Archives mensuelles : décembre 2011

Rififi diplomatique entre deux appareils répressifs…

Génocide arménien: Erdogan hausse le ton et accuse la France de génocide

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s’en est pris avec virulence à la France vendredi, l’accusant de « génocide » en Algérie, au lendemain de l’adoption par les députés français d’un texte de loi pénalisant la négation du génocide arménien, que la Turquie a toujours nié.

« On estime que 15% de la population algérienne a été massacrée par les Français à partir de 1945. Il s’agit d’un génocide », a lancé M. Erdogan au cours d’une conférence à Istanbul, faisant allusion aux violences lors du processus d’indépendance de l’Algérie de la domination française, entre 1945 et 1962.

« Si le président français M. Sarkozy ne sait pas qu’il y a eu un génocide, il peut demander à son père Pal Sarkozy (…) qui a été légionnaire en Algérie dans les années 1940 », a-t-il ajouté. « Je suis sûr qu’il a beaucoup de choses à dire à son fils sur les massacres commis par les Français en Algérie. »

[…]

AFP, 23 décembre 2011

–> lire la suite ici : http://actu.voila.fr/actualites/france/2011/12/23/genocide-armenien-erdogan-hausse-le-ton-et-accuse-la-france-de-genocide_1543579.html

[Poitiers] Il voulait manger chaud…

Il voulait manger chaud

Interpellé en flagrant délit de cambriolage, le voleur s’est évadé du commissariat, avant d’être jugé et condamné.

Franck Demarconnay, 40 ans, n’est pas de ces dangereux délinquants qu’on surveille comme le lait sur le feu. Certes, son casier comporte vingt condamnations depuis 1995 mais pour des faits généralement liés à l’alcoolisme, notamment toute une série de cambriolages minables.

Un client sans problème

Avec les policiers qui le connaissent bien, Franck est plutôt gentil. C’est le « client » qui n’a jamais posé de problème. Jusqu’à hier matin… Placé en garde à vue depuis mercredi soir à la suite d’une énième tentative de cambriolage, Franck Demarconnay a bien compris que son proche avenir s’appelle Vivonne. Une maison d’arrêt dont il n’est sorti que le 29 octobre dernier après plus d’un an de détention.
Alors, en cette avant-veille de Noël, Franck s’est dit _ comme il l’expliquera plus tard aux juges _ qu’il prendrait bien un dernier bon repas chez sa mère, qui l’héberge quand il n’est pas derrière les barreaux.
Franck est donc sorti tranquillement par la cour du commissariat et a échappé à ses poursuivants. Il a été retrouvé une heure plus tard, chez sa mère, dont l’histoire ne dit pas si elle avait eu le temps de préparer le repas. Après une nouvelle course poursuite, il a été interpellé allée du Cadre Noir.

Surpris, il se cache sous un lit

Franck Demarconnay a pu comparaître comme prévu devant les juges hier après-midi. Le président Jérôme Laurent a rappelé les circonstances du cambriolage commis mercredi vers 20 heures rue de la Raudière, à Poitiers, chez une étudiante actuellement en vacances.
Avec sa discrétion habituelle, Franck a ameuté tout le quartier en brisant un volet roulant puis une vitre. Les policiers sont arrivés sur place au moment où il tentait de passer par la fenêtre son gros sac contenant le butin : un appareil photo, un téléphone portable, une brosse à cheveux… Le voleur, surpris, s’est réfugié dans l’appartement où les policiers l’ont retrouvé, planqué sous un lit.

Reconduit en prison

Devant les juges, Franck, connu pour son penchant alcoolique, explique qu’à tout prendre, il préfère retourner en prison plutôt que de vivre en foyer comme on le lui a proposé. Mais aussi qu’il aimerait bien qu’on lui impose un accompagnement plus sévère. Le procureur Yoan Combaret retient la multiplicité des cambriolages reprochés au prévenu : « Nos concitoyens en ont assez. Il faut préserver la société », martèle-t-il avant de requérir deux ans ferme.
Finalement, le prévenu est condamné à douze mois de prison pour tentative de cambriolage en récidive, plus trois mois pour évasion. Il passera les fêtes de fin d’année en prison.

Leur presse, Nouvelle République, Vincent Buche, 24 décembre 2011

[Poitiers —> Buxerolles] Coeur d’agglo fait une méta$ta$e

« Coeur de ville », un nouveau caca marchand à Buxerolles (banlieue de Poitiers), gracieusement financé par les deniers publics…

Lente gestation du projet  » Coeur de ville  »

Les premiers travaux vont débuter.

 

Les premiers travaux vont débuter. – (dr)

Coeur de ville va revitaliser le centre de Buxerolles. Initiée au printemps 2009 et toujours en gestation, « cette opération ambitionne de décloisonner les espaces et de mieux relier les différentes parties du centre-ville pour créer une unité de lieu favorable à la fois à l’activité commerciale et à la vie sociale » affirmait Jean-Marie Paratte, le défunt maire à l’origine de ce projet d’envergure.
Après les études d’urbanisme du cabinet Traverse en 2009, trois phases étaient arrêtées. Les premières réalisations porteront sur l’espace comprenant la place des Castors, le parking du centre commercial et les alentours de l’église du Planty, cet aménagement donnera une plus grande unité.
Préalablement, la mise à niveau des principaux réseaux (eaux pluviales, eaux usées), du ressort de Grand Poitiers, débutera en fin d’année 2012. Un cabinet d’architecte, en cours de désignation, formalisera le projet final de cette première tranche qui comprend des surfaces des domaines publics mais aussi privé comme le parking ou les abords de l’église. Les travaux devraient s’achever au cours de l’année 2013 pour cette première tranche.
Pour le maire, Jean-Louis Chardonneau, « Coeur de ville » est nécessaire : « la ville progresse en population. Cette opération de  » redynamisation  » doit offrir de nouvelles possibilités d’implantation pour les commerces et les services. La troisième tranche, prévue sur les rues de l’Hôtel de ville et des écoles, devrait attirer des services et des commerces supplémentaires. Entre-temps, la zone périphérique à la mairie et la rue Maurice Ravel seront remodelées, il s’agit de la deuxième tranche de travaux. Le conseil municipal a récemment accepté d’acheter les bâtiments laissés disponibles par la poste. Toutes ces opérations demandent du temps, de la concertation et des moyens financiers ». La première tranche bénéficiera d’un autofinancement par la ville et d’une partie couverte par un emprunt.

Nouvelle République, Corr. NR, Jean-Jacques Baud, 24 décembre 2011

France, pays du fichage

La France, championne du fichage illégal

La France compte actuellement 80 fichiers de police, dont 62 sont effectivement utilisés. Un décompte effectué par les députés Delphine Batho (PS) et Jacques-Alain Bénisti (UMP), dans un rapport d’information parlementaire déposé le 21 décembre. 45% de ces fichiers n’ont pas encore de base légale : « Parmi les fichiers actuellement utilisés, 28 n’ont fait l’objet ni d’une déclaration à la CNIL, ni d’un texte législatif ou réglementaire », souligne le rapport. En 2009, le précédent rapport parlementaire faisait état de 58 fichiers, dont « seulement » un quart en attente d’être légalisés.

Le nombre de personnes fichées est en constante augmentation. Exemple : le fichier national des empreintes génétiques (FNAEG) est passé de 800 000 profils à 1,79 million, entre 2008 et 2011. Soit, en trois ans, un doublement de ce fichier, qui recense tous les auteurs de délits, mais aussi les personnes simplement « mises en cause » dans une affaire et encore non condamnées. Autre fichier pointé par le rapport : le système de traitement des infractions constatées (STIC), qui recense aujourd’hui 6,5 millions de personnes mises en cause (contre 3,9 millions en 2009), mais aussi 38 millions de victimes, soit 10 millions de plus qu’en 2009 ! Un rapport de la CNIL en 2009 montrait que seules 17 % des fiches du STIC comportaient des informations exactes. La CNIL constatait des erreurs de saisie du motif pour lequel une personne figure dans le STIC, et des pratiques très peu sécurisées concernant l’accès aux mots de passe ou l’utilisation du fichier [1].

Delphine Batho et Jacques-Alain Bénisti critiquent l’illégalité de certains fichiers, mais aussi le manque de moyens et d’encadrement, qui rend difficiles leur mise à jour effective et le contrôle de leur utilisation. Ils préconisaient dans leur précédent rapport une soixantaine de mesures. Une quarantaine d’entre elles n’ont toujours pas été prises en compte, et la proposition de loi sur l’encadrement des fichiers est tombée dans les oubliettes. Depuis, le ministère continue de créer de nouveaux fichiers, sans se préoccuper de leur donner au préalable une base légale.

Notes

[1] Le rapport de la CNIL relevait « des mots de passe inscrits sur des papiers à côté de l’ordinateur, la transmission des mots de passe par écrit dans des plis non cachetés », et le fait qu’« aucun système d’alerte en temps ne permet de détecter des utilisations anormales de cet énorme fichier auquel 100 000 fonctionnaires peuvent accéder et qui donne lieu à 20 millions de consultations par an. »

Basta Mag, Agnès Rousseaux, 23 décembre 2011

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Nicolas Sarkozy a créé 44 fichiers policiers

En 2006, le groupe de travail sur les fichiers de police et de gendarmerie, dépendant du ministère de l’Intérieur et présidé par Alain Bauer, recensait 34 fichiers. En 2009, le rapport des députés Delphine Batho et Jacques-Alain Bénisti, mandatés par l’Assemblée suite au scandale Edvige, en répertoriait 58, soit une augmentation de 70% en trois ans.

Plusieurs d’entre-eux avaient échappé aux radars du groupe d’Alain Bauer parce qu’expérimentaux, ou non déclarés. Les deux députés notaient par ailleurs que le quart des fichiers identifiés par les députés n’avaient aucune base légale… Un comble, pour des fichiers de police judiciaire.

En consultant les avis de la CNIL publiés au Journal Officiel et relatifs aux traitements de données mis en oeuvre par la police ou la gendarmerie, OWNI a dénombré, à ce jour, au moins 70 fichiers policiers (plusieurs autres sont en cours de création, ou d’expérimentation, et non encore déclarés), soit 12 de plus en seulement deux ans.

Les députés, suite au scandale Edvige, avaient pourtant expressément réclamés d’être saisis de toute création d’un nouveau fichier. Mais leur proposition de loi avait été copieusement enterrée, “en grande pompe (et) sur ordre du gouvernement“, fin 2009.

44 de ces 70 fichiers ont été créés, ou officialisés, depuis que Nicolas Sarkozy est arrivé Place Beauvau, en 2002. Quelques-uns avaient en effet été créés avant son arrivée, à l’instar de JUDEX, le fichier des suspects de la gendarmerie, créé en 1985 et qui a fonctionné en toute illégalité jusqu’à sa régularisation, en… 2006. En tout état de cause, le nombre de fichiers a explosé de 169% depuis 2002.

Dans le même temps, Nicolas Sarkozy a également fait adopter pas moins de 42 lois sécuritaires… et fait modifier la loi informatique et libertés, en 2004, de sorte que lorsque le gouvernement veut créer un fichier “de sûreté” ou portant sur l’ensemble de la population (carte d’identité, dossier médical partagé, etc.), il ne soit plus obligé de tenir compte de l’avis de la CNIL, mais seulement de le publier au Journal officiel. Ce qui explique aussi ce pour quoi le nombre de fichiers policiers explose véritablement à partir de 2005 :

Fichiers d’étrangers, de “non-admis“, de passagers, d’interdits de stade, d’analyse de crimes et délits, de renseignement, de prélèvements (biométriques, génétiques)… la quasi-totalité relève du “profiling“. Très peu relèvent de l’anti-terrorisme, mais nombreux sont ceux qui visent la sécurisation des frontières, et tout particulièrement les étrangers.

Le nombre de fichiers créés ces dernières années est tellement important que, pour les visualiser, il nous a fallu étirer l’application dans toute sa hauteur. Cliquez sur les noms des fichiers pour afficher leurs descriptions, et utiliser la souris pour visualiser les plus récents, à droite du tableau (voir aussi le tableur où ont été répertoriés tous ces fichiers) :

Lorsqu’elle s’est sérieusement penchée, en 2008, sur le plus connu des fichiers policiers, le STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées, casier judiciaire bis qui répertorie plus de la moitié des Français : 5 millions de “suspects” et 28 millions de victimes), la CNIL avait constaté 83% d’erreurs dans les 1400 fiches qu’elle avait été amenée à contrôler.

Dans son rapport, la CNIL déplorait également le fait que, faute d’être mis à jour par le ministère de la Justice, le STIC continuait à ficher comme “suspects” plus d’un million de personnes qui avaient pourtant été blanchies par la Justice.

Aucune évaluation d’ensemble de la fiabilité des fichiers policiers, de leurs taux d’erreur et du nombre de “présumés innocents” fichés, à tort, comme “suspects“, n’a jamais été effectué. Personne ne sait exactement combien de personnes y sont fichés, mais on estime que l’emploi de plus d’un million de salariés dépend de leur inscription, ou non, dans ce fichier, et que plusieurs milliers d’entre-eux ont d’ores et déjà été licenciés, ou se sont vus refuser tel ou tel emploi, parce qu’ils y figuraient.

A noter que, pour faciliter la visualisation, nous n’avons pas mentionné les 6 fichiers créés de 1942 à 1987, à savoir :

  • Fichier de la batellerie (1942)
  • Fichier relatif à la carte nationale d’identité (1955)
  • FAR – Fichier alphabétique de renseignements (1971)
  • FNPC – Fichier national des permis de conduire (1972)
  • FPNE – Fichier des personnes nées à l’étranger (1975)
  • FAC – Fichier des avis de condamnations pénales (1982)
  • FTPJ – Fichier de travail de la police judiciaire (1987)

Owni, 23 décembre 2011