Archives mensuelles : février 2012

Nouveau tract antinucléaire du groupe Pavillon Noir

Sortie immédiate du nucléaire : révolution sociale et libertaire !

A entendre les politiciens et autres experts, malgré les évidences cruellement rappelées par la catastrophe japonaise dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences désastreuses, vouloir sortir immédiatement du nucléaire serait « irresponsable » – tout au mieux faudrait-il en sortir progressivement… Nous affirmons que le nucléaire est une énergie totalitaire, aux antipodes de la liberté et de la solidarité, et prônons la réappropriation par les populations des affaires qui les concernent. 

Le nucléaire est une énergie extrêmement dangereuse. Les catastrophes, si minimes soient les risques selon les « experts » qui veillent sur notre sommeil, sont inévitables, et déjà à l’oeuvre. Les risques sont présentés comme une « externalité négative »… à assumer par les populations. En France et ailleurs, ces risques sont renforcés par le vieillissement des centrales, dont le démantèlement coûte si cher que le pouvoir en prolonge la durée d’exploitation bien au-delà des dates prévues, dans une effroyable fuite en avant. La privatisation rampante du secteur et la mise en concurrence, et ce qu’elle suppose de réduction des coûts fixes d’entretien, accroît aussi ces risques inacceptables pour les travailleurs-euses, souvent précaires et très exposé-e-s aux radiations. 

Le nucléaire est une énergie affreusement polluante. Des études récentes montrent que les leucémies infantiles sont deux fois plus nombreuses autour des centrales. Les monceaux de déchets radioactifs, produits en quelques décennies seulement de nucléaire, s’accumulent dans des lieux de stockage en surface ou sous terre. Ils sont d’ores et déjà infligés aux générations incalculables qui nous succèderont, pour des centaines de milliers d’années… une période aussi longue que celle qui nous sépare des premiers hommes ayant peuplé la planète. 

Le nucléaire est une énergie dévoreuse de budgets colossaux. Il détourne et accapare depuis des décennies, aux seuls bénéfices du lobby nucléocrate, l’argent public dévolu à l’investissement et à la recherche – aux dépens d’autres énergies. La filière nucléaire est une fuite en avant dans des investissements toujours plus colossaux, pour de nouvelles générations de réacteurs qui seraient hypothétiquement capables de retraiter un combustible usagé… toujours plus radioactif. Ces spéculations fumeuses sont d’autant plus irresponsables que le nucléaire est une énergie non renouvelable : les ressources en uranium sont, tout comme le pétrole, limitées à quelques décennies. 

Le nucléaire est une énergie capitaliste. Transportée à flux tendu par tout un réseau d’autoroutes électriques à très haute tension, elle est inséparable d’un modèle productiviste de croissance de l’exploitation humaine, allant de pair avec une croissance toute aussi suicidaire de la production d’énergie, pour des productions d’activités toujours plus absurdes. Où les producteurs-consommateurs, déjà abrutis dans des tâches salariales inutiles et nocives, sont matraqués de publicités pour des gadgets idiots. Au travail comme au supermarché, les populations sont privées de ce qu’implique socialement et écologiquement ce qu’elles produisent et consomment. Le nucléaire répond au modèle capitaliste, qui ne nourrit que sa propre logique destructrice, celle de l’hypertrophie d’un pouvoir monopolistique, exercé par une caste privilégiée sur une population toujours plus asservie. 

Le nucléaire est une énergie d’Etat. Il sous-tend un projet antisocial, antidémocratique, hypothéquant toute velléité d’organisation libre des sociétés. Son combustible uranium provient de gisements situés dans des pays maintenus sous le joug colonialiste, comme au Niger où se perpétue une domination éhontée des firmes occidentales sur les populations locales. Cette technologie née du militaire s’est imposée par la force ; elle reste gérée par des technocrates, sur les décisions desquels les populations n’ont aucune prise. Elle implique en effet un niveau très élevé de surveillance et de contrôle social. Le nucléaire résume le déni de démocratie réelle que suppose l’institution étatique, et en illustre toute l’abomination. 

Partisan-e-s d’une société fédéraliste, fondée sur l’autogestion et l’entraide, où les gens décident directement de ce qui les concerne, nous ne pouvons que condamner le nucléaire, et tout ce qui rend cette énergie possible. Mais nous condamnons aussi toutes les pseudo-solutions du « développement durable », expropriant des paysans dans le monde entier pour multiplier les panneaux solaires et les éoliennes. Le développement prône toujours plus de productivisme, entraînant l’humanité et la planète dans une destruction irréversible. Notre projet social d’une réappropriation réelle des décisions et des activités par les populations elles-mêmes, pose l’exigence de reconsidérer ici et maintenant les besoins réels d’une part, les ressources et les données environnementales d’autre part. Ce projet ne peut être imposé « d’en haut », il ne peut venir que des populations en lutte. 

On ne sortira du nucléaire qu’en l’arrêtant, et non en le « demandant » pour dans dix, vingt ou trente ans avec des pétitions et des bulletins roses ou verts. On ne sortira du productivisme, dont le nucléaire n’est qu’un avatar, qu’en renversant l’Etat et le Capital. La tâche n’est pas aisée mais elle est incontournable, si nous ne voulons pas voir notre planète irréversiblement transformée en poubelle invivable. Des réseaux de résistance active se tissent : contre l’aéroport de Nantes, contre l’EPR à Flamanville, contre la ligne THT Cotentin, contre la LGV Paris-Bordeaux… Comme au Larzac, comme à Plogoff, la victoire ne dépend que des populations pour tisser des liens et se réapproprier l’action directe contre ce qui les opprime.

Sortie immédiate du nucléaire : révolution sociale et libertaire ! 

Groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86), 27 février 2012

fa86.noblogs.org

pavillon-noir [gare aux bases] federation-anarchiste [lève le poing] org

ndPN : rendez-vous le 10 mars prochain au rassemblement pour la sortie du nucléaire, devant Notre-Dame (Poitiers), à 10h30.

[Civaux] Contre-expertise de Greenpeace

Une contre-expertise

L’association Greenpeace a publié un rapport qui critique les rapports officiels sur la sûreté des installations nucléaires. Deux experts ont passé au crible les rapports d’EDF sur les centrales de Civaux, Gravelines, Flamanville. Ils estiment que les évaluations faites après Fukushima minimisent les risques liés aux agressions et au vieillissement des centrales. Elles seraient « basées sur un état théorique des installations à la mi-2011 et ne prennent pas en compte le vieillissement qui augmente le risque de défaillance des dispositifs de sûreté et celui de rupture » d’équipements primordiaux.

Nouvelle République, 27 février 2012

[Lyon] Gloup-gloup ! L’entarteur du Phénix du Poitou relâché

L’entarteur de Jean-Pierre Raffarin laissé libre

Le jeune homme qui a agressé le sénateur de la Vienne se réclamerait du mouvement dadaïste.

Le jeune homme qui avait été interpellé et placé en garde à vue, vendredi après-midi, après avoir jeté une assiette en carton couverte de chantilly au visage de Jean-Pierre Raffarin, à Lyon, a été remis en liberté, selon nos confrères de Lyon Mag. Agé de 25 ans et résidant dans le 9e arrondissement de la ville, l’entarteur aurait nié avoir agi pour des raisons politiques. Selon le journal Le Progrès, il se réclamerait du mouvement dadaïste. Il a finalement été laissé libre mais sera prochainement convoqué devant le tribunal correctionnel pour une audience de plaider-coupable.

L’incident s’était produit alors que le sénateur de la Vienne était invité dans une librairie de la place Bellecour pour une rencontre autour de son dernier livre « Je marcherai toujours à l’affectif ». « C’est la première fois en 40 ans de carrière que cela m’arrive », avait alors confié l’ancien Premier ministre. Nora Berra qu’il était venu soutenir dans sa campagne pour les élections législatives, s’était dévouée pour aller lui acheter une nouvelle cravate, afin de remplacer celle que l’ancien Premier ministre avait dû retirer.

Nouvelle République, 26 février 2012

[Poitiers] La logique LGV

La LGV à Chardonchamp :  » C’est Bagdad, quel gâchis « 

Avec les travaux de déconstruction des dix maisons préemptées, le chantier LGV arrive vitesse grand V rue des Cosses. Les riverains sont sous le choc.

A cheval sur Poitiers et Migné, la rue des Cosses, à Chardonchamp, sera coupée en deux par la LGV. De part et d'autre de la future ligne, les habitants sont partis, les maisons offrent un spectacle de désolation en attendant d'être rasées.

 

A cheval sur Poitiers et Migné, la rue des Cosses, à Chardonchamp, sera coupée en deux par la LGV. De part et d’autre de la future ligne, les habitants sont partis, les maisons offrent un spectacle de désolation en attendant d’être rasées.

Grande gueule, gros cœur, Jacques oscille entre colère et tristesse. « Il faut que cela se fasse mais au moins qu’ils respectent les choses et les gens. » Planté au milieu de la rue des Cosses, le gaillard ne sait pas s’il doit pleurer ou hurler. « C’est Bagdad, c’est horrible. Quelle tristesse, quel gâchis. »

«  Voir ces équipements détruits, c’est triste  »

Voilà un mois que le petit hameau de Chardonchamp a vu le chantier LGV arriver vitesse grand V. La dizaine de maisons préemptées est en cours de déconstruction en cette rue des Cosses écartelée entre les territoires des communes de Migné et Poitiers. On a, c’est vrai, l’impression que la guerre est passée là avec son cortège de soudards. C’est la façon dont le boulot a été fait qui met Jacques et d’autres habitants de Chardonchamp en émoi. « Ils ont commencé par casser les portes et les fenêtres. Puis les sanitaires et le chauffage. Ils ont bien le droit hein ! C’est à eux. Ils ont dédommagé très correctement les propriétaires. Rien à dire là-dessus. Mais voir tous ces matériaux quasi neufs, ces équipements en état de marche jetés à terre, détruits, c’est triste à notre époque. Les fenêtres, les chaudières, les baignoires auraient pu faire des heureux. Non, interdit de toucher ! Cela doit partir à la benne. Le gaspillage est terrible. Si ce n’est pas malheureux. J’ai un copain qui a demandé quelques tuiles pour son toit. Pas question, qu’on lui a dit ! » Pour éviter les pillages, du gardiennage a été mis en place le week-end ces dernières semaines. Les maisons nues sont là. Alignées des deux côtés de la petite route. Au beau milieu trône une bâtisse. « Le propriétaire, je le connais il ne veut pas partir. Et il ne partira pas. »

Tout un pan de vie

Le choc est réel pour l’enfant de Chardonchamp. « J’y passais mes vacances quand j’étais ado. J’y habite depuis 1974. Avant il y avait quatre entrées pour venir ici. On va se sentir de plus en plus à l’étroit. Tout va changer. » Les travaux de démolition doivent débuter courant mars. Les maisons vont être rasées pour faire place à la ligne à grande vitesse. « Le bruit, on s’y habituera. Pour le reste… » Avec ces quelques pans de mur, c’est tout un pan de la vie des habitants qui part en poussière.

Nouvelle République, Loïc Lejay, 27 février 2012

NO-TAV : grosse manifestation au val de Suse… et répression en gare de Turin.

Manifestation monstre au val de Suse, et répression à Turin…

Plus de 75000 personnes ont défilés ce samedi 25 Février de Bussoleno à Susa contre le projet de ligne ferroviaire entre Lyon et Turin.
Pas d’affrontement mais une répression féroce le soir-même à Turin.
Retour en photo.
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- Lavanda
- Autour du No TAV du 24 février au 4 mars à Torino
- Les arrêtés des NO TAV protestent dans leur prison. Traduction de leur lettre

Pendant envi­ron 3 heures, les dizai­nes de mil­lier de mani­fes­tants ont défilé de Bussoleno jusqu’à Susa sous un soleil de plomb pour réaf­fir­mer leur enga­ge­ment à l’encontre du projet de ligne fer­ro­viaire reliant Lyon et Turin et également pour deman­der la libé­ra­tion des cama­ra­des et acti­vis­tes arrêté(e)s le 26 Janvier.

La mani­fes­ta­tion d’envi­ron 7 kilo­mè­tres s’est dérou­lée dans le calme, sûre­ment à cause de l’absence quasi totale de pré­sence poli­cière (seul un héli­co­ptère sur­vo­lait le par­cours toute l’après midi).

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Répression …

Alors qu’aucun affron­te­ment avec les flics n’avait eu lieu lors de la mani­fes­ta­tion elle-même, les per­son­nes ren­trant de la manif par le train de Turin ont eu la mau­vaise sur­prise de décou­vrir sur le quai de la gare de nom­breux flics armés et équipés. La suite en vidéo ci-des­sous.

répression des NO-TAV à Turin

Rebellyon, 26 février 2012