Archives mensuelles : janvier 2012

Les 186 000 « Ultra-Riches » du monde possèdent au total 25 000 milliards de dollars

Les 186 000 « Ultra-Riches » du monde possèdent au total 25 000 milliards de dollars

Le cabinet Wealth-X a publié fin 2011 une enquête sur les grandes fortunes de la planète. Ensemble, ces 185 795 Ultra Riches détiennent un patrimoine estimé à 25 000 milliards de dollars. Pour donner un ordre de grandeur, cette somme équivaut à 40% du PIB mondial en 2010, soit 63 000 milliards de dollars.

Wealth-X définit les Ultra Riches comme des individus détenant un patrimoine net d’au moins 30 millions de dollars américains.

Données principales :

• Wealth-X a dénombré dans le monde un total de 185 795 individus Ultra Riches, qui détiennent un patrimoine total de 25 trillions (milliers de milliards) de dollars US.

• L’Amérique du Nord abrite 62 960 Ultra Riches, et constitue la plus grande concentration de richesse dans le monde. Cette région représente près de 33% du total de 25 trillions.

• L’Europe arrive en deuxième position avec 54 325 Ultra Riches, détenant collectivement une fortune de 6,8 trillions de dollars.

• Wealth-X prévoit que la population des Ultra Riches en Asie-Pacifique devrait dépasser celle de l’Europe en 2024 et dépasser celui des États-Unis en 2032.

• L’Asie-Pacifique, avec ses 42 525 Ultra Riches détient 6,2 trillions de dollars.

• Les Ultra Riches d’Amérique latine sont 15 100, avec un patrimoine de 2,3 trillions, qui représente environ un tiers de la richesse asiatique.

• Wealth-X estime qu’il ya 1 235 milliardaires dans le monde, détenant au total un patrimoine net de 4,18 trillions de dollars.

• 2,5% de l’ensemble des Ultra Riches ont des fortunes de 500 millions et plus, et détiennent un quart de la richesse totale des grandes fortunes mondiales.

Sur le web :

Wealth-X Launches the First World Ultra Wealth Report

Contre Info, 13 janvier 2012

ndPN : chiffres à comparer avec le fait que la moitié de l’humanité ne détienne qu’un pour cent du patrimoine mondial… qui a dit que la lutte des classes appartenait au passé ?

Le Vieux Lyon offert aux fascistes par la préfecture

Le Vieux Lyon offert aux fascistes par la préfecture

La préfecture du Rhône, par la voie de son préfet délégué à la sécurité, Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, a décidé d’offrir Saint-Jean sur un plateau à l’extrême droite. En effet il a choisi d’interdire à la manifestation du Collectif Vigilance 69 (rassemblant grosso-modo du PS aux anarchistes en passant par la LDH et les écolos) l’accès au Vieux Lyon, et d’y faire passer la manifestation des Jeunesses Nationalistes, groupuscule de l’Œuvre Françaises et rempli des exclus du FN adeptes du salut nazi.

Ni le fait que les rues du Vieux Lyon aient à subir régulièrement la violence de l’extrême droite, ni les violences engendrés sur place par la dernière manifestation de ce type le 14 mai dernier à l’initiative des Identitaires, ne sont semble-t-il rentrées en ligne de compte dans les choix du préfet.

Pire, il a choisi de fermer à tout passage les ponts de la Saône, bloquant ainsi dans le même quartier que les fascistes les passants qui auraient la malchance de croiser leur chemin. La manifestation fasciste suivra donc le parcours suivant sur lequel nous vous invitons à être vigilants : Place Carnot, pont Kitchener-Marchand, Saint-Jean.

Dans son habituelle communication renvoyant dos-à-dos fascistes et antifascistes, reprise en chœur par son Progrès malgré les preuves accablantes s’accumulant dans la presse tant locale que nationale, notre préfet Daladier opère un partage de la ville laissant les habitant-e-s du Vieux Lyon sous occupation permanente des militants d’extrême droite les plus radicaux.

Rebellyon, 13 janvier 2012

[Haïti] L’argent de la reconstruction… est parti dans les poches des Etats, des ONG et des entreprises

Mais où diable est passé l’argent de la reconstruction ?

Deux ans après le séisme de janvier 2010, le pays est loin de s’être remis debout. Peut-être est-ce parce qu’il a à peine vu la couleur des dons promis ? L’enquête du site américain CounterPunch détaille dans quelles poches sont tombées les sommes versées par Washington

n Haïti, on dirait que le tremblement de terre a eu lieu il y a deux mois, et non il y a deux ans. Plus de 500 000 personnes n’ont toujours pas de logement et vivent dans des camps informels ; le sol est encore jonché de tous les débris des bâtiments en ruine, et le choléra a été introduit dans le pays et s’est transformé en une épidémie meurtrière qui a déjà tué des milliers de personnes et continue d’en toucher des milliers d’autres.

La vérité, c’est que pratiquement aucun don du public n’a directement été envoyé en Haïti. Les Haïtiens n’ont à peu près aucun contrôle sur cet argent, mais si l’on en croit l’Histoire, il est probable qu’on leur reprochera ces échecs – un petit jeu appelé : « Accusons la victime ».

Comme beaucoup d’autres personnes dans le monde, les Haïtiens se demandent où est passé l’argent. Voilà sept endroits où les dons sont ou ne sont pas allés.

La suite de l’article ici

Courier international, 12 janvier 2012

Voir aussi l’article de John Rackham (groupe Pavillon Noir, FA 86), « Haïti ou la répression permanente »

Incendie du Centre de rétention de Vincennes: peines légèrement allégées en appel

Incendie du Centre de rétention de Vincennes: peines légèrement allégées en appel

La cour d’appel de Paris a condamné vendredi six étrangers en situation irrégulière à des peines de prison ferme, légèrement moins lourdes que celles prononcées en première instance, pour l’incendie en 2008 du Centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes.

Un des prévenus accusés d'avoir participé à l'incendie qui avait dévasté le 21 juin 2008 le Centre de rétention de Vincennes, au tribunal correctionnel de Paris, le 25 janvier 2010

Un des prévenus accusés d’avoir participé à l’incendie qui avait dévasté le 21 juin 2008 le Centre de rétention de Vincennes, au tribunal correctionnel de Paris, le 25 janvier 2010
 

Les condamnations des six hommes – trois Maliens, deux Marocains et un Palestinien, âgés de 21 à 38 ans – vont de 6 mois à deux ans et demi ferme. En 2010, le tribunal correctionnel les avait condamnés à des peines de 1 à 3 ans.

Les prévenus, dont la plupart avaient assisté au procès en octobre, étaient absents à la lecture du délibéré, auquel assistaient en revanche leurs avocats et des militants pour la défense des sans-papiers.

Cette décision « n’est pas satisfaisante », parce que ces hommes « restent les victimes d’une politique de l’immigration absolument inacceptable, du fait notamment de l’état dans lequel étaient et sont encore aujourd’hui les centres de rétention », a déclaré à la presse Me Irène Terrel.

L’avocate s’est néanmoins réjouie que la cour ait relevé dans ses motivations que certains équipements du CRA avaient aggravé le sinistre.

Le président, Gérard Lorho, a évoqué en particulier les matelas « combustibles », ainsi que la « structure légère » des bâtiments qui avait favorisé une propagation très rapide de l’incendie.

Le CRA de Vincennes avait brûlé le 22 juin 2008, lors d’émeutes ayant éclaté au lendemain de la mort d’un ressortissant tunisien de 41 ans qui y était retenu, décédé selon les autorités d’une crise cardiaque.

« Dignité et sécurité »

L’incendie n’avait pas fait de blessés graves mais avait dévasté les deux bâtiments du centre qui, avec 249 occupants, pour une capacité de 280, était à l’époque le plus grand de France.

La cour a d’ailleurs évoqué également la « concentration de personnes » de nature à favoriser les « incidents ».

Selon Me Terrel, « les autorités vont être bien inspirées d’écouter ce que dit la cour dans cet arrêt (…) et de prendre un certain nombre de dispositions pour que notre pays accueille les étrangers avec des garanties minimales de dignité et de sécurité ».

La cour d’appel n’en a pas moins considéré que les prévenus n’étaient « en aucun cas que des lampistes ou des boucs émissaires comme le soutient la défense ».

Les incendiaires, selon elle, ont été clairement identifiés au moyen notamment des enregistrements du système de vidéosurveillance du centre, visionnés durant le procès.

Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense avaient mis en cause les conditions d’accueil et de sécurité dans ce CRA.

Un rapport remis au gouvernement 15 jours avant le sinistre avait tiré la sonnette d’alarme, soulignant le « climat de tension et de violence » dans les CRA, en particulier celui de Vincennes. « Le risque était majeur, connu et on n’a rien fait », avait ainsi déploré Me Terrel.

L’avocat général avait quant à lui requis la confirmation du jugement de première instance.

Selon la Cimade, une organisation intervenant dans les CRA, il existe 27 de ces centres en France, d’une capacité totale de près de 2.000 places, destinés à accueillir des étrangers en situation irrégulière avant leur éventuelle reconduite dans leur pays.

 AFP, 13 janvier 2012

Contre l’éducation marchande et autoritaire !

Mettre nos enfants dans les mains des entreprises

Le saint président l’a dit : il va falloir continuer à réformer l’école. Et que met-il derrière tout cela (lui et ses penseurs) ? Et bien toujours la même logique : celle d’une école de la compétition doublée d’un système éducatif dévoué au monde du travail. Fin de l’émancipation du plus grand nombre, nous passons à l’étape du dressage.

Bien entendu, tout cela est tou­jours amené par de bons mots. Ils vont nous parler « d’auto­no­mie » (pour ne pas dire dépen­dance au privé), de « d’effet de syner­gie » dans un pur style mana­gé­rial, devenu norme dans nos socié­tés. Tout est pré­senté comme une oppor­tu­nité pour nos enfants, l’avenir du pays, la gran­deur de la France (à grand coup de clas­se­ments divers ayant pour but la guerre du savoir, au lieu de son par­tage).

Alors après avoir détruit l’uni­ver­sité (en la livrant au privé, en créant encore et tou­jours plus de dis­cri­mi­na­tions entre les enfants les plus riches et les plus pau­vres), c’est main­te­nant aux lycées et au col­lège unique que les libé­raux veu­lent s’atta­quer (pas qu’UMP que ce soit clair, lisez les notes des cercle de pensée « de gauche », comme Terra Nova, pour voir que l’idée est plus répan­due qu’on ne le pense).

Il y a du fric à se faire pour le privé. Après avoir réussi le tour de force de faire du PPP (Partenariat Public Privé) pour les pri­sons, c’est à nos « chères têtes blon­des » que s’atta­que le sec­teur privé. Mais cela ne suf­fi­sait pas ! Il faut que notre sys­tème éducatif devienne le lieu non de l’émancipation, mais du for­ma­tage pour le monde de l’entre­prise.

Car qu’est-ce que visent réel­le­ment les poten­tats au pou­voir si ce n’est flat­ter encore et tou­jours ceux qui les ont aidé à arri­ver là ? Le rêve c’est les USA et le passé. Les USA pour le sys­tème « dit au mérite » (autre­ment dit à la nais­sance, au fric, plus qu’autre chose) et le passé pour l’idée de reve­nir aux « écoles de métiers ». Aux ouvriers et à leurs enfants la joie des « nou­vel­les for­ma­tions ouvriè­res » (sur­tout dans l’aide à la per­sonne aujourd’hui) et aux cadres / cadre sup et leurs enfants la joie de la repro­duc­tion sociale.

Car, si le sys­tème éducatif fran­çais tel qu’il existe (exis­tait devrions nous dire) était lar­ge­ment cri­ti­qua­ble, il avait au moins le mérite d’offrir l’oppor­tu­nité d’une base com­mune, d’un vivre ensem­ble (à amé­lio­rer, certes) et d’ouvrir une réelle pers­pec­tive d’émancipation (qu’il aurait fallu aug­men­ter, certes) par son côté « touche à tout ».

Seulement, depuis plus de 30 ans main­te­nant, métho­di­que­ment, tout est détri­coté. De la carte sco­laire qui est vidée de son but pre­mier (la mixité sociale), en pas­sant par l’Université qui se retrouve dépen­dante des fonds privés (pour la recher­che comme pour les moyens d’ensei­gne­ments) pour sur­vi­vre, en ajou­tant l’appren­tis­sage dont l’âge d’entrée a été dimi­nué au profit de filiè­res direc­tes, véri­ta­ble enfer­me­ment dans un métier.

Tout est mis en place pour une reprise en main par le « monde de l’entre­prise » du sys­tème sco­laire. Dans un seul et unique but : un retour en arrière fort, une obli­ga­tion de dépen­dre du monde de l’entre­prise.

Car là où le chô­mage a joué son rôle « régu­la­teur des luttes » espéré par le patro­nat ces der­niè­res années, il ne suffit plus. Et c’est bien pour tenter de pal­lier à un sou­lè­ve­ment d’ampleur que les liens entre « métiers » et « for­ma­tion éducative » sont res­ser­rés.

Imaginez demain l’uni­ver­sité Auchan, l’école pri­maire MacDonald, etc… Retour aux « écoles pro­fes­sion­nel­les » comme les écoles Renault ou Michelin du passé. Enfermement du tra­vailleur dans le moule patro­nal, inca­pa­cité d’en sortir et de faire contre­poids. Acquis de base limité au métier, pour une exé­cu­tion plus facile et rapide. Robotisation de l’humain.

Bien entendu, cer­tains par­lent des forces syn­di­ca­les qui pour­raient s’oppo­ser à cela, retrou­ver leurs rôles avant tout émancipateurs. Peut-être, mais en com­bien de temps ? Et sur quelle base, quels moyens, dans une société ou la capa­cité d’émancipation se rap­pro­chera de zéro de plus en plus (on ne demande même plus de savoir lire, mais de savoir exé­cu­ter aujourd’hui). La télé­vi­sion a lobo­to­misé les esprits en quel­ques années, ima­gine-t’on réel­le­ment que la fin de la lec­ture aidera en plus ?

Au final, la des­truc­tion de l’école « répu­bli­caine », même si elle pou­vait être un but quel­que part pour aller vers une école plus liber­taire, se fait aujourd’hui vers l’excès (l’extrême) inverse. En tuant le peu de col­lec­tif que l’école offrait, les tenants du libé­ra­lisme économique (capi­ta­lisme) sont par­ve­nus à faire de l’école ce qu’elle ne doit pas être : un énorme centre d’appren­tis­sage pro­fes­sion­nel. Avec en plus une pro­pen­sion très élevé à la repro­duc­tion sociale, pro­pen­sion qui n’ira pas en s’arran­geant.

Alors bien entendu, il nous faut, tous, être aux côtés de ceux qui lut­tent (et donc lutter) pour sauver l’école. Tout en gar­dant en mémoire que ce n’est qu’une étape pour aller ensuite vers une autre école, plus émancipatrice et ouverte.

Sans quoi, nos enfants ris­quent de vivre la fameuse révo­lu­tion inter­net et des tech­ni­ques de com­mu­ni­ca­tion de la pire façon qu’il soit : en étant eux-mêmes trans­for­més en simple donnée d’un jeu comp­ta­ble entre mul­ti­na­tio­na­les.

PS : volontairement, ce texte se concentre sur l’école. Il est évident que la misère va aussi en augmentant, et que les laissés-pour-compte du système servent avant tout le système lui-même, en tant que repoussoirs. Avec comme phrase clef : « Estime-toi heureux d’avoir du travail, toi au moins t’es pas à la rue / au chômage ».

Rebellyon, 13 janvier 2012