Archives de catégorie : La rue grogne

Appel à deux rassemblements

Dans le cadre des attaques globales portées, contre les populations du monde entier par les institutions militaires, et contre la dignité des femmes, des homosexuelLEs et transgenres par le lobby catholique intégriste pro-IVG, le groupe Pavillon Noir appelle à DEUX rassemblements, qui auront lieu dans les jours à venir :

http://fa86.noblogs.org/?page_id=325

Vendredi 11 novembre, Poitiers, Place d’armes, 16h : rassemblement antimilitariste.

Samedi 19 novembre, Poitiers, parvis de Notre-Dame, 14h30 : contre-rassemblement contre les intégristes anti-IVG de « SOS tout-petits ».

Et parce qu’il ne s’agit pas que de lutter contre, mais aussi POUR tisser
ici et maintenant des liens solidaires et des alternatives concrètes au
désastre social en cours, nous vous rappelons aussi cet événement :

Mercredi 16 novembre, Poitiers, Biblio Café, Rue de la Cathédrale, 19h-20H30 : L’autogestion : échange d’expériences et de projets. Proposé par le groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86). Entrée libre.

Groupe Pavillon Noir, Fédération Anarchiste 86

[Poitiers] squat toujours : rassemblement de soutien aux 5 okupantEs

Concernant le squat contre Vinci évacué hier qui a conduit à 47 gardes à vue (41 selon la police), toutes les personnes sont sorties de garde à vue. Les comparutions auront lieu au tribunal le 8 décembre. Pour avoir « participé sciemment à un attroupement, même formé de façon temporaire en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériel, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou de dégradations de biens avec cette circonstance que les faits ont été commis en réunion ». Et certains pour avoir aussi « fourni des renseignements d’identité imaginaires qui ont provoqué ou qui auraient pu provoquer des mentions erronées au casier judiciaire en l’espèce en fournissant l’identité de XX né-e le XX à XX »
Il semblerait que la violence contre les personnes n’aie pas été retenue vu que la police a estimé qu’il y avait eu « résistance passive ». Pour ce qui est de la « destruction ou dégradations de biens » la porte et les carottages du chantiers de la passerelle ont été explosés par la police.
La porte ayant été défoncée consciencieusement planche par planche.
Rappelons que la mairie porte plainte pour « dégradation » d’une maison qui va être bientôt détruite. Cherchez l’erreur !

Concernant la « violence contre les personnes » c’est plutôt du côté de la police qu’il faut la chercher avec l’utilisation d’un « pistolet électrique » sur l’un des occupants.

Nous avons fait un beau rassemblement à partir de 16h où il y avait cinquante à soixante personnes en continu pour demander la libération immédiate des 5 personnes encore en garde à vue. La dizaine de policiers étaient un peu pénibles, filmant avec insistance. La température est montée de quelques degré quand le commissaire Papineau est venu faire son tour et a commencé ses provocations (…). Il a arraché une banderole et a tenté d’en arracher une autre mais sans réussir. (…) Les policiers nous ont suivi avec insistance quand nous nous sommes dispersés.

(antirep)

Expulsions : cinq squatters convoqués devant le tribunal

Poitiers. Les quarante et une personnes en garde à vue, samedi, après avoir squatté une maison ont été libérées. Cinq sont convoquées devant la justice.
Les barricades qui ont servi à obstruer la porte d'entrée. (Photo Didier Monteil)

Les barricades qui ont servi à obstruer la porte d’entrée.
(Photo Didier Monteil)

La maison bourgeoise qui sera détruite pour le projet du viaduc des Rocs, objet de la tentative de squat de samedi matin. (Photo Sylvaine Hausseguy)

La maison bourgeoise qui sera détruite pour le projet du viaduc des Rocs, objet de la tentative de squat de samedi matin.
(Photo Sylvaine Hausseguy)

Alertés par des riverains qui ont vu des jeunes escalader l’enceinte de la maison bourgeoise, sise 144, avenue de Nantes à Poitiers, les policiers aidés de leurs collègues châtelleraudais et de gendarmes ont délogé quarante et une personnes. Menottés, les squatters ont été placés en garde à vue. La Ville, propriétaire de la maison, a porté plainte.

Les faits se sont déroulés samedi vers 11 heures. Le groupe vient tout juste de s’enfermer lorsque les forces de l’ordre arrivent en renfort (18 fonctionnaires et 5 militaires) avec du matériel pour enlever les planches qui obstruent la porte d’entrée. « Nous sommes entrés avec une forte opposition en fracturant les barricades », raconte Jean-François Papineau, directeur départemental de la sécurité publique. Un fonctionnaire a utilisé un « taser » pour neutraliser un occupant ? qui a été ensuite vu par sécurité par un médecin ?. Il n’y a aucun blessé dans l’interpellation.

« La police et la mairie nous dégagent, Vinci aménage »

La palpation individuelle permet aux policiers de récupérer couteaux, chignole, perceuse. La garde à vue est levée dès samedi soir pour quinze personnes qui sont identifiées. Et dimanche, en fin de matinée, pour vingt et une autres. 

Cinq squatters, deux femmes dont une habite à Montpellier et trois hommes originaires de Poitiers, sont déférés, hier après-midi au parquet. Durant leur présentation devant le magistrat, le comité antirépression et le « collectif autonome »(NDLR: c’est comme cela qu’il se nomme) se sont rassemblés (une cinquantaine de personnes) devant le palais de justice en criant: « Solidarité avec les inculpés et liberté pour tous les prisonniers ». 

Deux banderoles accompagnent cette manifestation sur lesquelles sont inscrits: « La police et la mairie nous dégagent, Vinci aménage »; « Flics hors de nos villes ». Le dernier calicot fait réagir vivement le directeur départemental de la sécurité publique qui va le chercher au sein du groupe dans une bousculade.

Durant près de deux heures, le face-à-face ne dérape pas entre la petite dizaine de policiers et les manifestants. Des manifestants dont certains, selon la police, sont connus pour avoir participé aux événements de Poitiers, le 10 octobre 2009. 

Le procureur a demandé dans ses réquisitions une convocation des cinq personnes, le 8 décembre prochain, devant le tribunal correctionnel pour dégradation en réunion, participation à un groupement en vue de commettre des atteintes aux biens, et leur placement sous contrôle judiciaire. Le juge des libertés et de la détention a suivi le parquet.

Centre-Presse, 7 novembre 2011

 

NB : ajouté à la suite de l’article dix minutes plus tard :

 » Pour discuter sur l’urbanisation  »
Les squatters, du 144, avenue de Nantes à Poitiers, refusent de communiquer avec la presse pour des raisons politiques disent-ils. Ils refusent l’exposition médiatique à titre individuel mais certains brisent cette règle. L’un d’eux a cependant souhaité, sous le couvert de l’anonymat, expliquer les raisons de cette action dans la maison bourgeoise poitevine. « La tentative de prendre la maison pour le week-end avait pour objectif de discuter sur l’urbanisation de l’opération Coeur d’agglomération et la restructuration des centres-villes qui sont métastasés », nous a-t-il confiés. « Il y a, selon ce jeune homme, un lien entre l’aménagement du territoire et les restructurations dans les grands centres. Nous nous opposons à Vinci et à son monde qu’il construit. » 

 » Une personne a reçu une décharge de taser  »
Un des squatters, qui a été menotté et placé en garde à vue puis remis en liberté, raconte sa version des faits. « Les policiers n’ont pas voulu discuter. Nous leur avons dit alors que nous allions sortir en groupe et nous disperser. Ils n’ont rien voulu savoir. Ils ont fait sauter les barricades. Dans l’opération une personne a reçu une décharge de  » taser  » alors qu’elle n’était pas menaçante ni dangereuse. Elle est tombée. » Selon lui toujours : « En garde à vue, ils ont obligé les gens à donner leurs empreintes, en prenant leurs mains. Et à quitter le commissariat, même si on ne voulait pas par solidarité. Ce qui était mon cas. »

Appel à soutien

« Concernant le squat contre Vinci évacué hier qui a conduit à 47 gardes à vue, les sorti-e-s de garde à vue et leur soutiens appellent à venir devant le palais de justice à 16h pour soutenir les 5 militant-e-s qui passent devant le procureur. »

(antirep)

[USA] Réaliser l’impossible – La pratique du consensus chez les indignés

En réalisant L’Impossible – Sur la pratique de la décision au consensus

 Le 2 août, au tout premier rassemblement de ce qui allait devenir Occupy Wall Street, environ une douzaine de personnes s’assirent en cercle à Bowling Green1. Nous, « comité pour un mouvement social » auto-proclamé, qui espérait simplement exister quelques jours, avons évoqué une décision capitale. Notre rêve était de créer une Assemblée Générale à New-York : modèle pour des assemblées démocratiques que nous espérions voir surgir dans toute l’Amérique2. Mais comment voulions-nous que ces assemblées fonctionnent pratiquement ?

 

Les anarchistes réunis dans le cercle firent ce qui semblait, à ce moment, une proposition d’une ambition démesurée. Pourquoi ces assemblées ne fonctionneraient-elles pas exactement comme ce comité : au consensus.

 

Cela représentait, pour le moins, un risque énorme, car d’aussi loin que chacun d’entre nous se souvenait, personne n’avait jamais réussi à réaliser quelque chose de semblable auparavant. Le fonctionnement au consensus a été utilisé avec succès dans les spokes-council3 – activistes organisés en groupes affinitaires, chacun étant représenté par un simple porte-parole – mais jamais dans de grandes assemblées comme celle que nous espérions à New York. Même les assemblées générales en Grèce et en Espagne ne l’ont pas essayé. Mais le consensus était était la méthode la plus en correspondance avec nos principes. Aussi nous nous jetâmes à l’eau.

 

Trois mois plus tard, des centaines d’assemblées, grandes ou petites, fonctionnent maintenant au consensus dans toute l’Amérique2. Les décisions sont prises démocratiquement, sans vote, avec l ‘assentiment de tous. D’après la sagesse courante, rien de cela ne serait possible, et pourtant cela s’est passé – de la même façon que d’autres phénomènes « inexplicables » tels l’amour, la révolution, ou la vie même (à partir d’une particule élémentaire), se sont réalisés.

 

La démocratie directe adoptée par Occupy Wall Street prend ses racines profondes dans l’histoire de l’Amérique2 radicale.  Elle fut largement utilisée par le mouvement des droits civiques et par SDS (Étudiants pour une société démocratique)4. Mais sa forme courante s’est pratiquée dans des mouvements tels le féminisme et aussi au sein de traditions spirituelles (Quakers et Amérindiens), autant que dans le mouvement anarchiste lui-même. La raison pour laquelle la démocratie directe, basée sur le consensus, a été si clairement adoptée par l’anarchisme et identifiée avec lui est qu’elle incarne ce qui en est peut-être le principe le plus fondamental : de la même façon que des êtres humains traités comme des enfants ont tendance à se comporter comme des enfants, le moyen pour les encourager à agir comme des adultes mûrs et responsables est de les traiter comme s’ils l’étaient déjà.

 

Le consensus n’est pas un système de vote à l’unanimité ; la possibilité de bloquer une décision n’est pas un vote négatif, mais un veto. Pensons à l’intervention de la Cour Suprême déclarant qu’une proposition est en violation des principes éthiques fondamentaux – sauf dans le cas où une robe de juge habille quelqu’un qui a perdu tout courage. Les participants savent qu’ils peuvent stopper à chaque instant des échanges qui sortent des principes de base, ce qui se traduit par le fait qu’ils le font rarement.

 

Cela signifie aussi qu’un compromis sur des points mineurs s’obtient facilement ; le processus conduisant à une synthèse imaginative est vraiment l’essence de ce fonctionnement. Enfin, ce qui compte, c’est moins la question de savoir comment la décision finale a été obtenue – par un appel aux intentions de bloquer la décision, ou par des choix montrés avec les mains – que le fait que chacun ait pu jouer un rôle pour affiner et mettre au point la synthèse finale. Peut-être ne pourrons-nous jamais prouver, par la logique, que la démocratie directe, la liberté, une société basée sur des principes de solidarité, sont possibles. Nous pouvons seulement le démontrer en agissant. Dans les parcs et les squares d’Amérique2 les gens ont commencé à témoigner de cela dès qu’ils ont décidé d’y participer. Les Américains comprennent de plus en plus que la liberté et la démocratie sont nos valeurs suprêmes, et que notre amour de la liberté et de la démocratie est ce qui nous définit en tant que peuple – même si, de façon subtile mais continue, nous apprenons que la liberté et la démocratie véritables n’ont peut-être encore jamais existé.

 

À l’instant où nous réalisons l’erreur de cet enseignement, nous répondons : combien d’autres choses « impossibles » pouvons-nous réussir ? C’est maintenant, c’est de cette façon, que nous commençons à réaliser l’impossible.  

 

David Graeber  

 

Notes du traducteur

1 – Petite ville américaine

2 – Etats-Unis

3 – Le spoke council est basé sur le fonctionnement collectif de groupes affinitaires ayant un mode d’organisation libertaire, non-hiérarchique et décentralisée, apanage de manifestants prônant l’action directe contre des symboles du capitalisme (maintenant dénommés Black Blocs) ou par des adeptes de la désobéissance civile non-violente pour l’action directe.

Le groupe affinitaire comprend de 5 à 15 personnes, fonctionne au consensus et peut mener seul ou en lien avec d’autres des actions directes. Il prend en charge une tâche spécifique au sein de l’action collective : chaîne de protection, ravitaillement en eau, observatoire légal, confrontation avec la police, samba, information/témoignages,équipe médicale, intervention graphique…

Le spoke council réunit un porte-parole pour chaque groupe affinitaire. C’est une réunion essentiellement organisationnelle où chaque groupe affinitaire présente ses intentions par rapport à l’action, de manière à ce que tous puissent en avoir une vision globale. Le porte-parole, seul habilité à prendre la parole, peut être présent seul ou venir avec l’ensemble de son groupe qu’il pourra consulter à chaque fois qu’il faudra prendre une décision.

Le réseau de groupes affinitaires constitue ainsi un ensemble éphémère de production d’action politique dans lequel la division du travail relève d’une économie du don et non d’une coordination hiérarchique.

4 – SDS est une organisation étudiante américaine qui s’est inscrit dans le mouvement étudiant de contestation des années 1960. SDS a fédéré le radicalisme étudiant dans le contexte de l’opposition à la guerre du Viêt Nam et en développant des pratiques de démocratie participative et d’action directe. SDS a atteint100 000 membres en1968.

La police réprime les indignéEs d’Oakland et ailleurs

Echauffourées à Oakland en Californie entre « indignés » et policiers

LEMONDE.FR avec Reuters | 26.10.11 | 

 

 

 

 

La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants près de la place Frank-Ogawa, au centre d'un bras de fer entre la mairie et les protestataires.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants près de la place Frank-Ogawa, au centre d’un bras de fer entre la mairie et les protestataires. AP/Darryl Bush

 

Des échauffourées ont éclaté, mardi 25 octobre, entre les forces de l’ordre et des manifestants à Oakland, en Californie, lors d’une marche de plus d’un millier de personnes protestant contre l’arrestation d’« indignés » qui occupaient depuis deux semaines une place de la ville.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants près de la place Frank-Ogawa au centre d’un bras de fer entre la mairie et les protestataires. Dans la matinée, la police avait arrêté au moins 85 manifestants en dispersant le campement établi par les « indignés », selon un porte-parole de la mairie. La police a fait savoir qu’elle ne confirmerait aucune arrestation avant mercredi.

 

Les autorités municipales ont indiqué avoir demandé à trois reprises aux manifestants d'arrêter de camper pendant la nuit et de cuisiner sur la place.

Les autorités municipales ont indiqué avoir demandé à trois reprises aux manifestants d’arrêter de camper pendant la nuit et de cuisiner sur la place. AFP/KIMIHIRO HOSHINO

 

La zone est restée fermée et sous surveillance de la police pendant le restant de la journée. Les autorités municipales ont indiqué avoir demandé à trois reprises aux manifestants d’arrêter de camper pendant la nuit et de cuisiner sur la place. Un communiqué de la mairie affirme que la situation avait commencé à se détériorer au cours de la deuxième semaine, la police, les pompiers et le personnel médical ayant affirmé qu’ils ne pouvaient plus accéder à la place pour répondre aux appels.

ARRESTATIONS DANS PLUSIEURS GRANDES VILLES

Le mouvement de protestation d’Oakland avait été lancé dans le sillage du mouvement Occupy Wall Street déclenché le 17 septembre à New York. Les manifestants, qui protestent contre le renflouement des grandes banques par le gouvernement et contre un taux de chômage persistant, ont peu à peu fait des émules dans l’ensemble des Etats-Unis. Depuis le début du mouvement, des centaines de personnes ont été arrêtées à New York, 130 personnes à Chicago et une quinzaine à Philadelphie dans des manifestations similaires la semaine dernière.