Archives mensuelles : janvier 2012

[Civaux] Nucléaire : nous voilà bien rassurés…

Les leçons de Fukushima à la centrale de Civaux

Des travaux seront réalisés pour assurer le refroidissement des réacteurs en cas de catastrophe, comme le préconise le rapport de l’Autorité de sûreté.

L'annonce des mesures de renforcement des installations a été faite à la CLI, hier.

 

L’annonce des mesures de renforcement des installations a été faite à la CLI, hier. – (Photo Laurent Favreuille)

 

A l’échelle de la vallée Vienne, la rupture du barrage du lac de Vassivière provoquerait l’équivalent d’un tsunami qui déferlerait sur Civaux. Cette condition extrême, comme d’autres liées à un violent séisme ou à une rupture de l’alimentation électrique, a été envisagée par l’Autorité de sûreté nucléaire qui vient de rendre un rapport sur les évaluations complémentaires conduites après l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima Dai-ichi pour tirer les premiers enseignements de la catastrophe.

Sa déclinaison poitevine a été présentée, hier, aux membres de la commission locale d’information (CLI) de la centrale nucléaire de Civaux. Des travaux de mise en conformité devront être réalisés sur le site ; ils consistent essentiellement à doter chaque réacteur d’un groupe électrogène diesel et d’une pompe autonome pour assurer leur refroidissement en cas d’accident majeur.

«  Ne pas céder à la panique  »

« On nous demande aussi de garantir le refroidissement du combustible dans la piscine ; on doit être en permanence en capacité de l’alimenter en eau et cela demandera des moyens complémentaires », explique Jean-Paul Joly, le directeur de la centrale de Civaux. « On avait déjà prévu d’investir 500 millions d’euros dans chaque centrale pour prolonger leur durée de vie, il faudra ajouter en moyenne 100 millions par site pour tenir compte de ce rapport. » Avant l’été prochain, la direction d’EDF devra définir les priorités pour le « noyau dur » du site. Les études seront menées au cours de cette année et tous les travaux devront avoir été réalisés avant 2018. Un chantier relativement modeste : « Notre centrale se trouve déjà à l’abri d’inondations exceptionnelles sur la base d’un effacement du lac de Vassivière avec un débit de la Vienne de 3.500 m3 par seconde », ajoute Jean-Paul Joly. « Elle fait aussi partie des dernières centrales à avoir été conçues et bénéficie de nombreuses améliorations par rapport aux précédentes ; elle utilise notamment beaucoup moins d’eau. »
Peut-on considérer que les leçons de Fukushima ont été tirées ? « Non, il faudra des années pour tirer tous les enseignements », répond le représentant d’EDF. « Cette catastrophe a éveillé les vigilances dans un domaine extrêmement important », estime Roger Gil, le président de la CLI. « Il ne faut pas céder à la panique mais se dire qu’elle est une source pour l’action. » Neuf mois après, le chantier est engagé.

Nouvelle République, Baptiste Bize, 13 janvier 2012

Une force d’action rapide de 60 à 80 membres

La création d’une Force d’action rapide nucléaire (FARN) figurait parmi les mesures annoncées au début du mois lors de la publication du rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire sur les évaluations post-Fukushima. La direction d’EDF a confirmé, hier, qu’une des quatre équipes de cette force serait basée sur le site de Civaux pour, en cas de catastrophe, intervenir en urgence dans les centrales de la vallée de la Loire et du Sud-Ouest et en renfort sur tout le territoire national.
Cela se traduira par la création de 60 à 80 postes dans la Vienne avant fin 2013. « Nous allons recruter une trentaine de personnes dès cette année : des ingénieurs, des mécaniciens, des robinetiers, des électriciens et des radioprotectionnistes, des spécialistes de télécommunications », précise Jean-Paul Joly, le directeur de la centrale locale qui emploie déjà près de 700 personnes résidant dans un rayon de 10 km.

Nouvelle République, 13 janvier 2012

[Poitiers] Conférence-débat avec les faucheurs d’OGM

 Les faucheurs font leur show à la veille de leur procès

Sept des prévenus, leurs avocats et témoins ont animé un débat public hier à la veille de leur comparution devant la cour d’appel.

Prévenus et fiers de l'être : faucheurs volontaires et avocats avant la conférence débat sur le danger des OGM.

 Prévenus et fiers de l’être : faucheurs volontaires et avocats avant la conférence débat sur le danger des OGM.

Six mois après leur relaxe par le tribunal correctionnel de Poitiers, huit faucheurs volontaires de maïs transgénique sont cités ce matin, sur appel du parquet, devant la cour d’appel. Six d’entre eux sont des militants anonymes ; le septième, François Dufour, est vice-président du conseil régional de Basse-Normandie. Le dernier enfin, et leur porte-parole naturel, n’est autre que le député européen vert et militant paysan José Bové.

Dès hier, les prévenus, leurs avocats et leurs témoins (les professeurs de biologie Jacques Testart et Pierre-Henri Gouyon) ont animé une conférence débat à Poitiers autour des OGM et des risques qu’ils représenteraient. En fin d’après-midi, les mêmes ont présenté le contexte de ce procès en appel : « C’est clair que le parquet a fait appel sur ordre de la Chancellerie, a notamment martelé José Bové. D’un côté, on a un ministre de la Justice qui s’acharne et de l’autre une ministre de l’Environnement et un président de la République qui annoncent qu’ils vont prendre un nouvel arrêté pour interdire les OGM ! »
Aujourd’hui, les prévenus, tout en revendiquant leur action du 15 août 2008 à Civaux et Valdivienne, vont plaider la relaxe : « On revendique une action mais pas d’être condamnés ! s’amuse le député européen. C’est le choix du parquet de nous poursuivre. Il se plante : c’est son problème. »
Les avocats, Marie-Christine Etelin et Nicolas Gallon, au cours de ce procès prévu sur une journée, s’appesantiront cependant sur le fond du dossier en plaidant « l’état de nécessité ». Leur thèse : les essais de Monsanto étaient illégaux (ils ont d’ailleurs été annulés après leur destruction par le Conseil d’État). Il fallait donc empêcher la récolte d’avoir lieu : « En fauchant des parcelles illégales, nous nous sommes faits des auxiliaires de justice », avance José Bové.
Le député vert a par ailleurs annoncé une vaste mobilisation de « milliers de faucheurs volontaires » au mois d’avril si de nouveaux champs étaient ensemencés de maïs transgénique faute d’arrêté ministériel les interdisant.

Nouvelle République, Vincent Buche, 13 janvier 2012

[Poitiers] Débrayage à Aréas Assurances

Débrayage à Aréas Assurances

Les grévistes poitevins solidaires de leurs collègues.

Les grévistes poitevins solidaires de leurs collègues.

Branle-bas de combat hier matin à la délégation Aréas Assurances située sur la technopole du Futuroscope. Un tiers des effectifs de l’entreprise chasseneuillaise qui compte 84 salariés, était en grève pour défendre leur emploi mais aussi par solidarité avec leurs collègues de Tours, Angers et Montpellier. Les trois délégations vont purement et simplement disparaître menaçant ainsi cent dix-neuf emplois. A Chasseneuil, un service sera prochainement fermé entraînant la suppression de quatre postes, selon les représentants du personnel.

Aréas est une société d’assurances qui a fusionné il y a six ans avec la Mutuelle du Poitou et les Mutuelles des Provinces de France. « Depuis deux ans, expliquent les grévistes, la société d’assurances perd de l’argent à cause des évènements climatiques (Xynthia en 2010). On en est conscient. Mais il y a sans doute une autre solution. Qui plus est une expertise comptable prouve que les chiffres ne sont pas si mauvais que ça, alors pourquoi licencier ? ». Ils ajoutent que « la moyenne d’âge des personnes concernées se situe aux alentours de 50 ans, dans ces conditions retrouver du travail s’avère difficile… » Anne-France Ravet, déléguée du personnel, était hier à Paris au siège d’Aréas pour négocier et essayer de sortir de cette situation. En début de semaine prochaine on devrait savoir si la mobilisation a payé.

Nouvelle République, 13 janvier 2012

[Aubervilliers] Expulsion de Changfeng Mo, résidant en France depuis dix ans et père de deux enfants

Pour le Retour de M. MO et la régularisation de son épouse !

Le 7 Janvier, Changfeng MO, un jeune père de famille de 28 ans, a été expulsé après 10 années de présence en France et 45 jours de rétention ! Il est parti sans avoir revu sa femme et ses enfants depuis le jour de son arrestation. Aujourd’hui, il erre très loin de chez lui quelque part à Beijing avec seulement quelques sous en poche. Aujourd’hui, ses enfants, Félix 3 ans, en maternelle à Aubervilliers, et Soufia bientôt 2 ans, tous deux nés en France, n’ont plus de père. Aujourd’hui sa femme Hongxia MO est privée de la présence de son mari et doit assurer seule le quotidien.

Pour le ministère de l’immigration, ce n’est qu’une expulsion de plus à mettre au tableau de chasse de M. Guéant ; pour nous tous, c’est surtout la vie brisée d’un homme, ce sont une femme et deux enfants jetés dans une précarité extrême et une famille déchirée de plus à mettre sur le compte de la politique inhumaine des quotas d’expulsions. En bafouant les droits fondamentaux, notamment les droits de l’enfant, la préfecture suivrait-elle de nouvelles directives d’un gouvernement prêt à tout pour conquérir de nouveaux électeurs ?

Parce que cette expulsion est une honte pour notre pays, parce que cette situation est intolérable, parce que, pour M. MO « chez lui », c’est ici et ce n’est pas en Chine, nous, parents, amis, soutiens, habitants d’Aubervilliers et d’ailleurs, demandons le retour immédiat de Changfeng MO et la régularisation de son épouse Hongxia MO.

Nous resterons mobilisés tant que M. Mo ne sera pas revenu auprès de sa famille en France, à Aubervilliers !
Merci de signer et de diffuser largement cette pétition.

petition_M_-Mo(2).doc

RESF 93, 11 janvier 2012