Archives mensuelles : mars 2012

[Toulouse] Expulsion des sans-abris

Toulouse : expulsion des sans-abris

Une cinquantaine de sans-abri soutenus par des associations sont expulsés de l’ancien siège du promoteur Monné-Decroix.

Ils s’étaient installés samedi vers 15 H . Cet immeuble de 3 étages, rue Paul Bernies à Toulouse, est désaffecté. Appartenant au groupe immobilier Monné-Decroix, il est en instance de rachat. Ils ont été expulsés lundi matin par la police.

Les sans-abris ont du quitter les lieux.

Les sans-abris ont du quitter les lieux

Des matelas, l’eau chaude, les sanitaires et l’électricité avaient été installés.avec l’aide active des associations telles que le DAL ou le « 115 ».

Vidéo ici

France3 Midi-Pyrénées, 6 mars 2012

[Corée du Sud, île de Jeju] 400.000 tonnes d’explosifs pour détruire le corail et implanter une base militaire !

Ile de Jeju, Corée du Sud, surnommée « l’île de la paix »

ndPN : Un nouveau message de l’île de Jeju (Jeju-Do) daté d’aujourd’hui, montrant que la mobilisation internationale d’hier, par envoi massif d’e-mails, a fait reculer le gouverneur de l’île. Le gouvernement sud-coréen s’obstine néanmoins : la lutte continue ! Voici la traduction du message :

Chers amis,

merci d’avoir de vous être mobilisés hier. Les e-mails ont fait une énorme différence.

Aujourd’hui le gouverneur Woo de l’île de Jeju a demandé le report du dynamitage des rochers sacrés Gureombi, mais le ministère sud-coréen de la Défense a refusé de s’y conformer et viole la législation coréenne en avançant dans le projet sans le consentement du gouverneur.

L’explosion est prévue « autour du 8 Mars », temps coréen, soit mercredi pour ceux d’entre nous de ce côté du globe.

Plusieurs bus transportant des douzaines de policiers anti-émeute ont été expédiés à partir du continent coréen, pour repousser les manifestants attendus pour l’explosion des rochers de Gureombi. Cette explosion nécessitera 400.000 tonnes d’explosifs.

Pendant ce temps, le sud-coréen Ministère de la Défense dit : « La base navale de Jeju est un important projet national lié directement à la sécurité nationale. Les débats inutiles et les conflits sociaux doivent être arrêtés pour normaliser la construction dès que possible. »

Si vous ne l’avez pas déjà fait, s’il vous plaît envoyez une lettre aussitôt que possible aux fonctionnaires suivants POUR ARRETER L’EXPLOSION DES ROCHERS DE GUREOMBI ! STOP A LA CONSTRUCTION DE LA BASE NAVALE ! Veuillez également adresser votre lettre à l’ambassade la plus proche de Corée du Sud. (Une liste des ambassades suit.)

LETTRE TYPE :

To your Excellency, the President of the Republic of Korea, and to other heads of state, departments and consulates:
People from all over the world are shocked and disturbed that the government of South Korea would consider building a navy base on Jeju Island. It is a moral crime to cover Jeju’s fertile farmlands with concrete, and to destroy its rare, soft-coral reef. The Gangjeong villagers depend on their farms to live, and the planet depends on healthy reefs to live.
Jeju-do is sacred to all the people of the world, not only to the Korean people. Please do not allow Jeju Island to become militarized. If current tensions between China and the U.S. escalate in the South China Sea, if there is a naval base, the first target of attack by China will be Jeju Island. Please stop the militarization of Peace Island.
The South Korean government needs to listen to its people and not build a base to port US Navy Aegis missile destroyers and aircraft carriers. Please protect Peace Island and DO NOT BLAST THE GUREOMBI ROCKS! STOP CONSTRUCTION OF THE NAVY BASE!
Sincerely, (votre nom)

[traduction PN :]
Pour votre Excellence, le Président de la République de Corée, et à d’autres chefs d’Etat, des départements et des consulats :
Des gens du monde entier sont choqués et troublés que le gouvernement de Corée du Sud envisage la construction d’une base navale sur l’île de Jeju. Il s’agit d’un crime moral que de recouvrir les terres fertiles de Jeju avec du béton, que de détruire son rare récif de corail. Les villageois de Gangjeong dépendent de leurs fermes pour vivre, et la planète dépend de la santé de ses récifs de corail pour vivre.
Jeju-do est sacré pour tous les peuples du monde, et pas seulement pour le peuple coréen. S’il vous plaît, ne laissez pas militariser l’île de Jeju. Si les tensions actuelles entre la Chine et les Etats-Unis connaissent une escalade dans la mer de Chine méridionale, s’il y a une base navale, la première cible d’une attaque par la Chine sera l’île de Jeju. S’il vous plaît arrêtez la militarisation de l’île de la Paix.
Le gouvernement sud-coréen doit écouter son peuple, il ne doit pas construire de base portuaire pour les missiles et destroyers Aegis et les porte-avions de l’US Navy. S’il vous plaît, protégez l’île de la paix et NE FAITES PAS EXPLOSER LES ROCHERS DE GUREOMBI ! ARRETEZ LA CONSTRUCTION DE LA BASE NAVALE !
Sincèrement, (Votre nom ici)

Mr. Kim Kwan-Jin
Minister, Ministry of National Defense
No. 1, Yongsan-dong 3-ga
Yongsan-gu, Seoul # zip: 140-701
REPUBLIC OF KOREA
Tel: +82 2 748 1111 / +82-02-795-0071 (in the MND website above)
Fax: +82 2 748 6895 / + 82-02-703-3109 (in the MND website above)
E-mail: cyber@mnd.go.kr
http://www.mnd.go.kr/mndEng_2009/main/index.jsp

Mr. Lee Myung-Bak
President
1 Sejong-no, Jongno-gu
Seoul, 110-820
REPUBLIC OF KOREA
Fax: +82 2 770 4751
Email: foreign@president.go.kr or president@cwd.go.kr or president@president.go.kr

Mr. Woo Keun-Min
Governor
The government of Jeju-do
312-1, Yeon-dong, Jeju-si, Jeju-do
REPUBLIC OF KOREA
Fax: +82 64 710 3009
E-mail: jejumaster@jeju.go.kr

Villageois de Gangjeong (Jeju-Do), novembre 2011

[Nantes] Procès d’un policier ayant éborgné un étudiant au flashball

Perdre l’usage d’un œil suite à un tir de flashball, Pierre et ses proches

Il y a quatre ans, Pierre a perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball lors de l’occupation du rectorat de Nantes au cours du mouvement contre la loi LRU [1]. Le policier qui lui a tiré dessus passe en procès le mardi 6 et mercredi 7 mars.
C’est le premier procès mettant en cause un policier ayant mutilé une personne au flashball lors d’un mouvement social.

Depuis, nombreuses sont les personnes qui ont été blessées par cette nouvelle arme introduit par Claude Guéant en 2005. Parmi eux, on compte beaucoup de jeunes des quartiers populaires, des enfants et des manifestants.

Quatre parmi eux seront au procès pour témoigner leur solidarité à Pierre et dire leur refus des violences de la police et de l’impunité dont elle bénéficie.

Seront présents au procès le 6 et 7 mars au TGI de Nantes :
. Pierre, lycéen mutilé à l’œil lors de l’occupation du rectorat de Nantes dans le cadre du mouvement contre la loi LRU (comme plaignant)
. Joachim, mutilé à l’œil alors qu’il manifestait contre l’expulsion d’un squat à Montreuil [2]
. Joan, étudiant mutilé à l’œil, lors d’une autoréduction à Toulouse [3] dans le cadre du mouvement contre la loi LRU 2
. Geoffrey, lycéen mutilé à l’œil, encore à Montreuil, alors qu’il occupait son lycée dans le cadre du mouvement contre la réforme des retraites [4].

Par leur présence commune à ce procès, ils veulent dire que ce qui est arrivé à Pierre, n’est pas un acte isolé, n’est pas une bavure. Pour chaque cas, on retrouve la même intention de faire mal, d’en mutiler un pour terroriser tous les autres. De la part du gouvernement cela se traduit par : « Il est temps de réprimer le mouvement ». De la part du préfet par : « Vous avez carte blanche ». De la part du policier, par un tir de flashball ajusté en plein visage.

Si la justice relaxe le policer, c’est une carte blanche à tous les policiers pour continuer à mutiler impunément. Pierre et Geoffrey dans leurs lycées, Joan dans son université, Joachim dans son quartier luttaient pour un avenir fait de solidarités plutôt que de concurrence de tous contre tous. Il n’en faut pas plus aujourd’hui, pour être mutilé par la police. Qu’en sera-t-il demain ?

Pierre et ses proches.

Rassemblement mercredi 7 mars à 14h devant le TGI de Nantes.

http://27novembre2007.blogspot.com/

Ce qui nous relie, Pierre, Joan et Joachim

Un flashball ne bave pas (à propos du rapport de la CNDS sur le 8 juillet 2009 à Montreuil)

[Perou] Anonymous attaque le site des flics informatiques

Le site internet de la police informatique du Pérou bloqué par les Anonymous

Le réseau de pirates informatiques Anonymous a bloqué dimanche au Pérou le site internet de la police chargée de lutter contre les délits informatiques, a admis lundi une source policière.

L’attaque a empêché le fonctionnement normal du site du Bureau des enquêtes sur les crimes de haute technologie et « a restreint l’accès au portail à partir de l’extérieur », a indiqué à l’AFP cette source sous couvert d’anonymat.

« Si la police se plaît à nous infiltrer, peut-être pouvons-nous faire de même ? », a écrit le groupe Anonymous Pérou sur son compte Facebook, après avoir bloqué dimanche pendant plusieurs heures le site de la police spécialisée dans les délits informatique. 

« PNP (Police nationale du Pérou) je te surveille », pouvait-on lire sur la page d’accueil du site attaqué par ce groupe de pirates anonymes disséminés sur tout le globe et qui s’est fait une spécialité de perturber le fonctionnement de sites officiels (institutions, gouvernements, ministères…)

Anonymous a également rendu publics environ 200 emails de plaintes pour fraudes reçues quotidiennement par la police péruvienne.

En juin 2011, la police péruvienne avait demandé l’aide du FBI américain pour l’aider à localiser des pirates qui avaient perturbé le fonctionnement de sites du gouvernement (celui des ministères de la Santé, de l’Energie, l’Institut pénitentiaire national et le service des gardes-côtes, notamment).

Selon Interpol, 25 hackers soupçonnés de liens avec le groupe des Anonymous ont été arrêtés en février à la suite de cyberattaques menées à partir de l’Argentine, du Chili, de la Colombie et de l’Espagne.

AFP, 5 mars 2012

[Russie] Entre l’urne et le panier à salade

Russie: des centaines d’opposants interpellés, dont des chefs du mouvement anti-Poutine

Des centaines de manifestants et plusieurs dirigeants de l’opposition ont été interpellés à Moscou et à Saint-Pétersbourg lundi soir au cours de manifestations organisées pour contester la victoire la veille de Vladimir Poutine à la présidentielle.

Manifestation anti-Poutine le 5 mars 2012 dans le centre de Moscou

Manifestation anti-Poutine le 5 mars 2012 dans le centre de Moscou

Le blogueur anticorruption Alexeï Navalny, le chef du Front de gauche, Sergueï Oudaltsov, la militante écologiste Evguenia Tchirikova et le dirigeant du mouvement Solidarité, Ilia Iachine, ont été embarqués par la police à l’issue d’une manifestation autorisée place Pouchkine à Moscou.

Ceux-ci, et quelque 2.000 opposants, avaient refusé de partir à l’issue de ce rassemblement qui avait réuni 20.000 personnes selon l’opposition et 14.000 selon les forces de l’ordre.

La police antiémeutes est intervenue alors sans ménagement.

« Salut à tous du car de police », a écrit Alexeï Navalny sur son compte Twitter quelques minutes plus tard.

M. Oudaltsov avait auparavant déclaré à la foule qu’il ne quitterait pas la place tant que Vladimir Poutine resterait au pouvoir : « Je ne partirai pas tant que Poutine sera ici. A ceux qui resteront avec moi: Merci ! ».

M. Navalny avait lui fait scander à la foule, pendant la manifestation : « Qui est le pouvoir ? Nous sommes le pouvoir ! ». « Nous allons prendre les rues et les places de Moscou, nous ne partirons pas ! », a-t-il affirmé, appelant à une « désobéissance pacifique ».

MM. Navalny et Oudaltsov ont déjà passé quinze jours en prison après avoir été arrêtés dans des conditions similaires le 5 décembre, au lendemain des législatives.

Des Journalistes de l’AFP ont vu des dizaines de personnes être emportées vers des cars de police, tandis que les opposants criaient « Honte ! » et « Pouvoir aux masses, pas à la police ! ».

Une source policière, citée par l’agence de presse Interfax, a fait état de 150 interpellations en plusieurs points de la ville.

Plus tôt, à Moscou, une centaine de manifestants dont l’écrivain Edouard Limonov avaient déjà été interpellés devant la Commission électorale où ils comptaient contester l’élection du Premier ministre et homme fort de la Russie à la présidentielle avec près de 64% des suffrages dès le premier tour.

M. Limonov a été libéré dans la soirée.

La police a aussi indiqué avoir interpellé quatorze militants nationalistes. Un journaliste de la radio indépendante Echo de Moscou avait été passé à tabac par ces derniers un peu plus tôt.

Par ailleurs, environ 300 opposants ont été interpellés lundi soir pendant une manifestation non autorisée de l’opposition à Saint-Pétersbourg, a indiqué la police, citée par l’agence officielle de presse Itar-Tass.

Près de 1.500 opposants, scandant des slogans tels que « Honte à Poutine ! », ont tenté de se réunir dans le centre de Saint-Pétersbourg, où un important dispositif policier avait été déployé.

La coalition d’opposants issue de la contestation sans précédent de ces trois derniers mois a réclamé au cours de la manifestation à Moscou l’annulation de la présidentielle.

Un rassemblement de plusieurs centaines d’opposants a eu lieu dans la soirée à Nijni-Novgorod (centre), selon l’agence de presse Interfax.

Par ailleurs, un rassemblement en faveur de Vladimir Poutine celui-là, a réuni en début de soirée près du Kremlin quelque 15.000 personnes, d’après la police.

La Commission électorale a rendu publics peu avant les résultats définitifs de la présidentielle de dimanche.

Le Premier ministre, déjà président de 2000 à 2008, a obtenu 63,60% des voix, le communiste Guennadi Ziouganov 17,18%, et le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, nouveau venu en politique avec l’assentiment du Kremlin, 7,98%.

Le déroulement de cette élection a été critiqué lundi par l’opposition et par la mission d’observation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe OSCE) à Moscou.

Dès dimanche, observateurs et opposition ont affirmé avoir recensé quantité de fraudes.

Le site control2012.ru, mis en place pour les comptabiliser, avait relevé lundi près de 6.000 cas de violation de la législation électorale, notamment des cas de « transport massif d’électeurs », une technique qui permet à un groupe de voter plusieurs fois dans différents bureaux grâce à des autorisations frauduleuses.

L’ONG russe Golos a affirmé lundi que selon ses propres estimations, M. Poutine avait obtenu non 64% mais 50,26% au premier tour.

Le pouvoir avait assuré que le scrutin serait transparent, après que les falsifications dénoncées par l’opposition et des observateurs indépendants en décembre, aux législatives, eurent déclenché une vague de contestation sans précédent depuis 2000.

AFP, 5 mars 2012