Archives mensuelles : février 2012

[Poitiers] Misère ? Répression, expulsions…

Prostitution avenue de la Libé : trois filles arrêtées

Trois prostituées d’origine nigériane et le conducteur d’une voiture qui se trouvait avec elles ont été interpellés dans la nuit de dimanche à lundi avenue de la Libération. L’interpellation a eu lieu vers 0 h 45. L’homme a été mis hors de cause et libéré sans poursuite. Il ne s’agissait ni d’un souteneur, ni d’un client, d’après la police. Il «  dépannait  » les filles, sans plus de précision sur la nature de son intervention. Les trois femmes font l’objet de poursuites pénales pour racolage actif. Des poursuites qui ne devraient toucher que l’une des trois femmes. Les deux autres, en situation irrégulière, ont été emmenées vers le centre de rétention administrative de Toulouse en vue de leur expulsion. La priorité a été donnée à la procédure administrative alors que la question de la prostitution sur les grands boulevards suscite beaucoup de réactions chez les riverains.

Nouvelle République, 21 février 2012

L’attaque de Sarko contre les couples « mixtes »

Immigration : le candidat Sarkozy veut-il interdire les couples mixtes ?

À l’approche de l’échéance présidentielle, Nicolas Sarkozy durcit encore le ton à l’encontre des étrangers. Sa nouvelle croisade : les mariages mixtes, première source d’immigration légale en France. Le montant des ressources et la surface du logement seront désormais pris en compte pour obtenir un titre de séjour. En clair, les pauvres n’ont plus le droit de tomber amoureux.

Nicolas Sarkozy a déclaré le 11 février dans le Figaro Magazine vouloir durcir les conditions d’obtention d’un titre de séjour après mariage avec un Français, en introduisant des critères de « logement » et de « ressources » comme pour le regroupement familial. « Ainsi, nous combattrons plus efficacement les fraudes », souligne-t-il. Une déclaration qui a fait bondir le collectif des Amoureux au ban public, association de soutien et de défense des droits des couples franco-étrangers. « S’il s’agit réellement de contrôler la sincérité des sentiments des couples franco-étrangers, le compte en banque n’en est certainement pas le meilleur révélateur. » Cette proposition confirme une chose selon le collectif : « Les couples franco-étrangers dérangent. »

Déjà en 2006, alors ministre de l’Intérieur…

D’après cette annonce, les conditions d’obtention des titres de séjour seront les mêmes que celles du regroupement familial. Dès 2006, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, fait voter une loi rendant plus difficile le regroupement familial. Le délai de séjour régulier de l’étranger en France passe d’un an à dix-huit mois. Et porte de deux à quatre ans le délai d’attente pour acquérir la nationalité française après mariage, avec une obligation de trois ans de résidence régulière et ininterrompue du conjoint étranger en France.

Des critères de revenus et de logement sont également exigés. Deux membres d’une famille séparés par des frontières peuvent se retrouver à condition que leur revenu atteigne le niveau du Smic sur les douze derniers mois précédant la demande et que la surface du logement ne soit pas inférieure à 22 m2 (+ 5 m2 par personne supplémentaire). Avec la mesure proposée, il en serait de même pour un couple. Nicolas Sarkozy souligne qu’avec la réforme sur le regroupement familial, ce dernier « est passé de 25 000 par an à 15 000 ».

Étrangers = fraudeurs : l’équation gouvernementale

L’enjeu avec cette nouvelle annonce sur les couples franco-étrangers est de réduire le nombre de migrants obtenant un visa à l’issue d’une union. En 2009, 35 611 visas ont été délivrés à des conjoints étrangers [1]. La même année, 345 mariages ont été annulés pour « mariages blancs » ou « gris », soit à peine 0,5 % des unions mixtes.

Interrogé par l’AFP, Stéphane Maugendre, président du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), s’est dit « complètement abasourdi par cette proposition » sur les conjoints étrangers. « En quoi la taille de l’appartement d’un conjoint ou sa richesse seraient des indicateurs de fraude ? Autant dire que les Français pauvres ne pourront pas se marier à des étrangers… On fait du droit des étrangers un droit des fraudeurs », a-t-il dénoncé.

Les freins sont aussi juridiques. Dans un entretien à La Croix, Paul Lagarde, professeur émérite de droit à l’université Paris-I met en avant un premier argument constitutionnel. « Les sages pourront considérer que cette mesure porte atteinte au principe d’égalité du droit, puisque des couples mixtes ne jouiraient pas de la même liberté que des Français unis à des Français », souligne le juriste. Les Amoureux au ban public considèrent que cette mesure « constituerait une véritable atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale » [2].

Croisade contre les immigrés

Après les unions mixtes, Nicolas Sarkozy déclare également entamer une croisade contre les demandeurs d’asile. « Nous allons réformer les prestations accordées aux demandeurs de droit d’asile. Elles seront limitées quand le demandeur ne coopérera pas avec l’administration, quand il déposera sa demande plus de trois mois après son entrée sur le territoire ou quand il refusera une offre d’hébergement. » Toujours dans cet entretien, il réaffirme son opposition au droit de vote des immigrés aux élections locales, jugeant que « ce n’est vraiment pas le moment, avec tous les risques de montée du communautarisme ». À l’approche de l’échéance présidentielle, Nicolas Sarkozy marche décidément à pas de « Guéant » sur le territoire du Front national.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Selon le rapport remis au Parlement en décembre 2011 sur Les orientations de la politique de l’immigration et de l’intégration.

[2] Selon l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Basta Mag, Sophie Chapelle, 21 février 2012

La révolution ici et maintenant

La révolution ici et maintenant 

Quand on milite pour l’anarchie, on peut s’interroger parfois sur l’imprégnation de nos idées dans la société où l’on vit ; l’histoire n’étant pas linéaire mais faite de périodes de progrès, de ruptures… et de régressions. Au contraire d’une lutte syndicale (comme l’augmentation des salaires après 2 jours de grève), d’une action écologiste (abandon de la construction d’une centrale nucléaire, d’un incinérateur d’ordures ménagères…), il est parfois difficile de prendre la mesure des « résultats » de notre militantisme libertaire. D’autant plus quand la répression, diffuse ou brutale, côtoie nos vies ; quand les mouvements s’essoufflent ; quand la réalité de cette époque d’attaques antisociales et de destructions écologiques revient inlassablement saper non nos convictions, mais nos espoirs.

Pourtant, notre besace n’est pas vide. Plutôt que de rebuter son monde – pas que les gens, mais aussi nous-mêmes – en invoquant de grandes idées, certes légitimes, mais qui nous font taxer (et parfois dériver) vers un utopisme idéaliste et dogmatique (quand bien même l’anarchisme est par définition un adogmatisme en actes), il peut être bon de réfléchir aux conquêtes en partie issues de nos pratiques, même si le chemin n’est jamais qu’à moitié parcouru. Ainsi, nous évitons de projeter nos rêves dans une eschatologie révolutionnaire (un avant et un après la révolution tant souhaitée), et nous pouvons nous recentrer sur une notion et une pratique de la révolution dans l’ici et le maintenant, une dynamique d’émancipation individuelle et collective. La vieille dichotomie réformisme et révolution se résout dans l’action directe, dans l’énergie d’émancipation et de réappropriation, à l’œuvre dans toutes les sphères de la vie individuelle et sociale. L’anarchie, c’est l’anarchisme. Et à bien y regarder, cette force, cette affirmation permanente de la vie contre la résignation, a œuvré pour transformer la société.

Jadis, la mixité à l’école a été promue et expérimentée dès la fin du XIXème et le début du XXième par des anarchistes, avant de devenir la règle dans le milieu des années 1960. La lutte pour l’objection de conscience au service militaire a donné le statut d’objecteur de conscience – lui-même tombé en désuétude du fait de la fin de la conscription obligatoire. Les anarchistes ont aussi milité pour l’autonomie de la classe ouvrière à travers une organisation fédéraliste des exploité-e-s, d’où furent issues en France les formes d’organisations fédéralistes et confédéralistes des syndicats. Fédéralisme de branche, mais aussi territorial, avec le mouvement des bourses du travail initié par des anarchistes. Malgré leurs dérives bien connues, ces organisations syndicales demeurent un outil de lutte et d’autonomie des « bases ». Bien des conquêtes ouvrières furent obtenues par cet esprit pragmatique d’indépendance et d’auto-organisation, les droits sociaux n’ayant jamais été conquis qu’en débordant les bureaucraties politiques (et syndicales). La laïcité elle-même fut un compromis étatique obtenu sous la poussée d’une lutte antireligieuse résolue. L’union libre fut issue de la popularisation des thèses anarchistes sur l’amour libre. Le droit à l’avortement fut concédé après la constitution de réseaux d’entraide autogérés par des militantes féministes passant elles-mêmes à l’action directe. Des gynécologues libertaires et des militant-e-s anarchistes ont ainsi pratiqué des avortements illégaux, au nom de la liberté de choisir des femmes et en solidarité avec ces personnes. A une époque où la contraception était inexistante, certains anarchistes sont allés jusqu’à la vasectomie pour éviter les grossesses non désirées et ont été condamnés pour cela (affaire des stérilisés de Bordeaux en 1935). Et caetera…

Aujourd’hui ? Sur les 10-15 dernières années, on peut encore relever des victoires, issues de la diffusion des idées et des pratiques portées par de nombreuses personnes aux idéaux anarchistes. Dans une émission de Daniel Mermet de début février, consacrée à un fictif « alter gouvernement » de gauche, avec des ministres militant-e-s d’Attac et autres, on a pu entendre le pressenti « ministre à la ville » (Paul Ariès) dire qu’il mettrait en place la gratuité des transports en commun, alors que ce catho de gauche et électoraliste n’est pas anar. Certaines villes sont d’ailleurs déjà passées à la gratuité des transports en commun. Or cette revendication politique a longtemps été portée par le mouvement libertaire, dont la Fédération Anarchiste n’était pas la dernière. Le cercle d’influence s’est donc bien élargi. De même, la pratique du prix libre est née dans la mouvance anarcho-punk et s’est depuis largement diffusée dans les forums sociaux locaux, y compris pour les repas. Dans cette mouvance anarcho-punk, la gratuité des cds et des concerts est expérimentée pour s’affranchir de l’esprit de marchandise. La prise de décision au consensus, avec attention portée au temps de parole de chacun-e, au contrôle en assemblée de l’action des commissions ou des mandaté-e-s, est aussi désormais pratiquée dans bien des forums sociaux, avec des participant-e-s venant pourtant d’horizons très différents, y compris de partis à la tradition beaucoup plus hiérarchiste… Chez les indigné-e-s aussi, malgré un manque parfois criant de « culture » politique, ces pratiques ont fleuri. Dans le film « Tous au Larzac », on a pu voir que c’était la prise de décision au consensus qui prédominait dans les assemblées et apportait satisfaction (une seule fois il y a eu vote, à la fin du mouvement).

En ces temps de régression sociale, il est bon pour le moral de se rappeler que, si nous sommes pour une révolution réappropriatrice et autogestionnaire, pour autant une partie de nos idées vogue, que quelques-unes germent sans qu’on ne sache pourquoi celles-là plutôt qu’une autre.

L’anarchisme a toujours défendu une pratique d’alternatives en actes ici et maintenant, indissociable d’une aspiration révolutionnaire globale.

Continuons !

Stef (groupe Vannes / Lorient) et Juanito (groupe Pavillon Noir Poitiers), 21 février 2012

À Exarhia, les anarchistes perpétuent la tradition contestataire de leur quartier

Les médias bourgeois n’ont pas l’habitude de relayer des interviews d’anarchistes, les anarchistes évitant d’ailleurs le plus souvent de leur adresser la parole. C’est pourquoi nous relayons cet article qui pour une fois, n’est pas à charge :

À Exarhia, les anarchistes perpétuent la tradition contestataire de leur quartier

Pointés du doigt au lendemain des violences qui ont éclaté le 12 février à Athènes, les anarchistes grecs se défendent de n’être « que des casseurs ». Rencontre avec un jeune militant au cœur d’Exarhia, quartier d’Athènes réputé frondeur.

À Exarhia, les anarchistes perpétuent la tradition contestataire de leur quartier
 

« Que cela soit clair, je ne représente aucun mouvement. Ce que je vais vous dire n’est que mon opinion personnelle, je ne suis leader ou porte-parole de personne », prévient d’emblée Nikólaos, ses yeux noirs plantés dans ceux de son interlocuteur. Une introduction dans la droite lignée des idées qu’il défend, « Ni dieu, ni maître ». Ce militant anarchiste de 36 ans accepte difficilement de parler à un journaliste. S’il le fait, c’est pour, dit-il, que les gens à l’étranger comprennent que les anarchistes grecs « ne sont pas que des casseurs ». Le rendez-vous a été fixé à Radio-Bubble dans le quartier d’Exarhia, à Athènes. Un lieu hors du commun : mi-café mi-studio d’une radio citoyenne. « Nous ne sommes plus uniquement dans une guerre sociale, soutient l’homme. Nous sommes aussi dans une guerre médiatique. »

 
Radio-Bubble, mi-café, mi-studio de radio.

Au lendemain du 12 février, où de violentes émeutes ont éclaté dans le centre de la capitale grecque, les médias et le monde politique s’étaient empressés de pointer du doigt les militants anarchistes et d’extrême gauche. Le même scénario s’était produit en 2008, lorsque jeunes et forces de l’ordre s’étaient affrontés plusieurs jours de suite après la mort d’un adolescent, tué par la police dans une rue d’Athènes. « La différence majeure avec 2008, c’est que dimanche [12 février], sur la place Syntagma, les gens nous ont applaudis, affirme Nikólaos. Les travailleurs, les gens de la classe moyenne, jeunes, vieux, étudiants… Nous étions tous au même endroit pour lutter contre les mêmes choses. » Si, selon lui, la protestation a dégénéré, c’est parce qu’en face les forces de l’ordre ont dégainé matraques et gaz lacrymogènes sans raison contre des manifestants pacifiques.

« Face à la violence de l’État, il faut savoir se défendre »

Nombreux sont les témoignages d’Athéniens, de tous les bords politiques, qui corroborent les dires du militant. « Beaucoup de Grecs prennent en ce moment conscience des manipulations policières et médiatiques : le but de la manœuvre était de vider la place Syntagma. Ce soir du 12 février, des images très calmes du Parlement ont été diffusées au journal télévisé, alors que des dizaines de milliers de personnes manifestaient juste à côté et suffoquaient sous les gaz lacrymogènes », poursuit Nikólaos en touillant rageusement son café.

« Face à la violence de l’État, il faut savoir se défendre », lâche-t-il. Si les théories anarchistes rejettent toute idée de violence, dans les faits, les choses se passent autrement. « Quand on n’a plus le choix face à un État violent, il faut réagir, insiste le jeune homme. La violence, pour moi, commence quand on a les poches vides et qu’on n’a plus rien à manger. Le capitalisme est une violence quotidienne. » Lors des affrontements du 12 février, les militants ont essentiellement pris pour cible des banques, des multinationales et des magasins de luxe. « Mais on ne souhaite pas le chaos, la violence n’est pas une fin en soi, précise le militant. C’est un outil. La seule réponse à tout cela, c’est l’auto-gestion et la démocratie directe. » En résumé, pas d’État, pas de gouvernement, toutes les décisions concernant la communauté devraient être prises collectivement, en assemblée.

Exarhia, vitrine de l’anarchisme grec

 
 

 De l’idéologie à la pratique, il n’y a qu’un pas, que le quartier d’Exarhia a allègrement franchi il y a près de 40 ans. On n’y compte plus le nombre de soupes populaires organisées, d’immeubles et de lieux publics occupés, de squats, de lieux de débats… Impossible de dissocier l’anarchisme grec de ce quartier, et inversement. C’est là, dans les années 1970, que se sont concentrées les révoltes étudiantes contre la dictature des colonels. Depuis, la tradition contestataire d’Exarhia ne s’est jamais démentie. C’est toujours dans ces petites rues aux murs couverts de graffitis et d’affiches anarchistes que prennent aujourd’hui racine les contestations contre le gouvernement grec.

« Je pense que ce qu’on voit dans ce quartier est un phénomène unique sur la planète, estime Nikólaos. À un kilomètre du Parlement et des institutions financières du pays, on y cible toutes les défaillances du système et on y expérimente des alternatives. » Avec un succès populaire grandissant. L’année dernière, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont afflué au festival anti-autoritaire organisé dans le Nosotros, un immense squat à la fois café, centre culturel et assemblée populaire. Des anarchistes arrivent régulièrement de toute l’Europe pour s’imprégner de l’expérience grecque et tenter d’exporter dans leur pays le modèle d’Exarhia. Ypopto Mousi, animateur d’un journal-citoyen à OmniaTV, télévision en ligne, alter ego de Radio-Bubble, et observateur averti du milieu libertaire estime à plus de 10 000 le nombre de militants anarchistes à Athènes. Ces dernières années, il a vu affluer vers ces mouvements des gens d’horizons bien plus divers qu’auparavant. « Dans la société, assure-t-il, beaucoup de gens sont des anarchistes qui s’ignorent. » 

 
Dans le quartier d’Exarhia, les anarchistes ont investi un parking et l’ont transformé en square. (Crédit : Gaëlle Le Roux/FRANCE 24)
 
France 24, Gaëlle Le Roux, 20 février 2012

 

[Yémen] Répression électorale

Yémen: Saleh appelle à voter pour son successeur, 2 morts dans des violences

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a appelé lundi ses concitoyens à aller voter mardi pour son successeur désigné, le vice-président, alors que des heurts entre forces de l’ordre et manifestants lors de rassemblements contre la consultation ont fait deux morts.

« Je vous appelle à participer à ce rendez-vous démocratique et à voter pour Abd Rabbo Mansour Hadi (…) pour mettre en oeuvre l’accord sur une transition Pacifique à la tête de l’Etat et sortir notre pays et notre peuple d’une crise grave qui dure depuis un an », a-t-il déclaré, cité par l’agence officielle Saba.

M. Saleh se trouve aux Etats-Unis pour des soins médicaux après avoir accepté un accord élaboré par les monarchies arabes du Golfe, prévoyant son départ contre l’immunité pour sa personne et pour ses proches.

Dans son adresse publiée par Saba, M. Saleh, qui a passé 33 ans au pouvoir, a aussi invité les Yéménites à la « concorde qui suppose d’oublier le passé et de rebâtir ce qui a été détruit par la crise provoquée par les forces rétrogrades, terroristes et séparatistes ».

M. Hadi est le seul candidat à la présidentielle, en vertu de l’accord signé en novembre par M. Saleh après dix mois de manifestations populaires et sous une intense pression internationale.

Si le résultat du scrutin est connu d’avance, le taux de participation donnera une idée de l’appui populaire au successeur de M. Saleh.

Le futur président a tendu la main aux autonomistes sudistes et à la rébellion nordiste qui boycottent son élection sur fond de violences.

Il a promis dimanche d’accorder la priorité au Nord et au Sud et de tenter de résoudre ces conflits « sans préjugés ». Il s’est également engagé à réunifier l’armée et à combattre Al-Qaïda qui n’a cessé de se renforcer dans l’Est et le Sud.

Malgré une forte mobilisation des forces de sécurité pour assurer le bon déroulement du scrutin, un soldat et un civil ont étés tués lors de manifestations hostiles à la présidentielle.

A Seyoun, dans l’Est, un manifestant a été tué par les tirs de soldats gardant un bureau de vote lors d’une marche organisée à l’appel du Mouvement sudiste qui a appelé au boycottage du scrutin, a indiqué une source de sécurité.

Près de Daleh (sud), fief du Mouvement sudiste, des affrontements entre l’armée et manifestants ont fait un mort, un militaire, selon une source militaire.

L’aile dure du Mouvement sudiste de l’ancien vice-président Ali Salem al-Baid, qui vit en exil, a appelé à perturber le scrutin et à « la désobéissance civile » mardi dans le Sud, un Etat indépendant jusqu’en 1990.

A Aden, principale ville du Sud, un accrochage a opposé les forces de l’ordre à des hommes armés, et la police a procédé à des arrestations parmi les militants sudistes armés qui « cherchent à empêcher, par la force, les électeurs d’aller voter », selon un responsable des services de sécurité.

Ailleurs dans le Sud, des manifestants ont attaqué des bureaux de vote et il a fallu parfois acheminer par avion du matériel électoral.

Selon le président de la Commission électorale, Yahya Mohammad al-Iriani, 103.000 militaires ont été mobilisés pour assurer la sécurité du scrutin.

Plus de 12 millions de Yéménites devraient se rendre aux urnes, a-t-il indiqué.

Outre l’activisme des autonomistes sudistes, les violences liées à Al-Qaïda pèsent sur la déroulement du scrutin dans le Sud et l’Est.

A Zinjibar, capitale de la province sudiste d’Abyane, une attaque de membres présumés d’Al-Qaïda a fait deux morts parmi les soldats qui tentent depuis des mois de les déloger de la ville, ont indiqué des sources militaire et médicale.

A Loder, deux frères appartenant à des milices tribales hostiles à Al-Qaïda ont été tués dans une embuscade tendue par des éléments présumés du réseau.

AFP, 20 février 2012

Mise à jour : et quatre morts ce mardi 21 février 2012…