Archives de catégorie : La rue grogne

Compte-rendu de deux manifestations

Deux manifestations pour l’aménagement du territoire

Des militant-e-s du groupe Quartier Pirate sont allé-e-s aux deux manifestations de ce samedi portant sur des problèmes d’aménagement du territoire.

La première, contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, partait de la Porte d’Orléans à 11h pour aller jusqu’au Sénat. Une manifestation matinale, dynamique et bigarrée. Des vaches et  des vélos, mais surtout des personnes venues de toute la France, des militant-e-s venu-e-s de divers horizons, et une vraie détermination. Toutes ces envies de lutter rassemblées faisaient chaud au cœur.

La seconde a eu lieu l’après-midi contre la gentrification de Montreuil. Une marche s’est déroulée à travers les lieux concernés par le plan de rénovation urbaine : un jardin partagé, un campement de roms, un squat détruit… Car les effets de ces politiques sont déjà sensibles : ainsi, les expulsions du 94 rue des Sorins à Montreuil, ou du 178 rue Robespierre, à Bagnolet.

De manière générale, dans nos quartiers, en périphérie de Paris, les expulsions de logement vont de pair avec les opérations immobilières. Les plus précaires sont les premiers à être attaqués par ce type de restructuration, qui visent essentiellement à rendre les loyers plus élevés et à accueillir des populations plus riches. 

Mais ce n’est pas une fatalité. A Notre Dame des Landes comme en banlieue parisienne, nous pouvons nous organiser pour résister à la loi du marché. Des collectifs locaux se montent, sous diverses formes, et c’est déjà un premier pas. Il peut s’agir au-delà de tisser des liens entre ces diverses luttes, de voir que bon nombre de problématiques sont communes… et finalement de porter une autre perspective d’aménagement du territoire : au niveau local, autogestion, conseils de quartiers ou de cantons ; et lorsque cela est nécessaire (grands projets d’aménagement) coordination sur un mode fédéral… mais toujours en fonction des besoins réels des populations, et non d’intérêts financiers !

Groupe Quartier Pirate, samedi 12 novembre 2011

[Nantes] journée « indignée » place du peuple : occupons la rue !

[Nantes ] Journée « indignée » Place du Peuple : occupons la rue !

Réapproprions nous nos vies. Démocratie directe.

Dès 11 heure ce matin, vendredi 11 novembre, des dizaines de personnes se sont rassemblées sur la Place Royale à l’occasion de la journée mondiale des indignés. Le qualificatif « d’indigné », très prisé par les médias, ne doit pas occulter la grande diversité des personnes réunies de façon auto-organisée sur cette place du centre ville, pour contester le système actuel.

Les objectifs affichés sont clairs : tenir des assemblées populaires, des ateliers pour construire des alternatives concrètes, occuper et se réapproprier l’espace public. Cela se met en place progressivement, de façon autogérée et parfois balbutiante : il n’y a pas de professionnels de la politique. Tout au long de la journée, une centaine de personnes sont présentes de façon constante sur la place, mais les participants se renouvellent, se rencontrent, et évoluent au fil des heures : le nombre de révoltés global est donc plus important.

Vers midi, une poignée d’énergumènes de l’UNI (groupuscule étudiant de droite extrême lié à l’UMP) viennent nous provoquer en distribuant des torchons « anti-cannabis » (sous le regard amusé et étonné des passants). Ces roquets sont rapidement dégagés, non sans aller pleurnicher auprès du policier en civil présent et en menaçant des participants de répression policière.(photo 10)

La place est alors occupée de façon active : banques et agences commerciales taggées (photos 11, 15 et 16), banderoles et pancartes attachées sur la fontaine de la place (à nouveau rebaptisée Place du Peuple : photos 1 à 9), slogans inscrits au sol, assemblées populaires (photos 12 et 13)…

Un embryon de bibliothèque est mis en place, des canapés sont installés, les participants créent spontanément sur tous les supports, un « écoréseau » distribue des légumes en essayant de sortir des rapports marchands.

Deux assemblées sont tenues, la première autour de14 heures, la seconde à la nuit tombante. Le principe du campement est alors validé. A 19h30, les premiers ustensiles de campements apparaissent. Une bouffe s’organise. La présence policière est encore faible.

Les passants de tous âges, nombreux, sont globalement enthousiastes et solidaires de l’occupation.

La situation va évoluer dans les heures à venir avec le campement. N’hésitez pas à rejoindre l’occupation (avec des tentes et des duvets).

A suivre…

Indymedia Nantes, 11 novembre 2011

NB : Des photos ici : http://nantes.indymedia.org/article/24668

[Athènes] Et un supermarché de plus exproprié…

[GRECE] Athènes : et un supermarché de plus exproprié…

Athènes : et un supermarché de plus exproprié…

Samedi 5 novembre 2011, un groupe de compagnons a exproprié un supermarché de la chaîne Bazaar/Fresh Express à Exarchia.

Des biens de base et de la nourriture ont été expropriés et distribués parmi les gens du marché ouvert de la rue Kallidromiou.

La foule a reçu les chariots pleins de courses avec enthousiasme et a accepté les produits avec plaisir et joie pour l’action.

Leurs richesses sont notre sang.

Exproprier partout le Capital.

Des compagnons

Traduit de l’italien par Brèves du Désordre de informa-azione, Mar, 08/11/2011 – 00:56

[Londres] Manifestation étudiante du 9 novembre

[ANGLETERRE] Manifestation étudiante à Londres – Mercredi 9 novembre 2011

Manifestation étudiante à Londres, vingt arrestations

LONDRES (Reuters) – La police britannique a arrêté 20 personnes mercredi à Londres alors que des milliers d’étudiants manifestaient contre les mesures d’austérité du gouvernement.

Plusieurs arrestations ont eu lieu alors qu’un groupe de manifestants s’est écarté de l’itinéraire principal pour dresser une vingtaine de tentes au pied de la colonne Nelson, à Trafalgar Square, imitant les militants anticapitalistes qui occupent depuis un mois le parvis de la cathédrale Saint-Paul.

Soucieux d’éviter que ne se reproduise le face-à-face de Saint-Paul, la police est intervenue à Trafalgar Square et a retiré les tentes installées sur l’un des sites les plus visités de la capitale britannique.

Des échauffourées de faible ampleur ont éclaté lorsque des policiers en casques anti-émeute ont entrepris de canaliser les manifestants dans les rues conduisant à leur point de ralliement dans le quartier financier de la City.

Fin 2010, quatre manifestations étudiantes avaient donné lieu à des accrochages avec la police, qui avaient procédé à près de 400 arrestations. Des manifestants s’en étaient pris à des bâtiments officiels et au siège du Parti conservateur au pouvoir. La limousine du prince Charles et de son épouse Camilla Parker-Bowles avait aussi été attaquée.

On attendait mercredi environ 10.000 personnes de tout le pays. Il s’agit pour Londres du rassemblement le plus important depuis les quatre journées d’émeutes qui ont secoué la capitale et d’autres villes anglaises en août, violences urbaines sans précédent depuis des décennies dans le pays.

ITINÉRAIRE BALISÉ PAR LA POLICE

« L’éducation pour les 99 pour cent », lisait-on sur une des banderoles dénonçant la forte augmentation des frais universitaires. D’autres évoquaient le message anticapitaliste des militants du mouvement « Occupy » qui campent sur le parvis Saint-Paul: « Prenez la richesse aux un pour cent. »

Les étudiants s’opposent aux projets de réforme de l’éducation, qui s’apparentent selon eux à une privatisation du système, ainsi qu’au relèvement des frais universitaires décidé l’an dernier avec une réduction des allocations destinés aux élèves défavorisés.

La manifestation visait aussi la réforme des avantages sociaux liée à la cure d’austérité imposée par le gouvernement, soucieux de réduire un déficit budgétaire atteignant près de 11% du produit intérieur brut.

Parallèlement aux étudiants, les électriciens et les chauffeurs de taxi avaient organisé leurs propres manifestations en prévision d’une journée de grève nationale des fonctionnaires fixée au 30 novembre.

La manifestation constituait un test pour la police de Londres, qui s’était vu vivement reprocher de n’avoir pas enrayé à temps les émeutes du mois d’août avant qu’elles se propagent.

Changeant cette fois de tactique, les autorités ont submergé l’itinéraire de policiers, isolé des points de friction possibles comme la Bourse de Londres et déployés des unités montées dès le départ.

A la tombée de la nuit, la plupart des manifestants ont commencé à repartir, seul restant sur place un petit groupe qui dansait au son d’une musique à plein volume.

Presse bourgeoise – Le Nouvel Obs, 09/11/2011

[Italie] Lois scélérates contre la grogne sociale

[Italie] Les journaflics travaillent (suite)

Black Blocs, une violence manipulée ?

La mairie de Rome a interdit les manifestations pendant un mois en mettant en avant les violences de dimanche dernier provoquées par les Black Block. Nous les avons rencontrés. Ils expliquent le sens de leurs « actions directes » et leurs stratégies. La police italienne qui les surveille de très près ne fait pourtant rien pour prévenir les affrontements.

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Ils ont la rage au ventre et veulent tout casser pour exprimer leur refus d’un système qui ne les représente pas.  Et certainement pas, un pouvoir laminé par les scandales sexuels de Silvio Berlusconi et les affaires de corruptions dans lesquelles sont impliqués plusieurs parlementaires de droite comme de gauche. « Ils », ce sont les Black Blocs qui se sont invités au cortège des Indignés samedi dernier pour casser les vitrines de banques et de magasins et incendier des voitures. Bilan : 135 blessés, dont 105 policiers et des dégâts évalués à plus de 5 millions d’euros.

Qui sont les Black Blocs ?

« J’ai trente ans, je suis fille-mère, je n’ai pas de maison, pas d’argent et les institutions ne font rien pour moi et pour ma fille » dit  A.

« La violence s’impose dans une société qui fusille notre avenir »

Le visage caché par une écharpe, les cheveux couverts par un capuchon noir, elle explique que samedi dernier, elle était aux cotés de ceux qui ont essayé de « casser du flic ». Et tant pis si les policiers sont, eux aussi, de pauvres gens avec un salaire de misère.

« Ils représentent le pouvoir, défendent ces institutions que nous répudions. Ils nous ont empêché de marcher sur le parlement pour crier notre colère et notre désespoir. »

L. a lui aussi une trentaine d’années, un diplôme d’économie en poche et un emploi précaire. Il est fils de bonne famille et samedi dernier, il a, comme A., jeté des pavés sur les carabiniers pour les faire reculer. Il va encore plus loin que A. et critique la façon dont les Indignés ont protesté samedi dernier.

« Cela n’a aucun sens de défiler calmement, les politiciens s’en foutent. Nos actions ne sont pas violentes par nature, nous nous défendons contre la violence des politiciens et de la société actuelle. Une société qui est train de fusiller notre avenir. La seule forme de protestation possible est la nôtre, tout casser pour faire prendre conscience que notre colère est profonde et brutale » explique L.

Les compagnons de A. et de L. sont issus de différentes classes sociales. Des  jeunes précaires qui fréquentent  les centres sociaux, des étudiants, des cinquantenaires fatigués de courber la tête sous le joug de la crise économique et financière. La bataille de Rome de samedi dernier, tous l’ont préparé pendant un an.

Un an pendant lequel, certains se sont entraînés dans les sous-bois de la Val de Susa au dessus de Turin, là où devrait passer le train à très grande vitesse. Pour bloquer la construction du réseau, les détracteurs de la grande vitesse organisent des manifestations ponctuelles auxquelles s’invitent aussi régulièrement les Blacks Blocs.

Plan de bataille et guérilla urbaine

« Cela nous  sert d’entrainement pour  la guérilla urbaine » confie un jeune black bloc romain. Un autre groupe fait la navette entre Rome et Athènes. En Grèce, leurs « camarades » leur ont appris que cette guérilla urbaine nécessite une organisation précise. La leçon a été retenue. Samedi dernier, les Black Blocs romains ont préparé leur plan de bataille dans les moindres détails. La veille de la manifestation, ils ont entreposé des frondes et autres cocktails Molotov dans un fourgon garé à côté de la place Saint Jean de Latran.« Cela nous  sert d’entraînement pour  la guérilla urbaine » confie un jeune black bloc romain. Un autre groupe fait la navette entre Rome et Athènes. En Grèce, leurs « camarades »

Puis, ils ont disséminés des sacs en plastique contenant ces armes artisanales le long du parcours. Enfin, ils ont ramassé des pavés, des bâtons, des massues et des pics pour démolir la chaussée dans un chantier. Pour mieux encercler la police, ils se sont partagés en deux grands bataillons et répartis en brigades. Une tactique militaire pour une opération militaire.

« Samedi, ce n’était que le début. Ils ne nous auront pas, nous continuerons à nous battre et nous serons toujours mieux organisés et plus nombreux » promet C.

Plusieurs fois par semaine, il rencontre ses compagnons, dont une jeune Française d’une trentaine d’années, dans un bar situé dans la périphérie de Rome. Cette jeune femme dont le nom circule dans le milieu, ferait partie des irréductibles. Du moins si l’on en croit les confidences d’un jeune black bloc romain. L’endroit est contrôlé par la police qui photographie toutes les personnes qui entrent et qui sortent. Mais bizarrement, les forces de l’ordre ne font rien de plus. Après les désordres de samedi dernier, l’endroit n’a pas été perquisitionné et les consommateurs de noir vêtus n’ont pas été cueillis à la tombée de la nuit alors qu’ils préparent de nouvelles actions.

« Cela sert le pouvoir »

La situation est d’ailleurs identique dans un « centre social » (espace culturel autogéré, NDLR)  situé dans la périphérie romaine. Là encore, des agents déguisés en passants pour mieux se fondre dans le paysage, contrôlent les entrées et les sorties, prennent des photographies et des notes sur leurs calepins. Rien d’autre.

« Cela leur permet de manipuler la situation. En fait, ils les laissent faire comme cela les revendications des pacifistes passent à la trappe » analyse Paolo Fusco, étudiant en sociologie. Il explique que depuis samedi, la presse ne parle que des Black Blocs et des déclarations des autorités notamment du ministère de l’Intérieur.

« Du coup, personne n’a parlé des milliers et des milliers de personnes qui ont défilé dans les rues de Rome pour réclamer le changement de la politique économique et sociale. Cela sert le pouvoir » note Marcello Fusco.

Difficile de lui donner tort. Depuis trois jours, la presse italienne fait état des arrestations dans les milieux anarchistes, des lois spéciales, comme le « flagrant délit différé » que le ministère de l’Intérieur va introduire, du décret municipal adopté il y a deux jours pour interdire les manifestations dans le centre de Rome pendant un mois. Soit le temps pour les habitants de panser leurs plaies et pour la mairie, de faire le ménage dans Rome. Au milieu de tout ce bruit, on n’entend plus parler des Indignés.

En attendant les black blocs seront dimanche prochain dans le Piémont où une nouvelle manifestation sur le chantier de la ligne TGV Lyon-Turin est prévue.

Leur presse (Ariel Dumont, fr.MyEurop.info), 19 octobre 2011.