Archives mensuelles : janvier 2012

[Sénégal] Pouvoir psychopathe, police assassine !

[Wade dégage !] Un jeune de 17 ans et une dame de 60 ans assassinés par les flics à Podor (Sénégal)

Sénégal/présidentielle : deux morts lors de violences à Podor

SAINT-LOUIS (Sénégal) – Deux personnes ont été tuées lundi à Podor, dans la région de Saint-Louis (nord) dans des violences lors d’une manifestation contre la candidature du président Abdoulaye Wade à la présidentielle de février, a appris l’AFP de sources concordantes.

Des échauffourées ont opposé des partisans du Mouvement du 23 juin (M23, opposition politique et société civile), qui protestaient contre la candidature de M. Wade, et des forces de l’ordre, qui sont intervenues pour les disperser, faisant des blessés dont deux sont décédés à l’hôpital, ont indiqué des témoins, une source policière et une source hospitalière joints depuis Saint-Louis.

Podor est située à 215 km au nord-est de la ville de Saint-Louis.

Les morts sont un manifestant de 17 ans et une sexagénaire qui est tombée sur la manifestation alors qu’elle revenait du marché, a affirmé à l’AFP un des témoins.

Leurs identités ont été confirmées à l’AFP par une source policière, qui a indiqué que les deux personnes figuraient parmi six blessés, tous atteints par balle. Dans un premier temps, cette source avait fait état de sept blessés, dont deux ont ensuite succombé à leurs blessures.

Au total, ils étaient six blessés, dont deux sont morts, tous atteints par balle. Les morts sont Mamadou Sy, 17 ans, atteint par balle à la clavicule droite, et Banna Ndiaye, 60 ans, atteinte au dos, a précisé la même source.

L’adolescent est décédé à l’hôpital de Ndioum (environ 40 km à l’est de Podor), où il avait été évacué. La sexagénaire est morte à l’hôpital de Podor, d’après la même source.

Un des témoins et une source hospitalière ont fait état de sept blessés, dont deux ont succombé à leurs blessures. Les autres blessés sont sous contrôle médical, a précisé la source hospitalière, sans plus de détails.

Par ailleurs, un policier a été blessé à Saint-Louis lors d’échauffourrées entre la police et des élèves qui manifestaient contre la grève de leurs professeurs, en cours depuis plusieurs semaines, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les élèves s’étaient rassemblés lundi matin Place Faidherbe (centre-ville) pour dénoncer ce qu’ils ont qualifié de pérennisation de la grève des enseignants. Des policiers sont intervenus pour les disperser, les élèves leur ont répondu par des jets de pierres. Un policier touché par une pierre a été blessé à la tête.

Des enseignants des collèges, lycées et universités publics du Sénégal sont en grève depuis début décembre pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail.

Ces violences surviennent au lendemain de la confirmation, dimanche soir, par le Conseil constitutionnel de la candidature à la présidentielle du président Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000, qui se présente pour la troisième fois.

Le M23 a appelé à la résistance active contre cette candidature, qu’il qualifie de coup d’État constitutionnel.

Le mouvement a appelé à un rassemblement pacifique mardi après-midi à Dakar, faisant craindre de nouveaux débordements après des violences meurtrières le soir du 27 janvier, ayant suivi l’annonce de la validation de la candidature de M. Wade et l’invalidation de celle du chanteur-vedette Youssou Ndour.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1327919985.jpgL’auxiliaire de police Fodé Ndiaye, tué vendredi soir à Dakar

Un policier a été tué et plusieurs personnes blessées au cours de ces violences marquées par des émeutes à Dakar et dans d’autres villes du pays. Aucun bilan précis n’était pour l’heure disponible.

Leur presse (Agence Faut Payer, 30 janvier 2012)

[Genève] La chambre genevoise immobilière « expulsée »

La chambre genevoise immobilière « expulsée » à Genève

La Chambre Genevoise Immobilière, située sur la rue Chantepoulet à Genève, a été « expulsée » cet après-midi vers 14h. Une dizaine de personnes se sont présentées avec de faux mandats d’expulsion et ont entrepris de vider l’arcade de ses meubles, pendant que d’autres collaient des affiches dénonçant les loyers abusifs et les expulsions de locataires, ou encore distribuaient des tracts aux passants. Nonobstant l’hystérie du secrétaire général de la CGI, Christophe Aumeunier (également député libéral-radical, tiens tiens…), et les menaces de plainte pénale si les faux-huissiers ne rangeaient pas les meubles sur-le-champ, aucun contrôle d’identité n’est à signaler.

« Tous les loyers sont abusifs, contestez ! » « Le logement est un droit, pas un privilège »

Le Réveil, 30 janvier 2012

C’est le froid social qui tue

C’est le froid social qui tue

« Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid, parce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine, mes chers amis, comprenez-le bien, si on n’est plus choqué, quand quelqu’un n’a pas un toit lorsqu’il fait froid et qu’il est obligé de dormir dehors, c’est tout l’équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s’en trouvera remis en cause »

Discours de Sarkozy , 18 décembre 2006, Charleville-Mézières

En France, l’INSEE dénombre 250.000 personnes privées de logement, et plus de 3 millions de personnes mal-logées. Mais aussi 2,1 millions de logements vacants, et 3,2 millions de résidences secondaires.

Plus de logements sont construits, plus encore augmente le nombre de sans-domicile. Le problème ne consiste donc pas à offrir toujours plus de contrats juteux aux bétonneurs pour fournir de nouveaux parcs de logements destinés aux seuls esclaves capables de se les payer, toujours plus d’accaparement privé de l’espace public, toujours plus de destruction écologique et sociale. Le problème consiste à construire une force révolutionnaire, capable de se saisir des logements qui existent.

Voici la seule exigence raisonnable d’un mouvement pour le droit au logement. De la même façon, quand la planète produit de qui nourrir 12 milliards d’êtres humains, la réquisition est le seul moyen de nourrir le milliard de personnes en sous-nutrition ou crevant de faim. Ce n’est pas par erreur que les supermarchés jettent 30 à 40% de leur nourriture. Ce n’est pas par erreur que la justice demande huit mois de prison dont deux fermes pour deux personnes qui ont fait de la récup de bouffe périmée dans une poubelle. Un enfant meurt de faim toutes les quatre secondes dans le monde, parce que jeter la nourriture est indissociable d’un système fondé sur l’exclusion sociale.

Le capitalisme, en tant que système générateur de valorisation du capital, est fondé sur la privation. Il suppose en effet (en plus de l’exploitation de la force de travail et la dépossession des populations en matière de décisions réelles sur les productions), l’établissement d’une certaine rareté, pour toutes les marchandises. C‘est-à-dire, pour une partie des populations, la privation délibérée des produits de leurs activités, y compris les produits de nécessité vitale. Le prix conditionne la possibilité d’accès, en fonction de cette privation.

Voici cette réalité sordide, qui sous-tend les modes de production existants. Y compris dans les pays dits « d’abondance« , comme la France. C’est pourquoi aucune politique d’aménagement du capitalisme, aucune politique ne remettant pas en cause l’accaparement privé ou étatique des biens existants, ne pourra jamais résoudre ce problème dramatique du logement.

Entre libérer les populations de l’étau des loyers à payer ou de crédits à « rembourser » et ainsi sauver des vies, et la préservation de ses rentes juteuses, la bourgeoisie préférera toujours l’esclavage et la mort des pauvres plutôt qu’une vie décente pour tous. Dans ce système odieux, les personnes qui meurent de froid ou de faim sont nécessaires à la mise sous coupe réglée de l’immense majorité de la population.

Alors que la loi de réquisition des logements vides existe, elle n’est jamais appliquée. Des associations grassement subventionnées gèrent la charité publique, dont les limites sont définies par le seuil de tolérance de l’intolérable, c’est-à-dire par le seuil de résistance et d’auto-organisation sociale des populations. La gauche au pouvoir au sein d’un système de domination capitaliste (privé et-ou d’Etat), expulse les squats tout autant que la droite. Condamne le « vol » à la prison tout autant que la droite. Il n’y a rien à attendre des promesses de gens dont le métier consiste à préserver la rareté et la privatisation des biens communs.

L’occupation, la réquisition et la réappropriation sociale ne sont pas seulement légitimes, elles sont une urgence révolutionnaire. La répression bourgeoise frappe les actes isolés de survie. Seule une convergence collective, réappropriatrice des biens communs existants, peut éviter l’extension des drames humains.

PS : pour rappel samedi 4 février, Poitiers, Salle Timbaud (maison du peuple), 15 h : Réunion publique pour la création du DAL86 avec Jean-Baptiste Eyraud, président du DAL national, le DAL17…

Juanito, groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86), 30 janvier 2012

De quoi le sans-abri du parking est-il mort ?

 

Poitiers. Un sans-abri a été découvert sans vie, samedi matin, dans le parking Charles-de-Gaulle.

Ce recoin de parking servait d'abri pour la nuit. 

Ce recoin de parking servait d’abri pour la nuit.

Une enquête a été ouverte sur les circonstances de la mort d’un sans-abri, retrouvé sans vie, samedi matin, alors qu’il venait de passer la nuit dans un recoin du 1er sous-sol du parking Charles-de-Gaulle, à Poitiers (voir notre édition du dimanche). Le parquet a ordonné qu’un examen médico-légal du corps soit pratiqué afin de déterminer les causes du décès. L’enquête a d’ores et déjà rejeté l’hypothèse d’une mort causée par le froid. Ce sans domicile fixe d’une trentaine d’années avait contacté le Samu social vendredi soir pour une aide alimentaire. La Croix Rouge lui avait fourni nourriture, boissons chaudes et couverture et l’avait reconduit, à sa demande semble-t-il, au parking où il avait l’habitude de passer la nuit.

Nouvelle République, 30 janvier 2012

Vague de froid en Europe de l’Est: 22 morts

Une vague de froid qui sévit depuis quelques jours en Europe de l’Est a entrainé la mort de quelque 22 personnes, a-t-on appris lundi des autorités de ces pays où les basses températures devraient se maintenir dans les prochains jours.

En Pologne où il a fait jusqu’à moins 27 centigrades dans le sud-est du pays dix personnes sont mortes de froid au cours du weekend, a annoncé lundi la police polonaise.

Au total dans ce pays depuis le début de l’hiver, 46 personnes sont mortes de froid (22 en janvier, 19 en décembre et 7 en novembre). Mais ces chiffres selon une porte-parole de la police nationale, sont nettement moins élevés que les années précédentes, à cause d' »un hiver particulièrement doux à ses débuts ».

« Les victimes du froid sont souvent des personnes sans abri, celles ayant abusé d’alcool et des personnes âgées », a-t-elle ajouté.

En Bulgarie un froid sibérien s’est abattu sur le pays lundi, où les températures sont descendues jusqu’à -24 degrés Celsius et la presse a fait état de cinq morts dans les tempêtes de neige la semaine dernière.

Les températures les plus basses ont été relevées lundi matin à Tchirpan (sud) avec -24 degrés Celsius, et à Sevlievo (centre) avec -23,4 degrés Celsius, a annoncé le service météorologique, qui prévoit des températures encore plus basses dans les prochains jours.

En l’absence de bilan officiel, la presse faisait état lundi de cinq morts au total dans les tempêtes de neige de la semaine dernière. La plupart des victimes citées étaient des personnes âgées, perdues sur une route à proximité de leur village.

Les hospitalisations pour des fractures étaient en forte hausse et plus de 170 écoles ont été fermées.

Le vent qui souffle notamment dans la Plaine du Danube dans le Nord du pays, renforçait la sensation de froid. Le port de Varna (nord-est), sur la mer Noire, était fermé en raison d’un vent violent.

En Serbie trois personnes sont mortes samedi et dimanche dans l’ouest du pays en raison de fortes chutes de neige qui ont également perturbé le trafic routier dans le sud du pays, a rapporté lundi l’agence Tanjug.

Une femme de 49 ans a été retrouvée morte d’hypothermie dans la région de Valjevo, ville à 80 km au sud-ouest de Belgrade. Une homme de 52 ans a été retrouvé dimanche près de sa maison dans le village de Bobovo dans cette même région. Dans le village de Taor, un vieillard de 81 ans est mort de froid dans sa maison.

Les chutes de neige en Serbie durant le week-end ont également sérieusement perturbé le trafic routier et l’approvisionnement en électricité dans le sud du pays où un état d’alerte a été proclamé dans 14 municipalités.

Les chutes de neige ont cessé dimanche, mais le pays était en proie lundi matin à une vague de froid sibérien, les températures étant descendues jusqu’à -20 degrés celsius dans la nuit dans le centre de la Serbie.

En Lituanie, la police a annoncé la mort due au froid de trois personnes, dont une femme de 91 ans, et un homme âgé de 78 ans.

En République tchèque, un homme de 26 ans a été retrouvé mort dans un champ près de la ville d’Opava dans l’est du pays.

AFP, 30 janvier 2012

A bas toutes les armées

La nouvelle a été réduite à quelques lignes dans Le Monde et à peine évoquée ailleurs. Le quotidien du 27 janvier écrivait : « L’arrangement judiciaire qui a permis au sergent des marines américain Frank Wuterich, accusé de la mort de 24 civils irakiens (dont 10 femmes et enfants tués à bout portant) en novembre 2005 à Haditha, d’échapper à la prison a provoqué l’écœurement en Irak. En plaidant coupable devant une cour martiale de Camp Pendleton, M. Wuterich n’encourt que la dégradation et une peine maximale de trois mois aux arrêts. Le président de la commission des droits de l’homme du Parlement irakien, Salim Al-Joubouri a dénoncé une “atteinte à la dignité des Irakiens”. [1 » Point final, aucun commentaire, aucun éditorial indigné, ni dans Le Monde, ni dans les autres médias. Le porte-parole du Quai d’Orsay, si prompt à s’émouvoir de toute violation des droits humains, est resté silencieux.

Rappelons les faits. Le 19 novembre 2005 à Haditha, une ville de la province d’Al-Anbar, une mine artisanale explose sur le passage d’un convoi américain ; elle provoque la mort d’un caporal. En représailles, les marines tueront un grand nombre de civils et tenteront de camoufler le crime en prétendant que la grande majorité des morts avait été provoquée par la bombe. Mais les incohérences de cette version et le travail de la presse, notamment du Time Magazine, amèneront l’ouverture d’une enquête et la reconnaissance du fait que les troupes américaines ont délibérément tiré sur des civils. En 2007, Hollywood produit même un film, Battle for Haditha (Nick Broomfield), qui raconte le crime.

Pourtant, le procès qui s’est déroulé il y a quelques jours et qui a abouti à l’abandon des poursuites contre six marines et une peine légère pour le dernier, montre à quel point la justice des Etats-Unis est biaisée quand il s’agit de crimes de guerre commis par ses propres citoyens. On comprend mieux pourquoi Washington, si empressé de vouloir envoyer devant la Cour pénale internationale tel ou tel dirigeant d’un petit pays, refuse d’en signer le statut, de peur d’y voir traînés ses propres responsables, dont ceux qui ont déclenché la guerre contre l’Irak (lire « Du Liban à l’Irak, juger les criminels ?  »).

Dans un article du New York Times du 27 janvier, « An Iraqi Massacre, a Light Sentence and a Question of Military Justice », Charlie Savage et Eilsabeth Bumiller écrivent : « Les informations limitées disponibles montrent que même quand les militaires ont essayé de poursuivre des soldats pour meurtre ou massacre en zone de combat, le taux d’acquittement a été bien plus élevé que pour des cas civils. » Ce taux élevé d’acquittement confirme, bien évidemment, aux yeux des Irakiens comme des peuples de la région, que le discours démocratique et humanitaire tenu par l’Occident est la couverture d’une politique cynique.

Monde diplo, Alain Gresh, 29 janvier 2012

Crimes de guerre en Croatie : des casques bleus danois ont fermé les yeux sur une tuerie à Dvor

Les justices serbe et croate vont pour la première fois auditionner ensemble dans le cadre de deux enquêtes distinctes concernant une tuerie à Dvor-na-Uni, en août 1995. Des casques bleus danois auraient assisté, sans réagir, à l’exécution de neuf civils serbes handicapés. Une affaire révélée au printemps 2011 par la télévision danoise.

Pour la première fois, les justices serbe et croate vont écouter ensemble les témoins d’une tuerie perpétrée dans la ville de Dvor-na-Uni contre des civils serbes par les forces armées croates en août 1995, au dernier jour de l’opération Oluja.

« C’est la première fois que des représentants du parquet serbe et du parquet croate vont entendre ensemble des témoins pour déterminer ce qui c’est vraiment passé là-bas. » a déclaré Vladimir Vukčević, le procureur serbe pour les crimes de guerre, à la radio-télévision serbe (RTS).

Les témoignages de quatre casques bleus danois et d’un journaliste ayant révélé les faits seront considérés comme des preuves valides sur la base desquelles les justices serbe et croate pourraient ou non décider d’une inculpation. Pour l’instant, Zagreb et Belgrade ne ont désigné des suspects dfférents.

Selon une enquête menée par le Centre de documentation et d’information Veritas, une ONG qui cherche à établir la vérité sur les victimes serbes pendant la guerre en Croatie, neuf handicapés serbes ont été transférés d’une institution de la ville de Petrinja vers une école de Dvor où ils ont été exécutés le 8 août 1995.

Le journaliste danois qui doit être auditionné a révélé le témoignage de casques bleus danois qui avaient rapporté que douze soldats, portant des uniformes sans insignes avaient tué de sang-froid plusieurs civils sans défense, dont certains en fauteuils roulants.

La question de la responsabilité du crime avait été soulevée le 23 avril 2011 par BT TV, une chaîne danoise. Selon ces informations, la tuerie a eu lieu devant 200 soldats des forces onusiennes de maintien de la paix, stationnés à quelques mètres à peine de l’école. Ils ne l’ont pas empêchée parce qu’ils avaient reçu l’ordre de ne pas intervenir.

Balkans courrier info, traduit par Jacqueline Dérens, 28 janvier 2012

[Etats-Unis] Répression brutale contre le mouvement Occupy

Occupy Oakland January 28, 2012 – Police Brutality

La vidéo

Youtube, brenttchls, 28 janvier 2012

Etats-Unis: un militant du mouvement Occupy Washington arrêté

Un jeune manifestant anticapitaliste a été neutralisé dimanche avec un taser (pistolet à impulsion électrique) et arrêté sur l’un des deux sites d’Occupy à Washington, à la veille d’un ultimatum d’interdiction de camper auquel le mouvement entend « résister pacifiquement ».

Des militants de Occupy à Washington le 28 janvier 2012

Des militants de Occupy à Washington le 28 janvier 2012

 

Trois policiers ont interpellé le jeune homme parce qu’il était en train d’enlever des tracts que la police affichait sur les tentes et qui prévenaient les militants qu’ils avaient jusqu’à lundi midi pour évacuer le campement faute de quoi ils risquaient d’être arrêtés, a indiqué une militante, Annie Storr.

Le jeune homme, que les militants anticapitalistes ont identifié sous le nom de « Lash », devra comparaître pour trouble de l’ordre public devant un tribunal lundi, a indiqué un membre du mouvement de protestation, Kelly Canavan.

« Il a dit ‘s’il vous plaît, pas le taser’, et ils ont utilisé le taser », a-t-elle ajouté.

Le mouvement a fait savoir dans un communiqué dimanche soir qu’il entendait « résister pacifiquement à l’intention politiquement motivée de supprimer la liberté d’expression » des protestataires, évoquant l’ultimatum des autorités.

Les « manifestants de Occupy DC du square McPherson, à la fois ceux qui dorment et ceux qui ne dorment pas, défendront lundi l’espace public que nous avons utilisé comme base militante », prévient le communiqué.

Vendredi, les autorités ont commencé à distribuer et à accrocher sur les tentes des tracts avertissant les protestataires qu’elles allaient mettre en application une interdiction de camper sur le square McPherson et sur Freedom Plaza, où sont installés les villages de tentes du mouvement Occupy dans la capitale fédérale.

« Les personnes ne respectant pas le règlement peuvent être arrêtées et leurs biens saisis à titre de preuve », préviennent ces avis, soulignant que la date limite pour évacuer les lieux était fixée à lundi midi.

Le mouvement d’occupation anticapitaliste qui a commencé en septembre à New York avec Occupy Wall Street se partage à Washington entre deux campements: Occupy DC sur le square McPherson, et Occupy Washington DC sur Freedom Plaza, les deux étant proches de la Maison Blanche.

Les autorités, longtemps bienveillantes, ont montré récemment des signes d’agacement devant la persistance du mouvement à Washington.

Dans la nuit de samedi à dimanche, plus de 400 manifestants anticapitalistes ont été arrêté à Oakland, en Californie, et quatre blessés, après avoir tenté de prendre d’assaut la mairie.

AFP, 30 janvier 2012