Anonymous Belgium va s’attaquer à Arcelor Mittal en solidarité avec les milliers de salarié-e-s menacé-e-s

Communiqué vidéo d’Anonymous Belgium

Mise à jour du 6 janvier : ça y est, piraté !

Le site belge d’ArcelorMittal piraté par Anonymous

Le collectif de pirates informatiques Anonymous a piraté dans la nuit de jeudi à vendredi le site internet du groupe sidérurgiste ArcelorMittal en Belgique pour protester contre la fermeture de deux haut-fourneaux à Liège.

Anonymous Belgium a ainsi mis à exécution la menace qu’il avait lancé le 1er janvier de s’attaquer au numéro un mondial de la sidérurgie.

A la place de la page d’accueil du site, le groupe a posté un message vidéo dénonçant la fermeture de la phase à chaud du site ArcelorMittal de Liège. « Anonymous a accompli sa tâche en s’attaquant au site de ArcelorMittal et ce fut une réussite, comme vous pouvez le voir », était-il écrit sur le site piraté, qui était bloqué dans la matinée.

ArcelorMittal, qui n’avait pas réagi vendredi matin, avait annoncé fin 2011 la fermeture de ses deux hauts-fourneaux dans le bassin liégeois, qui entraînera la suppression directe d’environ 580 postes sur le site. En ajoutant les emplois indirects, les pouvoirs publics craignent la perte de 1.500 à 2.000 postes de travail dans une région où le chômage est déjà élevé.

Anonymous s’est fait connaître par de très nombreux piratages partout dans Le Monde. En août, le site internet du ministère syrien de la Défense avait notamment été piraté pour protester contre la répression du mouvement de contestation.

AFP, 6 janvier 2012

[Ile d’Oléron] Des habitants de Boyardville victimes de Xynthia contre l’expropriation d’Etat

Dernier carré des expropriables

Vingt-cinq maisons restent dangereuses et expropriables, selon la préfète. Le combat continue face à l’administration.

 La maison appartient à la famille Chaty depuis 1899. Un géomètre détermine aujourd’hui si le seuil de l’habitation dépasse les 2,90m fatidiques fixés par la préfecture – photo Benoît Martin

En tout, 25 habitations : 20 maisons et 5 appartements. Près de vingt-deux mois après le passage de la tempête Xynthia, 25 habitations demeurent donc dangereuses et expropriables, dans le secteur de Boyardville, à Saint-Georges-d’Oléron, selon les critères retenus par la préfecture de la Charente-Maritime.

« Demeurent dangereuses les habitations dont l’altitude du seuil est inférieure à 2,90 m NGF (1) et celles qui ne possédaient pas un étage facilement accessible lors de la tempête », détaille la préfète, Béatrice Abollivier, dans un courrier adressé ces derniers jours aux propriétaires concernés.

Le risque pour ces maisons et leurs habitants, selon l’État, en cas de Xynthia bis ? Voir l’eau monter à 1 mètre et plus dans les habitations, « en cas de défaillance mineure » des digues et autres murets de protections.

Se battre jusqu’au bout

« Nous avons bien eu 1 mètre d’eau, le 28 février 2010, lors du passage de Xynthia. Je m’en souviens bien : ma femme et moi étions montés sur une poubelle pour échapper à l’eau ! », raconte Pierre Quevauviller, 75 ans, propriétaire d’une maison à Boyardville depuis 1977.

La lettre de la préfète, ce fut « un coup de théâtre. Je pensais être exclu de la zone de solidarité grâce à ma mezzanine de 2,50 m. Mais les services de l’État ne veulent pas en tenir compte, sous prétexte qu’elle ne peut accueillir 20 personnes. Un nombre pareil, chez moi, c’est rarissime ! Et puis on pourrait toujours monter dans les combles », explique Pierre Quevauviller.

Comme l’ancien ingénieur refuse d’être « la victime de fonctionnaires tatillons qui perdent de vue la réalité », il va prendre un avocat : « Je suis décidé à me battre jusqu’au bout, quitte à ce que mes quatre enfants reprennent le flambeau. »

Pierre Quevauviller va jouer perso, mais aussi collectif avec l’Association de sauvegarde du site de Boyardville (ASSB). « Tout n’est pas perdu pour ceux qui veulent rester. Il y a encore tellement d’incertitudes. Le combat continue », souligne le secrétaire général de l’ASSB, Patrice Favoccia.

50 cm, ça change tout !

D’abord, sauver les maisons dont le seuil est inférieur au couperet des 2,90 m. Et ce, avant le 5 février (2). « L’État a nivelé depuis les jardins ou la rue, sans prendre en compte un porche ou des marches. 50 ou 60 cm, ça change tout », souligne Patrice Favoccia.

Pour apporter la preuve à l’État, Jacqueline Chaty, propriétaire d’une maison de l’avenue de la Plage, fait venir aujourd’hui, à ses frais, un expert géomètre. Jacqueline fera tout pour sauver sa maison qui appartient à la famille depuis six générations. Dans la cuisine, l’antique et superbe foyer charentais en faïence est protégé par de vieux journaux.

Avec son mari, Bernard, ils ont commencé les travaux de rénovation en août dernier. « On a attendu un an et demi avant d’entreprendre quoi que ce soit. On ne se savait pas où on allait. Aujourd’hui, je veux croire à une espérance individuelle et collective », avance Jacqueline, dans sa salopette de travail blanche.

Après le passage des géomètres, « trois à quatre maisons devraient encore être sauvées », soutient le secrétaire général de l’ASSB. Restera 15 à 16 habitations à sauver. Uniquement des résidences secondaires, sauf une.

« Pas de problème pour ceux qui veulent encore vendre leur bien à l’État, à l’amiable », souligne Olivier Schmitt, président de l’ASSB. Problème d’héritage, maladie, éloignement, grand âge… De nombreux propriétaires ont profité de l’aubaine pour se séparer de leur maison à un prix avantageux, au-dessus du prix du marché.

Ni le Var, ni La Faute-sur-Mer

Pour sauver la poignée de résistants, l’association considère que tout n’est pas perdu : « Beaucoup de portes sont encore ouvertes. » Marteler et marteler encore qu’un rehaussement des digues et la création de murets permettraient de protéger Boyardville, comme le montre une double étude dûment approuvée par le Conseil général.

« Boyardville, ce n’est pas le département du Var et ses torrents de boue. Ce n’est ni Charron, ni Ré, ni La Faute-sur-Mer ! Entre l’obligation d’appliquer une doctrine nationale et la diversité des situations locales, la préfecture se retrouve dans une situation extrêmement embarrassante, s’exclame Pierre Quevauviller. Et puis, de toute façon, l’État est censé ne plus avoir d’argent ! »

(1) Nivellement général de la France. (2) Date limite fixée aux propriétaires par la préfecture pour demander l’évaluation des biens immobiliers par la Direction départementale des finances publiques et bénéficier de l’acquisition amiable de l’habitation par l’État.

Sud-Ouest, Benoît Martin, 5 janvier 2012

Le géomètre leur vient en aide

« Les zones inondables existaient avant Xynthia. Désormais, elles sont renforcées. » Expert géomètre, Thierry Gilloots établit un constat susceptible de lui donner un peu de travail… Surtout si des propriétaires décident d’ajouter des éléments d’altimétrie au dossier de leur éventuelle procédure contradictoire.

Nous parlons ici de la procédure offerte aux habitants par la préfecture. Laquelle vient de définir ce fameux seuil de 2,90 m, en-dessous duquel les maisons de la zone Saint-Georges – Boyardville seront considérées comme dangereuses pour leurs occupants (lire notre édition de mardi). Le travail de Thierry Gilloots, basé à Rochefort, consiste justement à définir l’altitude NGF (1) du seuil des habitations, mais aussi de la voirie ou des digues. « Nous sommes intervenus sur Boyardville avant et après Xynthia, explique-t-il. Après, il s’agissait d’établir des mesures pour le Conseil général et son programme de travaux. » Toutefois, Xynthia n’a pas surchargé l’agenda du cabinet Tournier-Gilloots. D’autant qu’un état des lieux quasi exhaustif avait été réalisé en 2007.

Complexe

« Ce qui intéresse l’État, c’est de connaître le niveau des seuils, nous ne sommes jamais intervenus sur les zones refuges. » Autrement dit, sur des demi-étages et autre planques placées plus haut.

D’après Thierry Gilloots, il est rare de tomber sur un particulier lambda désireux de connaître l’altitude de son terrain ou des étages de sa maison. De plus, le contexte oléronnais semble complexe à ses yeux car, dit-il, « Saint-Georges est occupée par des demeures privées, mais aussi par des propriétés de l’État avec une autorisation d’occupation pour des particuliers. »

Pour tout projet nécessitant un permis de construire, l’expert géomètre fournira un certificat de nivellement. Le seul faisant état de garantie en cas de litige. Or voilà qu’à titre exceptionnel, ces experts seront peut-être amenés à expertiser des maisons pour lesquelles les propriétaires nourrissent un tout autre projet : obtenir un permis de non-démolition.

Sud-Ouest, Thomas Villepreux, 5 janvier 2012

Encore une intimidation policière contre la liberté d’expression

Voici quelques temps qu’à chaque tractage du groupe Pavillon Noir, et dernièrement une diffusion du monde libertaire (qui est pourtant hebdomadaire depuis deux ans et demi place du marché face à notre-dame), les flics déboulent en bagnole pour intimider, prendre un tract, voire contrôler l’identité tout en la connaissant très bien.

Cette fois-ci, c’est aux compagnes-ons de l’Epine Noire… sauf que c’est allé un peu plus loin, avec embarquement au comico de 6 personnes diffusant cet excellent journal de contre-infos poitevines, dont une qui ressort avec convocation au comico pour « port d’armes » : elle y est allée aujourd’hui et en est ressortie avec rappel à la loi, prise d’empreintes et de photos.

Rappelons qu’un compagnon avait été perquisitionné dans une affaire de manif de soutien aux sans-papiers en février 2011, et que du matériel militant (dont de nombreux tracts et affiches Fédération Anarchiste) avait été saisi et détruit sur demande écrite du procureur ; qu’un autre compagnon avait été embarqué au comico à la suite d’une chansonnette collective (du Brassens) à Poitiers cet été…

Les intimidations policières répétées visent à décourager les gens de lutter. Elles ne nous feront cependant rien lâcher à nos idées anti-autoritaires. Bien au contraire, leurs méthodes aussi moisies que le système de fric et de pouvoir qu’elles défendent ne font que nous renforcer dans nos convictions pour une société libertaire et solidaire.

Soutien inconditionnel à toutes les voix en lutte.

Pavillon Noir, Fédération Anarchiste 86, 5 janvier 2011

Le communiqué des compagnes-ons de l’Epine Noire :

Chronique de l’arbitraire (à Poitiers et ailleurs)

Chronique de l’arbitraire*

Quand diffuser de l’information devient potentiellement criminel

Ce mercredi 4 janvier au soir, la police politique de Poitiers était sur les dents. Un  petit nombre de personnes distribuait des tracts ( soutien aux inculpées de Labège [1] ) et un canard local (L’Epine Noire) devant les marches du Théatre-Cinéma de la place d’Armes au Centre-Ville. Pourquoi une distribution à cet endroit? Parce qu’il y avait la  projection du film-documentaire “Tous au Larzac”  avec un débat organisé par les Alternatifs, écologistes et autres. Autant dire qu’il y avait un grand nombre de poitevin-es et des environs qui sont venues pour y assister. L’idée était donc d’informer sur la situation des camarades de Toulouse et de faire connaitre l’Epine Noire… Pas d’entrave à la circulation, pas de papiers par terre (le public était évidemment intéressé par ce que nous distribuions), pas de violence en réunion, pas d’alcool, pas d’armes par destination, que de bonnes intentions.

Nous ne sommes pas rentrés pour la diffusion du film, on aurait peut être dû, vu ce qui s’est passé ensuite. A peine le dernier spectateur entré dans le cinéma, la bac et la police nationale avec pas moins de 6 bagnoles sont venues interpeller 6 personnes dans des rues adjacentes au théatre-Cinéma. Les gardiens de l’ordre ont contrôlé les identités vraiment pour la forme, vu que nos tronches leur sont familières. Puis, ils ont confisqué les journaux ainsi que de simples couteaux. Mais ce n’est pas fini : la police nous amène quand même au commissariat.

Au commissariat, rien de très alléchant, à part peut etre de voir le directeur de la police, Jean-Francois Papineau, et ses collègues avec, entre les mains, l’Epine Noire (c’eût été de belles photos pour le prochain numero). Les 6 personnes embarquées sont sorties, certaines ramenées jusqu’à leur domicile pour  vérification d’adresse. Une personne est sortie avec une convocation au commissariat pour port d’armes, reconvoquée aujourd’hui elle ressort avec un rappel à la loi et ils en ont profité pour prendre ses empreintes et lui tirer le portrait. D’autres personnes, vraisembablement, seront prochainement convoquées pour l’Epine Noire.

La venue du président de la Republique dans la région, aujourd’hui 5 janvier, à l’occasion des  voeux à l’education nationale, est sans doute une des raisons de leur intervention. D’autres suggèrent que c’est la distribution fortuite du canard à un RG qui allait assister au débat sur le Larzac, qui a mit la puce à l’oreille de nos amis les bleus. Les pandores n’auraient-ils pas eu vent d’un article sur le successeur de notre cher Tomasini (P..on), Yves Dassonville qui, après avoir chassé le syndicat (« voyou, disait-il) USTKE en Kanaky entame une nouvelle campagne en terre pictave contre d’autres voyous. Encore un petit effort Dassonville et l’Epine Noire verra croître son audience comme l’USTKE a su résister aux assauts colonialistes.

Cet acte est grave, car il s’agit plus que d’une énième provocation policière pictave à l’encontre de certains individus présumés anarchistes, terroristes, délinquants, voleurs, voyous, et mille autres qualificatifs qui ne sonnent finalement pas plus mal que « PAPON », « baqueux », « educastreur », « parti de l’ordre » ou « serviteur de l’Etat ».
En effet la police a saisi tous les exemplaires de l’ « Epine noire » qui restaient sur chacun d’entre nous. Il s’agit-là d’une atteinte manifeste au droit d’expression et de diffusion d’écrits politiques. Et ça nous ne saurions le tolérer pas plus que le reste. Comme quoi leur démocratie est à géométrie variable…
 
Bref, en tout cas comme ça l’est souvent rappelé, Poitiers reste une ville où le pouvoir teste le degré de résistance, teste des méthodes relevants de la contre-subversion. C’est une confirmation d’un rapport que la police  entretient avec un certain groupe de personnes supposées appartenir à un mouvement politique qui est particulièrement dans le viseur actuellement à Poitiers et ailleurs.Tout est à surveiller comme du lait sur le feu [2].C’est une véritable chasse aux sorcières qui est à l’oeuvre , le spectre des lois scélérates n’est pas loin.

Nous invitons toutes celles et ceux, individuellement ou collectivement à donner leur point de vue sur cette question s’ils le souhaitent.

Qu’ils sachent que ces méthodes qui souhaitent mettre à bas toute contestation du pouvoir, du capital et de ses chiens de garde ne nous décourageront pas.
Au contraire cela nous donne encore envie de continuer de nous battre contre ce monde autoritaire et marchand.

 * ça n’est  pas la première fois que les flics confisquent du matériel militant : http://nantes.indymedia.org/article/19652

[1]http://www.antirep86.fr/2011/12/24/deja-cinq-semaines-de-detention-provisoire-pour-les-inculpe-e-s-de-labege/
[2]http://epinenoire.noblogs.org/?p=57

 L’Epine Noire, 5 janvier 2011

Vu sur le blog antirep 86

[Traduction] « La voix du peuple se fera encore entendre », paroles et écrits de Lucy Parsons

Nouvelle traduction de Lucy Parsons, une petite compilation d’extraits d’articles de journaux de l’époque :

La voix du peuple se fera encore entendre

Paroles et écrits de Lucy Parsons – traduction par Jean (groupe Pavillon Noir, Fédération Anarchiste 86)

Le vingtième anniversaire du 11 novembre, qui vient d’être commémoré à Chicago, a été un grand succès à de nombreux égards, notamment quand au nombre croissant de jeunes gens qui y ont pris part…

Avec ces années si vite passées, les vies de nos camarades sont mieux comprises ; leur grande oeuvre pour le bonheur de l’humanité comprise et reconnue. Comme cela fut toujours le cas des martyrs de toutes les époques…

« La voix du peuple » se fera encore entendre.

The Demonstrator, 20 novembre 1907

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Voilà maintenant 18 mois que j’ai publié les Discours célèbres des martyrs d’Haymarket. Durant tout ce temps, j’ai voyagé de Los Angeles, Vancouver état de Washington et Vancouver en Colombie Britannique, à New York, à deux reprises. J’ai consacré toutes mes énergies à rendre visite à tous les gens de la Fédération Américaine du Travail. J’ai toujours reçu d’eux l’accueil le plus courtois, partout où je me suis rendue. Quelques-uns des organismes les plus connus de ce pays m’ont témoigné leur attention, y compris l’Union fédérale centrale de New york. J’ai frappé sans relâche aux portes des gens de chaque coin, qui m’ont reçu et acheté les Discours. Résultat, j’en ai vendu 10.000 exemplaires et suis sur le point de passer commande pour une sixième édition de 12.000 exemplaires.

Je considère ces Discours comme le plus grand volet de la littérature de propagande qui subsiste ; et suis convaincue qu’en circulant parmi les travailleurs organisés, ils porteront leurs fruits.

The Agitator, 15 décembre 1911

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Le rassemblement d’Haymarket se réfère historiquement à « l’émeute des anarchistes d’Haymarket ». Il n’y a eu aucune émeute à Haymarket, si ce n’est une émeute policière. Le maire Harrison s’est rendu au rassemblement d’Haymarket, et a pris position au procès des anarchistes, pour leur défense, et non pour l’Etat.

La grande grève de Mai 1886 fut un événement historique de première importance, dans la mesure où ce fut… la première fois que les travailleurs eux-mêmes se mobilisaient pour obtenir une journée du travail plus courte par une action unie, et simultanée… cette grève fut la première action véritabement directe sur une large échelle…

Bien entendu, la journée de huit heures peut aujourd’hui sembler désuète, ainsi même que les corporations syndicales. Aujourd’hui, nous devrions lutter pour une journée de travail de cinq heures.

The Industrial Worker, 1er mai 1912

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Le Onze Novembre est devenu une journée d’envergure internationale, chère aux coeurs des amoureux sincères de la Liberté, comme un jour de martyre. Ce jour-là furent sacrifiés à la potence des martyrs aussi sincères pour leurs idéaux qu’on ne le fût jamais à toute autre époque…

Nos camarades ne furent pas assassinés par l’Etat pour avoir eu le moindre rapport avec la bombe, mais parce qu’ils étaient actifs dans l’organisation des esclaves du salariat. La classe capitaliste n’avait pas l’intention de trouver le lanceur de la bombe ; cette classe avait la bête croyance qu’en livrant à la mort les esprits vifs du mouvement des travailleurs de l’époque, elle pourrait terroriser la classe ouvrière au point de la faire retomber dans l’esclavage.

The Agitator, 1er novembre 1912

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Parsons, Spies, Lingg, Fischer and Engel : bien que tout ce qui était mortel en vous repose désormais sous le beau monument du Cimetière de Waldheim, vous n’êtes pas morts. Vous commencez seulement à vivre dans les coeurs de tous les amoureux sincères de la Liberté. Car à présent, après ces quarante années passées depuis votre départ, des milliers de gens qui n’étaient alors pas encore nés désirent ardemment apprendre de vos vies et de votre martyre héroïque, et plus les années passent, plus brillants sont vos noms, plus vous êtes reconnus, et aimés.

Ceux qui vous ont au contraire si abjectement assassinés, sous les prétextes d’une loi – une loi assassine – dans une cour de prétendue justice, sont à présent tombés dans l’oubli.

Reposez en paix, camarades, reposez en paix. Tous les lendemains sont les vôtres !

The Labor Defender, novembre 1926

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Une fois encore ce 11 novembre un rassemblement pour la mémoire se tiendra pour commémorer la mort des martyrs d’Haymarket de Chicago. 1937 est le cinquantième anniversaire, et ce rassemblement s’annonce véritablement bien plus large que tous ceux des quarante-neuf années précédentes…

En ce sombre matin du 11 novembre 1887, j’ai emmené nos deux enfants à la prison pour tenter de dire adieu à mon mari bien-aimé. J’ai trouvé la prison fermée par de lourdes chaînes. Des policiers avec des pistolets patrouillaient dans l’enceinte.

Je leur ai demandé de nous permettre de retrouver celui que nous aimions une dernière fois, avant qu’ils ne l’assassinent. Ils ne répondirent rien.

Alors je dis, « laissez au moins ces enfants dire aurevoir à leur père ; laissez-les recevoir ses bénédictions. Ils ne peuvent faire aucun mal. »

En quelques minutes un fourgon cellulaire arriva et nous fûmes enfermés dans un commissariat de police, pendant que l’acte infernal était perpétré.

Oh, Misère, j’ai bu ta coupe de chagrin jusqu’à la lie, mais je suis toujours une rebelle.

The One Big Union Monthly, novembre 1937

Source : Roediger, Dave, et Franklin Rosemont, éditions Haymarket Scrapbook. Charles H. Kerr Publishing Co., Chicago, 1986.

http://www.lucyparsonsproject.org/writings/voices_of_people.html