[Nigeria] Grève générale, au moins un manifestant tué

Grève générale au Nigeria: au moins un manifestant tué

Au moins un manifestant a été tué lundi au Nigeria au premier jour d’une grève générale illimitée contre le doublement du prix des carburants chez le premier producteur de pétrole d’Afrique, déjà ébranlé par la multiplication d’attaques islamistes contre les chrétiens.

Pneus brûlés et manifestants à Lagos, lors de la grève générale, le 9 janvier 2011 au Nigeria

Pneus brûlés et manifestants à Lagos, lors de la grève générale, le 9 janvier 2011 au Nigeria
 

« Une personne a été abattue par la police à Lagos », plus grande ville et capitale économique du pays, a affirmé Abdulwahed Omar, président du Congrès national du travail, lors de manifestations à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria.

« C’est très triste que dans une démocratie les gens qui sortent sans arme pour exprimer leurs doléances soient confrontés à des policiers armés », a-t-il ajouté.

Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues à Lagos dans le cadre de la grève générale, qui n’affectait pas à la mi-journée la production de brut.

 
Rassemblement à Lagos contre la hausse du prix des carburants, le 9 janvier 2012 au Nigeria
 

En début de matinée, des jeunes ont bloqué un important axe routier en enflammant des pneus, jetant des pierres sur les policiers. « Bad Luck Jonathan » (Jonathan la malchance), criaient certains, en détournant le prénom du président nigérian, Goodluck (bonne chance) Jonathan.

Les rues de Lagos, habituellement embouteillées, étaient complètement vides, à l’exception des manifestants.

A Kano, principale agglomération du Nord, la police a lancé des gaz lacrymogènes et tiré des coups de feu en l’air pour empêcher des milliers de manifestants d’accéder au bureau du gouverneur, a constaté un correspondant de l’AFP.

« Au total nous avons 30 blessés, dix-huit d’entre eux ont été blessés par balles », a indiqué le responsable de la Croix-Rouge à Kano Musa Abdullahi.

A Abuja, la capitale fédérale, d’importantes manifestations étaient en cours. Les forces de sécurité tentaient de les empêcher d’atteindre le centre-ville.

Le mot d’ordre de grève générale semblait bien suivi dans le pays, le plus peuplé d’Afrique avec 160 millions d’habitants, également répartis entre chrétiens et musulmans.

« Tout ce que nous voulons, c’est que notre voix soit entendue », a indiqué John Lolawole, secrétaire-général d’un des syndicats appelant à la grève, le Trade Union Congress.

Pas de guerre de religion

Les syndicats exigent que le gouvernement rétablisse les subventions aux carburants, dont la suppression le 1er janvier a entraîné une brusque hausse des prix de l’essence.

Le litre à la pompe est ainsi passé de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 nairas (0,66 euro).

L’Assemblée nationale avait adopté dimanche une motion demandant au gouvernement de faire marche arrière. Les parlementaires ont également exhorté, sans succès, les syndicats à « suspendre leur projet de grève générale et de participer à un dialogue approfondi sur cette question ».

Cette grogne sociale qui risque de paralyser le pays intervient sur fond de tensions interconfessionnelles grandissantes et d’attentats meurtriers.

Depuis les sanglants attentats du jour de Noël qui ont fait au moins 49 morts, six nouvelles attaques contre des chrétiens dans le Nord majoritairement musulman ont fait plus de 80 morts.

La majorité de ces Raids ont été revendiqués par Boko Haram, un groupe islamiste qui réclame l’application de la charia (loi islamique) dans l’ensemble du pays.

Ces violences ne sont pas « une guerre de religion », mais répondent à des intérêts visant à la désintégration de la fédération, a estimé le cardinal Anthony Olobunmi Okogie, archevêque de Lagos.

« Il n’y pas de guerre de religion en cours au Nigeria, mais une féroce persécution qui trouve ses sources dans des ambitions de pouvoir et des causes économiques. Ils veulent désintégrer la fédération mais n’y réussiront pas », a-t-il indiqué dans une interview publiée par le site internet Vatican Insider.

Le pape Benoît XVI a pour sa part déploré lundi que l’objectif de la réconciliation et du respect de « toutes les ethnies et religions » soit encore lointain en Afrique, notamment au Nigeria.

Dimanche, Goodluck Jonathan a admis pour la première fois que Boko Haram disposait de soutiens et de sympathisants au sein du parlement, de la justice et des services de sécurité. Selon lui, les violences antichrétiennes actuelles sont « pires » que la guerre civile des années 60.

AFP, 9 janvier 2012

[Egypte] Quand les femmes ripostent aux milices islamistes

Egypte : Quand les femmes ripostent aux milices islamistes

 Des bandes d’hommes salafistes ultra-conservateurs organisés en milices harcèlent et agressent les commerçants et leurs clientes dans les villes rurales d’Egypte, les accusant de “comportement indécent”, selon les rapports de la presse égyptienne.

Mais lorsque cette semaine ils ont débarqué dans un salon de beauté à Benha, petite ville du Delta du Nil, et ont ordonné aux femmes de cesser leurs activités, les menaçant de violences physiques si elles n’obéissaient pas, les femmes ont riposté, les ont battus avec leurs propres bâtons, et chassés dans la rue à coup de pieds devant la foule.

Source : Socialism Art Nature, 8 janvier 2012

Vu sur Solidarité ouvrière, 9 janvier 2012

Parisot, ennemie de classe

Nous reproduisons ici un article AFP relatant la stratégie de la patronne des patrons, en soulignant quelques propos significatifs de la guerre de classe que mène de plus en plus impunément le patronat, sous prétexte de « crise ».

Faire « sans complexe » le « travail nécessaire » de « compétitivité psychologique » pour devenir « les leaders » par la baisse du « coût de production », tout en recherchant le « compromis » pour « éviter le conflit »… traduction : nous patrons, devons nous organiser pour écraser et exploiter encore plus les salarié-e-s, en recourant à la pression manageriale sans chichi, tout en graissant la patte aux grandes centrales syndicales pour désamorcer toute velléité de résistance des esclaves.

Voilà une déclaration de guerre en effet sans complexe. Il n’y a pas de quoi se gêner, vus les litres de vaseline fournis par les professionnels des centrales syndicales vivant des compromis et de la compromission, qui ont coulé le mouvement contre la réforme des retraites.

Tous ces coquins qui s’empiffrent sur notre dos ne redoutent donc, et ne méritent, qu’une seule chose : la lutte de classe, la vraie. Faisons donc de 2012 une belle année de colère, de sabotage, de grève et d’occupation contre ces exploiteurs. D’auto-organisation, d’expropriation et de révolution  sociale, pour réinventer un monde qui soit enfin le nôtre.

Compétitivité française: « Ce qui manque le plus, c’est le mental », selon Parisot

La présidente du Medef Laurence Parisot a affirmé dimanche que le déficit de compétitivité de la France face à l’Allemagne avait une composante psychologique, en regrettant les complexes de certains industriels face à leurs rivaux d’outre-Rhin.

Aux différentes composantes de la compétitivité, il faudrait en rajouter une autre, « la compétitivité psychologique« , a souligné la dirigeante de la principale organisation patronale française, invitée de l’émission « Internationales » de RFI/TV5Monde/Le Monde.

« Il me semble que ce qu’il nous manque le plus aujourd’hui, c’est cette dimension mentale, c’est de dire que nous allons faire le travail nécessaire pour que nous soyons de nouveaux les leaders« , a regretté Mme Parisot.

Elle n’a pas récusé le terme de « complexe » utilisé par un journaliste et a souligné que la France pouvait faire « aussi bien, même beaucoup mieux ».

Si la France souffre d’un « coût de production beaucoup plus élevé que celui de l’Allemagne« , elle bénéficie désormais d’un crédit impôt-recherche « le plus attractif au monde », a-t-elle fait valoir. Elle a aussi noté qu’une étude récente montrait les progrès réalisés par les industriels français en matière de contenu technologique de leurs produits.

Redresser la compétitivité est une tâche de longue haleine, a-t-elle fait valoir. L’Allemagne, « gagnante aujourd’hui », a engagé ce travail dès 2003, a-t-elle noté.

Pour Mme Parisot, « la principale différence de culture (entre les deux pays) est la capacité qu’ont les Allemands à rechercher le compromis et à éviter le conflit« . « Ils ont une volonté de trouver au final une position commune. C’est cela qui parfois nous manque », a-t-elle regretté.

AFP, 9 janvier 2012

[Clermont] Chape de plomb sécuritaire sur la colère populaire

Nuit moins tendue à Clermont-Ferrand, 3 interpellations, quelques voitures brûlées

Trois personnes ont été interpellées et quelques voitures ont été brûlées à Clermont-Ferrand dans la nuit de dimanche à lundi, au cours de laquelle le niveau de vandalisme « a été nettement inférieur aux nuits précédentes », grâce notamment à un dispositif de sécurité renforcé, selon la préfecture.

Des personnes défilent le 7 janvier 2012 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en soutien à un homme de 30 ans arrêté de façon "musclée" la nuit du réveillon et dans le coma depuis.

Des personnes défilent le 7 janvier 2012 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en soutien à un homme de 30 ans arrêté de façon « musclée » la nuit du réveillon et dans le coma depuis.

 

Le nombre de voitures brûlées est « bien inférieur à une dizaine », selon la même source, qui n’a pas donné de chiffre précis.

Dans la nuit de samedi à dimanche, une trentaine de véhicules étaient partis en fumée, soit le double de la nuit précédente. Six personnes avaient été interpellées et placées en garde à vue. Celles-ci ont été prolongées dimanche soir.

Face aux dégradations, qui durent depuis quatre nuits, le préfet du Puy-de-Dôme, Francis Lamy, avait averti qu’il ne laisserait « pas s’installer de zone de non-droit à Clermont-Ferrand ».

Dimanche, le dispositif de sécurité a donc été considérablement renforcé: 250 hommes étaient prévus sur le terrain, mais « on est monté au cours de la nuit jusqu’à 420 », épaulés par deux hélicoptères, selon la préfecture.

Ces événements font suite à l’interpellation « musclée » durant la nuit de la Saint-Sylvestre d’un homme de 30 ans. Très excité, d’après les forces de l’ordre, il s’en était pris aux policiers, lançant des projectiles sur leur véhicule.

Après une course-poursuite, il avait été plaqué au sol, menotté puis conduit au commissariat. Il est tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport. Il n’avait pas d’antécédents médicaux. Il présentait des fractures et des lésions au cou lors de l’arrivée des secours.

Une information judiciaire pour coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte vendredi par le parquet de Clermont-Ferrand, visant deux fonctionnaires de police qui ont procédé à l’arrestation.

AFP, 9 janvier 2012

[Vellèches – Dangé-Saint-Romain] Vent de colère contre les éoliennes

Vents contraires autour d’un projet éolien

La société Énergie Team étudie le projet d’un parc éolien à Dangé-Saint- Romain et Vellèches. Des opposants viennent de créer une association.

Dominique Baron devant le terrain où doivent être implantées certaines éoliennes.

Dominique Baron devant le terrain où doivent être implantées certaines éoliennes. –

C’est un plateau qui domine le hameau de La Ronde, 300 mètres en contrebas. Ici pourraient bientôt être implantées plusieurs éoliennes. Sauf que Dominique Baron, l’un des propriétaires sollicité par la société Energie Team qui mène le projet, refuse le bail qu’on lui propose. Et mène désormais une fronde ouverte. « Il y a trente ans, on a déjà eu l’autoroute. Aujourd’hui, il n’est pas question d’avoir ça en face de chez moi. »

Très remonté, il a déjà effectué une visite à Coulonges-Thouarsais, là où viennent d’être installées une vingtaine d’éoliennes. « Ils sont tous déçus. Le bruit est insupportable et leurs maisons ont perdu de la valeur. »

Cinq éoliennes ou plus ?

Du côté d’Énergie Team, société française implantée dans la Somme, on ne veut surtout pas inquiéter la population. « On n’en est qu’à la prise de contact, relativise Adeline Gauthier, chargée des projets éoliens. L’accueil est plutôt favorable et nous ne ferons pas le projet sans l’accord des conseils municipaux, même si la loi ne nous y oblige pas. »
D’ailleurs, argumente-t-elle, le projet ne serait pas du tout ficelé et le nombre d’éoliennes pas déterminé même s’il sera « au minimum de cinq comme nous l’impose la loi Grenelle 2 ».
Pourtant, lors de la présentation qu’il en a eu le 24 mai, le conseil municipal de Dangé a reçu des chiffres très précis : trois éoliennes sur Vellèches, deux sur Dangé pour une hauteur globale de 100 à 110 mètres. Même le loyer que percevront les propriétaires est indiqué : 4.200 €/an.
Déjà, le 5 avril dernier, le conseil municipal de Vellèches a approuvé la création du parc (1). « Il n’y a rien de lancé, explique Michel Besson, le maire. Tout le monde a le droit d’être pour ou contre. De toute façon, il y aura une enquête publique. » Et plusieurs propriétaires auraient donné leur accord. Les conseillers dangéens seraient plus circonspects.
Reste que les opposants ne comptent pas en rester là. Quatre d’entre eux, dont Dominique Baron, viennent de créer une association au nom bien choisi : « Vent de colère à Vellèches » (2). Ce soir à Vellèches, à l’occasion de la première réunion du comité de pilotage où sera présenté le projet, ils comptent bien faire entendre leur voix.

Nouvelle République, Laurent Gaudens, 9 janvier 2012