Archives mensuelles : février 2012

[Poitiers] La famille Maka soutenue par des parents d’élèves

ndPN : Nous rapportions il y a un mois les menaces d’expulsion par la préfecture de plusieurs personnes étrangères, en recours devant le tribunal administratif. Dont M. Maka (néo-zélandais) et sa femme. Pour la famille Maka, des parents d’élèves se mobilisent :

Encore une famille menacée d’expulsion

Une situation ubuesque et tragique : c’est ainsi qu’un groupe de Poitevins, parents d’élèves dans une école de la ville, résume la situation faite à la famille Maka dans un courrier adressé au maire pour obtenir son soutien. Le père est originaire de Nouvelle-Zélande. Il est arrivé en France en 2001 pour jouer au rugby dans les meilleurs clubs avant de devenir agent de sécurité, l’heure de la retraite sportive venue. Son épouse, Américaine, l’a rejoint en France en 2004. Le couple a quatre enfants scolarisés à Poitiers (entre 12 et 4 ans). Deux sont nés en France. En juillet 2011, il reçoit de la préfecture une obligation de quitter le territoire français au motif que le travail de M. Maka ne figure pas dans la listes des professions ouvertes aux étrangers. Le tribunal administratif a confirmé l’OQTF. Appel a été formulé. En attendant, M. Maka a perdu son travail et le couple ne reçoit plus les prestations familiales. Son employeur serait prêt à le réembaucher… à condition que M. Maka obtienne ses papiers. Seules ressources aujourd’hui : les 250 € de l’aide sociale à l’enfance que verse le conseil général. Les parents d’élèves craignent que la famille ne se retrouve à la rue d’ici un mois.

Nouvelle République, J.-J. B., 23 février 2012

[Poitiers] Grève de la territoriale et négociations avec la mairie

ndPN : Belle mobilisation hier après-midi des employé-e-s de la territoriale. Des nombreux services étaient en grève (y compris la médiathèque) et l’ambiance était sympa dans l’arrière-cour de l’hôtel de ville. Un article ce matin dans la NR :

Territoriaux : la CGT fait ses comptes

Quelque 150 agents territoriaux ont répondu hier après-midi à l’appel de la CGT pour une après-midi d’action (rassemblement dans la cour de la mairie et grève) Il s’agissait pour le syndicat de porter les revendications suivantes : participation de l’employeur à la protection sociale des agents et revalorisation du régime indemnitaire. « Sur le sujet de la mutuelle, les négociations ont commencé à l’envers, déplorait Thierry Benaïssa, élu cgt, on ne sait pas vraiment qui a une mutuelle. On n’a pas d’état des lieux. Et sur le régime indemnitaire, cela fait onze ans qu’il n’a pas été augmenté. Le maire lorsqu’il était encore candidat, s’était engagé à ouvrir des négociations sur le sujet ». Pendant que les agents se rassemblaient dans la cour de l’hôtel de ville, une délégation rencontrait les élus, dont Francis Chalard, l’adjoint aux finances, pour faire avancer ces dossiers.

«  Une petite avancée  »

Sur le régime indemnitaire, une enveloppe de 360.000 euros pourrait être redistribuée entre les 3.000 agents des collectivités, apprenait-t-on en fin d’après-midi. (*) « Une petite avancée », résumaient toutefois les syndicalistes au terme de plus de quatre heures de réunion. La situation reste en revanche inchangée sur le dossier de la mutuelle. « Là on n’est pas d’accord sur le montant de l’enveloppe, ajoute le syndicat, mais au lieu d’une somme égale pour tous, on partirait sur un calcul en fonction des salaires des agents. » En toute fin de journée, la ville publiait par l’intermédiaire de son service de presse un communiqué dans lequel elle affirmait être à l’écoute des revendications: « Au delà du travail réalisé depuis trois ans notamment sur la précarité avec plus de 190 emplois pérennisés, le régime indemnitaire des agents en horaires décalés, la collectivité entend poursuivre la démarche de dialogue social avec les syndicats». Employeur et syndicat doivent se revoir le 14 mars prochain.

(*) Les trois collectivités comptent 2.600 équivalents temps plein.

Nouvelle République, J.-M.G., 23 février 2012

[Le Blanc] Lutte pour le maintien de l’hôpital : moratoire obtenu

Hôpital du Blanc : un moratoire jusqu’à fin 2012

Un renfort de poids sur la manif : le comédien Bernard Lecoq.

 Un renfort de poids sur la manif : le comédien Bernard Lecoq.

Les deux cars qui sont partis du Blanc (Indre) vers 4 heures hier matin sont arrivés au ministère de la Santé dans le calme, avant de pousser la chansonnette de circonstance, intitulée « L’usine à bébés ».

Les trois parlementaires de l’Indre (Michel Sapin, Jean-Paul Chanteguet et Nicolas Forissier) ont été reçus hier en début d’après-midi par le ministre Xavier Bertrand. Ce dernier a accepté le principe d’un moratoire jusqu’à la fin de l’année pour l’hôpital du Blanc, le temps de mettre en place des solutions, qui passeraient notamment par une coopération entre les Agences régionales de Santé (ARS) Centre et Poitou-Charentes. Pour les trois parlementaires, ainsi que pour les quatre-vingts Blancois qui ont fait le déplacement à Paris, cette nouvelle est enfin signe d’espoir. Pour les Montmorillonnais et les Chauvinois qui soutiennent le mouvement aussi. Le rythme des manifestations va sans doute diminuer.

Nouvelle République, 23 février 2012

[Poitiers] La coordination pour la sortie du nucléaire réclame des études sanitaires

Le nucléaire nuit-il à la santé publique ?

La coordination pour la sortie du nucléaire profite de la récente fuite de tritium à Civaux pour réclamer des études sur l’impact de l’industrie nucléaire.

Comme d'autres membres de la coordination, le Poitevin Damien Crapiz a participé à la vigie devant le siège de l'OMS au début du mois.

 

Comme d’autres membres de la coordination, le Poitevin Damien Crapiz a participé à la vigie devant le siège de l’OMS au début du mois.

Nicolas Bourmeyster bondit quand il entend le directeur de la centrale nucléaire de Civaux déclarer que la récente fuite de tritium n’a pas eu d’impact sanitaire. « Il n’est aucunement qualifié pour affirmer cela ; moi-même je n’en sais rien », explique ce chercheur poitevin du CNRS qui étudie particulièrement les leucémies. « Les concentrations peuvent se faire de manière sournoise… Le problème, c’est justement qu’il n’existe aucune étude officielle pour mesurer l’impact de l’activité nucléaire sur la santé publique ! »

Constituée il y a près d’un an, au lendemain de la catastrophe de Fukushima, la coordination de la Vienne pour la sortie du nucléaire profite de l’émotion suscitée localement par l’incident survenu le mois dernier à la centrale de Civaux pour interpeller l’opinion sur les conséquences de l’industrie nucléaire sur la santé. « On sent clairement, depuis cette fuite de tritium, que les gens sont plus réceptifs quand on distribue des tracts ou que l’on manifeste », précise Myriam Rossignol, du NPA. « Cela est également vrai à la commission locale d’information depuis Fukushima », confirme Jacques Terracher. « L’Autorité de sûreté nucléaire commence même à dénoncer les problèmes. » Le représentant de l’Association pour la cohérence environnementale en Vienne qui s’inquiète pour la santé des habitants de Châtellerault qui boivent l’eau de la Vienne en aval de la centrale de Civaux plaide pour la publication de registres du cancer dans chaque département.

«  Pas un mal nécessaire  »

Plus largement, Nicolas Bourmeyster juge « grave » pour la santé publique que des études ne soient pas menées pour étudier le lien entre les cancers et le nucléaire : « On ne peut pas considérer qu’on est en confiance avec un système qui ne nous dit pas tout. On a l’impression que c’est un mal nécessaire parce que le nucléaire est incontournable. Ce n’est pas vrai. » Plusieurs membres de la coordination ont d’ailleurs pris part, encore tout récemment, à l’action de vigilance silencieuse menée en permanence devant le siège de l’Organisation mondiale de la santé à Genève. Ils appellent aussi à manifester devant Notre-Dame-la-Grande, à Poitiers, le 10 mars à 10 h 30. Parce que le ministre de l’Industrie, Eric Besson, est attendu à la même heure à Civaux ? Non, pour commémorer la catastrophe de Fukushima à la veille de la date anniversaire.

en savoir plus

Plus de leucémies autour des centrales

La récente enquête de l’Inserm sur la fréquence importante des leucémies chez l’enfant autour des centrales nucléaires françaises entre 2002 et 2007 a retenu l’attention des partisans de la sortie du nucléaire. « Elle vient confirmer le bien-fondé de nos craintes », estime Françoise Chanial. « Là où on attendait 7,4 cas de leucémie, les chercheurs en ont dénombré 14, soit un quasi-doublement. Pourquoi n’y a-t-il pas de suivi épidémiologique autour des centrales ? »

Nouvelle République, Baptiste Bize, 23 février 2012

[La Réunion] Les réappropriations et affrontements contre les flics s’étendent

La Réunion : les violences s’étendent

Les violences du quartier du Chaudron à Saint-Denis se sont étendues mercredi soir aux communes du Port et de Saint-Benoît où des affrontements ont opposé forces de l’ordre à des groupes de jeunes qui ont vandalisé une grande surface, a-t-on appris auprès de la préfecture.

Policiers anti-émeutes le 22 février 2012 dans le quartier du Chaudron à La Réunion

Policiers anti-émeutes le 22 février 2012 dans le quartier du Chaudron à La Réunion

Les troubles se sont amplifiés à 23H00 heures locales (20H00 à Paris) à la Réunion, s’étendant aux communes du Port (ouest de l’île), à une vingtaine de kilomètres de Saint-Denis, et de Saint-Benoît (est).

« Une centaine de jeunes ont pu éventrer les rideaux d’une grande surface à Saint-Benoît et pénétrer à l’intérieur pour la piller », a déclaré à l’AFP le directeur de cabinet du préfet, Benoît Huber.

Selon des riverains, un hélicoptère survolait le site, braquant ses projecteurs sur les casseurs parmi lesquels se trouvaient des femmes. Des barrages constitués de branchages et de poubelles en feu interdisaient la circulation dans le centre-ville.

Au Port, des jeunes, dont certains munis de barre de fer, ont affronté les gendarmes dans les rues de la ville. Un groupe a réussi à pénétrer dans une concession automobile Peugeot où trois véhicules ont été incendiés, selon M. Huber. Des feux ont été allumés sur certains axes routiers.

Au Chaudron, à Saint-Denis, environ 200 jeunes cagoulés continuaient à harceler à coups de pierres les gendarmes mobiles protégeant la grande surface Jumbo Score, située au coeur du quartier et principale cible des émeutiers. Le bruit sourd des grenades assourdissantes était entendu dans toute la ville.

Un snack a été vandalisé et des dégradations commises sur les façades de plusieurs commerces, a indiqué le directeur de cabinet du préfet. Les policiers avaient procédé à 9 interpellations depuis le début de la soirée mercredi. Des poubelles, du mobilier urbain ainsi qu’un container situé à proximité d’un centre culturel ont été incendiés.

Elus et responsables de l’île semblent désemparés face à une situation sociale explosive et des revendications quasi impossibles à satisfaire sur le coût de la vie et le prix de l’essence.

AFP, 23 février 2012