Archives mensuelles : décembre 2011

[Poitiers] Souffrance au travail

 » Non  » à l’ouverture des commerces le dimanche

Travailler le dimanche : Gilbert Marteau y est opposé depuis toujours. C’est l’un de ses combats au sein du Syndicat multiprofessionnel des salariés.

Gilbert Marteau et ses amis et sympathisants du Syndicat Multiprofessionnel Salariés, devant leur local, Grand'Rue.

 

Gilbert Marteau et ses amis et sympathisants du Syndicat Multiprofessionnel Salariés, devant leur local, Grand’Rue. – (dr)

Au n° 181 de la Grand’Rue, l’exiguïté des locaux n’entame en rien la fermeté du propos. « Travailler le dimanche ? Jamais ! » Gilbert Marteau, le secrétaire général du SMS (Syndicat multiprofessionnel des salariés) continue de se battre contre. Même si année après année, les tenants du consumérisme gagnent bataille sur bataille.
« On a assez de la semaine pour travailler ! » ajoute Michel Lacolle qui travaille dans une entreprise de transports.

 » Le patronat veut tout déréglementer  »

Jean Léger, aujourd’hui retraité : « Le dimanche, il faut préserver la vie de famille. Et chacun a le droit de pratiquer sa religion. D’ailleurs, ce n’est pas seulement avant Noël que l’on empiète sur le congé du dimanche, mais à chaque fête religieuse ou nationale : Toussaint, 11 novembre… »
Ni Gilbert Marteau ni ses collègues n’iront faire leurs courses dans les commerces dimanche prochain. Pas plus qu’ils ne s’y sont rendus dimanche dernier. « Il y a suffisamment d’autres jours pour acheter. »
Leur combat est avant tout syndical. « Le patronat veut tout déréglementer. Bientôt, il n’y aura plus de code du travail. Dans les commerces, il a systématiquement recours au travail partiel. Dans un couple, il faut que les deux conjoints travaillent pour réunir un salaire complet. »
Et qu’on ne leur parle pas de volontariat. Michel Lacolle : « On nous dit que les salariés sont volontaires pour travailler le dimanche. Mais s’ils refusent, ils craignent d’être licenciés. » Gilbert Marteau : « J’ai reçu ce mercredi une personne qui pleurait du fait de la pression qu’elle subit au travail. Comment voulez-vous qu’elle refuse de travailler si son patron le lui demande ? »
Le groupe s’interroge sur la réalité de l’activité commerciale les dimanches d’ouverture : « On voit beaucoup de gens se promener dans les rues du centre-ville et les galeries marchandes. Mais combien achètent ? »

Nouvelle République, Jean-Jacques Boissonneau, 17 décembre 2011

[Le Caire] Malgré la répression brutale la lutte continue

Nouveaux heurts au Caire, le Premier ministre parle de « contre-révolution »

Des manifestants égyptiens, le 16 décembre 2011 devant le Parlement au Caire

Des manifestants égyptiens, le 16 décembre 2011 devant le Parlement au Caire
 

De violents affrontements ont repris samedi entre manifestants hostiles au pouvoir militaire et forces de l’ordre au Caire au lendemain de heurts sanglants, le Premier ministre Kamal el-Ganzouri évoquant un risque de « contre-révolution ».

Le bilan des accrochages de vendredi qui s’étaient poursuivis jusque tard dans la nuit devant le siège du gouvernement dans le centre du Caire « est passé à huit morts et 299 blessés », a déclaré l’adjoint du ministre de la Santé, Adel Adaoui.

Ces violences sont les plus graves depuis celles qui avaient fait 42 morts, principalement au Caire, entre manifestants anti-armée et forces de l’ordre, fin novembre avant le début le 28 novembre des premières législatives depuis la chute de Hosni Moubarak en février, chassé par une contestation populaire.

Les forces de l’ordre ont repris le contrôle samedi tôt le matin des abords du siège du gouvernement. D’importants effectifs de soldats et de policiers ont barré les accès à ce secteur, en déployant notamment des barbelés, à quelques centaines de mètres de la place Tahrir, épicentre de la contestation.

Mais après quelques heures de calme, des heurts ont repris, avec des groupes de manifestants jetant des pierres et des cocktails Molotov, selon un journaliste de l’AFP sur place. Des hommes en civil leur jetaient des pierres et des bouteilles enflammées depuis des toits d’immeubles.

Des flammes s’échappaient également d’un bâtiment du ministère des Transports situé dans le secteur, ainsi que d’un autre bâtiment public.

Le Premier ministre a fait état de 18 blessés par balles, mais a assuré que « ni l’armée ni la police n’ont ouvert le feu » sur les manifestants.

« Ceux qui sont à Tahrir ne sont pas les jeunes de la révolution », a affirmé M. Ganzouri, en allusion à la révolte qui a débouché sur la chute du régime Moubarak.

« Ce n’est pas une révolution, mais une contre-révolution », a-t-il ajouté en mettant les violences sur le compte d' »éléments infiltrés » qui « ne veulent pas de bien à l’Egypte ».

Les affrontements avaient débuté vendredi matin entre les forces de l’ordre et des manifestants qui campaient depuis fin novembre devant le siège du gouvernement pour protester contre la nomination par l’armée de M. Ganzouri, qui fut déjà chef du gouvernement sous M. Moubarak.

Les manifestants réclament également la fin du pouvoir militaire qui s’est mis en place au départ de M. Moubarak, et s’en prennent en particulier au chef de l’armée et chef de l’Etat de fait, le maréchal Hussein Tantaoui.

Le pouvoir militaire a rendu les manifestants responsables de la violence, dans un communiqué publié la veille, les accusant d’avoir lancé des cocktails Molotov et tiré à la chevrotine.

« Même si le sit-in était illégal, doit-il être dispersé d’une manière aussi sauvage et brutale, qui constitue une plus grande violation de la loi et de l’humanité? » s’est indigné Mohamed ElBaradei, candidat potentiel à la présidentielle, sur twitter.

Le parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), issu des Frères musulmans, en tête des élections législatives en cours, a condamné « l’agression contre les manifestants et la tentative de les disperser », appelant l’armée à assurer leur protection.

L’élection de la chambre des députés (Assemble du peuple) qui s’est ouverte le 28 novembre et doit encore se poursuivre jusqu’en janvier s’est traduite par une large domination des formations islamistes au détriment des partis libéraux et des mouvements issus de la révolution.

Une première phase du scrutin, dans un tiers du pays, avait donné 65% des voix aux partis islamistes dans leur ensemble, dont 36% pour les Frères musulmans et 24% pour les fondamentalistes salafistes.

Les indications préliminaires sur le vote dans un deuxième tiers de l’Egypte donnent également ces deux courants largement en tête.

AFP, 17 décembre 2011

[Paris] Des lycéens du LAP brutalisés par des fachos du GUD

COMMUNIQUÉ du COLLECTIF MISSAK & MÉLINÉE

Ce mercredi 14 décembre vers 15 heures, un groupe d’environ trente personnes a agressé des lycéens du Lycée autogéré de Paris (L.A.P). Peu avant, un groupe d’extrême droite désigné comme le GUD s’employait à diffuser des tracts dans le secteur (Paris 15e), quelques lycéens les ont enjoints de cesser. Manifestement insatisfait de cet état de fait, le groupe est donc revenu en force afin de se livrer à une expédition punitive sur des lycéens au sortir de leur établissement. Quatre personnes ont été visées, deux ont du être hospitalisées, sans gravité pour l’un mais avec une blessure au crâne pour l’autre. Ce dernier a pris un violent coup de pied à la tête et s’est entendu dire « de la part du GUD ».

Ceci illustre très vraisemblablement la volonté de s’organiser pour la mouvance fasciste qui s’exprime librement ces derniers temps dans les rue parisiennes à l’occasion de diverses manifestations de protestations notamment contre des spectacles jugés blasphématoires.

Depuis quelques années et plus encore en 2010, la question de la réapparition du GUD est régulièrement évoquée. Ce mouvement avait évoluer vers le traditionalisme ; la mobilisation récentes de certains milieux catholiques dans les rues de Paris donnent sans doute à certains l’espoir d’une réimplantation pérenne.

De tels faits sont de nature à constituer un défi pour le mouvement ouvrier parisien en vue d’organiser les conditions d’une réponse adéquate.

COLLECTIF MISSAK & MÉLINÉE

missaketmelinee[at]riseup.net

Indymedia Paris-IDF, 17 décembre 2011

Émeute d’ouvriers au Kazakhstan

Émeute d’ouvriers au Kazakhstan

Dans la ville kazakhe, Janaozen a lieu la révolte des ouvriers [travaillant dans le secteur pétrolier, NdT]. Il est rapporté que la cause de l’agitation est le licenciement de plus de 1000 travailleurs. Au milieu d’un rassemblement, la foule a été délibérément percutée par un véhicule de police. En réponse, la foule a renversé le véhicule de police, après quoi les manifestants ont mis le feu à un bus policier. Après un certain temps, l’armée intérieure se concentre sur la place où a lieu la manifestation. 70 personnes sont tuées, dont trois policiers, plus de 500 personnes sont blessées. Selon certaines sources, la population locale rejoint les ouvriers rebelles.

Dans la ville d’Aktau, sur la place centrale, des centaines de personnes se sont rassemblées pour soutenir les habitants de Janaozen. Toutes les villes voisines, elles aussi, commencent à bouger. Les protestations ont lieu dans toute la région de Manguistaou. En Janaozen, la production de pétrole est complètement arrêtée : ainsi, les travailleurs qui n’ont pas participé à la grève, expriment leur solidarité aux grévistes. Toutes les entreprises du secteur d’exploitation et de raffinage du pétrole de la région Manguistaou entament leur grève. Par solidarité, les travailleurs d’autres entreprises, non liées à la production de pétrole, arrêtent de travailler. La grève générale commence.

Nouvelles mises à jour  sont ici [en russe] : http://www.guljan.org/

 Janaozen c’est la région d’Uzen Nouvelle, dans laquelle,  du 17 au 28 juin 1989, des affrontements interethniques ont éclatés, c’était l’un des précurseurs  de désintégration de l’URSS. La majorité de la population de la ville appartient au groupe ethnique d’Adaytsy, un des groupes ethniques les plus rebelles au sein du peuple kazakh. A l’époque, en 1989, ont eu lieu des affrontements entre les Adaytsy et les Caucasiens, et, selon certaines estimations, 25 000 Caucasiens ont fuit la ville.

Heureusement, maintenant, il n’y a pas de traces d’un conflit ethnique, le conflit actuel a le caractère social et de classe. Mais le fait que les émeutes d’ouvriers ont commencé dans la ville peuplée majoritairement par Adaytsy ce n’est le hasard. D’autre part, parmi les travailleurs, il y a certainement des ressortissants de différentes régions du Kazakhstan.

Sources d’information :

http://shraibman.livejournal.com/

http://grani.ru/Politics/World/m.194138.html

Publié sur http://mpst.anho.org/novosti/rabochiy-bunt-v-kazahstane/

Le 17/12/2012

 Vidéo (début des protestations) : http://www.youtube.com/watch?v=y4De4CSEvAU&feature=youtu.be

[Pays-Bas] des « dizaines de milliers » de mineurs abusés au sein de l’Eglise catholique

Pays-Bas: des « dizaines de milliers » de mineurs abusés au sein de l’Eglise catholique

« Plusieurs dizaines de milliers de mineurs » ont été abusés sexuellement au sein de l’Eglise catholique des Pays-Bas entre 1945 et 2010, et 800 auteurs présumés ont pu être identifiés, selon une commission d’enquête indépendante qui a publié vendredi des chiffres d’une ampleur inédite.

« Au total, c’est un chiffre absolument énorme », a déclaré l’ancien ministre de l’Education, Wim Deetman, lors de la publication du rapport de la commission dont il est le président, admettant toutefois qu’il s’agissait là d’une estimation: « le chiffre exact ne peut être établi ».

« L’Eglise catholique néerlandaise savait ce qui se passait et a tenté de résoudre le problème mais cela n’a pas fonctionné », a affirmé M. Deetman, au cours d’une conférence de presse à La Haye, précisant que les abus sexuels allaient de « légers contacts physiques » à la « pénétration ».

Se fondant sur les archives d’institutions catholiques, il a assuré que le problème des sévices sexuels était « au programme des réunions épiscopales » depuis les années 1940.

Les évêques néerlandais ont aussitôt, dans un communiqué, présenté leurs « sincères excuses » aux victimes, exprimé leurs « regrets » et assuré être couverts de « honte ».

« Il n’y a pas que les auteurs qui sont à blâmer, les autorités religieuses n’ont pas réagi de façon adéquate et n’ont pas privilégié les intérêts des victimes », ont-ils reconnu.

Après plusieurs révélations dans la presse de cas d’abus sexuels présumés, la conférence épiscopale néerlandaise et la conférence des instituts religieux néerlandais avaient annoncé le 9 mars 2010 vouloir une enquête « exhaustive, externe et indépendante » sur la période de 1945 à nos jours.

Les estimations concernant le nombre de victimes ont été notamment effectuées grâce à une enquête menée auprès de plus de 34.000 Néerlandais de 40 ans et plus, représentatifs de la société.

Grâce à près de 1.800 signalements, environ 800 auteurs présumés d’abus sexuels au sein de l’Eglise catholique néerlandaise, principalement des prêtres et religieux, mais également des laïcs, ont été identifiés. Au moins 105 d’entre eux sont encore en vie, selon la commission.

La question d’éventuelles poursuites judiciaires, pour des faits souvent prescrits, « appartient au parquet », a souligné M. Deetman.

La commission explique la passivité des autorités religieuses notamment par le « tabou » que représentait la sexualité dans la société jusque dans les années 1960 ainsi que par une structure administrative et une culture « fermées » au sein de l’Eglise catholique.

« Et puis, les gens ne pouvaient tout simplement pas croire qu’un religieux puisse commettre de tels actes », a relevé M. Deetman.

Une commission chargée de conseiller l’Eglise catholique néerlandaise sur l’indemnisation des victimes avait préconisé le 20 juin de d édommager celles-ci en fonction de la gravité des abus, jusqu’à 100.000 euros, une proposition que l’Eglise catholique néerlandaise avait adoptée.

« Les procédures et indemnisations ne suffisent pas », ont souligné les évêques, affirmant vouloir mettre en place des « codes de conduite » et des « programmes de prévention ». Les faits punissables seront signalés au parquet.

La commission Deetman a également soutenu qu’il n’y avait pas de « lien direct » entre les abus sexuels et le célibat des prêtres, mais que ce dernier présentait toutefois un « risque » en raison d »un besoin de sexualité ».

L’Eglise catholique est secouée depuis plusieurs années par une série de scandales liés à la pédophilie, notamment en Autriche, Belgique, Irlande, Allemagne et aux Etats-Unis.

En 2004 par exemple, une enquête criminelle avait établi à 4.400 le nombre de prêtres pédophiles aux Etats-Unis entre 1950 et 2002, et à 11.000 celui d’enfants victimes.

AFP, 16 décembre 2011