignorant ainsi les arguments de la plaignante (situation catastrophique en Haïti, intérêt de l’enfant, emploi à Poitiers…).

Mais aussi un algérien salarié, ou encore un homme d’origine néo-zélandaise (Tonga) ayant joué dans plusieurs clubs comme rugbyman, aujourd’hui employé,  ainsi que sa femme. Pour ces trois personnes, le prétexte est abominable : leurs emplois ne sont pas dans la « liste » du 11 août 2011 sur les emplois retenus dans le cadre de « l’immigration choisie ».

Mais aussi cette réfugiée d’origine russe, demandant l’asile politique, mariée religieusement en Tchétchénie et vivant en France avec son mari… mariage religieux attesté par l’imam de Poitiers : rejeté par la préfecture comme n’ayant « aucune valeur juridique », la préfecture doutant d’ailleurs de la vie commune, malgré tous les éléments en attestant. Oh, la belle « laïcité » répressive, à la sauce républicaine !

Rendu sous quinze jours. On en ressort très confiant pour Hawa, mais écoeuré pour toutes les autres personnes, et très en colère. Avec une certitude aussi : face à l’ignominie préfectorale, contre la machine à précariser et à expulser, la mobilisation est très importante pour l’emporter.

Seule la lutte paye, et la lutte continue !

Solidarité avec les migrant-e-s !

 John Rackham, groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86), 19 janvier 2012

[Poitiers-Françafrique] 105 bidasses poitevins envoyés en soutien à Tchad-Françafrique

Cent-cinq bidasses poitevins (des « marsouins ») partiront donc à la fin du mois au Tchad, l’un des bastions du pré-carré françafricain. La Nouvelle République nous présente des militaires qui, à côté de simples missions de formation et d’entraînement, vont « découvrir le pays » et aller « à la rencontre des populations », sauvant des ressortissants français et étrangers… comme c’est gentil.

Rappelons que le Tchad est un pays pauvre où une partie de la population crève la dalle et où le pétrole est allègrement pillé par les multinationales. Qu’il est gouverné par le dictateur Idriss déby, connu pour ses pratiques répressives à l’encontre des opposants. Ce personnage peu recommandable est pourtant soutenu mordicus par l’Etat français, à plusieurs niveaux.

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Tout d’abord à un niveau politique et diplomatique (le régime mérite un soutien « sans faille » selon Hervé Morin), notamment lors de plusieurs « élections » fortement contestées sur le plan international, mais dont la France a toujours déclaré la belle régularité. On comprend : la France soutient les campagnes du dictateur (élections législatives, ou présidentielle).

Ce régime répressif est aussi soutenu militairement, par des accords officiels… et secrets. Aussi bien par des livraisons d’armes, autrement plus importantes que « l’aide alimentaire » (dérisoire), que par un dispositif militaire Epervier toujours présent. La participation militaire de la France  a eu lieu à plusieurs reprises, pour réprimer brutalement les rébellions contre le pouvoir. Cerise sur le gâteau, l’armée tchadienne emploierait des enfants soldats… « sans faille » on vous dit.

Autant d’éléments accablants, caricaturaux de la « France-à-fric » que l’on ne trouvera évidemment pas dans cet article de la Nouvelle République. Merci les bidasses, merci les journalistes… la brutale rapacité des Etats complices peut continuer d’opprimer et de piller les populations, en toute sérénité, en toute bonne conscience.

Groupe Pavillon Noir, Fédération Anarchiste, 19 janvier 2012

[Japon] La fuite en avant dans la folie nucléaire !

Japon: les réacteurs pourront fonctionner jusqu’à 60 ans, et non 40 ans

Le Japon prévoit d’inscrire dans la loi que les réacteurs nucléaires pourront être exploités durant 60 ans, sous réserve d’obtention d’une autorisation spéciale au-delà de 40 ans, limite initialement envisagée.

« Les extensions seront exceptionnellement approuvées lorsque la sécurité est assurée », a expliqué mercredi le porte-parole du gouvernement, Osamu Fujimura.

Goshi Hosono, le ministre de l’Environnement également chargé du traitement de l’accident de Fukushima, avait déclaré plus tôt ce mois que le gouvernement voulait fixer une durée maximum légale de 40 ans, alors qu’aucune limite d’exploitation n’est aujourd’hui précisée dans la loi.

« Il n’y a pas de changement à la limite de base de 40 ans, mais des exceptions », a insisté M. Fujimura.

La proposition d’accorder une extension d’usage de 20 ans en sus des 40 ans prévus, une hypothèse évoquée mardi par la presse, a immédiatement suscité des critiques des opposants à l’énergie nucléaire, remontés depuis l’accident de la centrale de Fukushima provoqué par le séisme et le tsunami dévastateurs du 11 mars.

« C’est incroyable », s’est énervé Junichi Sato, directeur de l’association écologiste Greenpeace Japon.

Et d’ajouter: « le risque est inacceptable pour le peuple du Japon, surtout quand il souffre déjà des effets continus de la crise de Fukushima ».

Le gouvernement nippon envisage de suivre l’exemple des Etats-Unis, où l’exploitation des réacteurs nucléaires peut être prolongées de 20 années au-delà d’une limite de 40 ans, sous réserve d’approbation par les autorités fédérales.

« Nous nous inscrivons dans une ligne mondiale », a justifié un responsable du gouvernement, lequel étudie actuellement une révision des règles de sécurité nucléaire censées permettre d’éviter une redite de la catastrophe de Fukushima, le pire désastre atomique depuis celui de Tchernobyl en 1986.

Sur le parc de 54 réacteurs nucléaires japonais, 3 ont plus de 40 ans et 16 plus de 30 ans.

AFP, 18 janvier 2012

[Mali] Le gouvernement part en guerre contre les communautés touaregs de l’Azawad

Reprises des Hostilités Militaires en Territoire Azawad.

Après plusieurs années, et encore ces derniers mois, le Mouvement touareg a multiplié les efforts pour créer un dialogue constructif avec les autorités maliennes avec la participation de la communauté internationale pour amener la paix, la stabilité, le développement et la sécurité dans les régions touarègues. Nous avons largement informé les partenaires occidentaux du Mali et certains pays de la Sous-région de la situation que vit notre Région du Nord du Mali. Mais nous n’avons cessé de nous heurter a un refus répété de dialogue de la part des Autorités maliennes à nos demandes de trouver une issue positive qui puisse satisfaire les parties en conflit.

 

Les autorités de Bamako se sont entêtées au cours des ces années à refuser de renouer le dialogue.

Pour bien montrer leur rejet de tout dialogue, les autorités de Bamako ont envoyé ces derniers jours plusieurs centaines, voire plus d’un millier de soldats dans le Nord du Mali avec les derniers équipements acquis ces derniers mois par l’armée malienne, ainsi que des chars et des avions de guerre. Ces déplacements massifs de troupes, qui inquiètent les populations civiles, ont été reçus par le Mouvement comme une invitation à la  guerre de la part des autorités maliennes.

Finalement Bamako a créé une fois de plus toutes les conditions pour une reprise des hostilités militaires. Pour se protéger et ré-occuper progressivement l’espace de l’Azawad et aussi répondre à la provocation de Bamako, des hommes de l’Etat major du Mouvement national de libération de l’Azawad ont chois d’engager leur vie. C’est dans ce contexte qu’ont démarré ce matin les actions militaires enregistrées en territoire de l’Azawad, à Ménaka. Après de très violents combats à l’arme lourde, la ville de Ménaka est sous contrôle depuis quelques heures sous le commandement militaire du Mouvement. On ne déplore aucun blessé du côté des civils dans cette opération réfléchie qui a été un grand succès pour le Mouvement. Des actions militaires importantes du Mouvement National de Libération de l’Azawad continueront tant que Bamako ne reconnaîtra pas ce territoire comme une entité à part. Ces actions militaires sont aussi un appel à la communauté internationale : tant qu’elle ne s’impliquera pas effectivement pour une résolution durable de ce conflit qui n’a que trop duré, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Ces actions n’ont d’autre objectif que de gagner la Paix et la Justice pour la Communauté de l’Azawad et la stabilité pour notre Région.

Le 17 janvier 2012.

Le Porte Parole, Chargé des Relations Extérieures du Mouvement (MNLA).

Hama Ag Sid’Ahmed

Site du MNLA, 17 janvier 2012