Archives mensuelles : janvier 2012

[Bahreïn] Un adolescent tué lors de manifestations

[Bahreïn] un adolescent tué lors de manifestations

Un adolescent chiite a été tué par le tir d’une bombe lacrymogène de la police lors de manifestations samedi à Bahreïn, a affirmé dimanche l’opposition dans un communiqué.

La police anti-émeutes de Bahreïn est intervenue samedi pour forcer des manifestants chiites à cesser de manifester devant leurs maisons – keystone
 

Sayyed Hachem Saïd, 15 ans, « a été atteint d’un tir tendu à la tête » et un adulte qui a tenté de le secourir a été blessé à la cuisse par un tir de la police, a affirmé le Wefaq, le principal mouvement de l’opposition chiite.

Des médecins ont tenté en vain de le ranimer dans un dispensaire de Sitra, au sud de la capitale et ensuite à l’hôpital Salmaniya de Manama, selon le Wefaq qui a déploré la poursuite de la répression des manifestations chiites.

La police anti-émeutes de Bahreïn est intervenue samedi pour forcer des manifestants chiites à cesser de manifester devant leurs maisons, avait indiqué un ancien élu de l’opposition chiite, Matar Matar.

Par ailleurs, le gouvernement a fait état d’une embuscade tendue vendredi par des manifestants à une patrouille de police à Nuwaidrat, près de Sitra, pendant laquelle des cocktails Molotov ont été utilisés. Dans un communiqué, le gouvernement a annoncé l’arrestation de plusieurs suspects à la suite de cet incident qui a endommagé un véhicule de la police.

Selon M. Matar, le chef du Wefaq, cheikh Ali Salmane a appelé à la suite de cet incident à ne pas utiliser ces engins incendiaires contre la police.

Les chiites de Bahreïn, majoritaires parmi la population autochtone, tentent de relancer la contestation contre la dynastie sunnite commencée au printemps dernier, en estimant qu’elle n’a pas accédé à leur demande d’une véritable monarchie constitutionnelle.

Promesses des autorités

Une Commission d’enquête indépendante a rendu le 23 novembre un rapport dénonçant notamment un « usage excessif et injustifié de la force » de la part des autorités lors de la répression à la mi-mars d’un mois de contestation.

Selon la commission, 35 personnes – 30 civils et 5 membres des forces de sécurité – ont été tuées, alors que les autorités parlent de 24 morts, dont 4 policiers. Cinq civils sont décédés sous la torture, selon cette commission.

Les autorités ont dit accepter ces conclusions et les Etats-Unis, proches alliés de Bahreïn, ont appelé à punir les auteurs de violations des droits de l’homme.

Source : ats-afp, vu sur Le nouvelliste, 1er janvier 2012

Contre le fascisme rampant en Hongrie, auto-organisation !

Jusqu’en 2010 en Hongrie, le gouvernement était issu de l’union de la gauche et d’un parti libéral. Il était emmené par le ministre-président de gauche Ferenc Gyurcsány, issu du parti socialiste. Ce gouvernement avait de fait mené une politique très libérale et un plan de rigueur drastique, suscitant la colère populaire. Gyurcsány avait même dû démissionner en 2009 après avoir confessé qu’il avait menti au peuple dix-huit mois durant…

La droite, alliée à l’extrême-droite, a surfé sur le mouvement de contestation en provoquant des manifestations violentes. Et en adoptant un discours pseudo « antilibéral », mettant en avant ses petites recettes « protectionnistes » et xénophobes.

Résultat : aux élections législatives de 2010 le Fidesz (droite nationaliste, protectionniste et conservatrice), emmené par Viktor Orbán, prend le pouvoir grâce à l’alliance avec le Jobbik (d’extrême-droite, connu pour ses positions répugnantes et ses milices) et aux curetons réacs du KDNP chrétien-démocrate. Y compris à Budapest où, pour la première fois, est élu un maire conservateur…

Ayant les bras libres avec une majorité très large à l’assemblée, le Fidesz a dès lors imposé une politique antisociale. Notamment avec une réforme de la constitution (qui vient d’entrer en vigueur), et quasiment impossible à réformer par des voies politiciennes. Au programme, la Hongrie n’est plus mentionnée comme « République » mais seulement comme « Hongrie » ; références claires à une nationalité ethnique (droit de vote aux habitants étrangers « hongrois d’origine », les médiateurs des minorités ethniques sont quasiment supprimés) et aux racines chrétiennes (subventions aux 14 seules communautés religieuses bien « conformes » au pouvoir en place, contre 300 auparavant, ce qui n’était pas mieux mais démontre le caractère xénophobe du pouvoir actuel) ; remise en cause du droit à l’IVG et interdiction du mariage homosexuel ; contrôle et censure des médias, des journalistes licenciés et liberté de la presse bafouée ; soumission de la justice au pouvoir ; les protections déjà minces sur les données personnelles sautent ; allongement des mandats politiques vers une véritable autocratie, sans parler de la criminalisation des partis d’opposition avec une proposition de loi pour s’emparer de leurs biens et juger leurs leaders… pour collaboration sous l’époque communiste !

Orbán a par ailleurs institué les « travaux d’intérêt général » obligatoires, dans ce que ce que certains qualifient de « camps de travail », visant notamment les Rroms. A cette occasion, il a proposé que les policiers à la retraite les surveillent. Ambiance… hélas palpable ailleurs en Europe (suivez mon regard).

Quant à « l’antilibéralisme » de façade qui l’a fait élire, comme celui de toutes les droites fascisantes il ne s’agissait bien entendu que d’une escroquerie : code du travail démoli ; éducation et services publics rognés ; la banque centrale (que le Fidesz envisage de mettre sous sa tutelle) peut désormais bloquer le budget et dissoudre l’assemblée en cas d’alternance, et les réformes fiscales et sociales (retraites notamment) nécessitent désormais les deux tiers de l’assemblée. Le « volte-face » libéral de cette coalition atteint le summum du grotesque lorsque le ministre des finances a récemment fait appel au FMI et à la Commission européenne, pour mettre de fait le pays sous la tutelle des marchés financiers, suscitant l’indignation populaire…

La population a donc rapidement déchanté. Elle s’organise pour contester ses réformes, et surtout rassembler les composantes sociales. Notamment avec le mouvement EMD (« un million pour la démocratie ») – certes encore timide et plutôt réformiste, sans parler des vues électoralistes de certaines de ses composantes – mais aussi un mouvement étudiant, qui se renforce depuis plusieurs mois contre la réforme des universités.

Face à la contestation grandissante, et à la situation catastrophique de finances toujours plus plombées, le gouvernement serre la vis autoritaire et autocratique, et surenchérit dans un discours nationaliste des plus grossiers. Tout en ressortant une nouvelle fois le hochet « antilibéral », en menaçant de taxer les banques et de nationaliser certains actifs de fonds de pension privés… dans la seule vue de négocier avec le FMI les conditions d’un nouveau « prêt » étranglant encore plus le pays.

Souhaitons aux Hongrois-es qui n’ont guère plus d’illusion sur la gauche (qui appelle opportunément depuis peu à descendre dans la rue… la même population qui manifestait contre sa politique libérale il y a deux ans encore), et se sentent indigné-e-s par ce gouvernement fascisant, de poursuivre ce mouvement de contestation sur des bases auto-organisationnelles. Et de mettre enfin à bas tous ces bouffons autoritaires qui, quel que soit leur masque, ne représentent jamais que les intérêts de la bourgeoisie.

John Rackham, groupe Pavillon Noir, Fédération Anarchiste 86, 1er janvier 2012

[Le Caire] Meilleurs vœux de la place Tahrir

[Le Caire] Meilleurs vœux de la place Tahrir

Posted on 1 janvier 2012 by juralib

Chers camarades et amis

En dépit d’une offensive sans précédent des forces anti-révolutionnaires, SCFA et ses acolytes islamistes, salafistes qui ont déjà lancé leurs milices wahabites et fascistes dans les quartiers informels du Grand Caire, les Cairotes ont fêté le nouvel an. Les bourgeois dans les grands hôtels, les boîtes de nuit et les clubs privés, le peuple à la place Tahrir. C’était extraordinaire, une seule tribune, chants et musique, chrétiens et musulmans, des familles entières étaient au rendez-vous. C’est notre façon de résister, c’est génétique, les Égyptiens sont des bons vivants, leur humour, leur sarcasme, leur joie de vivre, leur détermination, triompheront de tous les obscurantismes.

Meilleurs vœux pour 2012

Galila El Kadi

Bonne année

 A toi qui suces des nouilles

à toi qui dégommes les panneaux publicitaires

à toi que le béton étouffe

à toi qui baisses plus la tête

à toi qui détestes ton taf de merde

à toi qui pleures un chien mort

à toi qui te fais harceler par les keufs

à toi qui survis avec tes allocs

à toi qui trouves moches les mannequins

à toi qui tagues les murs gris

à toi qui te branles en taule

à toi qui veux casser ta télé

à toi qui te retrouves sans papiers

à toi qui sais dire je t’aime

à toi qui tapes la manche

à toi qui luttes contre la maladie

à toi qui ris des blagues des mômes

à toi qui ne votes plus

à toi qui n’en penses pas moins

à toi qui te prends des sales remarques

à toi qu’on traite d’utopiste

à toi qui te blindes pour tenir

à toi qui te sens parfois si seul-e

à toi qui fais des rimes sur ton carnet

à toi qui tiens sa promesse

à toi qui te traînes en manif sans y croire

à toi qui ne supportes plus ce monde

à toi qui ne te résignes pas

 

bonne année 2012

 

quant à toi flic

toi le maton

toi qui as le bras long

toi qui radies des chômeurs

toi le préfet

toi qui balances ceux qui t’ont rien fait

toi qui dis votez pour moi

toi qui te crois plus malin que les autres

toi qui rackettes les filles à la rue

toi le galonné qui envoies les autres se faire éventrer

toi qui t’engraisses sur le dos de tes salarié-e-s

toi qui votes pour la haine

toi dont c’est jamais ton problème

toi qui chies ton article moisi dans ton canard bourgeois

toi qui « ne fais qu’appliquer les ordres »

toi qui fais tes blagues sur les noirs les pédés et les blondes

toi qui parles au nom des autres

toi le violeur

toi qui négocies dans le dos des syndiqué-e-s

toi qui te donnes bonne conscience

 

t’inquiète, on t’oublie pas