Archives de catégorie : La rue grogne

[Marseille] Sabotage contre des caméras de surveillance

Un commando anti vidéosurveillance ?

Alors que la Ville de Marseille entame la première phase d’installation de ses caméras de vidéoprotection, un vent de rébellion semble s’être levé. Au cours du week-end, cinq mâts censés supporter ces caméras ont été descellés puis jetés à terre. Trois sur le cours Julien et deux à La Plaine…

… « C’est un projet qui va forcément subir des aléas, regrettait hier Caroline Pozmentier, adjointe déléguée à la sécurité. Mais ces actes de petit vandalisme ne vont certainement pas remettre en cause le dispositif de vidéoprotection voulu par la Ville de Marseille. Des précautions seront prises pour protéger le chantier mais ça ne nous fera pas reculer. Bien au contraire. Nous allons redoubler de vigilance ».

D’ici à la fin du mois de décembre, 42 caméras, dont la moitié juchées sur des mâts, devraient être installées à Marseille.

Leur presse – La Provence, 22 novembre 2011

[Poitiers] De la misère en milieu étudiant

Des étudiants sans le sou

Hier, ils n’avaient toujours pas perçu leur bourse. Cette absence de versement pour le mois de novembre rend leur situation précaire. Témoignages.

Les étudiants boursiers sont inquiets. Ils n'ont toujours rien perçu pour le mois de novembre.

 

Les étudiants boursiers sont inquiets. Ils n’ont toujours rien perçu pour le mois de novembre. – (dr)

Hier matin, ils ont à nouveau consulté leur compte bancaire. En vain. Aucun virement n’a été effectué. Les étudiants bénéficiant d’une bourse ne l’ont toujours pas perçue pour ce mois. « Généralement, elles sont versées entre le 3 et le 10 de chaque mois, commente Pierre Person, président de l’Unef Poitiers. Les versements ne seront pas réalisés avant la semaine prochaine. » Selon le jeune syndicaliste ce retard serait lié à un problème de procédure administrative : « Le Crous n’est pas responsable. »

Questionné, le directeur-adjoint du Crous de Poitiers, Alain Cordina, assure n’avoir qu’un seul message à faire passer : « Tout va très bien Madame la Marquise. » Il n’y aurait donc aucun souci.

 » Dans trois jours, je n’aurai plus de quoi manger.  »

Sur le campus, les étudiants sont anxieux. « C’est la galère, affirme Marion, 19 ans. Nous téléphonons au Crous mais nous n’avons aucun retour. Nous ne comprenons pas ce qui se passe. » La jeune femme ayant travaillé cet été, pioche dans ses économies : « Il faut bien manger. » Beaucoup, comme Charline, 20 ans, sont à découvert : « Nous n’avons pas été prévenus de ce retard et nous ne l’avons pas anticipé. Mes parents m’ont aidée mais ils ne peuvent pas tout prendre en charge. Je suis dans le rouge à la banque. » Ces étudiants devront donc payer des agios. « Nous n’avons déjà pas grand-chose chaque mois et ce sera amputé de ce que nos banques nous facturerons. »

En première année de médecine, Marie gère la situation seule. Elle n’a que ses 433 euros de bourse pour vivre :« Je n’ai personne pour m’aider. Les factures tombent et je ne peux pas les payer. Le retard s’accumule. Dans trois jours, je n’aurai plus de quoi manger. C’est le début de la fin. »

La situation de Guillaume, en master de droit, est encore plus précaire. Chaque mois son loyer est prélevé le 11. « Ma banque a refusé le prélèvement et mon propriétaire m’a dit qu’il m’envoyait une mise en demeure. Je n’ai aucun justificatif pour lui prouver que je n’ai pas touché ma bourse et qu’il s’agit d’un simple retard. » Cet étudiant n’avait pas prévu de travailler pour se consacrer pleinement à ses études.« Mais il me faudra peut-être revoir cette position. »

Tout va très bien Madame la Marquise…

Nouvelle République, Magalie Lépinoux, 22 novembre 2011

[Athènes] deux supermarchés supplémentaires expropriés

Athènes : deux supermarchés supplémentaires expropriés

Deux expropriations supplémentaires de supermarchés ont été réalisées aujourd’hui dans deux quartiers différents d’Athènes. Vers 18h, un groupe de personnes a exproprié des biens de première nécessité d’un supermarché de la rue Soultani, dans le quartier d’Exarchia.

Un autre groupe de compagnons a exproprié ce matin un supermarché dans le quartier de Galatsi. Les marchandises expropriées ont ensuite été réparties entre les personnes qui se trouvaient sur le marché populaire à l’air libre, près du supermarché. Comme il est dit dans le communiqué distribué lors de cette action directe à Galatsi :

« La banqueroute n’est pas une image à la télé
Les consciences naissent à travers les attaques contre les patrons
Expropriation, maintenant ! »

Traduit par nos soins de l’espagnol de contrainfo, 19 November 2011

Brèves du désordre, 20 novembre 2011

[Indonésie] Les mineurs papous toujours en lutte

[INDONESIE] Les mineurs papous toujours en lutte !

 

La longue grève des mineurs papous perturbe les cours du cuivre et de l’or

BALI (INDONÉSIE), ENVOYÉ SPÉCIAL – C’est une grève lointaine qui paralyse depuis des semaines les activités d’une gigantesque mine d’or et de cuivre située au pied d’une montagne reculée, dans l’extrême orient de l’Indonésie. Une province peuplée en majorité par des tribus de l’ethnie papoue. Mais pour lointaine qu’elle soit, cette grève observée par plus d’un tiers des 23 000 mineurs est en train de faire flamber les cours sur les marchés mondiaux : possédée à 90,6 % par le géant américain Freeport McMoRan – le reste étant détenu par l’Etat indonésien –, cette mine recèle l’une des plus grandes quantité mondiale de cuivre et d’or.

Les mineurs protestent contre des salaires insuffisants compte tenu de leurs conditions de travail, des dangers qu’ils prennent et du coût de la vie dans cette province reculée de Papouasie, située à plus de 4 000 kilomètres à l’est de la capitale, Djakarta. Cela fait plusieurs semaines que la colère gronde dans la zone, où plus de 8 000 mineurs, en majorité papous, bloquent les routes d’accès, empêchant les non grévistes d’accéder au chantier. Le conflit est entré dans son troisième mois, le 16 novembre, sans aucun signe de règlement à l’horizon. Les appels du président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, à une « résolution appropriée » de la querelle sont restés sans réponses.

GRAVES ATTEINTES AUX DROITS DE L’HOMME

La province où est située la mine englobe la partie occidentale d’une très grande île dont les régions orientales forment l’Etat de Papouasie Nouvelle Guinée, indépendant depuis 1975, après une longue tutelle australienne et allemande. Appelée province de « Papua » en indonésien, l’ouest de cette même île fut hollandaise avant d’être rattachée formellement à l’Indonésie en 1969.

Depuis, cette région est des plus instables : un conflit largement ignoré du monde extérieur perdure entre des séparatistes papous et l’armée indonésienne, restée toute puissante dans cette province placée sous quasi contrôle militaire. Et interdite aux journalistes occidentaux. Les soldats indonésiens sont perpétuellement accusés de graves atteintes aux droits de l’homme contre la population indigène. Des milliers de manifestants ont encore défilé, le 14 novembre, dans la capitale provinciale, Jayapura, pour réclamer l’indépendance.

Les mineurs de la mine Glasberg, qui sont payés l’équivalent de 1,50 dollar de l’heure, exigeaient, au début du mouvement, une augmentation vingt fois supérieure à leurs actuels émoluments, soit 30 dollars. Ils ont ensuite revu à la baisse leurs demandes, proposant 4 dollars. En face, les Américains ont suggéré une augmentation de 35% par rapport au tarif actuel de 1,50 dollar, c’est-à-dire 53 cents de plus… Les grévistes ont refusé. Depuis, c’est l’impasse.

MANQUE À GAGNER POUR DJAKARTA

L’affaire coûte fort cher à Freeport McMoRan et à l’Indonésie. L’entreprise américaine, qui avait affiché des profits de 5 milliards de dollars tirés de l’exploitation de la mine en 2010, a annoncé des pertes se chiffrant à 19 millions de dollars par jour depuis le début de la grève. Le gouvernement de Djakarta a recueilli, grâce aux revenus de la mine, 1,4 milliard de dollars en impôts et royalties durant le premier semestre 2011, selon le quotidien The Jakarta Globe. On imagine le manque à gagner pour Djakarta.

Freeport a beau affirmer qu’une partie de ces revenus collectés par l’Etat sont reversés à la province et comptent pour 68% du budget de cette dernière, tel n’est pas l’avis des grévistes. Selon certains d’entre eux, rencontrés par un correspondant local de l’AFP, « les écoles publiques et les centres de soins sont en nombre insuffisants et trop éloignés les uns des autres ». En outre, les Papous affirment toucher encore moins que leurs collègues d’Afrique et d’Amérique latine.« Durant toutes ces années, je n’ai jamais reçu ni promotion, ni augmentation », a confié Nus Magay, un mineur. « Et pourtant, a-t-il tonné, je travaille pour une compagnie minière de classe internationale ! »

Presse bourgeoise et colonialiste – Bruno Philip (Le Monde), 21/11/2011

Voir les précédentes luttes menées par les salarié.es contre Freeport ici et

[Hérault] Les pompiers mettent le feu

[Pompiers en grève] Le directeur du SDIS retrouve son bureau saccagé et sa voiture incendiée à Vailahuquès – 21 novembre 2011

Des pompiers brûlent la voiture de leur chef

Des pompiers, qui ont manifesté lundi à Vailahuquès (Hérault), ont incendié la voiture du directeur du Service d’incendie et de secours (SDIS) et saccagé son bureau, a-t-on appris aupris de la gendarmerie.

Une centaine de pompiers manifestaient lorsque deux fumigènes ont été lancés sur le véhicule du colonel, qui a été détruit, a-t-on indiqué de même source, précisant que son bureau avait également été mis à sac par des soldats du feu.

Cette action n’a donné lieu à aucune interpellation mais une enquête a été ouverte et une plainte devrait être déposée mardi, a-t-on indiqué de même source.

Presse bourgeoise – Europe 1 (avec l’AFP), 21/11/2011

Les pompiers en grève brûlent la voiture du chef

L’incident s’est produit à Vailhauqués. 2 fumigènes ont incendié le véhicule du directeur des pompiers de l’Hérault

Evénement incroyable. Il s’est passé cet après-midi vers 17h, au SDIS de l’Hérault, à Vailhauqués. Il semble qu’une manifestation de pompiers en grève a dégénéré. Une centaine d’hommes manifestaient quand 2 fumigènes ont touché la voiture du directeur du SDIS 34. Elle a brûlé et est entièrement détruite.

Cette action serait le fait de quelques éléments isolés.

Plus tard, le bureau du Colonel Risdorfer a été saccagé.

Presse bourgeoise – FR3, 21/11/2011

Les pompiers manifestent en province contre une réforme de la profession

LYON — Plusieurs centaines de pompiers ont manifesté jeudi en province, notamment à Lyon, contre un accord conduisant selon eux « à un démantèlement du statut de pompier professionnel ».

A Lyon, ils étaient entre 400, selon la police, et 800 selon les organisateurs.

Une manifestation similaire a réuni environ 150 pompiers à Lille, selon la police et les organisateurs. Le cortège a fait plusieurs haltes devant les bureaux de différents médias locaux, avant de rejoindre la préfecture.

A Strasbourg, ils étaient une cinquantaine. Ils ont installé un barrage filtrant sur l’autoroute A35 qui contourne la ville, provoquant une quinzaine de kilomètres de bouchons, avant de se rassembler devant le Conseil régional, près du siège des institutions européennes. Les manifestants se sont dispersés dans le calme.

Ces manifestations faisaient écho à celle organisée début novembre à Paris et qui avait réuni 8.000 pompiers, selon les syndicats, 3.200 selon la police.

A Lyon, venant de sept départements du Sud-Est (Rhône, Isère, Savoie, Haute-Savoie, Vaucluse, Drôme et Loire), les pompiers ont interrompu momentanément la circulation sur l’autoroute A7, dans les deux sens. Ils ont occupé brièvement les voies de chemin de fer à la gare de Perrache.

Actionnant des sirènes, faisant exploser des pétards et brûler des fumigènes, les pompiers, en tenue et casque sur la tête, se sont rassemblés ensuite devant la préfecture, dont tous les accès avaient été interdits par les forces de l’ordre.

Les manifestants répondaient à l’appel de la CGT, de la CFDT, de Sud et des autonomes, qui condamnent un accord signé par des organisations syndicales ne représentant que 39% de l’ensemble des pompiers professionnels.

L’accord vise « à réformer la filière et introduit la précarité dans la profession », a dénoncé Laurent Picq (CGT).

Selon ce dernier, la réforme va allonger le déroulement de la carrière, et un nombre plus important d’années nécessaire pour monter en grade. « C’est 30.000 à 50.000 euros de perte en salaires sur l’ensemble d’une carrière », a évalué M. Picq.

L’accord permettrait par ailleurs aux sapeurs pompiers volontaires de devenir professionnels après trois ans, sans examen. « Ce qui dévaloriserait notre profession », a commenté Jean-Paul Odin (CGT).

« Ils seraient moins payés en entrant dans la profession, avec pourtant les mêmes missions et en prenant les mêmes risques », a déclaré M. Picq.

Une délégation a été reçue par le préfet de Région, Jean-François Carenco, et a déposé une motion nationale demandant le retrait de l’accord et une réponse du gouvernement sur le droit d’opposition à l’accord, que les syndicats majoritaires font valoir.

La grève s’est terminée à 16H00.

Presse bourgeoise – AFP, 18/11/2011