Archives mensuelles : février 2012

[Honduras] Incendie au pénitencier : la police aurait tiré sur les prévenus au lieu de les aider

Honduras : l’incendie dans le pénitencier à Comayaga a fait 364 morts

L’incendie qui a ravagé une prison à Comayaga au Honduras, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale Tegucigalpa a fait 364 morts. Une prison qui hébergeait presque 900 détenus, soit le double de sa capacité. Il s’agit apparemment d’un incendie accidentel, et pas d’une mutinerie. Mais personne, semble-t-il, n’est venu en aide aux prisonniers, bien au contraire.

Avec notre envoyé spécial à Comayaga, Patrice Gouy

Selon un film vidéo amateur envoyé à la presse, la police aurait tiré des coups de feu contre les détenus plutôt que de les aider alors que l’incendie se propageait dans la prison. Certains gardiens ont refusé d’ouvrir les grilles des cellules, abandonnant les prisonniers à leur sort.

REUTERS/Stringer

La Commission interaméricaine des droits de l’homme a annoncé l’envoi d’une délégation pour enquêter sur les raisons de cet incendie. L’hypothèse du court-circuit est retenue néanmoins, le maire de la ville, Paola Castro a déclaré avoir reçu l’appel d’un prisonnier qui lui a dit : « Il va y avoir un incendie dans la prison et nous allons tous mourir carbonisé».

Elle a aussitôt prévenu les pompiers qui n’ont pu accéder aux bâtiments compte tenu des mesures de sécurité. Les familles de prisonniers refusant que les corps des victimes soient transportés à Tegucigalpa, la capitale, ont défoncé la porte du pénitencier et se sont affrontées aux agents de sécurité.

Le président José Lobo a promis une aide économique à toutes les familles des victimes pour régler les frais d’enterrement.

RFI, 16 février 2012

mise à jour : le témoignage d’un rescapé

[Poitiers] Condamnation des faucheurs d’OGM

José Bové et les faucheurs volontaires condamnés à Poitiers

Plusieurs centaines de militants anti-OGM avaient détruit deux champs de maïs transgénique dans la Vienne en 2008.

José Bové et son avocate, lors de l'audience du 13 janvier.

 

José Bové et son avocate, lors de l’audience du 13 janvier. – (Photo d’archives Patrick Lavaud)

La cour d’appel de Poitiers a rendu ce matin son arrêt dans le procès de huit faucheurs volontaires de maïs transgéniques, parmi lesquels le député européen vert José Bové et le vice-président de la région Basse-Normandie, Francis Dufour. Les prévenus sont condamnés à des peines d’amende avec sursis à l’exception de trois d’entre eux, dont MM. Bové et Dufour, déjà condamnés pour des faits de même nature, qui devront acquitter des jours amende, alternative à la prison ferme. José Bové a ainsi été condamné à 200 jours-amende à 6 €.

En première instance, le 28 juin 2011, les prévenus avaient été relaxés par le tribunal correctionnel. Les juges avaient estimé les poursuites mal fondées, le parquet ayant visé le texte qui réprime la destruction de cultures destinées à la mise sur le marché et non celui, plus sévère pour les coupables, qui sanctionne la destruction de cultures expérimentales.

Dans son arrêt, la cour d’appel estime qu’elle se devait de requalifier correctement les faits qui, en eux-mêmes, n’ont jamais été contestés par les prévenus.

Le 15 août 2008, plusieurs centaines de militants anti-OGM avaient détruit deux champs de maïs transgénique NK 603 X MON 810 à Civaux et Valdivienne. Les essais étaient menés par un agriculteur de Valdivienne, Jean-François Charles, gérant de la SARL Idémaïs, pour le compte de la multinationale Monsanto.

Outre les amendes, les condamnés devront solidairement s’acquitter de lourds dommages-intérêts accordés à Monsanto (plus de 135.000 €) et à Idémaïs (38.000 €) au titre de leurs préjudices matériel et moral.

Les condamnés disposent désormais de cinq jours francs pour se pourvoir en cassation.

Nouvelle République, Vincent Buche, 16 février 2012

[Poitiers] Au tribunal pour une chansonnette

ndPN : nous avions déjà évoqué le cas de J-C, poursuivi pour outrage au jet de confettis. La « haine erre » fait un papier aujourd’hui… en omettant de rappeler que la chorale « hécatombe » du 21 juin à Poitiers était une action de solidarité pour la liberté d’expression, avec les personnes poursuivies en plusieurs villes de France pour avoir chanté Brassens. Le site Démocratie réelle 86 donne les liens vers cette « affaire ».

Au tribunal pour une chanson et des confettis PQR 16/02/2012

16 février 2012

by Démocratie réelle et maintenant

Un homme de 52 ans a été appelé fin janvier au commissariat et s’est vu remettre une convocation devant le tribunal correctionnel de Poitiers où il aura à répondre, le 4 mai, d’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Le 21 juin 2011, ce quinquagénaire appartenait à un groupe de personnes qui avaient entonné la chanson « Hécatombe » de Georges Brassens devant le commissariat de police. Cette chanson, bien peu respectueuse pour l’uniforme a été très mal perçue par les policiers, qui ont couvert les chants par leurs sirènes. Les choses auraient pu en rester là si certains manifestants, parmi lesquels le prévenu, n’avaient cru bon de jeter des confettis en direction des policiers, dont un haut gradé. Il appartiendra aux juges de dire si l’attitude spécifique de ce manifestant relevait de l’outrage ou de l’inoffensif monôme.

Le Communiqué du Comité antirépression et de Démocratie réelle maintenant – Poitiers : Soutien à J.-C.en procès pour avoir chanté du Brassens et jeté des confettis !

Le compte rendu du 21 juin 2011 : “Hécatombe” de répression contre une chansonnette

[Versailles] Relaxe de deux fachos après une violente agression raciste

Deux «nationalistes» relaxés après l’agression raciste de Nouredine Rachedi

Nouredine Rachedi est «abasourdi» après que le tribunal de Versailles ait relaxé les 2 «nationalistes» suspectés de l’avoir tabasser à l’été 2008. Le jeune homme compte faire appel «dès qu’il aura réalisé ce qui lui arrive.»

Mardi 14 février, le tribunal de Versailles a relaxé Kevin Lamadieu et Romain Blandin, les deux agresseurs de Nouredine Rachedi, victime d’un passage à tabac pendant l’été 2008. Nouredine Rachedi a fait part de son incompréhension « Je suis choqué. Abasourdi complet. Compte tenu du dossier je pensais au moins que le premier que j’avais identifié … N’importe quel observateur l’aurait condamné ! »

Le 25 juillet 2008 vers 00h50 Nouredine Rachedi avait été arrêté par deux hommes dans un parc à Guyancourt (Yvelines), alors qu’il rentrait à son domicile. Les deux hommes lui avaient demandé « s’il était arabe » et ce qu’il pensait « des événements en ex-Yougoslavie » avant de le passer à tabac. La ratonnade avait entraîné 21 jours d’incapacité totale de travail pour le statisticien de 34 ans.

Nouredine après son agression

 

 

 

 

 

Quelques jours après l’agression, Nouredine Rachedi reconnait Kevin Lamadieu parmi les photos d’individus dangereux que lui tend la police. Au moment de son interpellation, la police découvre chez le suspect de 22 ans, passé par le GUD , un portrait d’Hitler et des photos du jeune homme en train de faire le salut nazi. 8 mois après, grâce à des recoupements téléphoniques, ils découvrent qu’il était avec Romain Blandin le soir de l’agression. Nouredine Rachedi reconnaît le deuxième suspect comme son autre agresseur.

« On n’a pas encore le motif de leur libération, nous n’avons pas reçu le jugement », explique l’avocate de M. Rachedi Nawel Gafsia qui a pris acte de la décision de la présidente du tribunal de relaxer les suspects. « Elle a du penser qu’il y avait un doute tout simplement. » Nouredine Rachedi donne lui sa vision du verdict « On est dans un pays gangréné par l’islamophobie. » Le jeune homme qui expliquait  être devenu depuis son agression « hypersensible sur les questions de racisme » envisage de faire appel « Tout le monde me dit de le faire mais pour le moment je ne réalise même pas. J’ai 10 jours pour faire appel, je le ferai quand j’aurai réalisé ce qui arrive. »

Pascal Fournier, l’avocat de Romain Blandin, n’est pas surpris par le verdict «Concernant mon client, c’était la décision que j’attendais. La reconnaissance avait été tardive et par formelle du tout. »

Tout va bien au pays des fachos non ???

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : StreetPress

Blog du Groupe de Béthune (Fédération Anarchiste), 16 février 2012

[Genève] « Cassé = gratuit »

[Genève] Sabotez le monde pour la gratuité !

Vandalisme à Genève – Des « terroristes de distributeurs » sévissent

Pas moins de 160 machines à billets ont été mises hors service à cause d’actes de malveillance. Les Transports publics genevois vont porter plainte.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1329341716.jpgLes motivations du « commando » ont le mérite d’être claires.

Les usagers des Transports publics genevois (TPG) ont une nouvelle fois fait la grimace hier. Mais, cette fois, le nouvel horaire des TPG n’y est absolument pour rien. La raison de leur courroux ? L’impossibilité d’acheter un billet valide auprès des distributeurs. En effet, 160 des 650 machines du réseau ont été mises hors service dans la nuit de dimanche à lundi par des actes de vandalisme.

« Vu l’organisation, il s’agit d’une véritable opération commando. Nous avons été victimes de terroristes de distributeurs », fulmine Philippe Anhorn, porte-parole de la régie publique. Les distributeurs ont été rendus inutilisables avec de la colle. Des plaques de bois taillées au format carte de crédit ont même été enfoncées dans certains d’entre eux.

« Sabotez le monde pour la gratuité ! »

Mardi, certaines machines n’étaient toujours pas exploitables et portaient les stigmates de l’attaque. « Cassé = Gratuit », peut-on lire sur l’une d’entre elles à Plainpalais. Deux arrêts plus loin, aux Augustins, le texte est plus éloquent. Le distributeur porte l’inscription « Sabotez le monde pour la gratuité ! »

Ces actes de rébellion ne sont pas signés. Mais les TPG ne désespèrent pas de mettre la main sur les voyous. « Nous allons déposer plainte, lance Philippe Anhorn. Il faudra 70 heures de travail et environ 5000 francs de fournitures pour assurer un retour à la normale. » La perte sur le chiffre d’affaires est également évaluée à 40’000 francs par jour. En revanche, les usagers qui n’auront pas pu valider leur ticket à cause de cet incident pourront compter sur la souplesse des contrôleurs, promet le transporteur.

Leur presse /20 Minutes Online, 14 février 2012/