Archives de catégorie : La rue grogne

Labège. Un commando saccage le centre de la protection judiciaire de la jeunesse

Un commando d’une dizaine de personnes encagoulées a fait irruption, hier, vers 11 h 15, à Labège (Haute-Garonne), dans les locaux de la Direction interrégionale Sud de la protection judiciaire de la jeunesse. Une fois dans les lieux, ces personnes, visiblement bien organisées, se sont dispersées pour se ruer dans les couloirs et dans les différents bureaux « armées » de bouteilles dont elles ont déversé le contenu sur les bureaux et les ordinateurs. Un liquide marron au relent d’ammoniaque et qui pourrait contenir de l’urine et des excréments humains.

Aspergé de lacrymogène

Les membres du commando se sont également emparés de plusieurs extincteurs qu’ils ont, là encore, déversés sur les bureaux. Un employé qui tentait de s’interposer a été copieusement arrosé de gaz lacrymogène. Certains ont aussi rédigé sur des murs : « Nique la justice » et « Porcs ». Cinq minutes après être entré, le commando est ressorti en courant non sans avoir lancé plusieurs dizaines de tracts qui contiendraient des propos injurieux sur l’action éducative menée par la protection judiciaire de la jeunesse. Des écrits que les gendarmes ont saisis dans l’espoir d’identifier leurs auteurs et l’ordinateur avec lequel ils ont été rédigés. La section de recherches de Toulouse, en charge de l’enquête, a également fait procéder à des relevés de traces et d’indices sur les tags et dans les différents lieux où a sévi le commando.

Michel Valet, le procureur de la République de Haute-Garonne, fait savoir que « tout laisse à penser qu’il s’agit de l’action de gens qui veulent manifester leur opposition aux réponses apportées en matière de lutte contre la délinquance des mineurs ». Un durcissement de ces réponses, souhaité par le gouvernement, est actuellement en cours d’élaboration. Michel Valet indique également que « les agents de la PJJ n’ont pas fait l’objet de violence physique même si cet acte, qui n’a finalement fait que peu de dégâts, les a profondément choqués ».

Cette affaire survient quelques semaines après celle d’Orvault, en Loire-Atlantique, où un mineur délinquant placé dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs de cette ville s’était suicidé. Des gens avaient alors écrit sur les murs de la PJJ de Nantes : « L’EPM tue ».

ladepeche.fr
Publié le 06/07/2011 07:39 – Modifié le 06/07/2011 à 10:32 | Guillaume Atchouel

[Poitiers] Les Indignés sans toit place du Marché

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Hier soir, vers 22h40, la police a mené une opération éclair place du Marché à Poitiers pour effectuer quelques contrôles d’identité. Des toiles de tentes ont été saisies, « arrachées des mains » selon l’un des Indignés. « Ils n’ont pas voulu nous dresser un procès-verbal. » Aucune interpellation n’a été effectuée. Des moyens conséquents (cinq voitures et une camionnette) ont été déployés pour cette opération.
Le mouvement des Indignés, qui s’était installé place de la Liberté à Poitiers, avait décidé dans la journée d’aller se réunir sur la place du Marché. Excédés par les confiscations de matériel et après avoir été chassés déjà deux fois de leur campement de fortune, ces Indignés de tous âges espèraient ainsi gagner en visibilité à défaut d’obtenir la tranquillité. « On ne craint pas d’être chassés puisque de toute façon nous l’étions déjà avant. On va bien voir comment ça va se passer cette fois. » Le mouvement avait encore gagné quelques membres depuis le début de la semaine: pour la plupart des jeunes de l’agglomération mais aussi un Belge et des Bretons. « L’un de nous revient même de Bilbao où il a côtoyé les Indignados espagnols. » Le noyau dur du mouvement était mieux organisé puisqu’il prévoyait de passer la nuit dans des tentes et non plus sous des cartons. Mais la police est venue hier soir.

Centre Presse, 10/06/2011