Archives mensuelles : décembre 2011
[Durban] 10.000 manifestant-e-s contre l’apartheid climatique
Contre l’apartheid climatique : 10 000 manifestants en Afrique du Sud
De Durban à Mexico en passant par Biarritz, ce samedi 3 décembre, c’était journée d’Action globale pour le climat. Sans doute plus de 10 000 manifestants se sont massés dans les rues de Durban. Direction le centre de Conférence de l’ONU où se tiennent les négociations. Bloqué par la police, le cortège s’est arrêté pour interpeller vertement négociateurs et représentants des pays de la planète. Zwelinzima Vavi secrétaire exécutif de la Cosatu – centrale des syndicats sud-africains –, Nnimmo Bassey pour les luttes pour la justice climatique en Afrique, Tom Goldtooth pour les organisations indigènes, Aluwani Nemukula pour les jeunes, Constance Mogale pour les organisations des femmes et Bishop Davies pour les organisations confessionnelles ont pris la parole devant la secrétaire exécutive des négociations climat de l’ONU, Christiana Figueres, et la sud-africaine qui préside la COP-17, Maite Nkoana-Mashabane, venues en personne prendre note des revendications citoyennes.
« Pour la justice climatique » était le slogan le plus communément partagé, sous une forme ou une autre. Se désolant de l’inertie des négociations, les exigences citoyennes devraient ramener les négociateurs aux fondamentaux : obtenir des engagements véritablement contraignants et suffisants de réduction d’émissions de gaz à effets de serre et arrêter de laisser les lobbies économiques dicter la marche à suivre. Par leurs chants, leurs danses et leurs slogans – notamment Amandla le cri de ralliement des opposants à l’apartheid – paysans, travailleurs des déchets, syndicalistes, femmes, jeunes, ont fait de cette manifestation une manifestation populaire, déterminées et dynamique. Contrastant avec l’atonie, l’inertie et l’entre-soi des négociations officielles.
Bien plus largement, ce sont les politiques énergétiques qui étaient au coeur des cortèges : rejet du nucléaire pour la Cosatu, slogans contre les « énergies sales » ou « pour les énergies renouvelables » ici et là, dénonciation des coupures de courant et d’un inégal accès à l’électricité en Afrique du Sud, revendications pour laisser le pétrole dans le sol, etc… A Durban, les politiques énergétiques et la nécessaire transition énergétique sont peut-être en train de prendre le pas sur la technicité des négociations climat. Au moins du côté de la société civile.
Alter-échos, Sophie Chapelle, 3 décembre 2011
Grève spontanée dans une B.U. parisienne
Grève
Aujourd’hui, il y a eu grève, une vraie grève, pas une intersyndicale-interprofessionnelle à deux balles et à date fixe décidée au-dessus de nos têtes, non, une vraie grève spontanée.
Le motif est tellement minable que ça fout limite la honte.
On ne réclamait pas une augmentation de salaire, on ne réclamait pas des moyens supplémentaires, nan, rien de tout ça.
Contexte :
Je travaille depuis près d’un an dans une bibliothèque universitaire en tant que magasinière contractuelle. C’est une bibliothèque récente, qui a donc été créée avec une dotation en postes minimale, parce que c’est passé de mode, les fonctionnaires. Il y a donc très peu de titulaires, la majorité des salariés sont des contractuels à des postes permanents (grosso modo, il y a un tiers de fonctionnaires pour deux tiers de contractuels). On n’est pas recrutés pour faire face à un accroissement temporaire d’activité, on est là parce que la bibliothèque ne tournerait pas sans nous, tout simplement.
Comme toute BU, notre bibliothèque est rattachée à une université, qui est notre employeur officiel. Le problème, c’est que la dite université fait preuve d’une certaine mauvaise volonté, voire d’une incompétence crasse, dans la gestion de nos contrats et de nos salaires. Les incidents ne se comptent plus : Contrats égarés (alors qu’ils ont été remis en main propre, donc c’est pas « la faute de la Poste » comme on a essayé de nous le faire avaler), non-renouvelés arbitrairement, salaires amputés de plusieurs centaines d’euros sans explication, contrats renouvelés trop tardivement donc salaire non-versé car c’est trop tard pour la mise en paiement, communication désastreuse (on oscille entre silence pesant et ton menaçant, pour situer)… Il y a eu plusieurs tentatives de régler ces différents à l’amiable, sans résultat. Personnellement, j’ai jamais vu ça, et pourtant, j’ai déjà bossé avec pas mal d’enfoirés.
A l’issu d’une réunion de service, on apprend qu’une fois de plus, un collègue ne va pas être payé en temps et en heure à cause d’un problème administratif nébuleux, qu’il a demandé un chèque à l’agence comptable de l’université, qui lui a ri au nez, qui lui a proposé un paiement de 80% de son salaire mais pas avant quinze jours (« il est 17h »), en lui faisant comprendre qu’il avait du bol, et que c’était ça ou rien. L’appui de la direction de la bibliothèque ne change rien, il peut s’asseoir sur son salaire ce mois-ci, en gros.
Ok les mecs.
Il est bientôt 10h, un collègue propose de ne pas ouvrir la bibliothèque au public tant qu’il n’est pas payé. Accepté à l’unanimité. On est en période de partiels, ça va emmerder les étudiants, mais c’est peut-être le seul moyen de faire entendre raison à cette administration de merde.
Re-contexte : La BU en question est au cœur du quartier latin à Paris, et elle est sur-fréquentée (victime de son succès), il y a fréquemment une file d’attente pour pouvoir y entrer. Si on ferme, les autres BU des environs vont être saturées, sachant qu’elles le sont déjà pour la plupart. Je précise ça parce que moi-même, débarquant de ma province, je ne connaissais que les BU quasi-désertes et vieillottes de ma fac, et je n’imaginais pas que ce genre d’établissements pouvaient être si prisés avant de bosser à la capitale. L’explication est simple : Une concentration d’étudiants très importante, disposant souvent de logements exigus, ou vivant en collocation, viennent en BU pour travailler dans de bonnes conditions, c’est tout.
On rédige un tract collectivement, expliquant le pourquoi de la fermeture, et on se poste à l’entrée de la bibliothèque pour les distribuer et dire aux étudiants ce qu’il en est, partant du principe qu’une porte close n’explique rien, alors qu’un agent qui prend le temps d’exposer la situation, ça a du poids et ça désamorce le sentiment de « prise d’otages » qu’évoquent souvent certains usagers de tel ou tel service public quand il y a grève.
Pour le coup, succès total : très peu de râleurs, la plupart des étudiants sont effarés par notre situation, nous apportent leur soutien, nous encouragent, un futur juriste en droit du travail nous donne même des conseils, personnellement, je ne m’attendais pas à ça.
A midi, on apprend que la DRH arrivera à 14h pour nous « expliquer la situation ».
A 14h, on est en salle de réunion avec cette dame et un directeur des services de l’université, qui vont tenter de « faire de la pédagogie », mais qui vont très vite s’emmêler les pinceaux tant ils ne maîtrisent pas leur sujet. Les problèmes de salaire ? Un « incident marginal ». Quand ils réalisent que plus des trois quarts des salariés présents ont été victimes de ce type d’incident, ils ne se démontent pas. Quand on leur expose les conséquences dramatiques que ça peut avoir sur nos finances, ils haussent les épaules. On cause loyers impayés, un mec explique qu’il ne pouvait même plus payer sa carte de transport pour venir bosser, et eux s’embrouillent dans des discours vagues, ils n’ont même pas honte. J’apprendrai plus tard que le directeur des services est énarque, je ne suis pas étonnée. Ce qu’on nous déballe, c’est un concentré de mauvaise foi.
On a la rage, le ton monte. Mon chef se fait traiter d’ « autiste », parce qu’ « il ne veut pas comprendre ». Comprendre quoi ? Qu’on a rogné sa paye pendant des mois sans explication, et qu’on refusait de régulariser sa situation après ? Qu’il a bossé un mois sans contrat parce que l’université l’avait perdu ?
Les histoires se succèdent, à défaut de leur foutre le nez dans la merde qu’ils ont semé, on vide notre sac. La DRH a un petit sourire ironique à hurler, un collègue m’avait prévenu, elle aime ce genre de situation. Ne pas s’énerver. Je lui fais remarquer que sa condescendance a quelque chose d’insultant, elle ne me regarde même pas, pour elle je vaux sans doute moins qu’une petite merde collée à ses pompes. Elle est quinquagénaire, on est des jeunes cons pour la plupart, je pense que c’est son sentiment.
On en revient au sujet initial. « Vous avez pris le carnet de chèque ? Parce que nous on retourne pas bosser, là. »
Là, on touche un nerf. On sent que ça, ça les emmerde, ces petits branleurs qui ne veulent pas retourner au turbin pour une futile histoire de thune. On insiste aussi sur le fait que, si ce type d’ « incident marginal de paiement » se reproduit à l’avenir, on se remettra en grève. Pour qu’ils réalisent. Puisqu’au fond, il n’y a que ça qui les fait réagir.
Négociations de marchands de tapis, ils proposent 90%, s’emmêlent dans leurs chiffres, finalement ils ne peuvent rien promettre car « l’agent comptable est souverain », ils repartent, ils vont nous tenir au courant.
Pas d’excuses, pas d’explications, rien, du vent.
Comme leur a dit mon chef , on croirait entendre Copé quand ils s’expriment.
Ce cinéma a duré deux heures.
A 17h, le collègue a eu son chèque, de 100% de son salaire.
A 17h15, on a rouvert la bibliothèque.
A 20h, quand j’ai fait la fermeture, j’avais un sale goût dans la bouche. On a fait grève pour qu’un mec qui a bossé touche son salaire. Bien sûr, on a aussi démontré qu’on était une équipe unie, soudée, solidaire, mais n’empêche, on a fait grève simplement pour que notre employeur respecte la loi.
On en est là, putain.
Le salaire de la peur -Courageuse Anonyme, 3 décembre 2011
[Poitiers] tractage contre la gentrification
Suite à l’assemblée Démocratie réelle 86 (qui se tient désormais chaque samedi à 15H, parvis notre-dame), un rassemblement a eu lieu contre la gentrification du centre-ville de Poitiers et la purification sociale du centre-ville.
Le tractage (trois cent tracts distribués) a bien marché, de nombreuses personnes se sont arrêtées pour partager leur colère face à la transformation du centre-ville en chiure bétonnée, marchande et aseptisée, où les zonard-e-s et les basané-e-s sont régulièrement contrôlés et harcelés par la police nationale et municipale.
Groupe Pavillon Noir, 4 décembre 2011
ndPN : un article dans la PQ-ère :
POITIERS » De la place pour tous en centre-ville »
Hier après-midi à Poitiers, des membres de Démocratie réelle maintenant Poitiers ont procédé à une distribution de tracts. Lesquels, « dénoncent l’attitude de la police, de la municipalité et des commerçants » vis-à-vis des « zonards » pour qu’ils soient sortis du centre-ville. A l’avenir, Démocratie réelle maintenant Poitiers envisage la création d’un Droit Au Logement 86 et d’un garage associatif dans le secteur des Trois-Cités.
Leur presse, Nouvelle République, 4 décembre 2011
Une association pictave pour le logiciel libre
Une association pictave pour le logiciel libre
Il y a sur Poitiers un GULL (groupe d’utilisateurs de logiciels libres) : l’APP3L (Association Pictave pour la Promotion de GNU/Linux et des Logiciels Libres). C’est donc un groupe d’échange et d’entraide autour des logiciels libres qui est ouvert à tous, aussi bien aux militants qu’aux curieux, aux débutants ou aux technophiles.
Notre prochaine réunion aura lieu le jeudi 15 décembre 2011 à partir de 17h30 au CRIJ de Poitiers. De façon générale nous nous réunissons tous les 1er et 3ème jeudis de chaque mois, toujours à 17h30 au CRIJ. Ces réunions sont l’occasion de discuter du logiciel libre et des systèmes d’exploitation libres, de les découvrir, les essayer et même les installer, de s’entraider bien sûr et d’organiser la vie de l’association (site internet, événements et autres projets).
Mailing d’un membre du GULL poitevin
