Archives mensuelles : mai 2012

[Poitiers] Hôpital Laborit : une « dégradation constante » des conditions de travail

 » Nous travaillons sous contrainte budgétaire « 

Les représentants de la CGT santé du Centre hospitalier Henri-Laborit  de Poitiers dénonce une “ dégradation constante ” des conditions de travail.

La direction du CHU vient de profiter de la loi de finances de 2012 sur l’instauration d’un jour de carence en cas d’arrêt maladie pour nous supprimer deux journées «  d’autorisation d’absence exceptionnelle. Éric Plat, secrétaire CGT au centre hospitalier Henri-Laborit et Gérard Baillargeaux, secrétaire-adjoint sortent de deux réunions avec leur direction et les représentants des syndicats FO et CFDT. Ils considèrent que cet acquis qu’on vient de leur supprimer est révélateur d’une volonté de restriction budgétaire à tous crins.

«  Il n’y a plus de dialogue social  »

Les deux syndicalistes résument une situation qui semble se dégrader d’année en année. « Ici parfois, les patients peuvent être hospitalisés sous contrainte, nous nous subissons une contrainte budgétaire constante. » Pêle-mêle, ils pointent les dysfonctionnements qui remettent en cause la qualité même de l’accueil et des soins prodigués aux patients. En premier lieu, les postes d’infirmiers vacants et budgétés mais qui ne sont pas pourvus. Une trentaine selon eux pour un effectif actuel de 450 infirmiers. Aussi, la pression « descendante » d’une hiérarchie qui mise sur l’augmentation des séjours courts. « En 2010, nous avons enregistré 1.117 hospitalisations de plus par rapport à 2010. Ce qui veut dire un plus grand nombre de patients donc d’entrées aussi. Les soignants doivent remplir de plus en plus de tâches administratives. » Éric Plat et Gérard Baillargeaux égrènent d’autres chiffres. Un budget « grignoté » de 382.000 euros sur la dotation globale en psychiatrie d’environ 60 millions d’euros. Et les perspectives vont dans le même sens. « Le budget devra diminuer d’1,5 million sur 7 ans ! » Ils cachent donc difficilement leur amertume. « Il n’y a plus de dialogue social. Dans ces conditions, comment ce métier peut-il être attractif pour les futurs infirmiers qui sont de moins en moins bien formés. De plus, les deux tiers de notre personnel est féminin avec des enfants. Et là, même les places à la crèche du CHU sont en nette diminution. » Autant de régressions sociales aux yeux des syndicalistes.

Nouvelle République, Marie-Laure Aveline, 24 mai 2012

[Poitou-Charentes] Coopérative de services d’artisans à domicile

Ne plus avoir de patron c’est sympa. Mais artisan indépendant c’est souvent la galère ; mutualiser c’est mieux.

Les artisans à domicile ont trouvé la parade

La coopérative des artisans à domicile fête ses trois ans. Elle s’est aujourd’hui élargie à tout le Poitou-Charentes.

Nous sommes fin 2008. Lucie Fradet, qui dirige avec son mari une petite entreprise artisanale d’entretien de parcs et jardins à Chauvigny, voit de mois en mois diminuer sa clientèle, celle qui commande de petits travaux mais qui à la fin de l’année fait le chiffre d’affaires.

L’explication est simple : si les services d’une entreprise artisanale sont réputés impeccables, beaucoup de particuliers préfèrent malgré tout recourir, pour faire tondre leur pelouse ou élaguer leur haie, aux chèques emploi-service qui permettent de rémunérer les « petits boulots ».

Un tarif unique quel que soit l’artisan qui intervient

Le dispositif Borloo, qui a créé les avantages fiscaux pour les travaux à domicile, en a exclu les entreprises artisanales, sauf à ce qu’elles créent une deuxième structure pour l’aide à domicile, avec des employés spécifiques. Trop lourd, trop compliqué pour les époux Fradet et leurs collègues. C’est un ami artisan dans le Jura qui va apporter la solution : dans ce département, les artisans spécialisés dans l’aide à domicile se sont regroupés en une coopérative de services. C’est elle qui intervient chez les particuliers, uniquement pour des petits travaux (éligibles aux avantages fiscaux) comme le veut la loi ; les entreprises artisanales sociétaires effectuent les travaux en toute légalité, et le tour est joué. Contactée, la Chambre de Métiers de la Vienne se met immédiatement au service de ses adhérents que cette solution peut intéresser. En quelques semaines, les Artisans à domicile de la Vienne sont nés. Outre les jardiniers paysagistes, qui constituent les deux tiers des adhérents, la coopérative s’ouvre à trois autres corps de métiers : l’assistance informatique, le ménage et le petit bricolage. Le fonctionnement est on ne peut plus simple : le client s’adresse à la coopérative, via son site internet (http ://www.artisansadomicile.coop) et passe sa commande. C’est l’artisan compétent le plus proche de son domicile qui intervient. Les tarifs, disponibles sur le site, sont les mêmes pour tous. En trois ans, la coopérative n’a cessé de gagner des adhérents et des clients mais est toujours à la recherche de nouveaux artisans intéressés. Ses dirigeants n’écartent pas la possibilité d’élargir ses activités à d’autres métiers d’aide à domicile. Son succès n’a pas manqué d’attirer l’attention des départements voisins. Depuis le début de l’année, elle compte trois adhérents en Charente-Maritime et quatre dans les Deux-Sèvres. Elle s’appelle désormais « Artisans à domicile en Poitou-Charentes ».

en chiffres

La coopérative d’artisans est coprésidée par Lucie Fradet et Jean-François Baillargeat, de Chauvigny, et Frédéric Paillé, de Montamisé. Elle compte 39 adhérents, dont 32 dans la Vienne. 27 de ces adhérents sont des jardiniers-paysagistes, cinq travaillent dans le nettoyage, deux dans le bricolage pour particuliers et cinq dans l’assistance informatique. Le coût des prestations ouvrant droit à déduction fiscale est plafonné (sauf pour l’entretien de la maison et les travaux ménagers) : 3.000 € par an et par foyer fiscal pour les petits travaux de jardinage, 500 € par an pour le petit bricolage (moins de deux heures par prestation), 1.000 € pour l’assistance informatique.

Nouvelle République, Vincent Buche, 24 mai 2012

[Tours] Face à la répression, construisons la solidarité !

FACE A LA REPRESSION CONSTRUISONS LA SOLIDARITE !

On nous veut isolé-e-s, dociles et impuissant-e-s Comment essayer de faire taire des militant-e-s luttant pour le droit au logement, la régularisation de tous-tes les sans papiers, la libre circulation et installation, contre le racisme et la xénophobie d’Etat, la précarité, l’autoritarisme, l’antisexisme, la marchandisation du monde, la destruction du vivant,… ? Comment empêcher d’agir ceux et celles qui par exemple n’acceptent pas que les espaces publics soient envahis par la pub ou qui essayent de préserver les arbres dans l’espace urbain ? Comment faire passer sous silence les brutalités, les assassinats policiers ? Etc., etc., etc. Sous couvert de démocratie, de justice indépendante (si, si, ils en parlent encore, cela relève de la méthode coué !), nous sommes convoqué-e-s devant les tribunaux, condamné-e-s à des amendes, à de la prison… C’est un des moyens qu’utilise l’Etat pour tenter de nous bâillonner, de nous contraindre à l’inaction. Nos pensées, nos idées doivent rester dans nos têtes à l’état de chimères et ne pas être partagées en vue d’être concrétisées ! Elles doivent en aucun cas devenir des alternatives concrètes à cette société fondée sur la domination, l’exploitation, la recherche de profits pour quelques uns conduisant à l’appauvrissement des autres.  Envisager le monde au delà de ce que nous impose cet ordre établi, signifie pour l’Etat que nous ne sommes plus démocrates, au sens où les tenant-e-s du système l’entendent : « La démocratie [représentative], ce n’est pas quand le peuple exerce le pouvoir, mais quand la lutte pour y accéder est ouverte et concurrentielle. » (« Le populisme du FN, un dangereux contresens », A. Collovald, Editions du Croquant 2004, page 104). Bien évidemment, cette lutte n’a lieu réellement qu’entre les partis politiques gérant l’Etat.

Une initiative contre l’enfermement individualiste : organiser la solidarité financière La solidarité est un des meilleurs moyens pour s’opposer à cet enfermement individualiste qui peut conduire à une sorte d’autisme social : être indifférent-e- au monde et surtout à ce qui s’y passe pour simplement assouvir des désirs immédiats et matériels à travers la consommation d’objets, de territoires (tourisme), d’êtres humains (exploitation, domination, sexisme), de culture limitée au divertissement et transformée en une juxtaposition d’œuvres conduisant à la marchandisation de ce qu’on appelle l’art. Ce sont toujours des personnes qui sont poursuivies, condamnées. La justice ne reconnaît jamais la dimension collective de nos luttes. En ne laissant pas seul-e-s les copains et copines face à la police, dans leurs cellules, devant les tribunaux et payer leurs amendes, nous pouvons réaffirmer notre volonté d’agir collectivement et solidairement. C’est pourquoi, nous avons ouvert un compte bancaire (Les pieds dans le plat) pour pouvoir récolter de l’argent et ainsi aider collectivement à payer les amendes auxquelles sont condamné-e-s de plus en plus d’entre nous. Autre proposition permettant d’exercer sa solidarité : signer des chèques d’un faible montant (sans spécifier l’ordre) qui seront portés collectivement (pourquoi pas lors d’une manifestation) au trésor public et aux parties civiles, comme les flics et autres plaignant-e-s assoiffé-e-s d’ordre social qu’ils veulent immuable.

Pour nous écrire, envoyer des chèques ou d’autres formes de solidarité :  Contre la répression solidarité c/o STAJ 85 rue Deslandes 37000 Tours

SOIF D’UTOPIES : 06 31 56 17 56 soifdutopies@yahoo.fr

DAL 37 : dal37tours@gmail.com

LES PIEDS DANS LA PORTE :

lepieddanslaporte@gmail.com

VELORUTION : velorutiontours@no-log.org

NI POLICE NI CHARITE

Indymedia Paris-IDF, 23 mai 2012

[Poitiers] Des chauffeurs scolaires en grève jeudi

Des chauffeurs scolaires en grève jeudi

Une quarantaine de chauffeurs scolaires spécialisés, salariés de la société Vortex (dont une vingtaine de la Vienne et des Deux-Sèvres) seront en grève le jeudi 24 mai. Cette société les emploie pour conduire à l’école des enfants handicapés (voir notre édition du samedi 19 mai). Plusieurs d’entre eux manifesteront dès 9 h 30 devant la préfecture et le conseil général, à Poitiers. Ces chauffeurs reprochent à la direction de leur entreprise (basée en région parisienne) de ne pas leur donner les moyens d’assurer normalement leur travail. Ils refusent d’abord « d’avoir à avancer les frais de carburant » et n’en peuvent plus « des retards de salaires qui peuvent atteindre le 15 du mois ». Ils ont d’autres reproches à l’encontre de leur employeur, mais envisagent de porter ceux-là devant la justice prud’homale dans les semaines qui viennent.

Les élus «  vigilants  »

Dans un communiqué, le vice-président du conseil général chargé des transports et de l’éducation, Henri Colin, assure qu’il suit de très près la situation de ces chauffeurs, que le délégué syndical, puis le directeur de l’entreprise ont été reçus par le directeur du service des transports : « Le conseil général tient à rappeler sa vigilance très forte sur la qualité de l’organisation des transports scolaires, afin de répondre au mieux aux attentes des parents et des enfants, tout en faisant en sorte que les droits des salariés des entreprises auxquelles ont été confiés des marchés de transport, soient strictement respectés. » Le PD-G de Vortex, Éric Heudicourt, conteste l’argument des frais de carburants avancés par les salariés. « C’est faux, ils ont une avance de 150 à 200 € en début de mois et ensuite peuvent être remboursés sur justificatifs », assure-t-il. Il reconnaît, en revanche, que les salaires sont versés le 10 du mois, « une pratique actée il y a quelques années », et concède « qu’il y a pu avoir quelques décalages à l’occasion de la remise à plat de notre agence d’Angers, dont ils dépendent ».

Dialogue social ?

Le patron dit aussi regretter de n’avoir pu dialoguer avec les salariés en question « que j’avais invités à une réunion le 11 mai ». Il faut dire, aussi, qu’il a assigné le délégué syndical devant le tribunal d’instance ce même jeudi pour contester sa nomination. Pour dialoguer, il faut être deux.

Nouvelle République, Philippe Bonnet, 23 mai 2012