Archives de catégorie : Ni patrie ni frontière

[Chine] Un conflit foncier provoque des émeutes dans le sud du pays

[Chine] Un conflit foncier provoque des émeutes dans le sud du pays

Émeutes dans le sud de la Chine autour de la vente de terres

Des milliers de personnes armées de bâtons, de pierres et de cocktails Molotov ont participé aux heurts, qui auraient fait trois morts.

De violents affrontements ont opposé, samedi, les forces de l’ordre à des villageois en colère contre la vente de terres dans le sud de la Chine, a indiqué la police. Des milliers de personnes armées de bâtons, de pierres et de cocktails Molotov ont participé aux heurts, qui auraient fait trois morts, selon le quotidien de Hong Kong, Oriental Daily News. La police de la préfecture de Zhongshan, dans la province du Guangdong (sud), a indiqué sur un compte Weibo, le Twitter chinois, que les habitants du village de Yilong avaient envahi un parc industriel où ils « ont cassé, pillé et brûlé ».

La police a démenti qu’il y ait eu des victimes. Elle n’a pas précisé combien de personnes avaient été impliquées, mais a indiqué que, depuis le mois d’août, des villageois bloquaient le parc industriel au prétexte d’un contentieux foncier entre deux quartiers. Deux ateliers ont été incendiés, rapporte Oriental Daily News, selon lequel les habitants reprochent aux dirigeants locaux d’empocher le produit de la vente de terrains communaux. Quelque 3000 policiers ont été déployés, affirme encore le journal.

L’AFP a vainement cherché à joindre la police locale, la police et les autorités de la ville de Zhongshan. À la fin du mois d’octobre, des milliers de personnes à Huzhou, dans la province du Zhejiang (est), avaient protesté contre le doublement d’une taxe professionnelle portée à 600 yuans (67,4 euros) par employé dans la confection de vêtements pour enfants. La police a arrêté 72 personnes depuis.

Leur presse (Agence Faut Payer), 13 novembre 2011.

Pillage des terres en Afrique

Comment l’Afrique brade ses terres

Les terres du continent noir constituent un enjeu essentiel pour l’avenir.Comment moraliser et réguler cette course effrénée à l’acquisition facile de terres dans les pays pauvres?

Un fermier sud-africain, le 15 février 2010. Reuters/Siphiwe Sibeko

Avec les très violents heurts en octobre dernier dans une commune rurale du nord du Sénégal à la suite d’un projet privé de biocarburant, ressurgit le problème controversé de la concession, de la location ou de la vente des terres à de gros investisseurs dans les pays pauvres. Retour sur un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur en Afrique.

La cession de 20.000 hectares de terres à des investisseurs privés italiens à Fanaye dans la vallée du fleuve Sénégal (région de Podor) a déchaîné la colère d’une partie des villageois et des conseillers ruraux. Partisans et adversaires de la transaction se sont très violemment affrontés à coups de bâtons, machettes, gourdins et armes à feu artisanales. Bilan de ces échauffourées, deux morts et une vingtaine de blessés. Les Italiens projetaient de produire du biocarburant.

«20.000 ha, c’est le tiers de toutes les terres cultivables de la communauté rurale», s’était insurgé sur RFI le 26 octobre Ahmadou Thiaw, du collectif de défense des terres de Fanaye.

Appuyés par des ONG, ses amis et lui ont menacé d’organiser une grande marche de protestation le 28 octobre à Dakar. Probablement encore sous le choc de l’énorme succès de la manifestation du 23 juin dernier contre la tentative de modification de la constitution par le président Abdoulaye Wade, les autorités nationales ont décidé de suspendre le projet.

Iront-elles jusqu’à remettre en cause le partenariat signé à Dakar le 13 septembre dernier entre Sen Huile et l’ISRA (institut sénégalais de recherches agricoles) pour lancer un projet de plantation et d’exploitation de tournesol, dont une partie serait utilisée dans la fabrication du biocarburant? Partenariat à l’origine du projet de Fanaye. Rien n’est moins sûr. La société Senhuile est détenue à 51% par le groupe italien Tampieri Financial Group et à 49% par des privés sénégalais.

«Des milliers d’hectares attribués»

Amadou Kanouté est le directeur exécutif du CICODEV (Institut de recherche, de formation et d’action pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement). Le constat qu’il dresse dans les media sénégalais est accablant. Selon lui, la cession des terres est en train de prendre une ampleur extraordinaire dans le pays. A l’entendre, durant les dix dernières années, des milliers et des milliers d’hectares ont été attribués sans consultation des populations locales, à des autorités politiques ou religieuses ainsi qu’à des entreprises étrangères.

Et de citer des exemples à Diokoul au centre-ouest du Sénégal où quelques 3000 hectares de terres ont été pris à 99 paysans de quatre villages par une autorité politique du pays. Même chose en Casamance, où des milliers d’hectares ont été attribués à une société pour produire du jatropha destiné à l’exportation.

Des accusations corroborées par le nouveau rapport d’Oxfam au nom évocateur «main basse sur les terres agricoles et déni des droits», rendu public le 22 septembre dernier.

«Une partie non négligeable de ces transactions sont en fait des accaparements de terres qui bafouent les droits et besoins des populations locales concernées. Sans consultation préalable, dédommagement ni voie de recours, ces dernières se voient ainsi privées de logement et de terre (…)», peut-on y lire.

Administrateur principal du Club du Sahel et de l’Afrique de l’ouest- OCDE, Jean Zoundi Sibiri tempère la situation:

«Ce qui s’est passé dans le nord du Sénégal est la conséquence d’un manque de transparence et de communication».

«Il faut se garder de diaboliser le phénomène et bien faire le distinguo entre des porteurs de projets venus uniquement en Afrique produire pour l’exportation et faire du profit et les pays africains qui ont mis au point des politiques agricoles à même de répondre à leurs demandes locales», confie-t-il à Slateafrique.

«Ne pas le diaboliser»

Pour lui, produire du biocarburant n’est pas forcément infamant.

«On peut le faire sans confisquer des terres aux paysans. Au Mali par exemple, les choses se font de façon tout à fait harmonieuse avec les populations paysannes. Certaines sont même actionnaires dans la société de production d’agro carburant».   

«En Afrique de l’ouest», poursuit l’économiste agricole burkinabé, « le Mali, le Sénégal et le Nigeria se sont fixés des objectifs ambitieux dans le domaine énergétique. Le Mali prévoit de diminuer sa consommation de gasoil et de DDO, -un combustible issu du processus de raffinage du pétrole- d’au moins 15% entre 2014 et 2018 et de les remplacer par du biocarburant».

Et de narrer «une expérience fort intéressante en cours au Nigeria» :

«Le Kassav tiré du manioc y est utilisé en agro-industrie. Une production induite et financée par des investisseurs nationaux, pour fournir de l’énergie de cuisine aux populations locales. L’initiative est couplée avec un projet de fabrication de cuisinières et de foyers susceptibles d’utiliser ce nouveau carburant vert».

«Des contrats ont même été signés avec l’association des producteurs de manioc pour augmenter la quantité de ce tubercule aussi utilisé pour fabriquer du gari, farine de manioc tant prisée en Afrique de l’ouest», précise Jean Zoundi Sibiri. Non sans reconnaître qu’en Afrique, les exemples positifs comme en cours Nigeria et au  Mali ne sont pas légion.

«Un phénomène en forte croissance»

Inquiétant d’autant que les transactions foncières à grande échelle se sont accélérées ces dernières années.

«Même s’il est difficile à quantifier vu l’absence totale de transparence qui le caractérise, il est incontestablement en forte croissance» souligne pour Slateafrique, Jean-Cyril Dagorn d’Oxfam France.

Depuis 2001 dit-il, 227 millions d’hectares ont été vendus, loués ou concédés dans le cadre de transactions foncières à grande échelle :

«Malgré le manque de transparence entourant ces transactions foncières, des recoupements ont à ce jour, permis d’établir que 1100 portent sur un total de 67 millions d’hectares, dont la moitié en Afrique, pour une superficie quasi équivalente à celle de l’Allemagne».

Pour lui, trois raisons principales expliquent cette croissance exponentielle: la concurrence effrénée pour l’acquisition des terres agricoles surtout depuis la dernière crise alimentaire mondiale qui a eu pour conséquence, une forme de financiarisation des produits agricoles; la recherche d’autres sources de profit par des investisseurs échaudés par la crise immobilière; et la volonté politique de l’Union européenne d’incorporer 10% d’agro carburant dans sa consommation énergétique.

Si le phénomène touche aussi le Honduras et le Guatemala en Amérique centrale, l’Indonésie en Asie, il est beaucoup plus répandu en Afrique pour trois raisons: le continent africain dispose encore suffisamment de terres disponibles, le prix du foncier est peu élevé et selon Jean-Cyril Dagorn, les investisseurs ont plus de marge manœuvre pour contourner le droit local, généralement peu appliqué.

«Les principaux acquéreurs, de gros investisseurs étrangers»

En Afrique de l’ouest, en plus du Sénégal, du Mali et du Nigeria, il a gagné le Burkina Faso; l’Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda et le Soudan du Sud fraîchement indépendant en Afrique de l’est; le Cameroun en Afrique centrale.

Les principaux acquéreurs sont de gros investisseurs privés étrangers, essentiellement européens comme dans le nord du Sénégal, de grandes multinationales, telle que la New Forest Company en Ouganda. Mais aussi des états très riches, notamment les pays du golfe arabique ou d’autres.

La Libye par exemple a investi au Mali dans la zone de l’office du Niger dans un projet de production de riz appelé Malibya, avec pour objectif affiché, d’assurer sa sécurité alimentaire. Les élites locales qui profitent du laxisme et des largesses que leur accordent les autorités nationales, ne sont pas en reste.

Comment moraliser et réguler cette course effrénée à l’acquisition facile de terres dans les pays pauvres? La communauté internationale doit «adopter au plus vite des standards internationaux contraignants sur la gestion des ressources naturelles» recommande Oxfam.

SlateAfrique, Valentin Hodonou, 16 novembre 2011

Andie 12 ans, expulsable avec sa mère et sa soeur, soutenu par son éducateur de foot

Expulsion : le coup de coeur du coach pour un gamin

 

Ancien éducateur de football du jeune Andie, Jean-Yves Ferjoux a lancé une pétition face à l’obligation de quitter le territoire qui frappe le collégien.

Lydie Bahoumina, ici avec son fils Andie à l'été 2010. « Les enfants sont touchés », soupire la maman.

Lydie Bahoumina, ici avec son fils Andie à l’été 2010. « Les enfants sont touchés », soupire la maman. – (dr)
 

Après quatre décennies à arpenter le bord des terrains (Baroc, Loudun, Dissay, Neuville…), il a pris du recul avec les choses du ballon rond. Pourtant, Jean-Yves Ferjoux repasse à l’attaque.

« Le 7 novembre, raconte-t-il, j’ai appris que Andie, un jeune Congolais de 12 ans que j’ai côtoyé à partir de 2007 quand j’étais responsable de l’école de football du Poitiers FC, était sous la menace d’une obligation de quitter le territoire en compagnie de sa mère et de sa soeur. Son frère aîné, majeur, est lui autorisé à rester sur notre sol. »

 » Ce soutien me donne le courage d’avancer  »

Cette décision, qui devait prendre effet le 8 novembre, est repoussée en raison d’un recours au tribunal administratif. « Je suis allée rencontrer la mère d’Andie. Quand elle m’a vu, elle a pleuré. » « Je ne sais pas si le recours va aboutir», soupire Lydie Bahoumina, jointe au téléphone.

A l’instar des parents d’élèves et des enseignants du collège et du lycée Camille-Guérin qui ont lancé une pétition de solidarité à Andie, élève de 6 e , Jean-Yves Ferjoux en a fait de même en son nom propre. « Ce soutien, ça me fait du bien, ça me donne le courage d’avancer », apprécie Mme Bahoumina, ajoutant : « Les enfants sont affectés par ce qui se passe. »

A travers un courriel, l’ancien coach mobilise ses réseaux. Footballistiques ou non. « Andie est né en France et ne connaît pas d’autres pays, indique-t-il dans son message. Cette mesure est absurde car elle a pour effet de séparer les membres de cette famille. » Jean-Yves Ferjoux demande encore au maire de Poitiers d’intervenir auprès du préfet « pour retirer cet arrêté » et de délivrer à Mme Bahoumina « un titre de séjour vie privée et familiale afin de permettre à ses enfants de terminer leur scolarité sereinement ».

Selon son instigateur, la pétition aurait déjà recueilli plus de 200 signatures.

Nouvelle République, Jean-François Rullier, 15 novembre 2011

Compte-rendu de deux manifestations

Deux manifestations pour l’aménagement du territoire

Des militant-e-s du groupe Quartier Pirate sont allé-e-s aux deux manifestations de ce samedi portant sur des problèmes d’aménagement du territoire.

La première, contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, partait de la Porte d’Orléans à 11h pour aller jusqu’au Sénat. Une manifestation matinale, dynamique et bigarrée. Des vaches et  des vélos, mais surtout des personnes venues de toute la France, des militant-e-s venu-e-s de divers horizons, et une vraie détermination. Toutes ces envies de lutter rassemblées faisaient chaud au cœur.

La seconde a eu lieu l’après-midi contre la gentrification de Montreuil. Une marche s’est déroulée à travers les lieux concernés par le plan de rénovation urbaine : un jardin partagé, un campement de roms, un squat détruit… Car les effets de ces politiques sont déjà sensibles : ainsi, les expulsions du 94 rue des Sorins à Montreuil, ou du 178 rue Robespierre, à Bagnolet.

De manière générale, dans nos quartiers, en périphérie de Paris, les expulsions de logement vont de pair avec les opérations immobilières. Les plus précaires sont les premiers à être attaqués par ce type de restructuration, qui visent essentiellement à rendre les loyers plus élevés et à accueillir des populations plus riches. 

Mais ce n’est pas une fatalité. A Notre Dame des Landes comme en banlieue parisienne, nous pouvons nous organiser pour résister à la loi du marché. Des collectifs locaux se montent, sous diverses formes, et c’est déjà un premier pas. Il peut s’agir au-delà de tisser des liens entre ces diverses luttes, de voir que bon nombre de problématiques sont communes… et finalement de porter une autre perspective d’aménagement du territoire : au niveau local, autogestion, conseils de quartiers ou de cantons ; et lorsque cela est nécessaire (grands projets d’aménagement) coordination sur un mode fédéral… mais toujours en fonction des besoins réels des populations, et non d’intérêts financiers !

Groupe Quartier Pirate, samedi 12 novembre 2011

[Athènes] Et un supermarché de plus exproprié…

[GRECE] Athènes : et un supermarché de plus exproprié…

Athènes : et un supermarché de plus exproprié…

Samedi 5 novembre 2011, un groupe de compagnons a exproprié un supermarché de la chaîne Bazaar/Fresh Express à Exarchia.

Des biens de base et de la nourriture ont été expropriés et distribués parmi les gens du marché ouvert de la rue Kallidromiou.

La foule a reçu les chariots pleins de courses avec enthousiasme et a accepté les produits avec plaisir et joie pour l’action.

Leurs richesses sont notre sang.

Exproprier partout le Capital.

Des compagnons

Traduit de l’italien par Brèves du Désordre de informa-azione, Mar, 08/11/2011 – 00:56