Archives mensuelles : mars 2012

[Poitiers] 8 mars : Basta d’être jaugée, jugée agressée… ensemble reprenons la rue

Basta d’être jaugée, jugée agressée… Ensemble, reprenons la rue

Les inégalités persistent et la conception des villes n’échappe pas au prisme des représentations : certains espaces sont codés, sexués, et surtout la nuit où les femmes n’y sont pas les bienvenues et ne s’y sentent pas les bienvenues…

  • Pourquoi j’ai le cœur qui bat lorsque je marche dans certaines rues de Poitiers lorsqu’il fait nuit (rue de la Croix rouge, ruelle du Confort moderne etc …) ?
  • Pourquoi je rase les murs dans certains quartiers de Poitiers ?
  • Pourquoi je ne me sens pas à l’aise dans certains lieux de la ville (parkings par ex ) ?
  • Pourquoi y a-t-il si peu de femmes dans les cafés le matin et pourquoi sont elles regardées avec suspicion ? 

Les violences ou harcèlements faits aux femmes dans l’espace public ne relèvent pas du fait divers, ils sont un véritable fait de société et doivent être reconnus comme tels.

Ils consacrent les rapports inégalitaires entre les sexes, témoignent du regard social et culturel posé sur les femmes et leur corps, regard malheureusement intégré par les femmes elles mêmes.

Malgré des avancées législatives, les volontés politiques nationales et locales ne suivent pas et les moyens octroyés sont souvent très insuffisants pour permettre un travail significatif de prévention des volontés sexistes et de genre. Le projet d’urbanisme de la ville de Poitiers a-t-il fait l’objet d’une consultation des femmes qui y travaillent ou qui y habitent ou qui voudraient s’y promener par exemple ?

Ce 8 mars 2012 sera un temps fort de prise de parole et de visualisation autour du mot d’ordre de cette journée internationale des femmes à Poitiers « basta d’être jaugée, jugée agressée…ensemble, reprenons la rue ».

Nous ne voulons plus entendre de façon subtile ou misogyne de « restez chez vous les femmes, vous serez en sécurité » alors que c’est là qu’elles meurent le plus souvent sous les coups de leur partenaire !!!

Nous voulons en effet que les femmes puissent se sentir libres d’utiliser, de s’approprier tous les espaces du centre de la ville et de ses quartiers afin d’y vivre sans crainte ni peurs.

Nous devons pouvoir vivre et circuler à toutes les heures du jour et de la nuit dans la cité sans avoir à porter une tenue jugée adaptée !

Nous voulons pouvoir nous déplacer seules en toute sécurité a pieds, à vélo, trouver des parkings qui ne soient pas des coupe –gorge déshumanisés…

Nous voulons une ville, un pays, une Europe, un monde des sociétés où les femmes n’aient pas à grandir, à vivre sous le sceau des inégalités et de la domination du masculin sur le féminin.

18h : Rendez-vous pour une manifestation colorée et musicale, départ carrefour de la Madeleine (au début de la rue de la Tranchée), avec la fanfare « La Batucabraz ».

19h30 : Apéro dinatoire au bar du TAP, place de l’Hôtel de Ville.

20h30 : Film au TAP-Cinéma « Et maintenant on va où ? » Suivi d’un débat.

NPA 86, 23 février 2012

[Maldives] L’ouverture du parlement empêchée par de violentes manifestations

Maldives: l’ouverture du parlement bloquée par de violentes manifestations

Des parlementaires de l’opposition aux Maldives ont empêché jeudi le nouveau président, qu’ils accusent d’avoir pris le pouvoir par un coup d’Etat, d’ouvrir la nouvelle session de l’assemblée, tandis que de violentes manifestations se déroulaient à l’extérieur du bâtiment.

Photo transmise par le parti démocratique des Maldives (MDC) montrant des policiers contenant le flux des manifestants à Malé le 1e mars 2012

Photo transmise par le parti démocratique des Maldives (MDC) montrant des policiers contenant le flux des manifestants à Malé le 1e mars 2012

Dans un climat électrique et au milieu de bagarres, des parlementaires se sont emparés du fauteuil du président du parlement et ont empêché le nouveau chef de l’Etat, Mohamed Waheed, de prononcer un discours devant l’assemblée située dans la capitale de cet archipel de l’océan indien, Malé.

Selon la police, 14 membres des forces de l’ordre ont été blessés, dont quatre grièvement, lors de heurts avec des opposants près du parlement. Au moins 34 manifestants ont été arrêtés. 

Des parlementaires de l’opposition brandissant des pancartes qualifiant Mohamed Waheed de « traître » ont également bloqué l’entrée réservée au président du parlement, a constaté un correspondant de l’AFP.

Le Maldivian Democratic Party (MDP), le parti de l’ancien président, Mohamed Nasheed, avait appelé ses partisans à manifester jeudi. Après ces incidents, il a rappelé dans un communiqué que les manifestations devaient se dérouler « pacifiquement et dans le respect de la loi ».

Ces manifestations interviennent au lendemain d’une visite aux Maldives du secrétaire d’Etat indien aux Affaires étrangères, Ranjan Mathai, pour tenter de résoudre la crise politique sur cet archipel prisé des touristes fortunés.

Les Maldives sont en proie à une crise politique émaillée de violences depuis la démission le 7 février de M. Nasheed, le premier président démocratiquement élu, dans la foulée d’une mutinerie de policiers et de semaines de manifestations d’opposants.

M. Nasheed a accusé son successeur de l’avoir évincé du pouvoir en accord avec l’armée.

AFP, 1er mars 2012

[NO-TAV] Solidarité dans la lutte !

NO-TAV : Occupation d’autoroute et répression

A l’annonce de l’ »accident » de Luca Abba et de l’élargissement de la future zone de chantier(voir brèves précédentes), l’autoroute traversant le Val de Suze a été occupée nuit et jour, à proximité du village de Bussoleno, et bloquée à l’aide de barricades faites de matériaux de toutes sortes(bottes de paille, barrières d’autoroute déboulonnées, bois, etc). Mardi, les flics ont tenté de mettre fin au blocage et sont intervenus pour chasser les occupants et balayer les barricades, ce qui n’a pas empéché les No-Tav de réinvestir l’autoroute directement après leur départ.

Mercredi en fin d’après-midi, plusieurs dizaines de fourgons de flics se sont amassés sur l’autoroute et ont mis plusieurs heures à déblayer et éteindre les barricades en flammes, tandis que plus de mille personnes se rassemblaient autour d’eux, au rythme des « giu le mani della val di susa ! » et « Luca ! Luca ! Luca ! », ou encore frappant les barrières de l’autoroute avec des cailloux pour faire un maximum de bruit. Les no-tav refusant de se disperser, les flics ont fini par les matraquer, les arroser au canon à eau et balancer des grenades lacrymogènes comme s’il en pleuvait. S’en est suivie une course-poursuite entre la foule tentant de repartir en direction du village de Bussoleno et les carabinieri gazant et arrosant à tout va. A l’heure actuelle, l’autoroute est malheureusement aux mains des flics, la situation est calme et tout le monde est tout mouillé. Une assemblée du mouvement No-tav a lieu actuellement dans la salle des fetes de Bussoleno. La lutte continue.

Le Réveil, 29 février 2012

Banderole NO-TAV au consulat de Genève

Un petit groupe de solidaires avec la lutte contre la haute vitesse et son monde « visite » le consulat italien à Genève. A sara dura à Calvingrad aussi !

Lyon en soutien à Luca et au NO TAV !

Une trentaine de personnes s’est retrouvée ce matin pour tagger le consulat général d’Italie à Lyon en soutien à la lutte contre le TAV et à Luca, activiste dans le coma suite à une altercation avec la police italienne. Retour en photos de l’action.

A lire également sur Rebellyon :
- Un camarade grièvement blessé dans le Val de suse
- Lavanda
- Autour du No TAV du 24 février au 4 mars à Torino
- Les arrêtés des NO TAV protestent dans leur prison. Traduction de leur lettre

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Rebellyon, 29 février 2012

Mise à jour : et aujourd’hui, 1er mars 2012…

La lutte contre le Lyon-Turin bloque les trains à la Part-Dieu

Vers 13h30, ce jeudi, une trentaine de personnes, le visage dissimulé, a fait irruption sur les rails entre les gares de Jean-Macé et Perrache et jeté des projectiles sur les caténaires. Si la circulation des trains reprend progressivement, le trafic a subi d’importantes perturbations.
Ils étaient une trentaine, encagoulés, courant sur les voies entre les gares de Jean-Macé et de Perrache. A l’aide de sacs ou ballons lestés, ils ont visé les caténaires avant de disparaître.
Les trains en provenance de la gare de la Part-Dieu et en direction du sud se sont retrouvés bloqués dans l’agglomération lyonnaise. De même que ceux au départ de Perrache et en direction du nord. Des agents de la SNCF se sont aussitôt rendus sur place et tentaient de réparer les dégâts au plus vite.
Si vers 14h30 le trafic redémarrait peu à peu, d’importantes perturbations dans la circulation ferroviaire demeuraient.
Des forces de l’ordre ont été dépêchées sur les lieux mais on ignore à cette heure le sens de cette manifestation coup de poing.

Source : Le Progrès

Les médias, qui reprennent tous à peu près cette dépêche, semblent tout ignorer de la lutte actuelle contre le Lyon-Turin, alors qu’elle a pris une tournure dramatique dimanche, quand un opposant italien est tombé d’un pylone sur lequel il avait grimpé pour échapper aux flics, lors d’une énième action. Les actions d’opposition à la ligne à grande vitesse Lyon-Turin durent du côté italien depuis des années, principalement menées par les habitant-e-s du Val Susa, sans qu’ils ne soient jamais entendu-e-s par le gouvernement italien.

Une banderole en soutien à la lutte du Val Susa, et en opposition au Lyon-Turin, aurait ainsi été déployée lors de l’action, depuis un pont SNCF près de la route de Vienne (info reçue via la privacybox de Rebellyon).

ps : Ça permis aussi de retarder l’arrivée de Pécresse et Wauquiez et inquiéter Hollande (gros meeting ce soir à Lyon). C’est toujours ça de gagné.

Hier déjà une action a eu lieu à Lyon.

Rebellyon, 1er mars 2012

[Tours] Un concert annulé par la mairie de gauche

[Black Blocks terroristes infiltrés par la police et manipulés par les extraterrestres] Arrêtés municipaux à Tours

UNE BONNE CURE DE CENSURE

Deux groupes de musique punk (Broken et Arsenicum) ont été interdits de concert suite à de multiples pressions de la mairie de Tours et des flics. Toutefois l’arrêté municipal n’a pas pu empêcher les gens de se réunir et de faire la fête.

Par les nouveaux rapports que nous voulons vivre et créer, la fête est pour nous un lieu hautement politique. Finalement comme en toute chose, nous vivons la musique, la culture et son corolaire la contre-culture, en tant que lutte… Une lutte qui échappe et ne peut se réduire à son sens sclérosé, normé, qui reproduit et hiérarchise, qui divertit pour mieux nous séparer de nos ressentis personnels.

Tous celles et ceux qui connaissent bien les lois du marché-culturel savent que la censure est en soi une forme de récompense. Eh ! Bien soit, le Sénateur-Maire de Tours, pourtant si laconique en matière de mesures sociales, nous a gratifié d’un magnifique arrêté, interdisant une simple soirée-concert.

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Vendredi 24 février à 19 heures, c’est-à-dire 2 heures avant le concert, la police municipale est venue remettre officiellement les papiers et occuper le lieu du concert pour en filtrer les entrées. Une fois annulé, tout le monde en a joyeusement profité pour commencer à discuter et se rencontrer. En soi, ce fut une excellente soirée, avec son lot d’improvisations.

Une deuxième offensive a eu lieu un peu plus tard, sur dénonciation du directeur du cabinet du préfet. Mais le concert ayant été réellement annulé, les flics nationaux ont été quelque peu déconcerté d’avoir été appelés en si grand nombre… pour rien.

Cette forme de harcèlement grotesque et manifestement démesurée a trouvé un écho hilarant dans la lecture de l’arrêté interdisant la soirée pour cause de concert de la « mouvance anarcho-punk » et du public susceptible d’y venir en raison de leurs « comportements violents ». Cela n’est pas sans rapeller les démocraties populaires, où dans les années 70-80 on enfermait les punks dans les asiles. Il est des choses qui ne s’oublient pas quand on est socialiste.

La fête est la manifestation concrète de notre volonté de vivre pleinement l’émulation collective, le temps du jeu et de la mise à sac de l’ennui, de la triste normalité. Au final, ce n’est pas tant dans la joie que l’on trouve les « sources » de ces comportements incriminés, mais bien plus dans le néant provoqué par son absence. Cette censure s’insrcrit dans un cadre de répression qui au lieu de disperser, nous entraîne à multiplier les initiatives.

Ce monde laisse peu de place à nos désirs, d’autant qu’il n’a de cesse de les caricaturer ou de les condamner comme déviants. La culture marchande est asservie, consensuelle dans son sens le plus vulgaire. L’Artiste a beau jeu de se donner un rôle inoffensif dans une société aseptisée, où seule la violence quotidienne et légitime de l’État est tolérée.

Notre rupture nous la vivons dans la construction du refus de la séparation spectateurs/acteurs, des gros cachets, de l’(im)posture du statut d’Artiste et de ses Chefs-d’œuvre. Nous voulons faire tomber l’art dans le présent et le bien commun… Avec tout ce que cela entraîne.

Tout de même… le quotidien d’un Maire de gauche doit être salement ennuyeux pour qu’il en soit réduit à contrôler ainsi chaque micro, chaque événement, à réprimer chaque exutoire. Que dire alors du fait que le directeur du cabinet du préfet se déplace en personne sur son temps libre, pour vérifier que l’événement est bien annulé et rencontre finalement une « bande de jeunes » en train de s’éclater malgré tout. On peut comprendre sa rage…

Jura Libertaire, 29 février 2012

[Montreuil] Echec à la tourelle

échec à la tourelle

Ce vidéo-tract a été réalisé par des habitants de Montreuil.

À Montreuil l’ ASVP (Agence pour la Surveillance de la Voie Publique ) est un service de vigiles au ordre de la mairie. Les ASVP seraient censés « assurer le respect de certaines règles communes de l’espace public, et principalement de constater les infractions au stationnement voire de verbaliser les habitants qui contreviennent aux règles relatives à la propreté de l’espace publique. »

Un « groupe mobile » est composé d’ASVP « volontaires » . Leur mission consiste par exemple en « interventions à la déchetterie » ou en « interventions de surveillance suite à des intrusions »…. Ce qui très concrètement signifie chasser de la déchèterie tous ceux qui pour survivre y font de la récup’, chasser avec tous les moyens, y compris la violence physique, ceux qui occupent des maisons vides pour y habiter. Plusieurs cas de violence sur personne ont déjà été recensés.

Le 31 janvier, une fois de plus, les ASVP chassent d’une façon complètement illégale des occupants d’une maison de Montreuil appartenant à la mairie. Les ASVP, dirigé par Denis Hochard et sous l’oeil bienveillant du commissaire de Montreuil, cassent l’intérieur de la maison pour rendre l’espace inhabitable. Dominique Voynet, maire de la ville, appelée d’urgence au téléphone par une voisine qui voulait dénoncer les violences du service municipale, déclare être déjà au courant, mais : «  les habitants sont des politiques et j’ai déjà assez d’ennemis dans la ville »!

Encore une fois la gestion de l’espace et le nettoyage urbain qui va avec se dessine, aussi, comme nettoyage idéologique. Tous ce qui gêne les projets des promoteurs et politiques est effacé à coup de barre de fer.
Plusieurs dizaines de témoignages sur les violences de l’ASVP ont été déjà récoltés.

contact : vraimentmontreuil@rocketmail.com

Regardeavue.com, 28 février 2012