Archives mensuelles : février 2012

[Poitiers] CHU : ignominie de la direction

La direction du CHU n’a décidément honte de rien !

Alors que les salarié-e-s de l’hôpital de Poitiers se voient imposer des « comptes épargne temps » (comme partout ailleurs en France où des millions d’heures sont ainsi en attente d’être payées) ; alors que le manque criant de personnels les conduit à l’épuisement ; voici que la direction annonce qu’elle sucrera un jour de salaire aux personnels n’ayant pu se rendre lundi sur leur lieu de travail, jour où la neige a pourtant mis une pagaille effroyable dans les moyens de transport…

La DRH parle d’une sanction « à titre pédagogique »… répugnant. Quelle sanction contre ces bureaucrates cyniques, qui doivent déjà un nombre incalculable d’heures à leurs personnels ?

Pavillon Noir

La neige n’excuse pas les absences au CHU de Poitiers

Les salariés qui n’ont pas pris leur service, lundi, ne seront pas payés. “ A titre pédagogique ”, explique la direction. Colère des syndicats.

De nombreux agents n'ont pas pris leur service à cause des intempéries.

 

De nombreux agents n’ont pas pris leur service à cause des intempéries.

La décision de la direction a jeté un froid, mercredi, au centre hospitalier universitaire de Poitiers. Par la voix des cadres dans les différents services, les salariés ont appris que les absences de la journée de lundi seraient considérées comme injustifiées malgré l’enneigement exceptionnel du réseau routier du département.

« Notre directeur général a peut-être les textes pour lui mais il fait de l’abus de pouvoir », s’indigne Évelyne Tagault, la secrétaire générale de FO Santé. « Habituellement, dans ces conditions, la direction décompte une RTT, un jour de congés annuels ou une récupération d’heures supplémentaires… Tout le monde a des jours en retard à prendre à l’hôpital ! » Ses collègues de la CGT font d’ailleurs remarquer que le centre hospitalier de Poitiers est le seul de la région à « sanctionner » ainsi les personnels absents.

Retenue sur salaire

« Il est normal que les personnes qui ne sont pas venues travailler aient une retenue sur salaire si la neige est le seul motif invoqué », explique Séverine Masson, la directrice des relations humaines du CHU. « Cet événement météorologique était prévu, tout le monde avait eu le temps de s’organiser en conséquence dimanche pour être présent à son poste lundi même avec deux, trois ou quatre heures de retard. » La direction précise que cette décision a été prise « à titre pédagogique ». « Si cela devait se reproduire en 2012, que les salariés sachent que cela n’est pas tolérable. Les agents hospitaliers ont une activité dans laquelle il ne peut pas y avoir de rupture de service », insiste la DRH en assurant néanmoins que les absences de lundi n’ont pas empêché le bon fonctionnement de l’établissement : « Aucune intervention programmée pour un patient n’a dû être annulée mais certains agents ont été obligés de prolonger leur service. » Alors qu’un « recensement exhaustif des agents absents » est en cours, la représentante de Force ouvrière regrette que les dirigeants n’aient pas été sensibles aux « routes impraticables, véhicules endommagés, transports scolaires interrompus et gardes d’enfants ». La direction du CHU qui emploie 6.000 personnes répond être avant tout « attachée à garantir l’accueil, la prise en charge et le traitement des patients ».

Nouvelle République, Baptiste Bize, 10 février 2012

Mise à jour : ailleurs à Kilkis (en Grèce), des salarié-e-s de l’hôpital prennent les choses en main

[Poitou-Charentes] Productivisme accru, à quand l’explosion sociale ?

En Poitou-Charentes, l’emploi industriel et marchand augmente à peine, mais le chiffre d’affaires augmente de façon spectaculaire : record national. Ces bons résultats pour les actionnaires et les patrons ne tombent pas du ciel. Le résultat de cette triste équation est simple pour les salarié-e-s : productivisme forcené et souffrance au travail.

Comme le montrent les articles précédents, la rue grogne.

A quand l’explosion sociale ?

Pavillon Noir

Année faste pour l’industrie en Poitou-Charentes

Les entreprises industrielles ont vu leur chiffre d’affaires grimper de plus de 12 % l’an passé. On s’attend à ce que 2012 ne soit pas du même tonneau.

Quand il a reçu, avant-hier, les chiffres de l’étude annuelle menée en janvier auprès de 1.400 chefs d’entreprise de Poitou-Charentes, Pierre Bosshardt, directeur régional de la Banque de France jusqu’à hier soir, a cru à une erreur : les 564 principales entreprises industrielles de la région annonçaient un chiffre d’affaires en hausse de 12,6 %.

Vérification faite, ce chiffre est bien le bon : l’industrie picto-charentaise a crevé les plafonds en 2011, emportant haut la main le titre de recordman national de la performance. Une grande majorité des entreprises interrogées ont bénéficié de cette embellie. Mais deux secteurs s’avèrent particulièrement porteurs : la construction de matériel de transport (sous-traitants du ferroviaire, de l’aéronautique) enregistre une hausse de 20 % ; tout juste derrière, les équipementiers électriques et électroniques (Sagem, Thalès, Leroy-Somer…) font état d’un remarquable +17 %. Les exportations (18 %) sont pour beaucoup dans ces excellents résultats, qui ont permis aux entreprises de doper leur investissement (21 % et même +37 % dans le matériel de transport) Mais toute médaille a son revers. Les emplois industriels, dans le même temps, n’ont cru que d’un maigre 1,8 %. Quant aux prévisions de croissance du chiffre d’affaires pour 2012, elles sont beaucoup plus modestes, de l’ordre de +2,7 %, seule l’industrie agroalimentaire (5,6 % en 2011) restant sur une prévision de croissance supérieure à 5 %. Quant aux emplois, ils pourraient en 2012 diminuer de 1,2 % dans l’industrie. Sombre perspective. Les résultats des autres secteurs d’activité sont assez bons : +8,3 % pour le chiffre d’affaires des services marchands, dopés par la bonne santé des boîtes d’intérim ; + 4,5 % dans le BTP ; +9,7 % dans le commerce de gros et +1,9 % dans la grande distribution. Les effectifs, eux, ont peu progressé, sauf là encore dans les services marchands grâce à l’intérim (2,9 %). Les prévisions sont assez médiocres : stagnation, voire régression de l’activité (sauf dans les hypermarchés) et plus encore de l’emploi. Même le BTP est pessimiste : l’effet ligne à grande vitesse, qui devait doper ce secteur d’activité, n’a pas eu lieu.

Nouvelle République, Vincent Buche, 10 février 2012

[Biard-86] Aides à domicile en colère : porte fermée à clé et négociation foutage de gueule

ndPN : De l’impasse des négociations bidons avec une délégation syndicale. Une porte fermée à clé : que craint la Fédération ? A quand une occupation en bonne et dûe forme ?

Aides à domicile : pas corvéables à merci

Près de 200 “ ADMR ” ont tenté de défendre leurs acquis en provoquant une rencontre avec les responsables de la Fédération. Accueil glacial.

Jeanne-Marie Enazor n'a pas eu besoin de motiver les troupes.

 

Jeanne-Marie Enazor n’a pas eu besoin de motiver les troupes.

C’est l’expression d’un profond ras-le-bol qu’elles chantent sur l’air d’ « Au clair de la lune » : « A l’ADMR, on est dans la rue ; des jours à rallonge et des heures perdues, kilomètres qui sautent nous on n’en veut plus… » Environ 200 personnes pour la plupart aides à domicile en milieu rural (ADMR) et en grande majorité des femmes, ont bravé, hier, le froid mordant pendant plus de deux heures devant le siège de « leur » Fédération à Biard. Déroulé d’un après-midi glacial à plus d’un titre.

> 14 h : les manifestantes se rassemblent tranquillement à l’appel de la CFTC et commencent à scander des slogans peu amènes contre l’administration. Elles se veulent les représentantes des 1.700 salariées du département réparties dans 45 associations. Jeanne-Marie Enazor, responsable du syndicat CFTC, égrène au porte-voix les motifs de leur colère qui résultent d’un changement de convention. Clarisse Fillon et Marie Cotaz livrent leur souffrance au travail : « Nous perdons tous nos acquis avec la suppression d’une partie de nos indemnités kilométriques, puis de nos congés d’ancienneté et on doit souscrire obligatoirement à une mutuelle dont la répartition est de 60 % pour nous et 40 % pour l’employeur. Nous allons perdre jusqu’à 200 € sur des salaires déjà bas. » Plus loin, les jeunes Céline Marmain et Vanessa Daviaud pointent : « Entre une auxiliaire de vie et une aide à domicile qui font exactement le même travail, il y a un écart de salaire. On nous prend pour des boniches. Et en plus maintenant, nous sommes amenés à transporter les personnes pour 0,35 € du km alors qu’un taxi se fait payer 0,86 € du km. » > 14 h 30 : le groupe décide de rencontrer les responsables de la Fédération. Le ton monte sur les marches du siège de la Fédération. Les invectives contre l’administration tombent en cascade : « Pourquoi nos salaires ne sont jamais versés en temps et en heure. Nous ne sommes pas des auxiliaires de vie et pourtant nous faisons aussi les toilettes des usagers plus tout le reste ! ». La directrice de la Fédération Catherine Guillemet et le président Jacques Pineau sortent de l’établissement. > 14 h 45 : les échanges sont vifs. Les ADMR veulent toutes être reçues. La direction ne veut rencontrer qu’une petite délégation. Après d’âpres échanges, les ADMR acceptent. Quinze d’entre elles entrent mais la porte est fermée à clé juste après. > 15 h 45 : Jeanne-Marie Enazor se fait une nouvelle fois le porte-parole. « La Fédération s’engage au dialogue et aux négociations mais pas une seule de nos demandes n’a abouti. Quatre réunions sont programmées les 17 et 27 février et les 12 et 27 mars. » Clap de fin… pour l’instant.

Nouvelle République, Marie-Laure Aveline, 10 février 2012

[Poitiers] Salarié-e-s des Greta contre le démantèlement de la formation continue

Quid des Greta et de la formation continue ?

Les formateurs, administratifs et conseillers en formation continue ont manifesté devant le Greta du lycée Auguste-Perret.

 

Les formateurs, administratifs et conseillers en formation continue ont manifesté devant le Greta du lycée Auguste-Perret.

Même si les cinq Greta (groupement d’établissements de l’Éducation nationale qui mutualisent leurs compétences et leurs moyens pour proposer des formations continues pour adultes) de l’académie affichent un chiffre d’affaire global de 11,3 millions en 2010 (8,6 millions en 2008), leur existence dans leur forme actuelle est plus que menacée. Un projet gouvernemental de les transformer en GIP (Groupement d’intérêt public) autonomes n’est pas du goût des personnels qui refusent « le démantèlement de la formation continue ». Réunis au lycée Auguste-Perret de Poitiers, hier midi, sous plusieurs bannières syndicales (CGT Educ’action, FSU, Sgen/CFDT, Unsa Éducation), les personnels ont manifesté leur opposition à ce projet. « Ce qu’on sent arriver, c’est que la formation continue gagne trop d’argent pour ne pas avoir la tentation de la faire glisser vers le privé. De plus, 99 % de ce qui va faire fonctionner les GIP ne sont pas encore arrêtés. Pour l’instant, il n’y a aucun cadrage. »

Nouvelle République, 10 février 2012

[Châtellerault] Les grévistes de Thalès n’obtiennent qu’une augmentation égale à l’inflation

Conflit à Thalès : la grève est terminée

A peine arrivé de Singapour où il était en déplacement professionnel, Stéphane Quancard, le directeur d’établissement au Sanital, Thalès CSF-FR où on répare des pièces pour avions et hélicoptères (effectif : 415 CDI), a dû enchaîner avec une réunion de près de cinq heures avec ses salariés, en grève depuis mardi contre la politique salariale du groupe Thalès Avionics.

«  Une hausse de 45 € garantie  »

Son rôle de médiateur entre l’intersyndicale CFE-CGC (cadres), CGT et CFDT, et, la direction générale à Meudon-la-Forêt (Hauts-de-Seine), s’est avéré payant dans la résolution du conflit. Une « solution locale » a été trouvée et le piquet de grève levé hier matin, 9 h. A 22 heures, mercredi soir, les deux parties sont tombées d’accord sur le montant de l’augmentation générale brute mensuelle pour les non-cadres (ouvriers, techniciens et administratifs) : « La direction du groupe a proposé une augmentation générale minimale garantie de 45 €(NDLR : le double était réclamé) au lieu des 33 € proposés initialement (*), et ce pour garantir le pouvoir d’achat des plus bas salaires. 45 €, ça représente + 2,5 % d’augmentation de salaire pour un salaire de 1.800 € brut », indique Silvain Ruffin, de la CFE-CGC, qui ne se satisfait toutefois pas de cet accord : « 45 € d’augmentation générale, ça couvre juste la hausse de l’inflation. C’est bien pour le maintien du pouvoir d’achat. Mais ce n’est pas suffisant. »

Retour au boulot

Toujours est-il que les salariés ont repris, hier, le travail et le chemin des ateliers. Le site est débloqué. Toutefois, l’intersyndicale de Thalès Sanital, le service après-vente du groupe, a obtenu un rendez-vous, prévu ce matin au siège à Meudon, pour « expliquer la spécificité méconnue de Châtellerault et les raisons qui ont conduit à la grève. »

(*) Pour les cadres et ingénieurs, les dernières propositions de la direction restent inchangées : +2,4 % d’augmentation individuelle et pas d’augmentation générale.

Sylvain Ruffin (CFE-CGC), de l’intersyndicale, tient à préciser que « dans le groupe Thalès Avionics, la banche support client du site du Sanital a les plus bas salaires ».

Nouvelle République, Denys Frétier, 10 février 2012