Archives mensuelles : février 2012

[Poitiers] Le rectorat réprime, contre-attaquons !

Le rectorat applique à la lettre le programme de l’Etat, consistant à saborder le service public d’éducation : suppressions massives de postes, nouveaux programmes à l’idéologie rétrograde, fichage des mômes dès le plus jeune âge, « éducation » vouée aux desiderata du patronat, mépris éhonté des personnels traités comme du bétail…

Sans doute lassé-e-s de manifs à répétition ne rencontrant que l’autisme du rectorat, en mars 2011, des parents d’élèves entreprirent une action collective pacifique contre la réduction de la dotation générale horaire, par un envoi massif de sms ; ils sont aujourd’hui poursuivis pour « harcèlement téléphonique » !

Le rectorat n’applique pas que scrupuleusement la mise en oeuvre du massacre éducatif : faisant la sourde oreille aux inquiétudes légitimes, il participe désormais ouvertement à la répression. Nous en prenons bonne note.

Voilà bien longtemps que nous dénonçons ces mascarades de dialogue entre rectorat et « délégations » syndicales, à l’issue de manifs sans lendemain, ou de « journées d’action » pathétiques, menant au découragement élèves, parents et enseignants en lutte. Face à la colère massive du monde de l’éducation, le Rectorat croit désormais avoir main libre pour réprimer. Il ne comprend que le rapport de force ? Grève reconductible, occupations et émancipation éducative sont la seule réponse et pour cela, il ne faudra pas compter sur la « représentation » syndicale, mais sur l’auto-organisation des élèves, parents et enseignants, syndiqué-e-s ou non.

Groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86), 7 février 2012

Quand le rectorat porte plainte contre des parents

L’envoi en masse de SMS sur le standard du rectorat de Poitiers peut-il être associé à un délit ? Après le dépôt d’une plainte, la FCPE cherche à comprendre.

 

L’« affaire » était presque passée inaperçue. Isabelle Siroy, la porte-parole de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) avoue même que les parents n’avaient pas eu l’intention de l’ébruiter à l’époque. Retour sur les faits. En mars 2011, le conseil local de la FCPE décide d’une action pacifiste pour protester contre la baisse de la dotation horaire globale annoncée par le rectorat. Dans la foulée, un grand nombre de parents d’élèves et certains de leurs enfants envoient des SMS sur le serveur téléphonique du rectorat.

«  Une action collective traitée comme un acte délinquant  »

« Une protestation citoyenne » qui semble avoir encombré les lignes téléphoniques du rectorat jusqu’à saturation du standard. Arguant du fait « d’une incapacité temporaire d’assurer sa mission de service public » [NDLR : ce qui ne nous a pas été confirmé], le rectorat portait plainte « pour harcèlement téléphonique ». Isabelle Siroy rappelle : « A l’époque, le responsable du conseil local de la FCPE avait été entendu par la police dans le cadre d’une audition libre puis plus de nouvelles jusqu’au 11 janvier dernier, soit neuf mois plus tard ! Depuis lors, cinq personnes ont été une nouvelle fois auditionnées. Dont des lycéens ! » La porte-parole ne décolère pas. « Cette enquête est relancée par qui ? Est-ce vraiment un hasard, à l’heure où nous sommes à nouveau en période d’examen des nouvelles dotations ? » Il semble légitime de vouloir comprendre. Isabelle Siroy évoque même des menaces à l’encontre des utilisateurs de téléphone mobile. « On entend parler de rappel à la loi, passible d’être inscrit sur le casier judiciaire ou de lignes téléphoniques coupées. On ne comprend pas pourquoi d’une action collective, on en fait un délit. Elle est traitée comme un acte délinquant avec des convocations individuelles, notamment des mineurs, pour répondre à des questions dont les réponses sont notées sur des procès-verbaux. Nous avions épuisé toutes les voies de recours et de négociation. C’est comme si on allait interroger toutes les personnes qui participent à une manif. Cette action peut être taxée de teigneuse mais sans plus. »

> Nous avons tenté de contacter le parquet ainsi que le rectorat. Les deux instances nous ont répondu que l’instruction était en cours et qu’elles ne voulaient pas s’exprimer sur le sujet.

Nouvelle République, Marie-Laure Aveline, 7 février 2012

Et pan dans les dents de Cofiroute

Cofiroute condamnée et les huissiers épinglés

User de chèques de voyage détournés est illégal, même pour un huissier. Les prud’hommes annulent les constats réalisés à la demande de Cofiroute.

En 2009, la grande société d'autoroutes avait lancé une vaste opération de contrôle de certains de ses guichetiers

 

En 2009, la grande société d’autoroutes avait lancé une vaste opération de contrôle de certains de ses guichetiers – (Photo d’archives; P. Deschamps)

Un huissier n’est pas au-dessus des lois, bien au contraire. C’est ce que vient de rappeler sèchement le conseil de prud’hommes de Poitiers en donnant gain de cause à deux salariées de Cofiroute et en annulant les constats d’huissiers sur lesquels la société d’autoroute s’appuyait pour justifier leur licenciement.

Durant l’été 2009, la grande société d’autoroute avait lancé une vaste opération de contrôle de certains de ses guichetiers, soupçonnés de détourner à leur profit une petite partie des recettes de péages. Depuis plusieurs années, les sociétés d’autoroute ne rendent plus la monnaie sur les chèques vacances remis en paiement du péage : la différence est censée être versée par le guichetier sur un compte à part. Or, il semble bien que cette procédure n’ait pas toujours été respectée par tout le monde. D’où le déclenchement de la procédure, à un moment où Cofiroute cherchait précisément à se débarrasser de plusieurs dizaines de guichetiers pour les remplacer par des machines automatiques. Après avoir obtenu d’un juge l’autorisation de recourir aux services d’huissiers, Cofiroute a fait « piéger » plusieurs de ses salariés entre Poitiers et Paris, notamment deux femmes à Poitiers-Sud : les huissiers avaient été dotés par Cofiroute, pour payer leur péage, de chèques vacances détournés, dont on ignore l’origine.

Seul son titulaire peut utiliser un chèque vacances

Les guichetières ne pouvant expliquer pourquoi les sommes versées n’apparaissaient pas dans la caisse spéciale ont été licenciées sans indemnité pour faute lourde. Assistées de la CGT, elles ont saisi les prud’hommes. Dans leur jugement rendu hier, les juges élus, qui avaient fait appel pour présider le tribunal à un magistrat professionnel, soulignent que selon le Code du Tourisme, un chèque vacances ne peut en aucun cas être utilisé par une autre personne que celle à laquelle il a été délivré ; toute utilisation abusive d’un tel chèque constitue une infraction réprimée par le Code pénal. Les juges rappellent par ailleurs que la déontologie à laquelle sont tenus les huissiers de justice leur interdit « d’avoir recours à un procédé irrégulier pour recueillir une preuve ». Les constats versés aux débats ont donc été annulés. Si les juges ont admis que les surplus de certains chèques vacances n’avaient effectivement pas été versés là où ils auraient dû l’être, ils ont estimé que Cofiroute n’apportait pas la preuve des détournements. La thèse développée à l’audience par le bâtonnier Gaston, avocat de la défense _ la caisse enregistreuse était trop compliquée à utiliser et trop lente _ est plausible. Par voie de conséquence, les deux licenciements ont été déclarés sans cause réelle ni sérieuse. Cofiroute est condamnée à verser environ 36.000 et 22.000 euros à ses anciennes salariées au titre de leurs indemnités de préavis, congés payés et indemnités de licenciement abusif. La CGT recevra 1.000 € de dommages-intérêts.

Nouvelle République, Vincent Buche, 7 février 2012

[Poitiers] Festival filmer le travail : interview de Mordillat

 » Le travail est le vaisseau fantôme dans notre société « 

Dans le cadre de la 3 e édition du Festival Filmer le travail, le romancier et réalisateur Gérard Mordillat est venu, hier, rencontrer des publics.

Franscisco Ferreira, enseignant l'université de Poitiers et Gérard Mordillat lors de la conférence-débat.

 

Franscisco Ferreira, enseignant l’université de Poitiers et Gérard Mordillat lors de la conférence-débat.

Vous intervenez à quel titre dans ce festival ?

« J’interviens à double titre. Comme romancier. Et puis en tant que cinéaste puisqu’on va montrer lors d’un débat des extraits de la série télévisée que j’ai réalisée sur « Les Vivants et les morts », puis ce soir un film que j’ai réalisé avec Nicolas Philibert qui s’appelle « La Voix de son maître » sur le discours patronal. »

« La Voix de son maître » n’est pas un film récent

« Non, il date de 1978. C’était un travail extrêmement sérieux voire sévère sur le discours patronal. C’est un vrai travail critique où le cinéma est utilisé comme outil critique. Et puis ce film a été censuré à la télévision. Il a fallu attendre treize années plus tard pour qu’il soit enfin diffusé sur le petit écran. »

En quoi ce film est toujours d’actualité ?

« Parce que toutes les questions posées sont les mêmes : sur la légitimité du capital, sur le pouvoir exercé à l’intérieur de l’entreprise, sur quels types de relation entretenir avec les syndicats, sur quel syndicalisme pouvait-on penser… Et sans le savoir, on a tourné à une moment absolument charnière de l’histoire économique et politique de la France. Quand nous avons tourné en 1976-77, dans toutes les entreprises, il y avait un directeur du personnel. Et lorsque le film est sorti en 78, on était passé à directeur des ressources humaines. Aujourd’hui, on a franchi une marche supplémentaire car les salariés ne sont plus considérés ni comme « personnel » ni même comme « ressource » mais de « variable d’ajustement ».

C’est très pessimiste…

« C’est la réalité. L’alternative est de rompre avec cette logique de quête de profit jusqu’à la folie et de revenir à une autre organisation sociale qui, sans rêver à une égalité parfaite entre les citoyens, en tout cas, tente à rétablir les équilibres. »

Quels rapports entre filmer le travail et la façon dont cela est reçu par le public ?

Le problème, c’est que le travail est le vaisseau fantôme dans notre société. Il est absolument absent de l’univers du cinéma, de la télévision et même des romans. Tout aussi absent de l’univers médiatique.

> Le Festival se poursuit jusqu’à dimanche. www.filmerletravail.org

Nouvelle République, Propos recueillis par Marie-Laure Aveline, 7 février 2012

[Poitiers] Manifestation de solidarité aux inculpé-e-s de Toulouse, le 18 février prochain

MANIFESTATION DE SOLIDARITE AUX INCULPE.E.S DE TOULOUSE!

Pour des infos sur cette “affaire”: 

http://www.antirep86.fr/2012/01/24/solidarite-avec-les-inculpe-e-s-de-toulouse/

http://pourlaliberte.noblogs.org/

SOYONS NOMBREU.SES.X POUR LA LIBERATION DES INCULPE.E.S ET L’ARRET DES POURSUITES!

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, 6 février 2012

[Grèce] Un nouveau mur de la honte contre les migrant-e-s de Turquie, sur incitation de la France

La Grèce construit un mur anti-migrants turcs

« Il s’agit d’un ouvrage à valeur pratique et symbolique (…) pour décourager la migration clandestine »

La Grèce a commencé lundi la construction d’une clôture censée barrer la route aux migrants irréguliers sur une portion de sa frontière terrestre avec la Turquie, devenu l’une des principales portes d’entrée clandestine en Europe, a indiqué le ministère de la Protection du citoyen.

« Il s’agit d’un ouvrage à valeur pratique et symbolique (…) pour décourager la migration clandestine et envoyer le message que l’on ne rentre pas en Grèce comme dans un moulin », a déclaré lors d’une visite sur place le ministre Christos Papoutsis, cité par l’agence de presse grecque Ana (semi-officielle).

Le ministre s’est prévalu d’une « coopération gréco-turque » sur cet ouvrage, alors que l’UE reproche aux autorités turques de fermer les yeux sur le trafic de migrants à leurs frontières.

Réclamée en particulier par la France, en dépit des réticences de la Commission européenne qui l’estime inefficace, la barrière barbelée doit courir sur quelque 10,3 kilomètres, dans la portion de la frontière où le fleuve Evros, qui constitue ailleurs un obstacle naturel, entre en territoire turc.

Le chantier, annoncé depuis des mois et chiffré à 5,498 millions d’euros prévoit une double rangée de barbelés de 2,5 mètres de haut surmontée de 25 caméras thermiques.

En 2011, quelque 55.000 arrestations de migrants ont été enregistrées dans la zone, en augmentation de 16,77% par rapport à 2010, selon le ministère.

LaLibre.be, 6 février 2012