Archives mensuelles : janvier 2012

Immigration : le prix de la xénophobie d’État

Immigration : le prix de la xénophobie d’État

Claude Guéant annonçait fièrement le 10 janvier une nette hausse des expulsions d’étrangers, assortie d’une baisse des titres de séjour délivrés et des naturalisations accordées. Outre le fait que la politique migratoire du gouvernement est indigne et coûteuse, elle est également construite sur des manipulations de chiffres. Parce qu’elle est avant tout une politique d’affichage servant un objectif électoraliste.

Un ensemble de pratiques très douteuses visent à gonfler le nombre d’expulsions d’étrangers en situation irrégulière. Les cas entrevus au centre de rétention administrative d’Hendaye et de Perpignan, à proximité de la frontière franco-espagnole, sont édifiants. Les Pyrénées sont traversées par de nombreux citoyens latino-américains en quête d’un billet retour vers l’Amérique du Sud. « Ici, depuis plus de trois ans, on arrête des gens qui rentrent chez eux, explique Laurence Hardouin, avocate au barreau de Bayonne. En transit, certains présentent même un billet de transport de retour, mais ils viendront quand même grossir le chiffre des reconduites ! »

À Hendaye, la dernière victime du phénomène est une Capverdienne qui se rendait avec un bus de la compagnie Eurolines à l’aéroport de Lisbonne. Son visa français ayant expiré depuis quelques jours, elle rentre au Cap-Vert quand elle est interpellée par la Police aux frontières. Placée en rétention à Hendaye, elle a été expulsée la semaine dernière par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. « Si cette ressortissante du Cap-Vert rentrait chez elle à ses frais, au final c’est le contribuable français qui a payé pour son retour », ironise Laurence Hardouin.

Une xénophobie hors de prix

Ces opérations coûtent cher : au bas mot, 12 000 euros par reconduite à la frontière, selon Éric Besson, lorsqu’il était ministre de l’Immigration en 2009. La commission des Finances du Sénat l’estime, elle, « à environ 20 970 euros par personne reconduite ». L’ensemble du dispositif rétention et expulsion totaliserait 415,2 millions d’euros selon la commission des Finances du Sénat. Voire plus de 2 milliards par an selon les calculs de l’association Cette France-là, qui a compilé les différents coûts relatifs aux interpellations, à la rétention et aux éloignements. Le prix d’une statistique destinée à séduire l’électorat xénophobe.

« La réalité n’a aucune importance, il n’y a que la perception qui compte » [1], confiait en 2007 Laurent Solly, directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Ce 10 janvier, lorsque Claude Guéant balance ses chiffres aux médias, à quelques mois de la prochaine échéance présidentielle, c’est bien de la fabrique de la perception dont il s’agit. Qu’importe la complexe réalité de l’immigration, il s’agit de faire croire que l’on peut rendre la France inaccessible. Dans le sillage du Front national, Brice Hortefeux, prédécesseur de Claude Guéant, avait déjà pris l’habitude des décomptes très larges. Car, en matière de données sur l’immigration, il n’existe pas, en France, d’organe indépendant. La plupart des statistiques proviennent de l’administration, via le Rapport annuel au Parlement sur la politique migratoire.

Harceler les Roms : un « succès »

Claude Guéant a cependant devancé sa publication. Outre les pratiques constatées dans les zones frontalières, on peut donc s’interroger sur les manipulations dont font l’objet les chiffres fièrement annoncés par le ministre. En plus des 32 912 étrangers reconduits à la frontière, la baisse des premiers titres de séjour, des naturalisations et des titres de séjours pour liens familiaux.

Qu’intègre ce (triste) record ? Le ministre doit notamment son « succès » au harcèlement envers les Roms et à l’arrivée de migrants tunisiens après la chute du régime Ben Ali. Selon les chiffres de 2009, (les plus récents publiés), un tiers des expulsions sont en fait des « retours aidés », c’est-à-dire accompagnés d’une somme d’argent (entre 300 euros et 2 000 euros). Celle-ci est principalement proposée à des Roms de nationalité roumaine ou bulgare. Or ces citoyens européens peuvent revenir facilement sur le territoire français dans le cadre de la libre circulation. Certaines personnes ont ainsi été éloignées plusieurs fois.

Précariser les étrangers : un « réel progrès »

Dans les chiffres mentionnés par le ministre de l’Intérieur, on compte également environ un tiers de « réadmissions vers un État membre ». Il s’agit d’une reconduite vers un pays de l’Union européenne, dans lequel l’étranger a séjourné légalement. En 2011, le taux de réadmission pourrait être bien supérieur aux années précédentes car le gouvernement italien a délivré en avril dernier 20 000 titres de séjour temporaires, valables pendant trois mois, à des Tunisiens débarqués sur l’île de Lampedusa. Certains ont donc fait le voyage jusque dans l’Hexagone. Trois mois plus tard, la France s’est donc empressée d’en renvoyer vers l’Italie, pour « absence de ressources suffisantes » (62 €/ jour).

L’autre « réel progrès » est une baisse 3,6 % dans l’attribution des premiers titres de séjour. À la place, le gouvernement a préféré précariser les étrangers nouvellement arrivés. « En 2009, le gouvernement a voulu simplifier les formalités pour la première année de séjour en France, avec des visas valant pour un titre de séjour », explique Serge Slama, maître de conférences en droit public à l’université Évry-Val-d’Essonne et contributeur du blog Combat pour les droits de l’homme. Ces visas consulaires très précaires ne sont donc plus comptabilisés comme titres de séjour alors que toujours plus d’étrangers en bénéficient – conjoints de Français, travailleurs salariés, étudiants… Et permettent de faire baisser le nombre officiel d’entrées sur le territoire.

Comptabilité absurde et calculs électoralistes

Enfin, la diminution du nombre de naturalisations et de titres de « séjour pour liens familiaux » pourrait s’expliquer simplement par un « effet retard » ou « décalé », selon Serge Slama, lié notamment à la durée accrue des procédures d’obtention. Quant au nombre d’étudiants étrangers encore séduits par la France ou d’exilés syriens y trouvant protection et asile, nous n’en saurons rien. Cela ne fait pas partie des aspects positifs. Seuls ceux que l’on jette dehors comptent.

Le ministère de l’Intérieur attribue ses glorieux résultats à l’ « efficacité » de la loi Besson/Guéant/Hortefeux, adoptée en mai 2011. Pour les défenseurs des droits fondamentaux, cette loi constitue une grave régression démocratique puisqu’elle retarde, voire empêche le passage d’un sans-papiers devant le juge des libertés et de la détention, limite l’accès à l’aide juridictionnelle et réduit le délai de recours face à une « obligation de quitter le territoire français » (OQTF) d’un mois à 48 heures. Discrimination par les contrôles policiers, atteinte toujours plus généralisée aux droits fondamentaux, dévoiement de l’action de l’aide au développement, marginalisation sociale des migrants, réduction de l’être humain à un chiffre à traiter et gaspillage d’argent public… Telle est la réalité d’une logique purement comptable et de calculs électoralistes en matière d’immigration.

Jean Sébastien Mora

Photo : David Delaporte/Cimade

Notes

[1] Yasmina Reza, L’Aube le soir ou la nuit, p. 44. Flammarion.

Basta Mag, Jean Sébastien Mora, 13 janvier 2012

Sarko remet la légion d’honneur à un ancien de l’OAS

[Légion du déshonneur] Sarközy de Nagy-Bocsa lèche les bottes de l’OAS

Un putschiste, héros de Sarko

Le 3 janvier Nicolas Sarkozy a poursuivi en Bretagne son marathon des vœux en rendant hommage à l’engagement et à l’efficacité des soldats français déployés tout au long de l’année 2011 dans les opérations militaires qu’il a ordonnées.

Il s’est surtout permis, dans sa drague aux militaires à quelques mois de la présidentielle, de citer Hélie Denoix de Saint-Marc, officier putschiste en 1961 en Algérie, à qui il a remis en novembre la Grand Croix de la Légion d’honneur, un geste très apprécié dans les cercles militaires.

Entré dans la Résistance en 1941, puis déporté en 1943 au camp de Buchenwald, Denoix de Saint-Marc commandait par intérim le 1er régiment étranger de parachutistes en Algérie.

Engagé aux côtés du général Massu, il a été le fer de lance du putsch des généraux manqué d’avril 1961. Le 1er REP ayant été dissous le 30 avril 1961, une partie de l’effectif déserte et rejoint l’OAS.

Condamné à dix ans de réclusion criminelle, mais gracié, il n’en a passé que cinq en prison. Lors de son procès, il avait déclaré qu’en Algérie sa mission était notamment de « maintenir l’intégrité du patrimoine national, y promouvoir la justice raciale (…) ».

Bel exemple que cet homme là, justifiant la guerre coloniale et son cortège de tortures !

Brève parue dans Billets d’Afrique… et d’ailleurs n° 209 de janvier 2012.

[Aulnay-sous-Bois] Flics, porcs, assassins !

[Aulnay-sous-Bois] Flics, porcs, assassins !

 

« On n’est pas des animaux, on est des enfants de la France », répète toutes les deux minutes Jamel, un « enfant d’Aulnay ». La quarantaine bien entamée, il a grandi dans la cité « plutôt calme » de Balagny, à Aulnay-sous-Bois, où un jeune homme de 25 ans est décédé hier soir vraisemblablement d’une crise cardiaque lors d’un contrôle de police dans un hall d’immeuble.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326416370.jpgLe 11 janvier, dans la cité de Balagny, à Aulnay-sous-Bois.

Ce matin, en apprenant la mort du «petit frère», Jamel a rappliqué aussi sec « pour comprendre ce qui s’est passé » et soutenir la famille.

Selon les premiers résultats de l’autopsie, le jeune homme souffrait d’une malformation cardiaque. D’après le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, le jeune homme a été « menotté » pendant le contrôle, mais « sans aucune violence ». Les policiers lui ont prodigué de premiers soins et ont appelé les pompiers, mais ces derniers n’ont pas réussi à le réanimer, selon des sources policières interrogées par l’AFP.

Une polaire bleue « Aulnay, une ville sport » sur le dos, Jamel est « révolté ». Selon lui, « le maire [Gérard Ségura, PS, ndlr] n’a même pas pris la peine de se déplacer dans la cité pour parler aux jeunes ou au moins pour rendre visite à la famille endeuillée ».

Un autre habitant de la cité, 24 ans, le visage blafard de ceux qui ont peu dormi : « Ah mais ça, si la victime avait eu un prénom bien français, genre Marcel ou Philippe, cela ne se serait pas passé comme cela. Sarko et Fillon seraient déjà là, la victime aurait eu droit à des funérailles en fanfare avec retransmission à la télévision. »

Si rien ne permet de conclure à la responsablilité de la police dans le décès, cet épisode renforce encore la tension entre jeunes et policiers.

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Au pied de l’immeuble où se sont déroulés les faits, ils sont une quinzaine à refaire le film de la soirée. Hier soir, vers 20 heures, « les cow-boys de la BAC » ont débarqué pour un contrôle de stup. « En civil mais on les reconnaît avec leur Ford focus bleue. Faut les voir nous parler, je vous jure », raconte l’un d’eux.

« À partir du moment où t’es jeune, pour eux, t’es une racaille. Ils parlent mal, sans respect, comme si on était des chiens. Ils nous traitent de fils de pute. Quand on reste tranquille, posés sur le muret ou dans un hall, ils nous cherchent. Leur phrase favorite, c’est : alors vous nous provoquez pas aujourd’hui ? »

Imad, 25 ans, était très ami avec la victime : « On a passé la journée ensemble, il allait très bien, pas de vertige ou quoi que ce soit, il était en forme. » Emmitouflé dans une doudoune blanche et noire, le visage fermé, il est atterré des rumeurs qui circulent. « À la télé, ils disent qu’il a eu un malaise cardiaque parce qu’il a pris du viagra et qu’il avait une mauvaise santé, on salit sa mémoire. La vérité, ce n’est pas celle là. Les flics sont arrivés comme des ninjas, comme si c’était Bagdad ici. Au lieu de faire un contrôle tranquille, ils l’ont plaqué contre le sol, comme un malpropre. Il en est mort. »

(…)

Leur presse (Marie Piquemal, Libération, 11 janvier 2012)


(…) À Baligny, l’explication médicale de la mort du jeune homme n’a pas apaisé les esprits. « Il faut dire la vérité ! Abdel, c’est comme tout le monde ici, il est contrôlé en permanence par la BAC. Une fois, deux fois, trois fois par jour ! Alors, ne me faites pas croire qu’un simple contrôle aurait provoqué son problème de cœur ! », s’emporte Djamel, 43 ans, un ancien du quartier venu montrer son soutien à la famille. (…)

Leur presse (Arthur Frayer, lemonde.fr, 11 janvier 2012)


« Ça va péter. » Un habitant de la cité Balagny à Aulnay-sous-Bois a prévenu, plus tôt dans la journée ce mercredi, qu’il avait du mal à tenir les jeunes du quartier après la mort d’un des leurs, mardi soir, au cours d’une interpellation. Une soixantaine d’entre eux se sont réunis, en début de soirée, au centre de la cité, autour de laquelle se sont positionnée les forces de l’ordre.

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Une quinzaine de fourgons de CRS a pris place autour de la cité plongée dans le noir, le transformateur de l’éclairage public ayant brûlé la nuit précédente, selon notre journaliste sur place. Aucun incident n’est à signaler, seules quelques invectives émanent du groupe à l’adresse des policiers.

Leur presse (20minutes.fr, 11 janvier 2012)


Quatre personnes ont été interpellées après les incidents qui se sont déroulés dans la nuit de mercredi à jeudi, dans plusieurs cités d’Aulnay-sous-Bois, après la mort d’un jeune homme de 25 ans, au cours d’un contrôle de police mardi.

Des incidents (tirs d’engins pyrotechniques et feux de poubelles), bien que l’autopsie a établi qu’il n’avait subi aucune violence et qu’il souffrait d’une malformation cardiaque. Il y a eu « quatre interpellations après de gros pétards » qui ont sauté mais qui n’ont pas fait de blessés, a expliqué la préfecture.

Vers 23 heures, deux poubelles ont été incendiées, mais le feu a été très rapidement éteint par les pompiers. Mercredi soir, un calme précaire régnait dans la cité Balagny d’Aulnay-sous-Bois, composée de petits immeubles de brique rouge. Un important dispositif policier était en place, mais en retrait, alors que des groupes de jeunes sont restés rassemblés au pied de la cité jusque vers 1 heure du matin. (…)

Leur presse (LeParisien.fr, 12 janvier 2012)


Des incidents se sont produits dans la nuit de mercredi à jeudi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), à la suite de la mort d’un jeune, mardi, au cours d’un contrôle de police. (…) la soirée a été marquée par des incendies dans plusieurs quartiers de la ville, à la cité Balagny, d’où le jeune homme était originaire, à la cité des Etangs et à la Rose-des-Vents.

Les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortier de feu d’artifices. Vers minuit, les policiers étaient encore nombreux à Aulnay, déblayant la chaussée des restes de poubelles brûlées.

(…)

Ce drame a alimenté tristesse et colère dans ce quartier de petits immeubles de brique d’ordinaire très calme, rebaptisé même par les plus jeunes « la cité de l’ennui ». « Les policiers mettent trop la pression aux jeunes, tout ça parce qu’ils sont dans les halls et qu’ils fument parfois un joint… Moi, je les ai déjà vu caler (NDLR : immobiliser) quelqu’un au sol, ils y vont fort », lâche une femme de 26 ans, « choquée » par la mort d’Abdel, « garçon calme et gentil », qui « travaillait de temps en temps ». Sur la placette centrale, des anciens sont réunis, la mine sombre. Certains ont vu la tentative de réanimation derrière « une rangée de 20 ou 30 policiers ». « Personne ne s’est soucié d’emmener la famille à l’hôpital », proteste l’un d’eux.

(…)

Leur presse (LeParisien.fr, 12 janvier 2012)

[Poitiers] Vinci hors de nos vies – Sur le viaduc des Rocs

 » La colonne vertébrale du transport en commun « 

Les travaux de remplacement de la passerelle des Rocs par le futur viaduc vont durer jusqu’à la fin 2013. D’ici là, vélos et piétons prendront la navette gratuite.

 
Le futur viaduc des Rocs permettra, fin 2013, le passage des bus, des vélos et des piétons. – (Document SD, GTM Bretagne)

Le viaduc de la gare sera l’un des piliers du BHNS. C’est ainsi que Maurice Monange, en vertu de son poste de délégué du conseil municipal au chantier de Cœur d’agglo, concluait hier matin la grand-messe célébrée dans le bureau d’Alain Claeys pour le lancement des travaux du viaduc des Rocs. « Il faut imaginer que dans quelques années, on reliera le centre-ville au Futuroscope en un quart d’heure avec un départ toutes les cinq minutes », ajoutait-il pour parfaire un tableau particulièrement attractif, mais aujourd’hui encore très éloigné de cette touche finale.

Au chapitre plus terre à terre du déplacement quotidien des Poitevins, le premier acte de cette opération d’envergure est pour le 23 janvier prochain. Cette date marquera la fermeture au public de la passerelle (pour travaux de démontage) qui occupe le paysage poitevin depuis son inauguration en 1953. « Dès sa fermeture, les navettes gratuites et accessibles aux vélos seront mises en place », rappelle pour l’occasion Alain Claeys à l’attention des nombreux usagers de l’historique raccourci piétonnier entre Poitiers-Ouest et le centre-ville.

Une gruede 112 mculmineradu chantier

Auparavant, entouré de maires de l’agglomération, d’élus et de techniciens de la Ville, le président de Grand-Poitiers a tenu à rappeler toute l’importance que revêt le chantier du nouveau viaduc : « Après des études en 2008 révélant des problèmes structurels sur la passerelle, on s’est dit qu’un nouvel équipement pouvait être essentiel pour la liaison est-ouest de Poitiers et représenter la colonne vertébrale du transport en commun de Grand-Poitiers ». Confié à l’entreprise GTM Bretagne, sa livraison est prévue pour octobre-novembre 2013 après des travaux d’un coup global de 28 M€ HT dignes d’Hercule. Du chantier culminera une impressionnante grue de 112 mètres de haut.

pratique

Navette gratuite le temps des travaux

 > Navette viaduc. A partir du 23 janvier, date de la fermeture définitive de la passerelle des Rocs, Grand-Poitiers met en place une navette, intitulée « navette viaduc », gratuite et accessible aux vélos (12 emplacements).
 > Du lundi au samedi. Elle circulera de 7 h 30 à 10 h 10 et de 16 h 30 à 19 h 30.
 > Toutes les 20 minutes. Elle effectuera la boucle suivante (avec arrêts aux extrémités de la passerelle) : Boulevard Solférino, Pont-Achard, Maillochon, avenue de Nantes, porte de Paris, boulevard du Grand-Cerf, gare.

Nouvelle République, Dominique Bordier, 13 janvier 2012

Un chantier en chiffres et en lettres

> Le viaduc des Rocs sera d’une longueur de 330 m et d’une largueur de 15 m. Il supportera un site propre dédié aux bus (2 voies de 3,50 m), une piste cyclable de 3 m, un trottoir de 3 m et une station d’arrêt de bus sur ouvrage au droit du parking Toumaï renforçant l’intermodalité.
> Financement. D’un coût estimé de 28 M€ HT, l’équipement a reçu les subventions du Fonds national d’aménagement du territoire (2,5 M€), du conseil général (2,5 M€), de la Ville (2 M€), du Grenelle de l’environnement (2, 9 M€).
> La déconstruction de la passerelle démarrera par les deux extrémités pour finir par les parties au-dessus des voies nécessitant l’intervention d’une grue de 112 m pouvant lever jusqu’à 1.200 tonnes. Cette dépose aura lieu en mai, le week-end de l’ascension.
> La construction de la charpente métallique du futur viaduc débutera, dès février, dans les ateliers vénitiens de la société italienne Cimolai.

Nouvelle République, 13 janvier 2012

[Poitiers] Non à la LGV Tours-Bordeaux – premier chantier ouvert !

ERDF prépare le chantier de la future ligne ferroviaire à grande vitesse

ERDF a démarré, mercredi, à Jaunay-Clan, son premier chantier dans la Vienne dans le cadre de la Ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique reliant Tours à Bordeaux.

 
Les deux agents spécialisés, équipés avec leurs manches longues, en contact avec la ligne 20.000 volts.
 

Ils sont spécialisés, suivent régulièrement des formations : les salariés d’ERDF, qui travaillent « sous tension », ne ressemblent pas aux autres. Ils flirtent avec un courant de 20.000 volts et ne s’autorisent aucun écart, malgré l’équipement de protection, dans l’application de la procédure. Sinon, c’est la mort assurée.

Mercredi, sur la commune de Jaunay-Clan, ces hommes-là ont ouvert le premier chantier de la Vienne dans le cadre des travaux de construction de la future ligne à grande vitesse qui reliera Tours à Bordeaux.

«  Ils se mettent au potentiel du réseau  »

La feuille de route d’ERDF, pour ce chantier, consiste à enfouir 63 km de réseaux en souterrain en Poitou-Charentes, dont 12,5 km en Vienne. Pour cela, ils devront déposer 37 km de réseaux aériens et créer et modifier 41 postes de transformation. L’ensemble de ces travaux, qui s’effectue en amont du chantier de la ligne LGV, sera bouclé courant 2013 dont 70 % cette année. La facture, pour le seul département de la Vienne, s’élève à 1,7 million d’euros – en Poitou-Charentes, elle est estimée à 10 M€
A Jaunay-Clan, l’intervention d’ERDF a été, hier, très précise. Elle s’est déroulée à hauteur du chemin des Cosses. Les agents spécialisés, après avoir implanté un poteau, ont opéré à un arrêt de ligne, sans coupure de courant, afin de préparer l’enfouissement de cette même ligne sur quatre kilomètres. Pour cela, 30 poteaux seront déposés sur un tronçon de 2 kilomètres. C’est une entreprise prestataire (SPIE) qui effectuera les tranchées et la pose du câble.
Pour intervenir sur la ligne de 20.000 volts et pratiquer le « double arrêt », les spécialistes du « travail sous tension » ont utilisé deux méthodes : celle à distance en se servant de perches isolantes et la méthode au contact, comparable aux oiseaux. Explications : les agents, perchés sur une nacelle portée par un bras isolant du sol et équipés de manches longues, présentant les mêmes qualités de protection, remontées jusqu’à l’épaule, travaillent en contact avec la ligne de 20.000 volts. « Ils se mettent au potentiel du réseau », explique le responsable du chantier.
Ces interventions, qui vont s’étaler sur deux mois, n’auront aucun impact sur la clientèle.

Nouvelle République, Didier Monteil, 13 janvier 2012