[Lyon] Vinci, encore !

Contre OL LAND : la démocratie ?

Le projet de grand stade voulu par Aulas, soutenu par les grands patrons de la ville puis par la municipalité de Gérard Collomb, offert à Vinci serait en train de se concrétiser. On parle de délivrer le permis de construire en février et de poser la première pierre en avril.

Pourtant il est contesté par la logique (pourquoi un nouveau stade alors que Gerland n’est pas plein ?), les supporters (les clubs historiques sont contre), l’écologie (bétonner des terres agricoles et déplacer des espèces protégés), les riverains de Décines, et la population du Grand Lyon qui va devoir payer de sa poche pour aider un projet privé. Des recours ont eu lieu, des enquêtes publiques ont désavoué le projet mais vu que les gens de pouvoir sont derrière, il est en train d’aboutir.

Mais voilà, des décinois ont collecté 3500 signatures, c’est à dire suffisamment pour demander la tenue d’un référendum citoyen. Cette demande aura lieu jeudi 12 à 18h sur le parvis de la mairie de Décines pour la remise des signatures au maire.

A lire sur Rebellyon : OL LAND, concertation et démocratie, réalité ou utopie ?

A écouter sur Arte radio : à ce stade, Lyon ne répond plus

Rebellyon, 9 janvier 2012

[Clermont] Wissam est mort, deux jeunes condamnés, les flics toujours pas suspendus !

Clermont-Ferrand: l’homme dans le coma depuis son interpellation est mort

L’homme dans le coma depuis son interpellation mouvementée la nuit de la Saint-Sylvestre est mort lundi, alors que plusieurs centaines de membres des forces de l’ordre sont déployées de crainte de nouvelles violences dans son quartier.

Manifestation le 7 janvier 2012 à Clermont-Ferrand en soutien à un homme de 30 ans arrêté de façon "musclée" la nuit du réveillon

Manifestation le 7 janvier 2012 à Clermont-Ferrand en soutien à un homme de 30 ans arrêté de façon « musclée » la nuit du réveillon

« On a appris son décès dans l’après-midi. Il était dans le coma depuis plusieurs jours », a annoncé à l’AFP Me Jean-François Canis, confirmant une information du journal régional La Montagne.

Wissam El-Yamni, 30 ans, était sous l’emprise de l’alcool, du cannabis et de la cocaïne lors de son interpellation dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, près d’un centre commercial du quartier de la Gauthière, alors qu’il était très excité, d’après les forces de l’ordre, et s’en était pris aux policiers, lançant des projectiles sur leur véhicule.

Après une course-poursuite, il avait été plaqué au sol, menotté puis conduit au commissariat. Il est tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport. Il n’avait pas d’antécédents médicaux. Il présentait des fractures et des lésions au cou lors de l’arrivée des secours.

« Je me garderais d’avoir le moindre avis sur cette question. La seule chose que je voudrais dire, c’est que s’il y a eu une interpellation difficile, ça n’est pas le fait des policiers », a déclaré lundi soir le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.

Depuis la Saint-Sylvestre, une tension palpable est perceptible à Clermont-Ferrand, avec plusieurs dizaines de voitures brûlées ce week-end et une marche silencieuse de plus de 500 personnes samedi.

Les participants, des jeunes gens issus des quartiers populaires de la ville pour l’essentiel, se sont rendus devant le commissariat derrière une banderole sur laquelle était inscrit « Personne au-dessus des lois, stop bavure, on est tous avec toi Wissam ».

Lundi, le calme était revenu dans les quartiers Nord de Clermont-Ferrand. Mais les violences, qui se sont limitées les NUITS dernières à des feux de voitures, sans affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, pourraient prendre de l’ampleur après l’annonce du décès de Wissam El-Yamni.

« Au supermarché en fin d’après-midi, les jeunes ont dit +Il est mort+. Ils ont tous de la colère », a témoigné lundi soir Laure Marchand, habitante du quartier de La Gauthière interrogée par l’AFP.

Elle-même dit avoir été témoin lors de la nuit du réveillon des violences exercées à l’encontre du jeune homme, alors qu’elle fumait une cigarette à sa fenêtre. « Deux personnes l’ont plaqué au sol et lui ont donné des coups au torse et à la tête », assure-t-elle.

La préfecture du Puy-de-Dôme a annoncé lundi le maintien du dispositif de sécurité, renforcé ce week-end à Clermont-Ferrand, avec quelque 420 fonctionnaires de police et de gendarmerie déjà mobilisés la nuit dernière. Est également prévue la mobilisation de deux hélicoptères, l’un équipé d’une caméra thermique, l’autre d’un projecteur. Selon la préfecture, le dispositif de sécurité « pourra être renforcé en fonction des besoins ».

Trois jeunes de 18 à 20 ans ont comparu lundi pour des jets de pierre dans la nuit de samedi à dimanche, qu’ils nient tous les trois. Le premier a été condamné à quatre mois de prison dont deux ferme, le deuxième a été relaxé et le troisième, également poursuivi pour rébellion, condamné à un an de prison ferme, une peine-plancher liée à son « état de récidive ».

Une information judiciaire pour « coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte vendredi par le parquet de Clermont-Ferrand, visant deux fonctionnaires de police qui ont procédé à l’arrestation, et ne sont pas suspendus à ce stade de l’enquête.

« La qualification pénale va changer » et deviendra « violences ayant entraîné la mort », a ajouté l’avocat de la famille, qui va « demander à ce qu’un maximum de témoins soient entendus par les magistrats instructeurs ».

AFP, 9 janvier 2012

Liquidation de Sea France prononcée

France: la liquidation définitive de SeaFrance est prononcée

 

Le tribunal de commerce de Paris a prononcé ce lundi 9 janvier 2012 la cessation d’activité de la compagnie maritime transmanche SeaFrance. Si les 880 salariés espéraient beaucoup de la proposition d’Eurotunnel qui s’était porté acquéreur des ferries pour soutenir le projet de la Scop, ils déclarent maintenant ne pas vouloir baisser les bras. Depuis Berlin où il rencontre Angela Merkel, Nicolas Sarkozy a fait la promesse d’une «solution crédible pour tous les salariés».

Le sort de la compagnie SeaFrance a été scellé ce lundi 9 janvier 2012 à midi. C’est la liquidation totale qui a été décidée par le tribunal de commerce de Paris. Pour les salariés de l’entreprise, c’est une déception immense, un sentiment de colère de promesses non tenues. Les représentants syndicaux annoncent leurs intentions devant la salle d’audience : «Nous allons nous battre ! Nous ne baissons pas les bras ! ».

« C’est un gâchis immense, l’avenir de plus de 1 000 emplois est menacé ! », déplore Me Philippe Brun, l’avocat des salariés. Une réunion est prévue dans l’après-midi pour décider des suites qu’ils entendent donner à leur action.

La suite de l’article ici

RFI, 9 janvier 2012

[Paris] Un policier frappe un militant sifflant l’Internationale

Un homme frappé dans un commissariat pour avoir sifflé «l’Internationale»

Un homme affirme avoir été violemment frappé, dans un commissariat parisien, par un policier agacé qu’il siffle «L’Internationale». Denis Godard, 47 ans, a déposé plainte le 6 janvier 2012 pour violences volontaires aggravées. Depuis son passage le même jour au commissariat du troisième arrondissement, il souffre d’une fracture du plancher de l’orbite (l’os sous l’œil) avec douze jours d’interruption temporaire du travail (ITT). La préfecture de police de Paris a indiqué lundi que l’inspection générale des services (IGS) avait été saisie.

Denis Godard. Denis Godard.© DR

Selon son témoignage recueilli dimanche par Mediapart, il a été interpellé en état d’ébriété rue Beaubourg à Paris, vendredi 6 janvier vers 5 heures du matin, par des policiers de la brigade anticriminalité, alors qu’il se trouvait avec deux de ses collègues, salariés de l’association Act-Up comme lui.

«Nous avions consommé de l’alcool, nous cherchions un taxi et Denis a accroché un scooter avec sa sacoche, on l’a relevé, mais les policiers n’ont rien voulu savoir et ont embarqué Denis», explique sa collègue Cécile Lhuillier, vice-présidente d’Acte Up. 

Amené au commissariat du troisième arrondissement, Denis Godard dit avoir été placé sur un banc dans un couloir bordé de cellules, en attendant l’examen médical de routine à l’Hôtel Dieu. «Je me suis mis à siffler l’Internationale, ce qui m’est passé par la tête, raconte-t-il. Un policier m’a dit qu’il fallait que j’arrête car « J’emmerdais tout le monde, ceux qui travaillaient et ceux qui dormaient ».»

Denis Godard lui aurait demandé ce qu’il comptait faire pour l’arrêter et le policier lui aurait alors montré sa main.

«J’ai continué à siffler, poursuit-il. Le policier a fermé la porte donnant sur le hall du commissariat, ce qui fait que nous étions seuls, et il m’a frappé au visage, une seule fois et la main ouverte. Je lui ai dit qu’il n’avait qu’à continuer comme ça, car les choses se verraient. Il a répondu qu’il savait faire et avait l’habitude. Ensuite, ça s’est arrêté là, trois policiers sont arrivés pour m’emmener à l’Hôtel Dieu. Quand j’ai abordé le sujet, ils ont parlé d’autre chose. Et paradoxalement, j’étais persuadé que ça ne se voyait pas puisque le policier l’avait affirmé !» 

Après quelques heures en cellule de dégrisement, Denis Godard passe devant un officier de police judiciaire. «J’avais un coquard qui commençait à enfler, il a pris ma plainte, il semblait savoir de qu’il s’agissait, même si je ne connaissais pas le nom du policier», explique-t-il. Contacté dimanche soir, l’un des deux OPJ de service au commissariat du troisième n’était pas au courant des faits.

Denis Godard a été examiné samedi aux urgences médico-judiciaires de l’Hôtel Dieu.  «Les médecins étaient surpris par la violence du coup», explique-t-il. Il présente une fracture du plancher orbital et pourrait devoir subir une opération chirurgicale, car un nerf innervant la moitié du visage serait touché. «S’il est lésé, j’aurai un problème de sensibilité définitif pour la moitié du visage», précise-t-il.

Par ailleurs militant du NPA (mais ce militantisme, tout comme son emploi chez Act Up, qu’il n’avait pas mentionné aux policiers, n’ont, a priori, aucun lien avec les faits), Denis Godard se dit scandalisé qu’«un policier se sente suffisamment en situation d’impunité pour agir ainsi, dans un cas aussi anodin».

«Je suis un homme blanc, de nationalité française, âgé de 47 ans, que se passe-t-il quand ce sont de jeunes gens, arabes ou noirs, qui se font arrêter dans des situations plus chaudes ?», demande-t-il.

Mediapart, Louise Fessard, 9 janvier 2012