Archives de catégorie : Ni patrie ni frontière

[Lausanne] Les keufs saccagent le squat La Montgolfière

Lausanne : les flics foutent un gros merdier au squat de la montgolfière

A 8h30, ce matin, les flics sont entrés de force dans le squat de la Montgolfière, situé à l’avenue Louis Ruchonnet depuis le 20 novembre 2011 face au refus des habitants de leur ouvrir la porte. Le prétexte : un mandat de condamnation, et un autre, de perquisition/identification suite à une plainte de la propriétaire. 5 personnes ont été arrêtées.

Quatre habitants sont montés sur le toit et ne sont redescendus qu’aux alentours de midi. Entre temps, des amis sont venus apporter leur soutien, en gambadant autour de la dite « maison aux volets bleus » (c.f médias bourgeois).

Les flics se sont surpassés dans la destruction de ce lieu de vie et d’activités en arrachant notamment les portes d’entrée, en défonçant/retournant/jetant des canapés, des bancs, etc.., ou encore en déracinant des plantes. Des mezzanines des chambres à coucher ont été abattues, des liquides douteux maculent les matelas et finalement le sol de chaque étage est encombré de débris.

Au sous-sol, les flics ont sorti deux guitares de leur housse pour les briser, de la peinture et d’autres liquides sucrés ont été déversés sur du matériel audio. En bref, il ne s’agissait pas pour les flics de perquisitionner des objets potentiellement illégaux, mais bel et bien de détruire l’intérieur de la maison.

A l’heure actuelle, 5 personnes sont au poste de flics de Saint-Martin, à Lausanne, depuis environ 9h00 du matin. Elles sont retenues en garde-à-vue.

Solidarité avec le squat de la Montgolfière !

Le Réveil – Lausanne, 10 janvier 2012

L’ignominieux Guéant toujours plus bas de front

A trois mois de la présidentielle, Guéant durcit le ton sur l’immigration

Claude Guéant, qui s’est flatté mardi d’avoir atteint ses objectifs sur l’immigration, a singulièrement durci le ton, annonçant un record d’expulsions, souhaitant une forte baisse de l’admission régulière et établissant de nouveau un lien avec la délinquance.

En 2011, 32.922 étrangers ont été expulsés contre un objectif de 28.000, résultat « jamais atteint », selon le bilan présenté par le ministre de l’Intérieur, trois mois avant la présidentielle, au moment où il est la cible des attaques sur le sujet de la candidate frontiste Marine Le Pen.

Même si les effets de la révolution du Jasmin se sont fait sentir (5.000 Tunisiens expulsés et 4.000 visés par des procédures), Claude Guéant compte poursuivre cette tendance, se fixant un objectif de 35.000 pour 2012.

« Contrairement à ce qu’affirme un parti politique qui dit se préoccuper beaucoup d’immigration, le nombre de titres de séjour n’est pas supérieur à celui enregistré lorsque la gauche était au pouvoir », a répondu le ministre à la présidente du FN qui l’a accusé de « publicité mensongère ».

M. Guéant a fait état de 182.595 premiers titres de séjour l’an dernier contre 189.455 en 2010, soit une baisse de 3,6%. L’immigration professionnelle a baissé de 26% sur un an, l’immigration familiale de 14%.

« Ce satisfecit a quelque chose de dérangeant », a réagi le député socialiste, François Rebsamen.

L’immigration régulière reste dans son collimateur. Claude Guéant entend revenir au niveau des années 1990, avec 150.000 entrées par an, un chiffre qui sera fixé après un débat annuel au Parlement, a-t-il proposé demandant des « propositions réalistes » à la gauche.

La France compte environ trois millions d’immigrés en situation régulière (2.908.000 personnes avaient un titre de séjour en 2009, dont 2.350.000 venant d’un pays hors UE). 278.000 étudiants étrangers étaient inscrits en 2010/2011.

Pour « renforcer notre régulation de l’immigration », M. Guéant actionnera les leviers de la lutte contre les flux irréguliers, de la naturalisation, du regroupement familial et du droit d’asile, selon lui, « détourné par des demandes formulées à des fins d’immigration économique ».

« Nous devons continuer à mieux contrôler l’accès à la nationalité française » et « amplifier nos efforts de réforme de l’immigration familiale », a-t-il préconisé en citant la fraude au mariage.

En revanche, M. Guéant s’est prononcé contre la suppression de la double nationalité souhaitée par le FN et une partie de l’UMP, la droite populaire. Mais, a-t-il insisté, « il faut que les étrangers que nous accueillons s’intégrent ».

Le durcissement des conditions d’accès à la nationalité a produit une baisse de 30% des naturalisations par décision de l’autorité publique, de 94.500 en 2010 à 66.000 en 2011. Le nombre d’acquisitions par le mariage est stable à 22.000.

Le ministre a par ailleurs expliqué sur RMC-BFMTV que le taux de délinquance, chez la population étrangère en France, était « de deux à trois fois supérieur ».

En décembre, Claude Guéant avait appelé de ses voeux des « mesures spécifiques » sur la délinquance commise par des étrangers, avec la possibilité de priver de titre séjour un étranger qui se rendrait coupable d’un délit grave, dès lors qu’il vit en France « depuis peu de temps » et qu’il n’y a « pas d’attache familiale ». Il avait alors réfuté qu’il s’agisse d’un retour à la double peine abolie par Nicolas Sarkozy.

Comme cela avait alors été annoncé par le ministre, une proposition de loi sur la délinquance portée par des députés UMP et incluant des mesures sur les étrangers, devrait être très rapidement déposée, a-t-on appris de source proche du dossier.

Selon les derniers chiffres officiels, 137.098 étrangers ont été mis en cause pour des crimes et délits non routiers hors infractions à la législation sur les étrangers en 2010, soit 13% du gros million de personnes ayant eu maille à partir avec les forces de l’ordre.

AFP, 10 janvier 2012

[Cameroun] Emeute des ouvriers de la société sucrière du Cameroun

[Guerre sociale] Emeute des ouvriers de la Sosucam à Mbandjock (Cameroun)

Saint Sylvestre. Un gendarme tué dans une émeute à Mbandjock

Suite à un mouvement de revendication d’une gratification de fin d’année, des émeutes ont émaillé la ville sucrière du Cameroun. Un gendarme y a trouvé la mort.

La ville de Mbandjock est encore quadrillée par les forces de l’ordre. Des renforts en gendarmes et policiers venus de Yaoundé ont pu ramener le calme dans cette bourgade située à une centaine de kilomètres de la capitale. « Nous avons eu des sueurs froides ici. La ville était sens dessus dessous. Et c’était une espèce de névrose populaire. Grâce à Dieu, le calme est revenu, et nous espérons que la situation va définitivement revenir à la normale à la Sosucam, principal théâtre des émeutes », nous a confié au téléphone un habitant de Mbandjock.

Selon nos informations, il s’est agi d’un mouvement d’humeur spontané initié par certains ouvriers de la Sosucam, principalement les agents d’exécution. Le mouvement d’humeur serait parti d’une revendication d’une habituelle gratification de la direction générale de l’usine de la Société sucrière du Cameroun à ses ouvriers. En effet, chaque fin d’année, la direction générale de la Sosucam donne à chacun de ses ouvriers, notamment ceux des catégories inférieures, un kilogramme de viande de bœuf d’une valeur numéraire de 2500 Fcfa, pour la fête du passage au nouvel an. Cette année encore, le même principe a été retenu. Mais il se trouve que la direction générale de la Sosucam aurait décidé d’octroyer cette gratification non plus en nature comme d’habitude, mais plutôt de mettre la somme de 2500 Fcfa qui correspond à un kilogramme de bœuf dans les salaires du mois de janvier 2012. Informés, les ouvriers des deux usines Sosucam de Mbandjock et Nkoteng ont tout de suite marqué leur désaccord. La plupart des employés auraient voulu que la somme correspondant à la gratification d’un kilogramme de bœuf, à savoir l’équivalent de 2500 Fcfa, leur soit remise directement en espèce avant la date du 30 décembre 2011.

Sentant monter la tension, les responsables de l’usine Sosucam de Nkoteng ont tout de suite ouvert un dialogue avec les ouvriers en répondant à leur exigence. Mais ce ne fut malheureusement pas le cas pour l’usine Sosucam de Mbandjock où les responsables auraient minimisé la revendication et le mouvement d’humeur né de cette situation qui a gagné en intensité le 30 décembre 2011 en journée.

Face à la détermination des responsables de l’usine qui semblaient sourds aux revendications, des ouvriers déchaînés auxquels se seraient mêlés des vandales ont alors pris d’assaut le foyer de l’entreprise, où ils auraient tout pillé avant d’y mettre le feu. Les délégués du personnel et les responsables syndicaux qui ont essayé d’appeler au calme auraient risqué le lynchage. C’est le cas notamment du nommé Alouna Mveh Théophile. Ce responsable syndical venu calmer ses camarades et collègues déchaînés, n’a eu la vie sauve que grâce à des servantes du foyer qui l’auraient caché sous des casiers de bière. Et très vite son évacuation ainsi que celle des membres de sa famille.

Après le foyer, nos sources indiquent que les émeutiers se sont rendus à la cité des cadres où ils auraient tout pillé avant d’aller vider le domicile de Foayen Foayen Dieudonné, directeur des plantations. Ce haut dirigeant de la Société sucrière du Cameroun n’aurait eu la vie sauve que parce que les émeutiers ne l’ont pas trouvé à son domicile. En tout cas après avoir bloqué l’usine, les émeutiers ont organisé la chasse aux cadres et autres agents de maîtrise à travers la ville. Du coup, une situation de grave tension généralisée pendant tout le week-end de la fête du nouvel an s’est installée.

Au moment où nous mettions sous presses, on signalait la mort d’un gendarme noyé dans la piscine de la cité des cadres dans des conditions encore mal élucidées. Affaire à suivre.

Leur presse (Le Messager), 3 janvier 2012.

[Nigeria] Grève générale, au moins un manifestant tué

Grève générale au Nigeria: au moins un manifestant tué

Au moins un manifestant a été tué lundi au Nigeria au premier jour d’une grève générale illimitée contre le doublement du prix des carburants chez le premier producteur de pétrole d’Afrique, déjà ébranlé par la multiplication d’attaques islamistes contre les chrétiens.

Pneus brûlés et manifestants à Lagos, lors de la grève générale, le 9 janvier 2011 au Nigeria

Pneus brûlés et manifestants à Lagos, lors de la grève générale, le 9 janvier 2011 au Nigeria
 

« Une personne a été abattue par la police à Lagos », plus grande ville et capitale économique du pays, a affirmé Abdulwahed Omar, président du Congrès national du travail, lors de manifestations à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria.

« C’est très triste que dans une démocratie les gens qui sortent sans arme pour exprimer leurs doléances soient confrontés à des policiers armés », a-t-il ajouté.

Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues à Lagos dans le cadre de la grève générale, qui n’affectait pas à la mi-journée la production de brut.

 
Rassemblement à Lagos contre la hausse du prix des carburants, le 9 janvier 2012 au Nigeria
 

En début de matinée, des jeunes ont bloqué un important axe routier en enflammant des pneus, jetant des pierres sur les policiers. « Bad Luck Jonathan » (Jonathan la malchance), criaient certains, en détournant le prénom du président nigérian, Goodluck (bonne chance) Jonathan.

Les rues de Lagos, habituellement embouteillées, étaient complètement vides, à l’exception des manifestants.

A Kano, principale agglomération du Nord, la police a lancé des gaz lacrymogènes et tiré des coups de feu en l’air pour empêcher des milliers de manifestants d’accéder au bureau du gouverneur, a constaté un correspondant de l’AFP.

« Au total nous avons 30 blessés, dix-huit d’entre eux ont été blessés par balles », a indiqué le responsable de la Croix-Rouge à Kano Musa Abdullahi.

A Abuja, la capitale fédérale, d’importantes manifestations étaient en cours. Les forces de sécurité tentaient de les empêcher d’atteindre le centre-ville.

Le mot d’ordre de grève générale semblait bien suivi dans le pays, le plus peuplé d’Afrique avec 160 millions d’habitants, également répartis entre chrétiens et musulmans.

« Tout ce que nous voulons, c’est que notre voix soit entendue », a indiqué John Lolawole, secrétaire-général d’un des syndicats appelant à la grève, le Trade Union Congress.

Pas de guerre de religion

Les syndicats exigent que le gouvernement rétablisse les subventions aux carburants, dont la suppression le 1er janvier a entraîné une brusque hausse des prix de l’essence.

Le litre à la pompe est ainsi passé de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 nairas (0,66 euro).

L’Assemblée nationale avait adopté dimanche une motion demandant au gouvernement de faire marche arrière. Les parlementaires ont également exhorté, sans succès, les syndicats à « suspendre leur projet de grève générale et de participer à un dialogue approfondi sur cette question ».

Cette grogne sociale qui risque de paralyser le pays intervient sur fond de tensions interconfessionnelles grandissantes et d’attentats meurtriers.

Depuis les sanglants attentats du jour de Noël qui ont fait au moins 49 morts, six nouvelles attaques contre des chrétiens dans le Nord majoritairement musulman ont fait plus de 80 morts.

La majorité de ces Raids ont été revendiqués par Boko Haram, un groupe islamiste qui réclame l’application de la charia (loi islamique) dans l’ensemble du pays.

Ces violences ne sont pas « une guerre de religion », mais répondent à des intérêts visant à la désintégration de la fédération, a estimé le cardinal Anthony Olobunmi Okogie, archevêque de Lagos.

« Il n’y pas de guerre de religion en cours au Nigeria, mais une féroce persécution qui trouve ses sources dans des ambitions de pouvoir et des causes économiques. Ils veulent désintégrer la fédération mais n’y réussiront pas », a-t-il indiqué dans une interview publiée par le site internet Vatican Insider.

Le pape Benoît XVI a pour sa part déploré lundi que l’objectif de la réconciliation et du respect de « toutes les ethnies et religions » soit encore lointain en Afrique, notamment au Nigeria.

Dimanche, Goodluck Jonathan a admis pour la première fois que Boko Haram disposait de soutiens et de sympathisants au sein du parlement, de la justice et des services de sécurité. Selon lui, les violences antichrétiennes actuelles sont « pires » que la guerre civile des années 60.

AFP, 9 janvier 2012

[Egypte] Quand les femmes ripostent aux milices islamistes

Egypte : Quand les femmes ripostent aux milices islamistes

 Des bandes d’hommes salafistes ultra-conservateurs organisés en milices harcèlent et agressent les commerçants et leurs clientes dans les villes rurales d’Egypte, les accusant de “comportement indécent”, selon les rapports de la presse égyptienne.

Mais lorsque cette semaine ils ont débarqué dans un salon de beauté à Benha, petite ville du Delta du Nil, et ont ordonné aux femmes de cesser leurs activités, les menaçant de violences physiques si elles n’obéissaient pas, les femmes ont riposté, les ont battus avec leurs propres bâtons, et chassés dans la rue à coup de pieds devant la foule.

Source : Socialism Art Nature, 8 janvier 2012

Vu sur Solidarité ouvrière, 9 janvier 2012