Archives mensuelles : février 2012

Sur les prétendues différences hommes/femmes

Le genre au biberon…

Sciences et avenir ; les différences hommes/femmes

Le numéro de février de Sciences et Avenir comporte plusieurs articles sur le thème « Homme Femme, La science face aux idées reçues« .

Les féministes n’y apprendront rien de très nouveau mais on peut supposer que l’étiquette de neutralité scientifique qu’a le magazine encouragera certains à enfin accepter ce que des scientifiques féministes (donc forcément mues par une idéologie leur faisant mal faire leurs recherches) disent depuis des années.

Le premier article « Pour en finir avec le neurosexisme » montre combien l’on tend à perpétuer et à justifier des stéréotypes par des arguments neuroscientifiques par des expériences et des interprétations biaisées.

Ainsi Rebecca Jordan-Young, chercheuse en sciences médicosociales dit « il existe un large consensus qui prétend qu’il existe d’importantes différences sexuelles spécifiques entre les structures et les fonctions cérébrales des filles et des garçons mises en place par l’exposition prénatale aux hormones de différentiation sexuelle (…) mais ce consensus est à la fois non scientifique et loin d’être politiquement neutre« .

Catherine Vidal souligne que le cerveau a un sexe dans le sens où il contrôle les fonctions reproductives (hypothalamus qui a une activité pour induire l’ovulation) mais aucun en ce qui qui concerne la mémoire, l’attention et le raisonnement.

En juillet 2008, une étude des universités de Californie et du Wisconsin publié dans Science, n’a démontré aucune différence entre filles et garçons pour la réalisation de tests mathématiques (étude menée sur SEPT MILLIONS de sujets).

Une étude menée en Europe sur le même sujet montre que les résultats des filles dépende de leur degré d’émancipation ; étude renforcée par une suivante en 2011.

Claude Steele de Stanford a mené une expérience intéressante au début des années 90. Il a fait passer un examen de mathématiques à deux groupes d’étudiants mixtes. Au premier, il a souligné que les résultats font apparaître une différence entre le sexe, au second, il a indiqué qu’il n’y avait aucune différence. Les garçons du premier groupe ont obtenu en moyenne 25/30 et les filles 5/30. Dans le second groupe, Les filles ont obtenu 18/30 et les garçons 19. (Steele souligna d’ailleurs que si l’on soulignait que « les asiatiques réussissent mieux à ces tests« , filles comme garçons non asiatiques avaient de mauvais résultats).

Plusieurs études montrent qu’il n’y a pas de différences entre les IRM d’hommes et de femmes accomplissant une activité quelconque : Iris Sommer, Brain search review, 2008. Anelis Kaiser, Brain search review, 2009 et bien evidemment les travaux de Catherine Vidal en France et de Lise Eliot aux USA.

ps ; en page 47. l’on parle de l’influence de la testostérone et de l’ocytocine.
une petite erreur. Le journaliste souligne que « la privation de testostérone conduit les mâles [souris] à ne plus s’intéresser aux femelles et leur agressivité est directement corrélée à leur taux d’hormone mâle circulante. » Il convient de modérer cette assertion. Si on castre une souris à un certain moment, elle ne sera plus agressive. Mais si on lui réinjecte ensuite de la testostérone – ou qu’on la castre plus tard, il n’y aura aucun changement sur son comportement. Il serait donc bien présomptueux – et à mon avis un peu humano-centré ;) – de penser que l’animal autre que l’humain n’est que comportement naturel.

Le journal décortique ensuite six idées reçues.

« les filles préfèrent le rose« . (c’est là qu’on voit au passage tout le poids du préjugé sur la recherche scientifique ; si l’on n’était pas persuadé, engoncé dans l’idée que les filles préfèrent le rose, on s’apercevrait que c’est une mode récente et souvent uniquement occidentale).

« les hommes sont monotâches« . Une étude menée en 97 sur 2000 sujets (neuroscience & biobehavioral review) ne montre pas de différence.

« les femmes ne savent pas lire les cartes routières« . Jing Feng dans Psychology Science en 2007, a montré l’extraordinaire plasticité du cerveau ; dix heures de jeu video suffisaient à modifier un IRM en matière de reconnaissance spatiale et ce quel que soit le sexe.

« les femmes sont intuitives » (mais comment donc) (je ne comprends même pas ce mot à moins de croire à la voyance).
Richard Wiseman en 2005, a démontré qu’hommes et femmes l’étaient tout autant (ou aussi peu).

« les hommes sont volages, les femmes fidèles« . (Darwin).
Plus la liberté des femmes grandit, moins elles sont fidèles.

« les femmes sont naturellement maternelles« .
ai je besoin de donner les études ? Badinter a amplement démontré qu’il s’agit d’une construction sociale et de nombreux ethnologues l’ont fait pour certaines autres espèces animales.

Dans l’article Masculin, féminin, des rôles fabriqués, on parle de l’étude menée par Sylvie Ayral qui montre qu’au collège, qu’il soit public ou privé, 80% des enfants punis sont des garçons. La chercheuse démontre que ces punitions « consacrent les garçons dans une identité masculine stéréotypée et renforcent les comportements qu’elles prétendent corriger : le défi, la transgression, les conduites sexistes, homophobes et violentes. »
Pour expliquer leurs comportements, on pointe la fameuse testostérone.
On valorise tout de même les comportements masculins et on critique vivement les féminins (« faibles, nulles, peureuses »).

Crêpe Georgette, 20 février 2012

Nouvelle arrestation dans « l’affaire » de Tarnac

Nouvelle arrestation dans l’affaire de Tarnac

Un homme a été arrêté jeudi matin à Rouen et placé en garde à vue dans les locaux de la sous-direction antiterroriste à Levallois-Perret dans le cadre de l’affaire « de Tarnac ». Il serait soupçonné d’avoir participé à la fabrication des crochets placés sur les caténaires SNCF en novembre 2008 pour interrompre la circulation des trains. 

Le juge d’instruction, Thierry Fragnoli, s’est rendu à Rouen avec des policiers de la Sdat pour interpeller cet homme. Dans cette affaire, dix personnes ont été mises en examen depuis novembre 2008 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Les Inrocks, 23 février 2012

[Civray – 86] Grogne à l’EHPAD des Capucines

Que se passe-t-il à l’Ehpad  » Les Capucines  » de Civray ?

 

Une employée envoyée en conseil de discipline, une autre recevant un blâme, des personnels à cran… La CGT dénonce une situation intenable à l’Ehpad.

Pendant la réunion du conseil de discipline, des militants CGT et des membres du personnel de l'Ephad se sont réunis dans le hall du pavillon administratif du CHU.

Pendant la réunion du conseil de discipline, des militants CGT et des membres du personnel de l’Ephad se sont réunis dans le hall du pavillon administratif du CHU.

Que se passe-t-il à l’Ehpad « Les Capucines » de Civray pour en arriver là ? Christiane Soulagnet, employée à l’accueil de cet Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes est passée, hier après-midi, devant un conseil de discipline dans les locaux administratifs du CHU de Poitiers. Secouée par cette épreuve selon elle « injustifiée » et qui lui fait risquer deux années de mise à pied, Christiane Soulagnet a été soutenue par plusieurs membres du personnel de l’Ehpad et des militants du syndicat CGT, dont elle est aussi secrétaire générale au sein de son établissement.

15 jours de mise à pied

Selon l’employée, la direction de l’établissement lui reprocherait « des attitudes dangereuses, des vols de documents et trop de temps consacré à son mandat syndical pendant ses heures de travail [N.D.L.R. : la directrice de l’Ehpad, Laurence Ducouret, contactée au téléphone, n’a pas confirmé ces motifs] ». L’Union des syndicats CGT Santé et Action sociale de la Vienne, représentée par Christophe Boutet, soutient qu’une large partie du personnel serait victime « de harcèlement de la part de la direction, d’une distribution de certaines primes de service aux plus méritants et non par répartition, d’une discrimination syndicale, et surtout juge la sanction (de niveau 3 sur 4) disproportionnée ». Dans les rangs des manifestants, une autre employée de l’Ehpad, Magalie Moreau, a reçu un blâme. Elle est trésorière également à la CGT. D’autres employées témoignent, sous couvert d’anonymat. Elles révèlent des propos racistes, des menaces de sanction ou de sale note après la fin d’un contrat, de pressions et suspicion permanentes… Alors dans le hall du pavillon administratif du CHU, la tension était palpable. Tous attendaient la décision du conseil de discipline. Christine Soulagnet, accompagnée de son avocate Me Malika Ménard et de certains témoins, a été entendue par trois représentants de la direction du CHU et trois représentants du personnel (un CGT, deux FO). A l’issue de cette audition, le conseil a décidé de trois mois de mise à pied dont 15 jours ferme. Cette décision n’occultera certainement pas le malaise qui semble bien réel entre la direction de cet Ehpad et une partie du personnel.

Nouvelle République, Marie-Laure Aveline, 24 février 2012

[Nantes] Riposte contre Ouest-France

[Nantes] Contre la presse qui ment : le siège de Ouest France redécoré.

Ce matin jeudi 23 février, le siège nantais du journal Ouest France, héritier de l’Ouest Éclair (journal collaborationniste), premier quotidien français en terme de tirages (800 000 exemplaires tous les jours), a été redécoré : peinture, œufs pourris, affiches… (voir photos) Les insolents matinaux expliquent leur geste contre la presse qui ment en s’adressant directement au torchon de François-Régis Hutin.

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Cher Journal,

Ce jeudi 23 février, à 8h, sous la pluie, nous sommes venus te rendre visite, les bras chargés de présents dignes de toi. Les déchets avec lesquels tu nous empoisonnes quotidiennement nous ont inspiré une odorante omelette matinale : des denrées périssables pour un journal pourri.

Mensonges à répétition, flagrant délits de manipulations des masses, propagande sécuritaire, patronale, municipale, étatique… Nous ne nous étonnons plus de constater que tu es toujours du côté des puissants : neutralité neutralisée.

Le jet d’urine sorti de ta plume a fait déborder la cuvette. Ta « Une » nauséabonde du lundi 20 février n’est pas passée. En effet, le samedi 18 février avait lieu une mobilisation internationale de solidarité avec le peuple Grec qui résiste aux politiques assassines de son gouvernement, de l’UE, du FMI. A Nantes, plus de 200 personnes manifestaient en solidarité avec les Grecs, malgré l’hyperprésence policière. Tu n’en as pas fait écho, ou si peu…

Des Grecs avaient s’étaient pris en photo devant le parlement d’Athènes remerciant les grandes métropoles mobilisées pour les soutenir dans leur lutte contre les politiques capitalistes. Honte à toi, qui a détourné leurs photos, prétendant qu’ils appelaient leurs bourreaux au secours.

Car la « une » de Ouest France précisait sans vergogne : « Le message de ces jeunes Grecs devant le Parlement d’Athènes résonne comme un appel au secours. Aujourd’hui, l’Eurogroupe […] et le FMI leur diront s’ils ont raison d’espérer, en avalisant ou non le deuxième plan de sauvetage. » inversant totalement le message que voulaient faire passer ces manifestants grecs précisément opposés au politiques du FMI et de l’Eurogroupe.

Constatant l’absence de rectificatif, quelques nantais révoltés par ta propagande mensongère et grossière se sont sentis le devoir de venir corriger eux même ta façade, cher journal. Que dire de ta devise : « Justice et Liberté » ?

Alors, prends exemple sur le compost qui t’a été offert, recycle tes mensonges dont l’odeur pestilentielle n’a d’égale que celle des œufs pourris que nous t’avons jetés à la face.

Contre tous les médias qui mentent.

Pour une presse libre et propre.

PS : avis aux lecteurs écœurés : une réponse existe, c’est le projet de journal « Révoltez-vous », par le peuple, pour le peuple.

En soutien au collectif nantais Révolté.

http://www.agirpaselire.fr/

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Vu sur Indymedia Nantes, 23 février 2012

[La Réunion] La grogne se propage

La Réunion: les troubles se propagent dans plusieurs villes

Des troubles ont été signalés dans plusieurs villes de La Réunion, dans la nuit de jeudi à vendredi, notamment à Saint-André, Saint-Louis, Saint-Pierre et Etang-Salé où des affrontements sporadiques ont opposé des groupes de jeunes aux forces de l’ordre.

Des heurts ont eu lieu aussi au Chaudron mais ils ont été « moins virulents » que les deux précédentes NUITS, selon la préfecture.

Les troubles se sont propagées dans une dizaine de ville de La Réunion au fil de la nuit mais aucun pillage n’a été signalé. Quelques voitures ont été incendiés et des poubelles enflammées, selon un point fait à l’AFP par le directeur de cabinet du préfet, Benoît Huber, à 0h30 locales (21h30 à Paris).

Dans le sud de l’île, à Saint-Louis, les incidents se sont produits dans le centre-ville, en face de la mairie où les forces de l’ordre ont dû intervenir à plusieurs reprises pour dégager la route et disperser une cinquantaine de manifestants dont la plupart étaient des mineurs à peine âgés de 15-16 ans. La police a procédé à 26 interpellations.

Le même scénario s’est produit dans les communes voisines de l’Etang-Salé et de Saint-Pierre, au sud de l’île, où quelques voitures ont été incendiées et des poubelles enflammées mises en travers de la chaussée par des jeunes.

Dans l’Est, à Saint-André, les affrontements ont éclaté à proximité d’une grande surface dans le centre-ville et une voiture a été incendiée. Des pierres étaient lancées contre les policiers qui ripostaient à coups de grenades lacrymogènes et de gomme-cogne. A Sainte-Marie, commune voisine de Saint-Denis, une voiture a aussi été incendiée.

A Saint-Benoît, un gendarme a été assez sérieusement au visage par le jet d’un cocktail molotov.

Dans le Nord, les heurts ont été moins violents que la veille, a affirmé M. Huber. « Aucun pillage de magasin, aucune dégradation de commerces ou de bâtiment public n’a été constaté », a-t-il souligné.

Dans le quartier du Chaudron, à Saint-Denis, une centaine de jeunes, le visage masqué par leur tee-shirt, ont toutefois continué à attaquer les forces de l’ordre avec des cocktails molotov et des pierres.

La baisse d’intensité des violences pourrait s’expliquer par les condamnations prononcées jeudi par le tribunal de Saint-Denis: quatre jeunes ont écopé de peines allant de 6 mois à 2 ans ferme.

AFP, 23 février 2012