Archives de catégorie : Ni patrie ni frontière

Appel à soutien du DAL 86

Poitiers, diffamation : venez nombreux soutenir le Dal86 !

Dans l’affaire Audacia qui traîne le DAL86 au tribunal en diffamation au sujet de deux articles publié sur le blog du Dal86 au sujet des méthodes utilisées pour faire sortir les déboutés du droit d’asile de leur logement CADA, venez nombreux soutenir le Dal86 :
– concernant le référé, mercredi 17 septembre à 9h30 au Tribunal de Grande Instance de Poitiers ;
– concernant le fond : jeudi 9 octobre à 14h au Tribunal de Grande Instance de Poitiers.

Conférence de presse en présence de Jean-Baptiste Eyraud, porte parole de la Fédération DAL, jeudi 9 octobre à 13h30 devant le Tribunal de Grande Instance

(La suite sur le site du DAL 86, article du 12 septembre 2014)

[Israël, Palestine… monde entier] à propos d’une offensive étatiste contre le prolétariat

à propos d’une offensive étatiste contre le prolétariat
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Le blocus, l’occupation et les meurtres massifs perpétrés par l’Etat d’Israël dans les territoires palestiniens sont expliqués et commentés depuis des semaines selon des analyses communautaires, voire « ethniques », religieuses et nationales, prenant plus ou moins tacitement parti – soit pour l’Etat d’Israël, soit pour un Etat palestinien. Ces analyses tronquées, qui identifient les populations à des communautés essentialisées, à des nations, et bien évidemment à « leurs représentants » au pouvoir, se contentent bien souvent de n’aborder que les questions religieuses, identitaires, de dénoncer le racisme ou l’antisémitisme, de condamner une « nation » en particulier. Or, par le fait même qu’elles nourrissent l’idée de « communautés » étanches, tout en avançant sous le masque de la paix sociale, elles ne font que renforcer la haine.

Dans ces événements, peu voire pas d’analyse critique du capitalisme et de l’institution étatique, y compris à gauche. L’oblitération de toute analyse de classe fait le jeu des nationalistes, politicards et fachos de tout poil, qui ne proposent de « solution » qu’étatistes et interclassistes. Dès lors, comment s’étonner des ces indignations et flashmobs, compréhensibles mais inopérantes, appelant Palestiniens et Israëliens à vivre en paix (comme si c’était la faute à une « haine entre les peuples » ! ). Tant que les responsabilités du capitalisme et de l’institution étatique, là-bas comme ici, ne seront pas clairement pointées, la confusion prévaudra et avec cette confusion, le risque de glissements vers des discours fascisants aussi imbéciles que nocifs pour nous tous.

Alors que la première guerre mondiale éclatait il y a un siècle pour des raisons bien autres qu’une simple haine pour les habitants d’outre-Rhin, les gouvernements versent des larmes de crocodiles sur la « folie meurtrière » et la « haine », lors de cérémonies cyniques de commémoration. C’est faire peu de cas des causes objectives de cette boucherie pour les Etats belligérants et leurs alliés capitalistes, à savoir la lutte pour l’emprise coloniale, la hausse du prix des matières premières, le manque de débouchés industriels, la baisse tendancielle du profit, la course à l’armement, sans oublier les contestations révolutionnaires de plus en plus structurées en Europe, menaçant directement à l’époque les édifices étatiques… bref, ce sont toutes les contradictions du capitalisme réunies qui ont mené droit à la guerre. Guerre permettant de relancer l’économie par l’armement, par la destruction de main-d’oeuvre surnuméraire, par l’appropriation brutale de territoires et de marchés, par le marché de la reconstruction. La machine capitaliste était relancée, menant inexorablement à d’autres boucheries, d’une ampleur plus grande encore.

Or derrière l’offensive israëlienne permanente sur les territoires palestiniens, ce sont toujours des enjeux de profit et de pouvoir qui président à la guerre. Depuis toujours, les territoires palestiniens constituent un enjeu énergétique important : ils sont dotés de réserves de gaz importantes (notamment le gisement de Gaza Marine au large de Gaza), sur lesquelles lorgnent aussi bien les politicards locaux (Israël, Autorité palestinienne et Hamas) que ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Russie, dans l’intérêt direct de leurs alliés capitalistes respectifs. Par ailleurs, la Palestine est aussi dotée de réserves d’eau qui ont de plus en plus de valeur dans cette région de la planète (Cisjordanie en particulier). Enfin, depuis des années, les salons militaires internationaux confirment que le massacre des civils constitue une vitrine exceptionnelle pour la promotion d’engins de mort. L’armement de Tsahal est un business extrêmement lucratif, et la bande de Gaza rien moins qu’une zone d’essai militaire en terrain réel. Comme toujours, des prolos qui ne demandent qu’à ce qu’on leur foute la paix sont massacrés sur l’autel du fric.

Si ces véritables raisons du « conflit », obstacles à toutes les déclarations d’intention, sont bien connues, les gouvernements et les journalistes en parlent bien peu, préférant jouer sur la tension. Car au-delà d’intérêts financiers, cette politique agressive permet aussi de contenir les révoltes sociales, en Israël… comme ailleurs. Le capitalisme est une dynamique d’oppression sociale, menée aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des Etats, où les inégalités de classes ne cessent de se creuser. N’oublions pas que derrière le mirage économique, l’Etat d’Israël connaît les pires inégalités sociales de l’OCDE. Face à la montée des mouvements sociaux suscités par les inégalités sociales qu’il entérine par sa fidèle gestion du capitalisme, l’Etat d’Israël nourrit le nationalisme, ni plus ni moins que les autres Etats.

Le nationalisme, ennemi mortel des prolétaires, consiste, pour un Etat ou des aspirants au pouvoir d’Etat, à désigner un ennemi commun, ce qui permet de susciter une unité nationale fictive sous laquelle les « citoyens » devraient se ranger. Exit la domination de classe, exit l’exploitation capitaliste : l’ennemi est désormais l’autre, l’étranger. Le gouvernement israëlien, pour justifier ses exactions permanentes, n’hésite pas à recourir à des discours racistes et assimile « les Palestiniens » au Hamas et au « terrorisme ». Le Hamas, alors qu’il comptait de moins en partisans avant le conflit, fait de même en désignant « les Israéliens » comme ennemis irréductibles, avec ses fondamentaux antisémites à vomir. Hamas et Etat israëlien tentent ainsi de faire l’unité derrière eux auprès des populations qu’ils oppriment tout en prétendant les défendre, en recourant à la vieille ficelle indémodable de la haine. Les politicards d’Israël et de Palestine, en se faisant la « guerre », renforcent mutuellement leur influence, tentant de juguler leur perte de crédibilité auprès des prolétaires en les divisant par la vieille stratégie mortifère du nationalisme. Bien loin de servir la cause des prolos de cette région, les gouvernements et les partis aspirant à exercer le pouvoir, de part et d’autres des frontières tracées dans le sang et la dépossession, ont prouvé depuis longtemps qu’ils n’ont aucune pitié quand il s’agit de réprimer les mouvements sociaux.

Bien loin de régler ce « conflit », les « soutiens » divers de nombre de partis politiques, en France et ailleurs, ne font trop souvent que l’étendre en surfant sur les analyses nationalistes et sur la colère, pour placer leur critique sur le même terrain que ces rapaces brandissant des drapeaux et des armes d’une main contre « l’ennemi », exploitant et réprimant les prolos de l’autre. Les positions des divers Etats du monde à propos de ces événements sont toutes également répugnantes. Tous les Etats sont fondés sur la violence, l’expropriation et l’occupation de l’espace, et la stigmatisation d’ennemis intérieurs et extérieurs. Le jeune Etat d’Israël n’a, à ce titre, qu’un palmarès historique sanglant encore bien limité par rapport à celui de la France. En France, d’ailleurs, ces événements sont une nouvelle occasion pour l’Etat de renforcer ses dispositifs d’oppression/répression avec de nouvelles lois « antiterroristes », avec le renforcement des opérations militaires extérieures (« antiterroristes » elles aussi, bien sûr), avec la banalisation de l’interdiction des manifs de solidarité, avec la stigmatisation des musulmans et la chasse aux immigrés, le tout suintant le mépris de classe. La division par la peur a toujours été la signature armée des monstres qui prétendent nous gouverner.

Or en France on ne voit pas beaucoup, y compris à gauche, de partis parmi ceux qui condamnent « Israël » (omettant de dire « Etat d’Israël ») dénoncer l’histoire et l’actualité des politiques coloniales que mène l’Etat français, lui aussi au nom de la lutte contre le « terrorisme ». Alors que la dénonciation de tous les Etats devrait prévaloir chez les révolutionnaires, la condamnation d’un Etat en particulier, l’Etat israëlien, pose question. Quid des exactions sur des populations civiles menées actuellement par de nombreux autres Etats du monde ? La condamnation de l’Etat d’Israël devrait aller avec celle de tous les Etats, en commençant par celui qui nous concerne en premier lieu, l’Etat français. Qui mériterait tout autant, par ses gages en matière d’écrasement des pauvres d’ici et d’ailleurs, « le boycott, le désinvestissement et les sanctions » ! Si l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles, nous ferions bien de faire preuve de plus de vigilance quant au concept d’ « antisionisme », terme qui élude ou amalgame la diversité historique des sionismes et fait l’impasse sur la lutte nécessaire contre TOUS les Etats.

Aucune alliance avec les nationalistes quels qu’ils soient, alliés objectifs du capitalisme qui toujours se retournent contre nous. La meilleure façon de construire l’émancipation, l’autonomie et une solidarité assez forte pour faire reculer le racisme et l’antisémitisme, ne passe pas par des appels hypocrites et confus à « la paix », mais par la lutte solidaire et antinationaliste, là où nous nous trouvons, contre nos véritables adversaires communs : les capitalistes et les gouvernants du monde entier, qui tentent partout de nous diviser pour mieux nous asservir. Nous n’y parviendrons qu’en organisant et en fédérant par nous-mêmes, loin des partis et des illusions étatistes, nos luttes et nos alternatives.

Des anarchistes de Poitiers, 5 août 2014

A propos du mouvement pour la paix en Israël

NdPN : un texte fort pertinent, paru sur le site de l’ICO.

A propos du mouvement pour la paix en Israël

Depuis le début des bombardements massifs et meurtriers de l’armée israélienne sur la Bande de Gaza, de nombreuses manifestations, rassemblements et initiatives diverses sont organisés dans les principales villes d’Israël contre la guerre et le racisme. A notre sens, ce sont ces initiatives et ces actions qui, dans le contexte de massacres, de destruction et de haines racistes, sont porteuses d’avenir dans cette région du monde.

Dans ce mouvement pour la paix, on trouve des organisations politiques, dont la principale est le Parti Communiste d’Israël, ainsi que l’extrême-gauche anarchiste ou marxiste, des syndicats ouvriers comme le WAC (Workers Advice Center) qui, contrairement à la centrale bureaucratisée et nationaliste Histadrout, organise à la fois des travailleurs juifs et des travailleurs arabes, tant en Israël qu’en Cisjordanie, on peut aussi trouver des initiatives venant d’artistes, de parents ou de voisins sans affiliations politiques définies qui veulent simplement rappeler que Juifs et Arabes refusent d’être ennemis. On peut ainsi citer le Cercle des Parents – Forum des Familles (PCFF), qui est une organisation commune de plus de 600 familles palestiniennes et israéliennes qui toutes ont perdu un proche parent dans le conflit. A Jaffa, Jérusalem ou Wadi Ara, l’association « Hand in Hand » (main dans la main), Centre pour l’éducation judéo-arabe, organise chaque semaine des marches ou rassemblements de familles juives et arabes pour s’opposer au racisme et à la guerre. On peut aussi ajouter de simples liens humains, si importants en temps de guerre, comme entre des familles de Sderot et de Gaza qui s’inquiètent mutuellement de leur santé, s’échangent des nouvelles et des messages de soutien. Sur des réseaux sociaux, des initiatives apparaissent également pour diffuser un message contre la guerre et le racisme. On trouve également des mouvements de réservistes qui annoncent publiquement qu’ils refusent de combattre dans les territoires palestiniens, des objecteurs de conscience, etc.

Dans le contexte actuel de confusion ambiante, un point mérite d’être soulevé et clarifié. Dans le mouvement pour la paix en Israël, on trouve aussi des religieux, rabbins, curés ou imams ou des personnes religieuses qui se basent sur des textes sacrés pour dénoncer la guerre et le racisme. Pour faire vite et être compris des lecteurs français, il s’agit d’un courant comparable à nos « cathos de gauche » ou aux protestants de la Cimade avec qui nous pouvons nous retrouver dans des manifestations et mobilisations pour le droit des sans-papiers par exemple. Ce courant n’a rien à voir avec la secte « Neturei Karta », pourtant régulièrement encensée par certains « progressistes » au nom de « l’antisionisme ». Non seulement Neturei Karta sert de caution juive à des antisémites comme Dieudonné ou Soral et à des dictatures comme le régime iranien, mais il s’agit d’un courant ultra-orthodoxe et ultra-réactionnaire. L’entrée de femmes habillées de « façon non-modestes » est interdite dans la zone de Méa Shéarim (quartier de Jérusalem qu’ils contrôlent), des émeutes et des appels au meurtre y ont déjà eu lieu lors de la Gay Pride, bref il s’agit d’une secte religieuse extrêmement misogyne, homophobe et réactionnaire, plus proche idéologiquement de cercles évangélistes fondamentalistes américaines ou du wahhabisme que de sympathiques croyants pacifistes !

Lorsque, dans la presse, ce mouvement pour la paix en Israël est mentionné, c’est généralement pour dire tout de suite après que c’est un mouvement minoritaire. On trouve bien souvent aussi le même type de commentaires dans les publications de l’extrême-gauche occidentale. Et finalement, pour une partie de l’extrême-gauche occidentale, ce mouvement est mis en avant comme une « exception » dans la société israélienne. Or, si ce mouvement est effectivement aujourd’hui minoritaire, il ne s’agit là en rien d’une spécificité israélienne. Sauf dans les périodes de crise révolutionnaire, l’idéologie dominante est toujours celle de la classe dominante, et cela est vrai pour Israël comme pour la France. Rappelons qu’Israël est un petit pays de 7 millions d’habitants, bref on trouve moins d’habitants dans tout Israël que dans la seule Région Parisienne. Le 26 juillet par exemple, ce sont plusieurs milliers de personnes qui ont manifesté contre la guerre à Tel Aviv. Entre 3.000 personnes selon la presse et 7.000 personnes selon le Parti Communiste d’Israël. Bref, si on voulait comparer la manifestation à Tel Aviv avec des manifestations en France, il faudrait multiplier le nombre de manifestants par dix. Et précisons que ces manifestations ont lieu dans un contexte bien différent : des roquettes du Hamas tombent effectivement sur le sol israélien. La manifestation du 26 juillet avait même d’abord été annulée pour cette raison puis confirmée une heure seulement avant son commencement. De plus, des commandos de l’organisation terroriste d’extrême-droite Kach menacent physiquement les partisans de la paix. Comparons malgré le contexte différent : en prenant le chiffre le plus bas, celui de la presse, 3.000 personnes, ce serait l’équivalent de 30.000 manifestants en France. Or, à quand remonte la dernière manifestation de 30.000 manifestants à Paris contre une intervention militaire lancée par l’Etat français ? Il n’y a eu, à notre connaissance, aucune manifestation contre les interventions françaises au Mali ou en Centrafrique. Notons qu’en Russie et Ukraine, nous n’avons pas constaté non plus de mobilisation de masse contre l’escalade militaire et le nationalisme… et, malheureusement, encore moins de mobilisation permettant d’empêcher les bombardements sur Donetsk et la fin du conflit.

Tout cela pour dire que les mobilisations du mouvement pour la paix en Israël, même minoritaires, sont loin d’être ridicules. Comme dans tous les pays du monde, Israël est un pays divisé en classes, entre exploités et exploiteurs, et comme partout dans le monde si on y trouve une extrême-droite raciste et fascisante, on y trouve aussi des antiracistes, des militants ouvriers et même des révolutionnaires et des internationalistes. En ce sens s’il est nécessaire de dénoncer le militarisme du gouvernement Netanyahou-Libermann, les bombardements et les massacres commis dans la Bande de Gaza, on ne peut en aucun cas accuser l’ensemble de la population israélienne.

C’est bien parce que nous solidaires de nos sœurs et frères de classe de Tel Aviv et de Haïfa que nous sommes opposés au militarisme israélien de même que c’est parce que nous sommes solidaires de nos sœurs et frères de classe de Gaza ou de Ramallah que nous sommes contre le Hamas. Pour maintenir leur domination, pour empêcher les mobilisations ouvrières et les luttes contre la misère et l’austérité, dirigeants nationalistes israéliens et islamistes du Hamas ont tout intérêt à maintenir un conflit permanent. En ce sens, les bombardements de Tsahal sur la Bande de Gaza sont un véritable cadeau fait au Hamas, parti de plus en plus discrédité dans les territoires palestiniens. De même, les tirs de roquettes du Hamas renforcent le gouvernement de Netayahou tant dans sa politique militariste que dans ses attaques contre la classe ouvrière israélienne.

Dans ce contexte de barbarie militariste, alors que les extrémistes religieux et/ou nationalistes multiplient les appels à la haine raciste y compris à des milliers de kilomètres de Gaza ou de Tel Aviv, l’espoir est justement dans l’existence d’un mouvement pour la paix, dans le fait que des militants ouvriers israéliens, comme ceux du WAC, interviennent pour soutenir des luttes ouvrières en Cisjordanie, dans les manifestations pour la paix, mais aussi dans les cris du cœur de toutes celles et de tous ceux qui refusent l’engrenage sanglant dans lequel les entraînent les fauteurs de guerre. Pour des « bolcheviks de fer » occidentaux, certains appels et slogans venant du cœur d’êtres humains de Sderot ou de Gaza, de Tel Aviv ou de Ramallah, de Haïfa ou d’Hébron, pourront toujours paraître « pas assez politiques ». Mais qu’importe ! C’est le mouvement réel qui abolit l’ordre des choses existants, et non des déclarations rédigées pour le seul mouvement gauchiste.

Camille Boudjak

Vu sur le site d’Initiative communiste ouvrière, 27 juillet 2014

[Poitiers] Soutien aux Palestiniens : manifestation calme… et arrestations

A Poitiers quelque quatre cents personnes se sont réunies Place Leclerc répondant ainsi à l’appel de plusieurs organisations et mouvements politiques pour condamner les massacres du peuple palestinien. Le comité poitevin Palestinien en tête mais également on notait la présence de nombreux militants du NPA, du Front de gauche, d’Europe Écologie Les Verts, du Parti ouvrier indépendant (POI), du PCF ainsi que celle d’un des rares élus socialistes.

Un service d’ordre privé avait été prévu pour ce regroupement pacifique auquel il fallait ajouter une présence ostentatoire de la police nationale venue protéger les abords de la Préfecture.

Sylvette Rougier, présidente du comité poitevin Palestine a condamné dans son discours les violences faites aux Palestiniens, exigé qu’elles s’arrêtent, demandé des sanctions contre Israël, fustigé la « passivité » de la communauté internationale alors que Jacques Arfeuillère, Front de gauche a précisé qu’il s’agissait « de colonialisme et pas d’autres choses : c’est un problème politique ». Yves Jamain, secrétaire départemental du PCF a, lui, justifié sa présence « pour faire pression sur François Hollande, absent dans ce massacre ». Et Claudine Kepinski, secrétaire du POI, a prôné « l’arrêt immédiat des massacres sans condition ».

Nouvelle République, 24 juillet 2014

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« A la fin du rassemblement de ce soir pour la Palestine et alors que tout s’était bien déroulé, la police a interpelé trois manifestants au prétexte pour l’un qu’il aurait crié des slogans appelant à la guerre, pour l’autre qu’il n’avait pas de papier d’identité, pour le 3ème qu’il appelait à un rassemblement non autorisé. [NdPN : selon le NPA, il serait reproché à l’une des personnes arrêtées un « tutoiement » ! ]
Le 1er est maintenu en garde à vue. Le second est relâché. Et le 3ème, Yvon Plaçais, un responsable du Front de Gauche est appelé à comparaitre demain jeudi 24 juillet à 15 heures au commissariat. »
Extrait d’un courriel, 23 juillet 2014
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Pendant ce temps, le massacre continue…

(photo tiré du Palestine Telegraph)

Israel bombs UNRWA school in Beit Hanoon,15 killed, 120 wounded

[Espagne] Une loi anti-manif

NdPN : en France, le gouvernement assume une répression pénale croissante des mouvements sociaux (ce qui a incité le syndicat de la magistrature à se positionner). En Espagne, le gouvernement vient d’adopter un projet de loi ultra-répressif.

Espagne : une loi au parfum de franquisme

Malgré les nombreuses oppositions, le gouvernement conservateur espagnol a finalement adopté son projet de loi sur la « sécurité citoyenne« , en suspens depuis l’automne dernier. Celui-ci prévoit pour des fait de manifestations des amendes sans jugement pouvant atteindre une soixantaine d’années du salaire minimum.
Ordre
 
Ni les protestations de la société civile, ni les réserves des autorités judiciaires ou du Conseil d’Etat, ni les inquiétudes d’organisations internationales (Amnesty, OXFAM, Greenpeace…), ni la (molle) opposition du Parti Socialiste (PSOE) n’ont finalement fait réellement fléchir Mariano Rajoy.Légèrement atténué mais confirmé dans ses grandes lignes et sa philosophie répressive, son projet sur la « sécurité citoyenne » a été adopté par son gouvernement conservateur le 11 juillet, après neuf mois de controverses et dans la torpeur de l’été. Celle-ci se révélant propice aux réformes à problèmes et le Parti Populaire au pouvoir (droite) disposant de la majorité absolue au parlement, le vote définitif pourrait intervenir dans les prochaines semaines.

Pour le ministre de l’intérieur, le nouveau dispositif – qui couvre un vaste champ mêlant les perquisitions, fouilles, manifestations de rue et … prostitution – garantira « plus et mieux la sécurité citoyenne, avec d’avantage de sécurité juridique ». Pour ses opposants qui l’ont qualifiée de « loi-muselière », c’est un monstre juridique liberticide. Son objectif, estime Joaquim Bosch, porte parole de l’association de magistrats « Juges pour la démocratie » est de donner « au gouvernement un instrument pour faire taire les critiques sociales ».

Sur mesure

Ses dispositions, en tout cas, semblent clairement taillées sur mesure pour répondre aux diverses formes de protestations nées avec la crise, en accordant à l’administration un pouvoir punitif arbitraire sans précédent depuis Franco.

Contre les campements dans des lieux publics popularisés par le mouvement des Indignés en 2011-2012 et sporadiquement réitérés depuis, le texte punit le « refus de dissolution de réunions et de manifestations dans des lieux de passage public ».

Contre les rassemblements visant à empêcher les expulsions immobilières, innombrables avec la crise et combattues par différents collectifs, la nouvelle loi punit « l’obstruction visant à empêcher à toute autorité ou employé public » l’exécution des « résolutions administratives ou judiciaires ».

Contre les débordements qui ont émaillé les fins de manifestations au cours des dernières années : un article dédié à « la perturbation au déroulement d’une réunion ou manifestation », définition vague qui ouvre le champ libre aux interprétations policières.

Pour ces différentes atteintes à l’ordre public, la sanction encourue s’échelonne de 600 à 30.000 euros, selon l’humeur de l’administration. Le même tarif s’applique aux rassemblements non-autorisés aux abords du Congrès des députés, du Sénat ou des Assemblées régionales.

Contre les escalades spectaculaires de bâtiments publics, particulièrement prisées par l’organisation Greenpeace, le nouveau texte double les peines encourues en les faisant passer à 600 euros. Des militants de cette ONG n’ont d’ailleurs pas tardé à y répondre par l’escalade d’une tour de 90 mètres près de Palais de la Moncloa, résidence officielle du chef du gouvernement.

Soixante-six ans de salaire d’amende

On passe à une autre échelle de répression pour les fautes qualifiées de « très graves » : parmi elles, l’organisation de manifestations non autorisées dans des infrastructures publiques susceptibles de mettre en danger les personnes ou simplement de « perturber le fonctionnement des services publics » (article 35.1). Amende encourue : 600.000 euros, soixante-six ans du salaire minimum espagnol. Bon prince, la loi précise qu’elle doit tenir compte des ressources du réprimé.

Ces peines n’ont pas besoin de juge pour être prononcées. Elles sont à la discrétion du Ministère de l’intérieur pour les plus graves, voire du Secrétaire d’État à la sécurité pour les autres.

Le gouvernement affirme par cette loi sécuritaire répondre à une « demande de la population », argument qui peut sembler plaisant dans un pays surtout dévasté par un chômage de près de 30 % – 50 % dans la jeunesse et certaines régions – et par l’appauvrissement de couches entières de la dite population.

Selon la dernière étude du Centre d’études sociologiques, la question de la sécurité n’est la priorité première que pour … 0,4 % des Espagnols et l’une des trois priorités pour 2,8 % d’entre eux.

Pascal Priestley, TV5 Monde, 17 juillet 2014