Archives de catégorie : La rue grogne

Ca bouge toujours à Mayotte

Crise à Mayotte : nouveaux heurts entre jeunes et gendarmes

Posted on 25 octobre 2011 by juralib

Jeunes et gendarmes s’affrontent à Mayotte, sur fond de crise sociale

Des heurts violents ont opposé durant toute la matinée de mardi des protestataires aux gendarmes mobiles à Dzoumogné, au nord de Mayotte. Dès 7 heures du matin, des dizaines de jeunes de cette localité ont bloqué la circulation par des barrages érigés avec des troncs d’arbre, participant à leur manière à la grève générale contre la vie chère qui touche l’île depuis près d’un mois. Ils ont ensuite attaqué à coup de galet, de barre de fer et de cocktail Molotov les forces de l’ordre venues lever ces barrages. Ces dernières ont riposté à plusieurs reprises avec des gaz lacrymogènes pour se dégager.

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La ville a vécu pendant près de six heures un véritable état de siège. À leur départ de Dzoumogné vers midi pour Mamoudzou, la capitale, en passant par la localité portuaire de Longoni, les colonnes de véhicules des gendarmes mobiles ont dû effectuer plusieurs arrêts en attendant qu’un bulldozer dégage les troncs d’arbre qui barraient les axes routiers.

La mort d’un manifestant mercredi 19 octobre avait provoqué de violents affrontements avec les forces de l’ordre et des pillages à Mamoudzou, la préfecture de l’île.

La rencontre prévue entre le médiateur nommé par le gouvernement au sein de l’Observatoire des prix, Stanislas Martin, et les leaders syndicaux s’est bien ouverte mardi matin. Rien n’avait filtré à 14 heures de cette entrevue, les syndicalistes devant rendre compte d’abord à leur base au cours d’une assemblée générale en fin d’après-midi. Le médiateur doit poursuivre tout le long de la journée des discussions avec des chefs d’entreprises de la grande distribution et du bâtiment, ainsi qu’avec le président du conseil général, Daniel Zaidani.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1319575601.jpg L’intersyndicale de Mayotte lit sa lettre ouverte à Stanislas Martin, médiateur du ministère, au milieu des manifestants, le 24 octobre 2011 à Mamoudzou (Mayotte)

La veille, le premier rendez-vous entre l’intersyndicale, les associations de consommateurs et Stanislas Martin pour trouver une solution à la crise sociale qui frappe l’île depuis un mois n’avait abouti à rien. Les partenaires sociaux, mécontents de l’ordre du jour et la marge de manœuvre du représentant du gouvernement français, avaient annoncé la poursuite de la grève générale.

« Nous attendions un négociateur, on nous envoie un médiateur ayant pour mission d’écouter les différentes parties et de produire pour la semaine prochaine un rapport, notamment à l’intention des membres de l’Observatoire des prix (…) Nous voulons l’ouverture de véritables négociations », avait déclaré Salim Naouda, secrétaire départemental de la CGT Mayotte.

Leur presse (Le Monde.fr), 25 octobre 2011.

 

Crise à Mayotte : nouveaux heurts entre jeunes et gendarmes

La commune de Dzoumogné, au nord de l’île de Mayotte, a vécu mardi martin un véritable état de siège pendant près de six heures. De violents heurts ont opposé de jeunes protestataires aux gendarmes mobiles. Un adolescent a été blessé. Les négociations entre les leaders syndicaux du 101e département français et le médiateur nommé samedi par la ministre de l’Outremer ont repris et doivent se poursuivre mercredi.

Vers 7 heures du matin, des dizaines de jeunes de Dzoumogné ont bloqué la circulation par des barrages érigés avec des troncs d’arbres, participant à leur manière à la grève générale contre la vie chère entamée le 27 septembre. Ils ont ensuite attaqué à coup de galets, de barres de fer et de cocktails molotov les gendarmes mobiles venus lever ces barrages. Ces derniers, au nombre d’environ 150, ont riposté à plusieurs reprises avec des gaz lacrymogènes pour se dégager.

Au cours de ces affrontements, un adolescent de 14 ans a été atteint par un gomme-cogne à la mâchoire et a dû être transféré par hélicoptère au centre hospitalier de Mamoudzou, la capitale de l’île. Ses jours ne sont pas en danger, selon une source hospitalière. Le 19 octobre, un manifestant de 39 ans était décédé à Mamoudzou après une échauffourée entre protestataires et policiers.

Les négociations ont repris

La rencontre entre le médiateur, Stanislas Martin, et les leaders syndicaux s’est bien ouverte mardi matin, après le départ de l’intersyndicale la veille lors de la première réunion avec l’émissaire tout juste arrivé de métropole. Les discussions se sont déroulées dans une volonté commune de trouver une solution pour sortir Mayotte de la crise sociale. Les syndicats ont réitéré leur exigence immédiate d’obtenir une baisse du prix de la viande avant de s’engager davantage dans d’éventuelles négociations.

Le médiateur a promis de leur fournir le plus rapidement possible un rapport d’étape après ses rencontres avec des importateurs de viande. « Nous allons demander aux entreprises concernées de nous apporter des données à ce sujet pour les examiner et en discuter mais il faudra du temps pour obtenir des résultats établis sur ces sujets qui ne sont pas faciles », a déclaré le médiateur aux syndicalistes. Les deux parties doivent se retrouver mercredi.

Leur presse (Le Parisien.fr), 25 octobre 2011.

 

Manifestations à Mayotte : « Le vrai problème, ce n’est pas le nombre des manifestants mais ce qu’ils comptent faire »

Le nombre de manifestants diminue, mais de nouveaux heurts ont éclaté dans le nord de l’île…

Entre les deux, Mayotte balance. Alors que le nombre de manifestants décroît depuis jeudi, l’île semble ce mardi en équilibre instable entre résignation et explosion. Place de la République à Mamoudzou, lieu traditionnel de rencontre des manifestants, on parle beaucoup pour décider de la suite à donner au mouvement.

Les barrages sont en place mais les rangs sont clairsemés. « Le vrai problème n’est pas le nombre des manifestants, mais ce qu’ils comptent faire », coupe Saïd Boinali, secrétaire général de la Cfdt, qui précise que les syndicats n’ont pas appelé à se réunir ce mardi.

Car les manifestants ont envie d’en découdre. Après la déception de la première réunion avec le médiateur la veille, ils veulent marcher sur le quartier de Kawéni pour forcer les commerces à fermer. « Le commissaire m’a prévenu que c’était une zone rouge, et qu’à la moindre casse, il me foutait en taule », explique Saïd Boinali. Et si l’homme refuse de « prendre des risques inutiles », il assure qu’il ne parle pas de son cas personnel mais de sa responsabilité en terme de bonne tenue des manifestations, alors que de nouveaux heurts ont éclaté dans le nord de l’île entre jeunes et forces de l’ordre au cours desquels un adolescent a été légèrement blessé par un tir de flashball, selon la chaîne Mayotte Première.

Car les responsables syndicaux le reconnaissent, « il y a un problème d’organisation du mouvement ». Fière d’être « la seule mzungu (blanche, ndlr) à participer à la grève », Gwen trouve au contraire que « le fonctionnement démocratique est intéressant ».

Les responsables syndicaux rendent compte aux manifestants sur la place publique, avant que ces derniers ne décident de la suite à donner aux événements. Et c’est bien là que réside le problème des syndicats, qui tentent de temporiser jusqu’à mercredi.

Les prix du gaz et de la viande en urgence

Mercredi, l’intersyndicale doit à nouveau rencontrer le médiateur après ses discussions avec la grande distribution. Et Saïd Boinali a bon espoir que Stanislas Martin ait changé de méthode et accepte de négocier les prix. « Quand Paris aura pris conscience qu’il faut traiter l’urgence, ça peut se régler en une semaine », estime-t-il. Et l’urgence, en l’occurrence, c’est le prix du gaz et de la viande.

Une avancée dans ces domaines laisserait un répit. Mais à terme, Saïd Boinali sait ce qu’il veut : « Au global, les prix ont augmenté de 52% à Mayotte depuis 2007. Nous voulons une baisse de 22%, pour limiter la hausse à 30% par rapport à 2007. » Lucide, le syndicaliste a toutefois bien conscience que Mayotte est bien loin de la métropole, où « malgré les millions de gens dans les rues contre les retraites, l’État n’a pas cédé ».

Leur presse (Julien Ménielle, 20 Minutes.fr), 25 octobre 2011.

 

Manifestations contre la vie chère : Un médiateur ne suffit pas à calmer Mayotte

Après presque un mois de conflit social sur l’île et département français, l’arrivée de Stanislas Martin, nommé par la ministre, n’a pas convaincu les manifestants…

« On a commencé à avancer. » En sortant de la réunion de l’Observatoire des prix, ce lundi à Mamoudzou, préfecture de Mayotte, Stanislas Martin veut y croire. Nommé deux jours plus tôt par la ministre de l’Outre-Mer Marie-Luce Penchard, le médiateur a pour mission de mettre fin à près d’un mois de conflit qui secoue violemment le département. Pourtant, quelques minutes plus tôt, l’intersyndicale et plusieurs associations ont quitté la table.

« Une qualité qu’on donne aux chiens en métropole »

La grogne, à l’instar de celle qui a agité la Guadeloupe et la Martinique début 2009, porte sur la « vie chère ». Le prix des produits dits de première nécessité, comme le gaz ou les denrées alimentaires. Un accord, signé lundi dernier par le seul syndicat FO, et promettant une promotion temporaire sur quelques produits comme les ailes de poulet, le riz ou l’huile, n’a fait que renforcer la détermination des non-signataires.

« On nous prend pour des cons », s’étrangle Ibrahim, casquette Cfdt sur la tête. En descendant du podium installé place de la République, où il vient d’annoncer à la foule que « le médiateur est venu recueillir des informations mais pas faire de propositions », il détaille les prix des produits visés par l’accord, ticket de caisse en main. Le compte n’y est pas. « Ils ont même augmenté le prix des pièces moins chères, crie une femme, une qualité qu’on donne aux chiens en métropole. »

Percussions improvisées

Pourtant « l’accord est respecté », assure le préfet Thomas Degos au sortir de la réunion de l’Observatoire des prix à laquelle il n’a pris part qu’au tout début, étant persona non grata pour avoir choisi la manière forte face aux manifestants. Et plus encore depuis la mort d’un d’entre eux, mercredi, même si pour l’heure l’autopsie n’a pas démontré la responsabilité policière, pointant les secours et d’éventuelles mauvaises manœuvres de réanimation. Le préfet appelle chacun à « prendre ses responsabilités », avant de s’engouffrer dans sa voiture.

Quelques dizaines de minutes plus tard, les manifestants qui ont vidés la place de la République sont devant la direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi, attendant la sortie du médiateur. Les chants des femmes, qui réclament son départ comme celui du préfet et du commissaire de police, sont rythmés du son de percussions improvisées sur un vieux frigo ou une poubelle. L’ambiance est pacifiste, les policiers semblent peu inquiets.

« Je n’ai toujours pas trouvé de gaz »

Quand Stanislas Martin sort du bâtiment, qui a tiré le rideau de fer, il est cependant pris à parti par quelques femmes. « On n’a pas besoin de vos cravates, on veut des solutions », crie un homme dans la foule. Juché sur les percussions de fortune des manifestants, le médiateur écoute la lettre ouverte de l’intersyndicale et des associations. L’homme n’est pas venu négocier les prix, il n’est pas le bienvenu. Mais les signataires acceptent de le rencontrer rapidement pour lui exposer leurs demandes.

Les manifestants ont donc reconduit leur mouvement. En attendant, depuis samedi, le préfet a fait rouvrir certains commerces. D’autres ont rouvert spontanément ce lundi, « avant de refermer en voyant passer les manifestants », raconte un commerçant installé sur l’île depuis 15 ans. « Et je n’ai toujours pas trouvé de gaz », se lamente Alexandre, enseignant à Mayotte. Mais pas de nouvelles violences, ni de magasin brûlé depuis la mort d’Ali El Anziz. Certains, pourtant, craignent que son enterrement, prévu dans la semaine, ne ravive les flammes de la colère.

Leur presse (Julien Ménielle, 20 Minutes.fr), 24 octobre 2011.

[Grèce] Deux jours de grève générale

Les nouvelles mesures gouvernementales ont été adoptées par la Parlement dans la soirée du jeudi 20 octobre par 153 voix sur 300. Une nouvelle députée du Pasok a refusé de voter un des principaux articles, celui qui autorise le licenciement des fonctionnaires et la “suspension” des conventions collective. Mais cela n’a pas suffi. Elle a été aussitôt exclue du Parti.

Mercredi, les manifestations ont été les plus massives depuis les 18 derniers mois. Le pays était paralysé. Beaucoup de commerces avaient baissé leur rideau. Dans certains endroits, surtout dans des villes moyennes, des interventions énergiques de manifestants ont fait fermer des supermarchés ou des fast-food qui avaient tenté de braver le mot d’ordre de grève…

A Athènes, sans doute plus de 200 000 manifestants, la plupart n’ayant pas pu aller jusqu’à la place Syntagma à cause de la foule et de la quantité de gaz lacrymogènes et asphyxiants et de grenades assourdissantes balancés par les forces de l’ordre déployées en masse également. Officiellement 5000 autour du Parlement et autant dans le reste de la ville… Une grande barrière de plexiglas et de fer avait été installée loin du bâtiment de l’Assemblée, rendant très difficile toute tentative d’approche.
Comme d’habitude, il y a eu de violents affrontements sur la place et comme cela devient courant depuis quelques mois, côté manifestants ce n’est pas uniquement le fait d’“encapuchonnés” mais de toutes sortes de personnes simplement en colère, notamment un fort contingent de chauffeurs de taxis. Les cordons de policiers postés derrière la barrière ont dû reculer à plusieurs reprises devant la quantité de pierres et de molotovs qu’ils recevaient.

Pour plus de détails sur ces manifestation et affrontements, voir le site Contra Info

Pour beaucoup de manifestants, c’était clair : il fallait encore être plus nombreux le deuxième jour à assiéger le parlement, quitte pour cela à défoncer la barrière (elle avait déjà été bien secouée sous la pression) et essayer de faire reculer les forces anti-émeutes.

Mais, le jeudi matin, un acteur en a décidé autrement. Le KKE (Parti communiste) à travers le service d’ordre de son “front syndical” PAME, a déployé plusieurs centaines de ses membres armés de bâtons et de matraques, la plupart avec des casques de moto, en protection de cette barrière et donc du Parlement.
Jusque là, le KKE faisait surtout des apparitions dans son coin, appelant à des manifestations distinctes, dans d’autres endroits de la ville et à des heures différentes… Ça ne servait à rien mais ça n’embêtait personne, ni le gouvernement, ni la grande masse des grévistes et des manifestants. Mais là, pour la première fois depuis le début de la crise, un parti a non seulement fait ouvertement prévaloir ses propres intérêts par-dessus ceux de tout un mouvement social de masse mais il l’a fait comme milice, comme bras armé supplémentaire d’un gouvernement et d’institutions politiques qu’il dit combattre, en créant un deuxième cercle policier de maintien de l’ordre, mais se voulant, celui-ci, « à l’intérieur » du mouvement.
La présentation faite par les médias et lui-même (d’honnêtes syndicalistes et un parti responsable faisant face à des hooligans ou des “casseurs”) ne correspond en rien à la réalité. Les premiers contacts, d’abord en paroles et en insultes puis physiques, ont commencé dès que sont parvenus, les uns après les autres, les différents cortèges regroupant des milliers de manifestants. En tête le mouvement de désobéissance collective “Den Plirono” (“Je ne paie pas”) puis ceux des syndicats de base, de l’“assemblée anarchiste pour la libération sociale” et autres anti-autoritaires, des groupes de la gauche extraparlementaire, des assemblées de quartier, des étudiants, etc. Ce sont toutes ces composantes là, celles qui additionnées constituent les principaux ferments de la rébellion sociale en cours et à venir, qui ont été visées, chargées et matraquées par le SO du KKE.

S’en sont suivi des bagarres au corps à corps, des manifestants tabassés au sol par des staliniens, certains de ces derniers recevant aussi les mêmes pierres et molotovs que ceux destinés initialement aux policiers. Mais les affrontements se poursuivent avec eux, à distance, les cocks volant par-dessus la tête du SO des stals pour atteindre les rangs policiers. De plus en plus de lacrymogènes sont lancées et le lieu devient complètement irrespirable. Les stals qui avaient déclaré vouloir rester sur place jusqu’au vote du Parlement en soirée, ont décroché vers 16 h et en ont profité pour agresser et tabasser des manifestants « au look » en se retirant dans les rues adjacentes.

C’est très certainement un peu avant qu’un membre du PAME a été évacué à l’hôpital, à la suite d’un malaise et d’une perte de conscience. Il sera déclaré mort un peu plus tard par les médecins ayant tenté en vain de le ranimer. De toute évidence, l’arrêt cardiaque est dû à des problèmes respiratoires consécutifs d’une trop forte inhalation de gaz lacrymogènes et asphyxiants.
Une fois les sbires du KKE partis, les forces de l’ordre ont déployé une offensive de grande envergure dans toute la place et ensuite dans une grande partie du centre ville. Affrontements dans les quartiers touristiques de Plaka et Monastiraki. Les policiers ont pénétré dans la station de métro de la deuxième place de la ville, Omonia, et ont frappé les personnes qui s’y étaient réfugiées, tandis qu’ils faisaient évacuer la station de Monastiraki. Les courses-poursuites se sont étendue à plusieurs autres quartiers du centre, dont celui d’Exarcheia.

La journée s’est terminée tristement.

Par la mort de Dimitri Kostaridis, maçon de profession, âgé de 53 ans, secrétaire local d’un syndicat de la construction et membre du PAME (et sans doute du KKE), victime des gaz lacrymogènes qui deviennent proprement asphyxiants à haute dose.

Tristement, mais pas seulement. Amertume et rage devant l’attitude des staliniens du KKE qui resteront à jamais ceux qui ont défendu un Parlement en train de voter les licenciements de 30 000 fonctionnaires et la fin des conventions collectives permettant de baisser les salaires.

Coup dur quand même, car, même si cela a le mérite de clarifier bien des choses, après ce qui s’est passé ce jeudi, il va falloir se battre contre un nouveau front. Et là, si le KKE se met en travers des mouvements de lutte, s’il veut faire la police à l’intérieur du mouvement ouvrier et prolétaire, cela ne peut que compliquer les choses. Car si ce parti ne sert à rien, ne mène aucune lutte, se contente de répéter en boucle une rhétorique “nationale populaire” contre la « ploutocratie », s’il a toujours été absent des mobilisations, des occupations des places, des actions de solidarité avec les immigrés et on en passe, sa capacité de nuisance demeure assez forte, d’autant qu’il trouvera alors dans les médias du système comme dans une classe de politiciens discrédités, un relais et un soutien bienveillant et reconnaissant.

Dans la nuit, dans diverses localités du pays, des locaux du KKE (et aussi du Pasok en passant) ont reçu de la visite au cours de laquelle leurs devantures ont été décorés de nouveaux tags exprimant le rejet total de ce parti aussi inutile que nuisible.

Le gouvernement n’a plus aucune légitimité et les appels à la renverser, à quitter la zone euro, à ne rien payer se multiplient. Une bonne partie de la base du PASOK est passée à l’opposition comme en témoignent les mouvement de grève appelés par certains syndicats historiquement liés à ce parti, essentiellement chez les fonctionnaires et les salariés des entreprises publiques.

Une première vague de 400 000 factures de la DEI (l’EDF grecque) visant à récolter la taxe immobilière exceptionnelle vient d’être envoyée, avec quelques jours de retard à cause de l’occupation des services informatiques de la compagnie d’électricité par ses propres salariés. Les collectifs “Je ne paie pas” ont étendu leurs actions à la désobéissance fiscale, par tous les moyens, avec l’objectif avoué de bloquer la récupération non seulement de cette taxe, mais aussi des autres impôts et de toutes les recettes de l’Etat afin de rendre impossible l’effectivité des mesures et de faire tomber le gouvernement.

La grève des ferries se poursuit jusqu’à dimanche. Les travailleurs de la sécurité sociale n’ont pas repris le travail. Des ministères sont toujours occupés et les fonctionnaires du ministère des Finances ont décidé de prolonger leur mouvement de grève jusqu’à mercredi prochain… La grève des éboueurs se poursuit et les premiers grévistes ont reçu leur ordre de réquisition… Vont-ils eux aussi désobéir ?

Ce vendredi matin, la confédération des fonctionnaires semble appeler à une nouvelle journée de grève la semaine prochaine.

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Photos du SO du KKE en action

http://athens.indymedia.org/front.p…

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P.-S.

Dans un communiqué, le KKE rend responsable de la mort du syndicaliste « les attaques » menées par des « anarcho fascistes », et dénonce « les encagoulés, les anarcho-autonomes, fascistes, ou quoi qu’ils s’appellent eux-mêmes » d’avoir mené une « agression barbare et meurtrière (…) contre le mouvement ouvrier et populaire ».

De son côté, le PAME n’hésite pas à mettre en cause le mouvement “Je ne paie pas” d’avoir participé aux attaques contre ses militants, ce qui fait rire tout le monde car c’est un mouvement plutôt non-violent, mais il est vrai “désobéissant”, indépendant et de base, et ça, les stals, ils n’aiment vraiment pas. En réponse, le mouvement Den Plirono a mis en ligne sur son site une vidéo qui montre, si besoin était, l’inanité des déclarations du KKE.

Vidéo du cortège de Den Plirono

Cela fait plusieurs semaines que le KKE concentre ses attaques contre ce mouvement (entre autres). En recouvrant ses affiches systématiquement, en essayant de le discréditer et avec toujours la même subtilité : ce “pseudo mouvement” qui fait le jeu du pouvoir.
Mais il est vrai que le KKE a récemment annoncé vouloir créer son propre mouvement de refus de payer, mais évidement sous son étroite direction et en essayant faisant le vide autour.

OCL, 21 octobre 2012

Fonderie alu : compte-rendu du 21 octobre 2011

Fonderie Alu : compte rendu du 21-10-11

Les Indignés de Poitiers en soutien au Fonderie du Poitou Alu 020 Les Indignés de Poitiers en soutien au Fonderie du Poitou Alu 020

Vendredi 21 octobre, au repas de midi, nous avions au menu trois petits cochons à la broche préparé avec professionnalisme par l’équipe de choc du moulage alu équipe A accompagnés d’une marmite de flageolets aux petits lardons.

À l’AG de la huitième semaine ce vendredi, nous avons reconduit le mouvement de grève pour lundi dans l’attente de garanties écrites de la part de l’administrateur judiciaire, Me Hélène Bourbouloux, nommée par le tribunal de commerce de Nanterre et que l’intersyndicale a rencontrée jeudi soir au restaurant de FDPA.

1 – L’intersyndicale a demandé la confirmation du retrait du plan de compétitivité. Me Bourbouloux nous a indiqué que le plan n’a plus lieu d’être donc nous lui avons demandé de l’écrire noir sur blanc.

2- Nous demandons aussi le départ de Mrs.Dupont le directeur, Kerrad la RH et Defrétière chef d’atelier du moulage alu dont le personnel considère qu’ils n’ont plus leur place au sein de l’entreprise.

3- Nous demandons aussi qu’aucunes sanctions pour faits de faits de grève ne puisse être mises en œuvre.

4 – Il faut des garanties sur l’emploi et les salaires, le paiement des heures de grèves sous quelques formes que ce soit ( primes ou autres ) mais qui permette aux grévistes depuis plus de sept semaines de pouvoir manger, payer nos échéances et repartir au boulot sans problèmes financiers dus à une grève que Montupet nous a imposé.

5 – Le maintien de notre prime de novembre et une solution pour le retrait sur la paye de l’avance des trois mois de mutuelle.

Me Bourbouloux a “lancé un appel d’offre pour un repreneur dans l’espoir d’en avoir un d’ici à la mi-novembre”. Montupet envisagerait de remettre 500 000 € et plus tard 350 000 si besoin.

L’intersyndicale sera reçue au ministère du Travail et de l’industrie lundi 24 octobre à 11H30.

Le tribunal de commerce de Nanterre, le siège du groupe Montupet étant à Clichy (Hauts-de-Seine), a fixé jeudi la période d’observation à six mois.

Lundi rendez vous est fixé à 9h30 devant le CE.

Les fondeurs en grève.

De nouvelles mesures pour nous pourrir la vie

De nouvelles mesures pour nous pourrir la vie

L’obligation de travailler pour des miettes

Le rapport Daubresse [Mission présidentielle sur l’amélioration du RSA et le renforcement de son volet insertion, remis au président en août 2011] organise la mise au travail forcé des RSAstes à raison de 7 heures par semaine, sous peine de radiation. Ce nouveau contrat nous oblige à accepter n’importe quel boulot payé des miettes, pour 130EUR en plus du RSA par mois, équivalant à bosser pour 4,6EUR de l’heure. Cela nous met en concurrence avec les salariés : quel intérêt pour un patron d’embaucher aux conditions d’exploitation habituelles alors qu’on lui sert sur un plateau une main-d’œuvre quasi gratuite et cofinancée à 88 % par l’État ?

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1319204388.pngLutte contre la fraude

Le second volet de ce rapport consiste au renforcement de la « lutte contre la fraude ». Très en vogue en ce moment, elle désigne à la vindicte les soi-disant profiteurs, responsables de la dette publique [La fraude aux prestations sociales, en France, est estimée entre 2 à 3 milliards d’euros. La fraude patronale est estimé à 18 milliards d’euros. Le « fond européen de stabilisation économique », en gros l’aide financière accordé aux banques en est à environ 440 milliards d’euros…]. Tous les allocataires devront avoir une carte électronique qui regroupera les données sur leurs aides sociales. De plus, le Répertoire national commun de la protection sociale (RNCPS) recoupe les informations de différents services (CAF, CPAM, MSA, Trésor public, opérateurs téléphoniques, banques, EDF, commerçants, etc.) au prétexte de détecter plus facilement les incohérences et omissions dans les déclarations, et de cibler les fraudeurs potentiels. Toucher des « trop perçus » en connaissance de cause ou sans s’en rendre compte ne permet de toute façon pas de remplir le frigo à la fin du mois. La lutte contre la fraude permet surtout de renforcer le flicage, d’augmenter le nombre de radiations, et accessoirement de réaliser quelques économies toujours sur le dos des mêmes…

Les équipes pluridisciplinaires

Dans le même esprit, le conseil général du Gard, département pilote, teste une nouvelle mesure : des bénéficiaires du RSA vont participer à des « équipes pluri-disciplinaires ». Dans une ambiance décontractée, chacun pourra « prendre des responsabilités, comme les professionnels ». En fait, il s’agit de « réduire, suspendre et réorienter » les allocations des autres. Ceux qui accepteront de mettre les autres dans la merde le feront « anonymement et en toute confidentialité ». Ils devront radier leurs voisins, leur entourage, et pourquoi pas « étudier » leur propre dossier ! L’intégration des allocataires aux mesures répressives vise à rendre les radiations acceptables. Dans une ville ou nous sommes plus de 30 % à être sans emploi, le Conseil général compte bien attiser, en nous montant les uns contre les autres, la guerre de tous contre tous.

Le monde entier est en pleine restructuration économique et sociale, qui nous oblige à toujours plus de sacrifices, de serrage de ceinture ; qui exige de tout un chacun de se mobiliser pour contribuer au « sauvetage de l’économie ». Pour réaliser toujours plus de bénéfices, il faut réduire le coût de la main-d’œuvre. Cela passe notamment par la remise en cause généralisée, dans les pays où ils existent, des minimas sociaux, allocations, retraites, sécurité sociale, etc., que l’on appelle le « salaire indirect ». Elle permet de réaliser des économies sur le dos des travailleurs et de tous les pauvres. Et indirectement elle développe un travail toujours moins bien rémunéré, tirant vers le bas l’ensemble des conditions de travail.

Ne nous laissons pas faire. Refusons les restrictions, les radiations, empêchons la mise en place des équipes pluridisciplinaires. Agir collectivement permet d’être plus fort face aux administrations, aux propriétaires, aux huissiers, aux patrons…

Sur Alès, il existe aussi un collectif qui s’organise dans ce sens, n’hésitez pas à venir nous rencontrer et en discuter !

Le collectif Exploités-Énervés se réunira le jeudi 10 novembre, à partir de 18h30, au « Café des Fleurs, bar-brocante », en face de la gare d’Alès, vous y êtes les bienvenus.

Ensuite, permanence tous les 2es vendredi du mois.

Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes !, 20 octobre 2011.

« C’est Renault qu’il nous faut »

 

Ce jeudi 20 octobre, des salariéEs sont venuEs de nombreuses villes de France apporter leur soutien et montrer leur solidarité aux grévistes des Fonderies du Poitou, qui sont dans leur septième semaine de lutte pour lutter contre le plan Montupet – prévoyant une baisse des salaires de 23%. Deux mille personnes ont manifesté, principalement sous les drapeaux de la CGT.

Réunion au sommet

Jean-pierre Abelin (maire « Nouveau Centre » de Châtellerault) s’était déplacé pour soutenir les salariéEs des Fonderies, et puis aussi accueillir Bernard Thibault, la vedette du jour, avec qui il a échangé quelques mots ; ce dialogue de notables a vite été parasité par les sifflets et noms d’oiseaux venant d’une bande de manifestants. Quand monsieur le maire a protesté de son soutien aux gens des Fonderies, un gréviste lui a vivement rappelé qu’il soutenait aussi Sarkozy et sa politique, laissant le maire un peu penaud : « être au centre », c’est pas tous les jours facile.

La machine Thibault

Thibault (dont on ne rappellera pas le CV de fossoyeur de l’autogestion populaire ), a ensuite monté les marches pour prendre la parole et évoqué « l’espoir » du choix de Renault comme racheteur de la boîte. Il a rappelé l’importance « vitale » de l’industrie automobile française (son million de salariéEs-esclaves… ça en jette tout de même), en soulignant la « performance » des Fonderies Alu. « Le projet de reprise est tout à fait viable et souhaitable pour permettre à un constructeur automobile français de rester performant », confie-t-il à la caméra. Le vrp des temps modernes, assénant que l’Etat devait jouer « tout son rôle » dans le règlement du conflit, et dont on se demandait si le discours s’adressait aux exploiteurs ou aux gens dans la galère, a tout de même félicité les syndicalistes d’avoir « respecté l’outil de travail ». Une syndicaliste a fait part de son enthousiasme : « Ca, c’est un vrai leader !»… Après un tonnerre d’applaudissements pour cet hymne à l’autonomie ouvrière, une nouvelle phrase concluait la ritournelle de slogans habituels du cortège qui s’ébranlait : « C’est Renault qu’il nous faut ! ». Le sabotage, l’autogestion et le projet révolutionnaire d’abolition de l’esclavage salarié, qui animèrent les cégétistes des origines, sont décidément bien loin. Camarades Pouget, Monatte, Griffuelhes : dormez en paix.

« Montupet enculé, Montupet enculé, Montu… »

Quant à moi, avec mon ridicule petit drapeau noir, venu soutenir les salariéEs en lutte, j’ai bien vainement tenté quelques slogans antiproductivistes, antibureaucrates et autogestionnaires. Je n’en avais pas fini avec mes réserves sur ce qui était pourtant une belle journée de solidarité des salariéEs. Faut dire que c’est pas facile, quand on aime se faire enculer – et quand on a déjà déjà fait part de son agacement aux stars du micro à d’autres occasions précédentes – de continuer à se faire traiter de « Montupet ». A chaque « Montupet enculé » qu’on est contraint de se prendre aux oreilles, à chaque fois qu’on continue de venir soutenir cette lutte courageuse.

Un enculé d’anar