Archives de catégorie : Répression

[Brest] Ca fait peur hein ?

Un habitant de l’immeuble où il résidait le dit aux journalistes : « Il lui arrivait de crier la nuit. » Ça fait peur, hein ?!
Un parent d’élève du quartier où il vivait apporte cette utile précision aux mêmes journalistes : « Il avait l’air bizarre. » Une maman inquiète surenchérit : « Avec ses claquettes aux pieds et sa dégaine, il me faisait peur. » Les claquettes aux pieds, ça fait peur, hein ?!
Un jour, apercevant une fillette égarée ayant échappé à la surveillance de sa mère, il l’avait ramenée gentiment jusqu’à son école maternelle. Une petite fille donnant sagement la main à un homme qui n’est ni son père ni son grand-père… ça fait peur, hein ?! Cette scène, en tout cas, aperçue par une voisine de cet homme à l’air bizarre qui crie parfois la nuit et porte des claquettes aux pieds, aura suffi pour faire naître la rumeur, bientôt répandue dans l’ensemble du quartier : sans aucun doute un pervers sexuel ! Et les pervers sexuels, si nombreux à enlever de jeunes enfants au sortir des écoles depuis quelque temps, ça fait peur, hein ?!
Jean-Claude B., un homme malade placé sous curatelle, à l’allure négligée (ça fait peur, hein ?!), a eu le tort considérable de se trouver à la mauvaise heure, lundi 28 novembre, près de la sortie de l’école où il avait ramené cette gamine quelques jours plus tôt. La meute des honnêtes gens et parents, qui portent aux pieds des chaussures de saison, l’a poursuivi jusqu’à l’entrée de son immeuble et retenu dans la cabine d’ascenseur jusqu’à l’arrivée de la police. Un infarctus foudroyant provoqué par le stress l’a aussitôt terrassé.
Voilà. Il ne criera plus la nuit et son air bizarre ne viendra plus troubler la quiétude d’un quartier bien chaussé où est née et a enflé la rumeur fatale, totalement infondée.
Gageons que ce gouvernement, toujours prompt à pondre une ou deux lois répressives à chaque fait divers sordide, saura faire en sorte que les personnes déambulant avec des claquettes aux pieds ne puissent plus demeurer à moins d’un kilomètre des établissements scolaires. On a trop peur, hein ?!…

Floréalanar, Floréal, 30 novembre 2011

[Poitiers] Famille menacée par une OQTF : mobilisation contre la préfecture

Pour que la préfecture dise  » oui  » à Andy

Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées hier devant la préfecture en soutien au jeune Andy, un collégien de 11 ans menacé d’expulsion.

Les soutiens à Andy se sont rendus hier à la préfecture pour demander audience et remettre au préfet toutes les pétitions recueillies.

 Les soutiens à Andy se sont rendus hier à la préfecture pour demander audience et remettre au préfet toutes les pétitions recueillies. – (dr)

Depuis début novembre. Andy, un jeune Congolais de 12 ans, vit avec sa mère et sa soeur sous la menace d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Son frère aîné, majeur, est pour sa part autorisé à rester en France.
Cette décision révolte aujourd’hui parents d’élèves et enseignants de Camille-Guérin qui ont lancé une pétition de soutien à Andy. Jean-Yves Ferjoux, ancien éducateur de football d’Andy, a fait de même ainsi que le réseau éducation sans frontières (Resf).
Au total, quelque 1.500 signatures papier et 500 électroniques ont été recueillies. Elles ont été remises hier après-midi à Poitiers à un représentant du préfet.
 
 » Aujourd’hui, la préfecture fabrique des sans-papiers  »

Une délégation des associations présentes hier devant la préfecture a reçu la promesse d’être à nouveau reçue avant 8 jours pour évoquer le cas du jeune Andy et de sa mère. « Sous prétexte qu’elle ne s’est pas conformée à une précédente OQTF, datée de 2007, on refuse de la régulariser, dénoncent la Cimade ou encore le collectif contre les expulsions, on lui a cependant délivré des récépissés de 3 mois renouvelables avec autorisation de travailler. La préfecture est incohérente ! »
Les associations rappellent par ailleurs que la famille Bahoumina est parfaitement insérée, que les enfants sont bien évidemment scolarisés et renouvellent leur appel pour qu’on lui délivre un titre de séjour « vie privée et familiale ».
« On est là pour elle mais aussi pour pas mal d’autres personnes dans le même cas actuellement, enchaîne la Cimade, le problème aujourd’hui, c’est qu’on a des personnes qui avaient un titre de séjour et qui le perdent. La préfecture fait du chiffre et veut accélérer les procédures d’expulsion. Elle fabrique des sans-papiers. C’est clair ! »

repères

Aleks, footballeur, régularisé

A 15 ans, Aleks Berisa a participé l’été dernier à la coupe du monde de football des sans-papiers… sous les couleurs de la France. Ce jeune Kosovar appartenant à la communauté Rom, était réfugié à Poitiers depuis octobre 2009.
Scolarisé en classe en 3 e au collège Ronsard de Poitiers, aujourd’hui au lycée pilote innovant de Jaunay-Clan, il avait fait une demande d’asile. Une demande qui a été acceptée tout récemment. Aleks, membre de l’équipe du Secours catholique de Poitiers, vient d’obtenir le droit de rester en France aussi longtemps qu’il le voudra…

Nouvelle République, Jean-Michel Gouin, 1er décembre 2011

ndPN : un rassemblement d’une bonne soixantaine de personnes. La préfecture ne s’est pas engagée à retirer l’OQTF, mais reverrait la délégation d’ici quelques jours.

[Etats-Unis] Répression contre les anti-Wall Street : deux camps évacués, centaines d’arrestations, manif réprimée…

Etats-Unis: coup dur pour les anti-Wall Street, des camps évacués

Les autorités ont porté un nouveau coup aux anti-Wall Street en démantelant dans la nuit deux des plus gros campements anti-capitalistes des Etats-Unis à Los Angeles et Philadelphie, deux semaines après l’évacuation des manifestants new-yorkais à l’origine du mouvement.

Au total, quelque 350 personnes ont été arrêtées au cours de ces expulsions qui marquent un nouveau coup dur pour le mouvement, qui peine à trouver un second souffle depuis son apparition à New York le 17 septembre.

A New York, coeur symbolique du mouvement, les manifestants ont dû quitter le square Zuccotti il y a deux semaines. Ils se retrouvent encore pour des manifestations ponctuelles mais la dernière remonte au 23 novembre. Sur leur site internet, les manifestants confient « chercher désespérément des abris ».

A Oakland (Californie) ou à Portland (Oregon, Nord-Ouest), des campements de protestataires ont également été démontés à la mi-novembre.

Dans la capitale Washington en revanche, les anti-Wall Street occupent toujours deux camps de fortune non loin de la Maison Blanche, mais des rumeurs commencent à courir parmi les médias locaux et les manifestants, à propos d’une note des autorités évoquant « l’augmentation des incidents » et qui serait le signe annonciateur d’une prochaine expulsion.

Plutôt confiants, les anti-Wall Street de la capitale se préparent pourtant à passer l’hiver sous leurs tentes.

A Los Angeles, environ 500 personnes étaient présentes au moment de l’intervention de la police dans la nuit de mardi à mercredi, selon un photographe de l’AFP. Le démantèlement du camp est finalement intervenu 48 heures après l’expiration d’un ultimatum fixé par le maire de la ville.

Peu après minuit (08H00 GMT mercredi), les forces de l’ordre ont annoncé avec des mégaphones que le campement était désormais considéré comme illégal, et que les manifestants devaient quitter les lieux « immédiatement » sous peine d’être interpellés.

Après avoir passé des heures à se demander d’où les policers surgiraient, les anti-Wall Street ont finalement vu les forces de l’ordre sortir directement des locaux de l’hôtel de ville, pendant que leurs collègues qui cernaient les manifestants procédaient à de premières arrestations.

L’opération s’est ensuite poursuivie dans le calme et les policiers se sont mis à démonter les tentes.

Quelque 1.400 policiers ont été réquisitionnés et ont arrêtés 292 manifestants, a indiqué le maire de la ville Antonio Villaraigosa qui s’est dit très « fier » du déroulement pacifique des opérations.

A peu près au même moment, à l’autre bout du pays, la police a également démantelé un campement à Philadelphie (Pennsylvanie, Est). La police a arrêté 52 personnes, a indiqué un porte-parole des forces de l’ordre. « Je pense que nos policiers ont montré de la retenue dans l’opération. Nous avons été très patients », a déclaré à l’AFP le commissaire Charles Ramsey.

A Philadelphie comme à Los Angeles, les policiers étaient suivis par des camions poubelles, pour emporter les tentes, les bâches et les pancartes accumulées dans les deux campements.

Quelques échauffourées ont éclaté au cours de ces deux opérations, mais ces dernières se sont déroulées dans l’ensemble dans le calme.

A Phoenix, en Arizona (sud-ouest), la police a utilisé des gaz lacrymogènes mercredi pour disperser des manifestants anti-Wall Street et six personnes ont été arrêtées.

Leur presse, AFP, 30 novembre 2011

Les gendarmes font baver le poucave mobile

La gendarmerie s’équipe d’outils permettant l’extraction d’infos des téléphones portables !

La Gendarmerie Nationale va finalement utiliser des UFED (Universal Forensic Extraction Device) développés par Cellebrite. (http://www.tracip.fr/index.php) Mais qu’est-ce que les UFED ?

 

Ce sont des boi­tiers qui per­met­tent notam­ment d’extraire les don­nées conte­nues au sein de pres­que tous les ter­mi­naux mobi­les (télé­pho­nes, smart­phone et GPS) (Cellebrite en recense 4000 et déclare cou­vrir 95% du parc de télé­phone (iOS, Android, BlackBerry, Symbian ou encore Palm, les télé­phone Android étant sup­porté depuis octo­bre) !

L’UFED de Cellebrite est un ter­mi­nal d’extrac­tion de don­nées qui réa­lise l’extrac­tion phy­si­que de la puce NON-ET. Il est de plus capa­ble de contour­ner les ter­mi­naux ver­rouillés, l’extrac­tion phy­si­que ne néces­site pas de connaî­tre l’iden­ti­fiant et le mot de passe de connexion sous root.

L’extrac­tion phy­si­que permet de déco­der une grande diver­sité de types de don­nées, parmi les­quel­les les jour­naux d’appels, les contacts, les SMS, les MMS, les échanges par « chat », les posi­tions géo­gra­phi­ques, l’his­to­ri­que de navi­ga­tion sur le web, les images, les vidéos, le son, les fichiers texte et même les don­nées sup­pri­mées. Il est également pos­si­ble de pra­ti­quer l’extrac­tion et le déco­dage sur les connexions Wi-Fi et Bluetooth et sur le bali­sage de géo­lo­ca­li­sa­tion des photos.

Une fois extrai­tes et déco­dées, les don­nées peu­vent être consi­gnées dans un rap­port qui pourra servir de preuve devant les tri­bu­naux.

Évidemment l’uti­li­sa­tion d’un tel appa­reil est censé être sou­mise à cer­tai­nes condi­tions lors d’une enquête par exem­ple ou d’un délit (mais vus que tous est délit aujourd’hui…).

Donc une petit piqûre de rappel s’impose à tous, évitez abso­lu­ment d’enre­gis­trer vos contact avec des nom expli­cite (ex : leNom.CNT, ou leNom.AntiFa…), sur­veillez vrai­ment le contenu de vos textoq car même une fois effa­cés, il sont récu­pé­ra­bles (vu qu’il est très dif­fi­cile de réel­le­ment faire un for­ma­tage com­plet d’un télé­phone), évitez toute photo com­pro­met­tante (pareil, la sup­pres­sion ne change rien). Et sur­tout ne syn­chro­ni­sez pas vos adres­ses mails persos sur votre télé­phone (Riseup entre autre).

Évidemment évitez d’uti­li­ser un GPS pour vous rendre sur une action même si de prime abord elle ne semble pas dan­ge­reuse, une bonne vielle carte rou­tière fera l’affaire !

Rebellyon, P-S, 29 novembre 2011

L’assemblée nationale interdit la réutilisation des semences

Blé : L’assemblée nationale interdit la réutilisation des semences

L’Assemblée nationale a adopté lundi soir la loi sur les Certificats d’obtention végétale (COV), votée le 8 juillet par le Sénat, alors à majorité UMP. Elle réduit la possibilité pour les agriculteurs de semer les produits issus de leurs propres récoltes, en étendant le droit exclusif de son détenteur sur la variété protégée des graines. Des dérogations seront possibles sous réserve du paiement d’une indemnité, mais toute autre utilisation de semences sera considérée comme une contrefaçon.

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), le principal syndicat agricole français, soutenait la loi, estimant qu’elle « légalise l’utilisation des semences de ferme et permet d’éviter les contentieux juridiques ». Selon elle, grâce aux nouvelles dispositions, la France évite de recourir au système de brevets et se dotera d’une recherche dynamique, permettant d’améliorer la sélection génétique.

En revanche, la Confédération paysanne dénonce « la confiscation des toutes les semences par des droits de propriété industrielle », qui va à l’encontre de la pratique ancestrale de réutilisation des semences issues de la précédente récolte. « La souveraineté politique de la France deviendrait dépendante du bon vouloir d’entreprises qui, pour la plupart sont des multinationales. »

Commodesk, 29 novembre 2011

Droit de propriété sur les semences : l’agro-industrie obtient sa redevance

Après un débat vif, les députés ont voté la loi sur le Certificat d’obtention végétale, qui supprime le droit de ressemer librement sa propre récolte sans verser de taxe. Les élus UMP, et le ministre de l’agriculture Bruno Lemaire, ont rejeté tous les amendements proposés par l’opposition de gauche. L’industrie semencière peut être satisfaite, tandis que la Confédération paysanne appelle à l’abrogation de la loi, et à son boycott.

Orge, avoine, blé, pois, trèfle, luzerne…. 21 variétés de semences seront soumises à une taxe, la Contribution volontaire obligatoire, si l’on veut les replanter (lire notre précédent article à ce sujet). Un droit de propriété sur les semences que viennent de voter les députés UMP à l’Assemblée. Pire : les semences de ferme pour les autres espèces (cultures intermédiaires, légumes, soja) sont interdites. « Les paysans qui ne respecteront pas cette loi seront des contrefacteurs, donc des délinquants », proteste la confédération paysanne. Les éleveurs qui, souvent, réutilisent leurs semences pour des cultures destinées à nourrir leurs bêtes, sont les premiers visés. Les grands semenciers (Limagrain, Monsanto, Syngenta, Vilmorin, Pioneer Semences…), qui percevront une partie de la « contribution volontaire obligatoire », auront bientôt « la mainmise totale sur les semences alors qu’actuellement ils ne fournissent que 50% des volumes, avertit le syndicat agricole. Nous nous trouverons alors dans une totale dépendance qui peut mettre en péril la capacité même à ensemencer tous nos champs. » Comment en est-on arrivé là ?

Le débat a pourtant été vif à l’Assemblée. D’un côté, la gauche et les écologistes. De l’autre, l’UMP, le ministre de l’Agriculture Bruno Lemaire et Xavier Beulin, président de la FNSEA et dirigeant de la pieuvre agroalimentaire Sofiproteol. « Nous considérons que le droit des agriculteurs de réutiliser une partie de leur récolte est un droit inaliénable auquel nous n’avons pas à déroger », leur lance le député socialiste Germinal Peiro. Avec sa collègue écologiste Anny Poursinoff, il est monté au créneau pour défendre des amendements visant à limiter la portée de la nouvelle loi sur le Certificat d’obtention végétale (COV).

La moitié des agriculteurs français concernés

En face, le député UMP Thierry Lazaro, rapporteur de la commission des affaires économiques, défend le texte avec zèle, aux côtés du ministre de l’Agriculture. Ils invoquent à tour de rôle l’importance de la propriété intellectuelle (des seuls semenciers) ou une nécessaire harmonisation entre droit français et droit européen (voir également notre article). L’un des objectifs des amendements proposés par la gauche était l’élargissement des cultures exemptés de taxe [1] Cet amendement « inverse la logique du texte », s’est insurgé Bruno Lemaire, qui estime « qu’il y a lieu de restreindre de façon positive la liste des espèces qui peuvent bénéficier de cette exemption afin de coller au plus près à la réalité des pratiques agricoles ». Une « restriction positive » qui profite directement à l’industrie semencière. An vendant ses semences, elle devient aussi propriétaires des graines tirées de leur récolte.

« Vous êtes en train de livrer les agriculteurs français aux semenciers. Il faut le reconnaître et l’assumer ! », s’emporte Germinal Peiro. Le député de Dordogne rappelle que la moitié des agriculteurs français réutilisent leurs semences de ferme : 60 % pour les céréales à paille, 80 % pour les plantes fourragères, entre 40 % et 60 % pour les protéagineux, et entre 20 % et 40 % pour le soja. Ils se verront donc taxés.

Deux visions de l’agriculture s’opposent

L’un des arguments avancés par l’UMP et la FNSEA, est le nécessaire financement de la recherche. Anny Poursinoff s’étonne que l’on souhaite faire payer la recherche agronomique par les agriculteurs. Germinal Peiro estime de son côté que les semenciers, du fait de leurs recherches, « orientent l’agriculture mondiale et les pratiques agricoles, sans tenir compte des usages locaux ancestraux, lesquels peuvent aussi donner d’excellents résultats agronomiques et préserver la diversité des agricultures ».

Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, peut se réjouir : la totalité de ses arguments ont été repris par l’UMP. Le dirigeant de Sofiproteol ne voit pas en quoi la reproduction à la ferme serait un facteur de biodiversité : « Pour les grandes cultures, aucune variété utilisée n’est le fruit d’une conservation ancestrale ; toutes ont été développées grâce à la création variétale ». Faux, estime Guy Kastler, du réseau Semences paysannes : « Des caractères nouveaux apparaissent, permettant à la plante d’être mieux adaptée au sol, au climat, aux conditions locales. Il est alors possible de réduire les engrais et les pesticides. A l’inverse, les semenciers adaptent les plantes aux engrais et aux pesticides, qui sont partout les mêmes. » Deux visions de l’agriculture et de l’alimentation s’affrontent, y compris dans les travées de l’Assemblée.

Des paysans fraudeurs et voleurs ?

Le président de la FNSEA souhaite par ailleurs que le montant des redevances soit discuté au niveau interprofessionnel… où souvent la FNSEA siège seule. La gauche a voulu poser la condition du pluralisme syndical. En vain. Et Bruno Lemaire de renchérir : « Je rêve qu’un jour, le monde agricole puisse, comme tous les mondes économiques en France, travailler avec l’ensemble des syndicats représentatifs, qui discuteraient des différents sujets de manière responsable et constructive, chacun essayant de comprendre les positions de l’autre… » A l’image de ce que pratiquent le gouvernement et l’UMP ?

Tout n’est pas terminé. Le texte doit désormais passer devant le Conseil constitutionnel. Reste donc une possibilité de révision. Parmi les défenseurs du droit à semer et planter librement, on espère aussi que la tolérance sur la possibilité de ressemer qui régnait depuis 1991, date de création du Certificat d’obtention végétal (qui recense les variétés et leurs propriétaires), se poursuivra. Mais vu le zèle avec lequel le ministre a défendu les positions du lobby semencier à l’Assemblée nationale, il est peut probable que ce soit le cas. La maréchaussée débarquera-t-elle demain dans les granges pour lutter contre la « fraude » aux semences et arrêter les paysans voleurs ? De son côté, la Confédération paysanne demande à tous les candidats aux prochaines élections présidentielles de s’engager à « abroger cette loi scandaleuse » et invite les paysans à refuser de payer la dîme aux multinationales.

Basta Mag, Nolwenn Weiler, 30 novembre 2011

Notes

[1] « Les agriculteurs peuvent utiliser sur leur propre exploitation, sans l’autorisation de l’obtenteur, à des fins de reproduction et de multiplication, le produit de la récolte qu’ils ont obtenu par la mise en culture d’une variété protégée, sauf pour les espèces énumérées par décret en Conseil d’État. »