Archives mensuelles : novembre 2011

[Poitiers] De la misère en milieu étudiant

Des étudiants sans le sou

Hier, ils n’avaient toujours pas perçu leur bourse. Cette absence de versement pour le mois de novembre rend leur situation précaire. Témoignages.

Les étudiants boursiers sont inquiets. Ils n'ont toujours rien perçu pour le mois de novembre.

 

Les étudiants boursiers sont inquiets. Ils n’ont toujours rien perçu pour le mois de novembre. – (dr)

Hier matin, ils ont à nouveau consulté leur compte bancaire. En vain. Aucun virement n’a été effectué. Les étudiants bénéficiant d’une bourse ne l’ont toujours pas perçue pour ce mois. « Généralement, elles sont versées entre le 3 et le 10 de chaque mois, commente Pierre Person, président de l’Unef Poitiers. Les versements ne seront pas réalisés avant la semaine prochaine. » Selon le jeune syndicaliste ce retard serait lié à un problème de procédure administrative : « Le Crous n’est pas responsable. »

Questionné, le directeur-adjoint du Crous de Poitiers, Alain Cordina, assure n’avoir qu’un seul message à faire passer : « Tout va très bien Madame la Marquise. » Il n’y aurait donc aucun souci.

 » Dans trois jours, je n’aurai plus de quoi manger.  »

Sur le campus, les étudiants sont anxieux. « C’est la galère, affirme Marion, 19 ans. Nous téléphonons au Crous mais nous n’avons aucun retour. Nous ne comprenons pas ce qui se passe. » La jeune femme ayant travaillé cet été, pioche dans ses économies : « Il faut bien manger. » Beaucoup, comme Charline, 20 ans, sont à découvert : « Nous n’avons pas été prévenus de ce retard et nous ne l’avons pas anticipé. Mes parents m’ont aidée mais ils ne peuvent pas tout prendre en charge. Je suis dans le rouge à la banque. » Ces étudiants devront donc payer des agios. « Nous n’avons déjà pas grand-chose chaque mois et ce sera amputé de ce que nos banques nous facturerons. »

En première année de médecine, Marie gère la situation seule. Elle n’a que ses 433 euros de bourse pour vivre :« Je n’ai personne pour m’aider. Les factures tombent et je ne peux pas les payer. Le retard s’accumule. Dans trois jours, je n’aurai plus de quoi manger. C’est le début de la fin. »

La situation de Guillaume, en master de droit, est encore plus précaire. Chaque mois son loyer est prélevé le 11. « Ma banque a refusé le prélèvement et mon propriétaire m’a dit qu’il m’envoyait une mise en demeure. Je n’ai aucun justificatif pour lui prouver que je n’ai pas touché ma bourse et qu’il s’agit d’un simple retard. » Cet étudiant n’avait pas prévu de travailler pour se consacrer pleinement à ses études.« Mais il me faudra peut-être revoir cette position. »

Tout va très bien Madame la Marquise…

Nouvelle République, Magalie Lépinoux, 22 novembre 2011

[Ingrandes] Fonderie du Poitou : impasse industrielle, impasse politique…

ndrPN : Aux fonderies du Poitou Alu, c’est toujours l’impasse : après en avoir appelé à Renault comme repreneur, le délégué CGT en appelle maintenant aux politiques… un nouvel article P-Q erre :

Fonderie du Poitou Alu :  » Le problème est politique  »

Devant l’ensemble des salariés, le secrétaire du comité d’entreprise Eric Bailly a fait le point hier sur la situation. Et tracé de sombres perspectives.

L'ensemble des salariés du site était réuni pour un point sur l'entreprise.

 

L’ensemble des salariés du site était réuni pour un point sur l’entreprise. – (dr)

Jusqu’à vendredi, tout semblait à nouveau sur de bons rails à la Fonderie du Poitou aluminium. Jusqu’à vendredi. Car ce jour-là, devant le comité d’entreprise, il a été fait état d’une baisse des commandes de Renault. « Pour refaire une trésorerie et permettre de relancer la fonderie, nous savions qu’il nous fallait entre 16.000 et 18.000 pièces, a expliqué devant ses collègues hier Eric Bailly, secrétaire du comité d’entreprise. Renault a tout simplement annoncé qu’il baissera ses commandes à 10.000 pièces. »

Vers la liquidation ?

Une chute de commandes qui, selon lui, devrait entraîner le tribunal de commerce de Nanterre à décider de la liquidation judiciaire. Une information qui, en tout cas, fait forcément désordre au moment où – mercredi et en fin de semaine – deux repreneurs s’apprêtent à visiter la structure.

« Le problème de la fonderie du Poitou n’est pas économique, a martelé Eric Bailly. Il est avant tout politique et seuls les politiques sont à même de faire plier Renault. » Car l’ex-Régie ne respecterait pas l’accord conclu dans le bureau du ministre de l’Industrie Eric Besson le mois dernier qui a conduit à la reprise d’activités : Carlos Ghosn lui-même s’était engagé à maintenir ses commandes.

En conséquence, l’intersyndicale reprend du service avec des actions à Paris lors de réunions officielles par le dépôt de motions mais aussi localement avec une réunion vendredi lors de laquelle les politiques seront invités à s’exprimer et une réception mercredi soir par le préfet de région.

« S’il y a un repreneur, a expliqué Eric Bailly, il faut s’attendre à un plan social qui pourra être important. » Les fêtes de fin d’année risquent d’être moroses du côté d’Ingrandes.

Nouvelle République, Laurent Gaudens, 22 novembre 2011

[Nantes] Violences policières au 12 quai de Versailles

Violences policières au 12 quai de Versailles

 
featured image

Violences policières au 12 Quai de Versailles
Suite à la mobilisation du Collectif Urgence Précarité 44 du 19 Novembre

Nous, Collectif Urgence Précarité 44 souhaitons dénoncer les graves violences policières dont nous avons été victimes, lors de l’occupation pacifique du 12 Quai de Versailles ce 19 novembre 2011. Ce local, inoccupé depuis un an, a été réquisitionné par le CUP 44 pour en faire un espace de rencontres, d’échanges et de militantisme autour de la question de l’urgence sociale. Cette réquisition s’inscrit dans la lutte du Collectif qui a pour objet de dénoncer les manques de moyens et de considération des pouvoirs publics concernant la problématique des personnes sans abris et plus largement des personnes en situation de grande précarité. Le Collectif occupait déjà le lieu depuis une semaine. L’expulsion musclée engagée par la Préfecture est donc illégale.

Rappelons que le 115 (numéro d’appel d’urgence pour les sans abris) est continuellement saturé : 200 appels par jour pour seulement 15 places disponibles.

Alors que nous étions en Assemblée Générale, la Commissaire de permanence et son adjoint, nous ont interrogés sur nos intentions et la raison de notre présence dans ce lieu. Ceux-ci nous ont indiqué qu’ils en référaient à Monsieur le Préfet. Une heure plus tard, une vingtaine de cars de CRS sont arrivés sur les lieux. Les agents ont forcé la porte sans sommation en proférant des insultes sexistes et des menaces. Une quarantaine d’entre nous étions alors à l’étage assis sur le sol. Les CRS ont empoigné violemment et tabassé plusieurs membres, malgré l’affirmation d’une absence de résistance de notre part. Suite à ces violences, un des membres du Collectif, victime de coups à la tête, a été évacué aux Urgences. Des examens complémentaires sont en cours et 6 jours d’ITT ont été prononcés. Les CRS ont frappé sans discernement, atteignant même un passant sans lien avec le mouvement. Enfin un des membres du Collectif s’était réfugié sur le toit. Au risque de le faire tomber, 3 CRS l’ont poursuivi pour l’interpeler.

Suite à la réaction totalement disproportionnée des forces de l’ordre, le CUP 44 invite toute personne témoin de la scène (vidéos, photos, témoignages) à se manifester : collectifurgenceprecarite[at]gmail.com.

Conscients que nos revendications dérangent les autorités, le CUP 44 s’engage plus que jamais à poursuivre sa mobilisation afin de mener le débat public et citoyen sur la problématique de l’hébergement d’urgence, du logement et de l’accompagnement social.

CUP 44 : Collectif Urgence Précarité, crée le 21 juin 2011 pour agir en faveur de l’hébergement d’urgence, du logement et de l’accompagnement social.

Source : Indymedia Nantes, 21 novembre 2011

[Athènes] deux supermarchés supplémentaires expropriés

Athènes : deux supermarchés supplémentaires expropriés

Deux expropriations supplémentaires de supermarchés ont été réalisées aujourd’hui dans deux quartiers différents d’Athènes. Vers 18h, un groupe de personnes a exproprié des biens de première nécessité d’un supermarché de la rue Soultani, dans le quartier d’Exarchia.

Un autre groupe de compagnons a exproprié ce matin un supermarché dans le quartier de Galatsi. Les marchandises expropriées ont ensuite été réparties entre les personnes qui se trouvaient sur le marché populaire à l’air libre, près du supermarché. Comme il est dit dans le communiqué distribué lors de cette action directe à Galatsi :

« La banqueroute n’est pas une image à la télé
Les consciences naissent à travers les attaques contre les patrons
Expropriation, maintenant ! »

Traduit par nos soins de l’espagnol de contrainfo, 19 November 2011

Brèves du désordre, 20 novembre 2011

[Indonésie] Les mineurs papous toujours en lutte

[INDONESIE] Les mineurs papous toujours en lutte !

 

La longue grève des mineurs papous perturbe les cours du cuivre et de l’or

BALI (INDONÉSIE), ENVOYÉ SPÉCIAL – C’est une grève lointaine qui paralyse depuis des semaines les activités d’une gigantesque mine d’or et de cuivre située au pied d’une montagne reculée, dans l’extrême orient de l’Indonésie. Une province peuplée en majorité par des tribus de l’ethnie papoue. Mais pour lointaine qu’elle soit, cette grève observée par plus d’un tiers des 23 000 mineurs est en train de faire flamber les cours sur les marchés mondiaux : possédée à 90,6 % par le géant américain Freeport McMoRan – le reste étant détenu par l’Etat indonésien –, cette mine recèle l’une des plus grandes quantité mondiale de cuivre et d’or.

Les mineurs protestent contre des salaires insuffisants compte tenu de leurs conditions de travail, des dangers qu’ils prennent et du coût de la vie dans cette province reculée de Papouasie, située à plus de 4 000 kilomètres à l’est de la capitale, Djakarta. Cela fait plusieurs semaines que la colère gronde dans la zone, où plus de 8 000 mineurs, en majorité papous, bloquent les routes d’accès, empêchant les non grévistes d’accéder au chantier. Le conflit est entré dans son troisième mois, le 16 novembre, sans aucun signe de règlement à l’horizon. Les appels du président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, à une « résolution appropriée » de la querelle sont restés sans réponses.

GRAVES ATTEINTES AUX DROITS DE L’HOMME

La province où est située la mine englobe la partie occidentale d’une très grande île dont les régions orientales forment l’Etat de Papouasie Nouvelle Guinée, indépendant depuis 1975, après une longue tutelle australienne et allemande. Appelée province de « Papua » en indonésien, l’ouest de cette même île fut hollandaise avant d’être rattachée formellement à l’Indonésie en 1969.

Depuis, cette région est des plus instables : un conflit largement ignoré du monde extérieur perdure entre des séparatistes papous et l’armée indonésienne, restée toute puissante dans cette province placée sous quasi contrôle militaire. Et interdite aux journalistes occidentaux. Les soldats indonésiens sont perpétuellement accusés de graves atteintes aux droits de l’homme contre la population indigène. Des milliers de manifestants ont encore défilé, le 14 novembre, dans la capitale provinciale, Jayapura, pour réclamer l’indépendance.

Les mineurs de la mine Glasberg, qui sont payés l’équivalent de 1,50 dollar de l’heure, exigeaient, au début du mouvement, une augmentation vingt fois supérieure à leurs actuels émoluments, soit 30 dollars. Ils ont ensuite revu à la baisse leurs demandes, proposant 4 dollars. En face, les Américains ont suggéré une augmentation de 35% par rapport au tarif actuel de 1,50 dollar, c’est-à-dire 53 cents de plus… Les grévistes ont refusé. Depuis, c’est l’impasse.

MANQUE À GAGNER POUR DJAKARTA

L’affaire coûte fort cher à Freeport McMoRan et à l’Indonésie. L’entreprise américaine, qui avait affiché des profits de 5 milliards de dollars tirés de l’exploitation de la mine en 2010, a annoncé des pertes se chiffrant à 19 millions de dollars par jour depuis le début de la grève. Le gouvernement de Djakarta a recueilli, grâce aux revenus de la mine, 1,4 milliard de dollars en impôts et royalties durant le premier semestre 2011, selon le quotidien The Jakarta Globe. On imagine le manque à gagner pour Djakarta.

Freeport a beau affirmer qu’une partie de ces revenus collectés par l’Etat sont reversés à la province et comptent pour 68% du budget de cette dernière, tel n’est pas l’avis des grévistes. Selon certains d’entre eux, rencontrés par un correspondant local de l’AFP, « les écoles publiques et les centres de soins sont en nombre insuffisants et trop éloignés les uns des autres ». En outre, les Papous affirment toucher encore moins que leurs collègues d’Afrique et d’Amérique latine.« Durant toutes ces années, je n’ai jamais reçu ni promotion, ni augmentation », a confié Nus Magay, un mineur. « Et pourtant, a-t-il tonné, je travaille pour une compagnie minière de classe internationale ! »

Presse bourgeoise et colonialiste – Bruno Philip (Le Monde), 21/11/2011

Voir les précédentes luttes menées par les salarié.es contre Freeport ici et