Archives de catégorie : Ni patrie ni frontière

[Indonésie] Les mineurs papous toujours en lutte

[INDONESIE] Les mineurs papous toujours en lutte !

 

La longue grève des mineurs papous perturbe les cours du cuivre et de l’or

BALI (INDONÉSIE), ENVOYÉ SPÉCIAL – C’est une grève lointaine qui paralyse depuis des semaines les activités d’une gigantesque mine d’or et de cuivre située au pied d’une montagne reculée, dans l’extrême orient de l’Indonésie. Une province peuplée en majorité par des tribus de l’ethnie papoue. Mais pour lointaine qu’elle soit, cette grève observée par plus d’un tiers des 23 000 mineurs est en train de faire flamber les cours sur les marchés mondiaux : possédée à 90,6 % par le géant américain Freeport McMoRan – le reste étant détenu par l’Etat indonésien –, cette mine recèle l’une des plus grandes quantité mondiale de cuivre et d’or.

Les mineurs protestent contre des salaires insuffisants compte tenu de leurs conditions de travail, des dangers qu’ils prennent et du coût de la vie dans cette province reculée de Papouasie, située à plus de 4 000 kilomètres à l’est de la capitale, Djakarta. Cela fait plusieurs semaines que la colère gronde dans la zone, où plus de 8 000 mineurs, en majorité papous, bloquent les routes d’accès, empêchant les non grévistes d’accéder au chantier. Le conflit est entré dans son troisième mois, le 16 novembre, sans aucun signe de règlement à l’horizon. Les appels du président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, à une « résolution appropriée » de la querelle sont restés sans réponses.

GRAVES ATTEINTES AUX DROITS DE L’HOMME

La province où est située la mine englobe la partie occidentale d’une très grande île dont les régions orientales forment l’Etat de Papouasie Nouvelle Guinée, indépendant depuis 1975, après une longue tutelle australienne et allemande. Appelée province de « Papua » en indonésien, l’ouest de cette même île fut hollandaise avant d’être rattachée formellement à l’Indonésie en 1969.

Depuis, cette région est des plus instables : un conflit largement ignoré du monde extérieur perdure entre des séparatistes papous et l’armée indonésienne, restée toute puissante dans cette province placée sous quasi contrôle militaire. Et interdite aux journalistes occidentaux. Les soldats indonésiens sont perpétuellement accusés de graves atteintes aux droits de l’homme contre la population indigène. Des milliers de manifestants ont encore défilé, le 14 novembre, dans la capitale provinciale, Jayapura, pour réclamer l’indépendance.

Les mineurs de la mine Glasberg, qui sont payés l’équivalent de 1,50 dollar de l’heure, exigeaient, au début du mouvement, une augmentation vingt fois supérieure à leurs actuels émoluments, soit 30 dollars. Ils ont ensuite revu à la baisse leurs demandes, proposant 4 dollars. En face, les Américains ont suggéré une augmentation de 35% par rapport au tarif actuel de 1,50 dollar, c’est-à-dire 53 cents de plus… Les grévistes ont refusé. Depuis, c’est l’impasse.

MANQUE À GAGNER POUR DJAKARTA

L’affaire coûte fort cher à Freeport McMoRan et à l’Indonésie. L’entreprise américaine, qui avait affiché des profits de 5 milliards de dollars tirés de l’exploitation de la mine en 2010, a annoncé des pertes se chiffrant à 19 millions de dollars par jour depuis le début de la grève. Le gouvernement de Djakarta a recueilli, grâce aux revenus de la mine, 1,4 milliard de dollars en impôts et royalties durant le premier semestre 2011, selon le quotidien The Jakarta Globe. On imagine le manque à gagner pour Djakarta.

Freeport a beau affirmer qu’une partie de ces revenus collectés par l’Etat sont reversés à la province et comptent pour 68% du budget de cette dernière, tel n’est pas l’avis des grévistes. Selon certains d’entre eux, rencontrés par un correspondant local de l’AFP, « les écoles publiques et les centres de soins sont en nombre insuffisants et trop éloignés les uns des autres ». En outre, les Papous affirment toucher encore moins que leurs collègues d’Afrique et d’Amérique latine.« Durant toutes ces années, je n’ai jamais reçu ni promotion, ni augmentation », a confié Nus Magay, un mineur. « Et pourtant, a-t-il tonné, je travaille pour une compagnie minière de classe internationale ! »

Presse bourgeoise et colonialiste – Bruno Philip (Le Monde), 21/11/2011

Voir les précédentes luttes menées par les salarié.es contre Freeport ici et

[Chine] Les protestations s’intensifient dans le « grand atelier du monde »

[Chine] Les protestations s’intensifient dans le « grand atelier du monde »

Des milliers d’ouvriers chinois en grève… contre les délocalisations

Plus de 7.000 salariés d’une fabrique de chaussures pour les marques Adidas, Nike et New Balance, du sud de la Chine, ont manifesté pour s’opposer à un potentiel projet de délocalisation vers une province du sud-est. D’autres Chinois se sont pour leur part opposés aux saisies de terres.

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Les Chinois continuent de se révolter. Des milliers d’entre eux ont fait grève contre des licenciements et des réductions de salaires dans une fabrique de chaussures pour les marques Adidas, Nike et New Balance. Dans la province du Guangdong, ce mouvement social a provoqué des heurts avec la police causant de nombreux blessés, selon le China Labor Watch (CNW), groupe de défense des droits de l’homme.

Dans la même région, d’autres Chinois ont manifesté ce lundi contre la saisie de terres. Ils étaient des milliers à défiler dans la ville de Lufeng, selon les habitants. Cette manifestation intervient deux mois après des émeutes au même endroit et pour les mêmes motifs lors desquelles des manifestants avaient attaqué un commissariat et saccagé des véhicules. Des photos publiées sur le site de microblogs weibo montrent des manifestants portant des bannières sur lesquelles on peut lire : « À bas la dictature », « Punissons la corruption » ou « Redonnez-nous nos droits ».

Quant au projet de délocalisation, il a également déclenché la colère de milliers de salariés, dans l’usine de chaussures de Yucheng, près de Huangjiang jeudi dernier. La grève de ces salariés faisait suite au licenciement le mois dernier de dix-huit de leurs cadres, interprété par les ouvriers comme un signe de prochaine délocalisation, a ajouté CNW. L’un des cadres licenciés a déclaré au journal China Business News que son départ faisait partie d’un projet de déménagement de la production dans la province de Jiangxi afin de réduire les coûts qui sont plus élevés dans le vaste pôle manufacturier de Dongguan.

À l’origine également de la contestation : la rémunération des salariés déjà faible qui risque encore d’être réduite. La suppression de primes de rendement et des heures supplémentaires sont aussi à l’origine de la colère des ouvriers de l’usine de Yucheng. « Notre salaire de base mensuel n’est que de 1.100 yuans (130 euros) » et « nous avons vraiment besoin de faire des heures supplémentaires », a déclaré une ouvrière au Yangcheng Evening. Les interventions des autorités locales pour un maintien des heures supplémentaires sont restées sans réponse de la part de la direction de l’usine qui est la propriété d’un groupe d’investissement de Taïwan, selon la presse chinoise.

Le « grand atelier du monde » ne parvient pas à calmer ses salariés mécontents. En effet, cette grève est la dernière d’une série d’incidents et de mouvements sociaux qui ont éclaté dans le Guangdong, région connue pour attirer des dizaines de millions de travailleurs migrants. Depuis l’an dernier, les tensions sociales en Chine s’intensifient.

Leur presse (LaTribune.fr), 21 novembre 2011.


Tensions sociales en Chine : les grèves se multiplient

À la suite des récents mouvements sociaux chez Honda Motor et Foxconn International, qui fabrique des iPhone pour Apple, des grèves ont été signalées dans la province du Jiangxi dans une usine appartenant à des Taiwanais, où l’on fabrique des articles de sport. Une grève a éclaté également à Xian, dans une usine de Brother Industries, entreprise japonaise de machines à coudre.

Les troubles sociaux partis d’usines appartenant à des sociétés étrangères dans le delta de la rivière des Perles, dans le sud de la Chine, semblent s’étendre à des régions moins favorisées de l’intérieur, élargissant un mouvement mené par des ouvriers qui souhaitent voir leurs salaires suivre l’évolution des richesses du pays.

Cette série de grèves est un sujet d’inquiétude pour le Parti communiste chinois, qui de longue date s’efforce de désamorcer tout conflit social et de sanctionner les grévistes.

À la suite des récents mouvements sociaux chez Honda Motor et Foxconn International, qui fabrique des iPhone pour Apple, des grèves ont été signalées dans la province du Jiangxi dans une usine appartenant à des Taiwanais, où l’on fabrique des articles de sport. Une grève a éclaté également à Xian, dans une usine de Brother Industries, entreprise japonaise de machines à coudre.

IL SUFFIT D’UNE ÉTINCELLE

Aussi bien le Jiangxi que Xian sont relativement distants des régions côtières riches proches de Hong Kong et Shanghai.

« Il suffit maintenant d’une étincelle et les nouvelles se propageront à travers toute la Chine, ce qui pourrait déclencher d’autres mouvements sociaux dans d’autres usines », estime Paul Tang, chef économiste à la Bank of East Asia à Hong Kong.

La majeure partie de ces conflits sociaux portent sur les salaires, la hausse du coût de la vie et la longueur des journées de travail. De leur côté, les patrons cherchent à maîtriser les coûts pour continuer à faire venir des investisseurs attirés par une main d’œuvre bon marché.

GRÈVE À XIAN

Ces conflits reflètent en outre l’arrivée d’une nouvelle génération de Chinois qui ont grandi dans les zones économiques du sud et de la côte, très tôt tournées vers les réformes. Cette génération-là n’a guère de souvenirs du passé socialiste et d’événements comme la répression du « Printemps de Pékin », qui fit des centaines de morts début juin 1989.

Si le mouvement fait réellement tache d’huile, le gouvernement central devra soit faire des concessions à des ouvriers de plus en plus revendicatifs, soit prendre le parti des investisseurs, jugés essentiels à la bonne tenue des exportations du pays. L’excédent commercial de la Chine a fortement augmenté en mai, soutenu par un bond des exportations.

Dernière grève en date à être signalée, celle qui touche deux usines, soit 900 ouvriers, de Brother Industries, dans la ville de Xian, au centre du pays. Le mouvement a tout d’abord provoqué l’arrêt de la production, qui a repris par la suite. La compagnie a dit être en pourparlers avec les grévistes, qui réclament des hausses de salaires et une amélioration des conditions de travail.

D’AUTRES MOUVEMENTS

En outre, 8.000 ouvriers chez Smartball, un fournisseur taiwanais d’Adidas se sont mis eux aussi en grève. Un représentant d’une association d’hommes d’affaires taiwanais à Jiujiang, où Smartball est implanté, a indiqué que la production avait repris jeudi dans l’usine, après un contentieux lié aux salaires.

Mercredi, des médias taiwanais ont rapporté que 2.000 ouvriers d’une usine de machines-outils à capitaux taiwanais, près de Shanghai, s’étaient mis eux aussi en grève, mardi.

Des ouvriers d’une filiale shanghaienne du fabricant taiwanais de LCD Chimei Innolux ont brièvement cessé le travail pour réclamer de meilleures primes, mais le conflit a été réglé et le travail a repris.

Honda a par ailleurs annoncé que la production reprendrait vendredi dans deux usines automobiles chinoises mises en chômage technique deux jours durant cette semaine, en raison d’une grève chez un fournisseur.

Le mouvement social chez ce fournisseur, filiale du constructeur qui fabrique des composants pour les pots d’échappement, a pris fin mercredi soir et sa production a repris jeudi.

Leur presse (Reuters), 10 juin 2010.


[Chine] Des coquillages à la sauce métaux lourds

Amateurs de fruits de mer, prudence ! La pollution chimique des côtes chinoises atteint des niveaux élevés. Adieu huîtres et mollusques…

Alors que les médias de la province du Guangdong [sud de la Chine] révèlent une concentration de cuivre 740 fois supérieure à la normale dans des huîtres, à une embouchure de la rivière des Perles, le 9 octobre dernier, à Wenling, dans la baie de Yueqing [province côtière du Zhejiang, un des grands centres aquacoles de Chine], M. Huang déguste justement une omelette aux huîtres.

Ce paysan de 48 ans ne mange déjà plus depuis huit ans le riz qu’il plante, car il a été prouvé que la prévalence élevée des cancers dans son village est liée à une pollution [des sols] aux métaux lourds. Il fait désormais très attention. Mais voilà que maintenant les fruits de mer vont devenir pour lui un nouvel aliment interdit !

Selon le “Rapport sur la qualité de l’environnement marin de la province du Guangdong en 2010”, les polluants rejetés en mer au niveau des huit principales embouchures de la rivière des Perles auraient été estimés à plus de 1 million de tonnes. Ils seraient à l’origine de dépassements importants des teneurs en métaux lourds autorisées dans certains coquillages.

Un inspecteur chargé de la protection de l’environnement maritime a révélé que la pollution aux métaux lourds provient en grande partie des rejets clandestins des industries chimiques dans les eaux littorales. Toute la côte est touchée par ce type de pollution. Celle de la baie de Yueqing n’est qu’une illustration de ce qui peut arriver aux villes côtières cernées par les industries.

Un haut fonctionnaire de Wenling explique que sa région a été pendant un temps “la plus grande base de démontage et de recyclage de déchets électroniques en Chine”, avec une capacité de traitement de plus de 2 millions de tonnes par an. Les villageois employaient des acides comme le vitriol et l’acide nitrique pour extraire les composants métalliques. La gigantesque pollution générée avait provoqué la disparition des poissons et écrevisses du ruisseau Tongshan, aux eaux jadis limpides.

La pollution aux métaux lourds se déplace au fil de l’eau jusqu’à la mer, où ces substances finissent par s’accumuler, en particulier dans les coquillages, avant de nuire finalement à la santé des hommes qui les consomment. Cette pollution se déverse chaque jour aux embouchures des différents cours d’eau qui constellent les 18’000 km du littoral chinois.

Marées rouges toxiques

“La pollution des mers qui bordent la Chine par les métaux lourds est devenue un problème global”, souligne Guo Yuanming, ingénieur principal à l’Institut de recherches sur les ressources aquatiques océanes du Zhejiang. Du nord au sud de la Chine, aucune région n’est épargnée. Ainsi, des études effectuées dans le golfe de Bohai [nord-est] ont mis en évidence la qualité médiocre des coquillages élevés dans la plupart des fermes conchylicoles de la province du Hebei. En mer de Chine orientale, la situation s’avère encore plus catastrophique. “L’eau contient du plomb et du mercure à des niveaux bien supérieurs aux normes, et il arrive que des sédiments présentent des teneurs anormales en cuivre et en cadmium.”

La pollution se transmet ensuite très facilement aux produits de la mer. Entre juin 2005 et juin 2006, le Centre d’observation de l’environnement en mer de Chine orientale a prélevé une fois par mois des échantillons sur quatre marchés de gros de Shanghai spécialisés dans les produits de la mer. Résultat, “sur les quinze variétés de coquillages mis en vente, deux présentaient des dangers pour la santé, une devait être consommée avec prudence et quatre seulement pouvaient être mangées quasiment sans problème”.

Plus au sud, dans le golfe du Tonkin, dont les eaux étaient jusqu’à alors considérées comme d’assez bonne qualité, des chercheurs ont découvert en 2008 une “assez grave pollution par les métaux lourds”. Dans la province du Guangxi [sud], selon les conclusions d’études publiées en 2011, “deux variétés d’huîtres peuvent constituer une sérieuse menace pour la santé, du fait de la présence de métaux lourds”.

Les “marées rouges” [dues à des microalgues toxiques] qui touchent de temps à autre les côtes chinoises sont probablement une menace plus grave et plus directe pour la sécurité des produits de la mer que le dépassement des teneurs autorisées en métaux lourds. “Au cours du premier semestre, l’ingestion de moules toxiques ramassées dans la région frontalière entre les provinces du Fujian et du Zhejiang a provoqué des diarrhées chez plusieurs personnes. Par le passé, on a déjà enregistré des morts à la suite de la consommation de mollusques”, explique Guo Yuanming. Les données de l’Observatoire de l’environnement de la mer de Chine orientale montrent une tendance à la hausse du phénomène, avec une augmentation des “marées rouges” toxiques.

Impossible non plus de négliger le problème de la pollution par des matières organiques persistantes. Car la pollution liée aux composés organiques est très souvent cancérigène. Les organoétains [dont le tributylétain (TBT), substance chimique utilisée dans les peintures navales antifouling pour empêcher les mollusques et les organismes de se développer sur les parois des bateaux] pourraient même provoquer des mutations sexuelles [chez l’homme]. “Les effets cancérigènes ne s’observent qu’à long terme. Il faudra sans doute attendre une vingtaine d’années pour en avoir confirmation, mais à ce moment-là il sera trop tard !”

Traduit du chinois (Lü Minghe, Nanfang Zhoumo) – Courrier international, 17 novembre 2011.


[Chine] Les scandales alimentaires ne cessent de se multiplier dans le pays
Profiter… à en crever !

Les scandales alimentaires se multiplient ? La faute à une société qui perd les pédales face à l’argent et qui voit ses règles de conduite s’étioler.

Le Premier ministre Wen Jiabao a sévèrement condamné, en avril dernier, les scandales alimentaires préjudiciables au peuple chinois. Qu’il s’agisse du lait contaminé à la mélamine, du clenbutérol (anabolisant donné aux porcs), de l’huile frelatée ou des petits pains à la vapeur colorés (avec des produits toxiques), « tous ces scandales concernant la sécurité alimentaire suffisent à révéler un manque évident d’intégrité, ainsi qu’un déclin de l’éthique extrêmement grave ». Ils soulignent également la nécessité d’étudier avec attention le renforcement de la culture morale au sein de cette société chinoise en période de transition.

Pas de sanction dissuasive

Car ces scandales alimentaires se multiplient. Pourquoi ? En matière de sécurité alimentaire, la société a perdu sa capacité à assainir ses mœurs, à mûrir et à se corriger. La preuve en est : les erreurs commises par une entreprise n’ont pas servi de leçon aux autres, les fautes professionnelles de certains départements (de l’administration) n’ont pas sonné le tocsin pour les autres. Et les mesures prises pour sévir contre certains agissements contraires à la morale, à la loi et aux institutions n’ont pas eu l’effet dissuasif attendu. En matière de sécurité alimentaire, les valeurs idéologiques liées aux concepts de civilisation et de culture n’ont plus la force de faire aller la société de l’avant, ni celle de faire sortir l’homme de sa barbarie, de son ignorance et de son aveuglement pour le guider vers la civilisation, la dignité et la modernité. Ce qui m’amène à la question suivante : pourquoi notre culture morale a-t-elle perdu cette force ?

La raison fondamentale tient au fait que le concept culturel du respect de la vie n’a pas été érigé en règle de conduite dans notre société. C’est précisément parce que ce respect n’est pas inscrit dans l’inconscient collectif que même ceux qui préfèrent « mourir plutôt que de manger ça ! » n’hésitent pas à produire et à donner à manger aux autres ces aliments toxiques, et c’est aussi pour cette raison que ces actes sont encore régulièrement considérés avec plus ou moins d’indulgence.

L’argent avant tout

La raison essentielle de ce dysfonctionnement tient aux lignes de conduite de la culture chinoise, certaines étant aussi friables que si elles étaient constituées de “fromage de soja” ! Les normes du système qui régit le fonctionnement social sont souvent confrontées au défi que leur oppose “l’arrogance” de certains. Si les fonctionnaires sont corrompus, les commerçants malhonnêtes, le petit peuple sera à leur image. Tant que miroite la possibilité de faire de l’argent, peu importe que les aliments soient toxiques, et peu importe que les moyens soient illégaux ou criminels. Plus le profit est élevé, plus il est facile de s’écarter de la ligne de conduite. Plus les mutations de la société sont profondes, et plus les manquements à cette ligne de conduite sont flagrants.

Si ce déclin se poursuit, l’homme se rapprochera inexorablement de l’animal. Pourtant, si l’animal qui mange de l’herbe empoisonnée se montre encore capable, au prix de sa vie, d’avertir ses congénères, certains hommes fournissent à leurs semblables des aliments toxiques, conduisant à l’autodestruction de l’espèce. Cela met en lumière que la ligne de conduite instituée sur des concepts de civilisation traditionnels et modernes est inadaptée face à l’argent.

Leur presse (Chen Jiaxing, Le Journal de Saône-et-Loire), 20 novembre 2011.

[Egypte] Les affrontements se poursuivent : plus de 30 morts en 3 jours

Les affrontements se poursuivent en Egypte

Des manifestants continuaient dimanche de s’opposer aux forces de l’ordre sur la place Tahrir du Caire, au lendemain d’une journée d’affrontements ayant fait deux morts et près de 800 blessés.

Dans des scènes qui n’étaient pas sans rappeler la révolution de février qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, des centaines de jeunes Egyptiens ont scandé « le peuple veut la chute du régime », réclamant à l’armée un transfert rapide des pouvoirs.

Des milliers de jeunes manifestants continuaient de défendre dimanche matin leur présence sur la place Tahrir en disposant des barrières.

« Voilà ce que fait le ministère de l’Intérieur, qui dit faire acte de légitime défense ! », criait un manifestant brandissant une cartouche. Dans les rues portant les stigmates des évènements de la nuit, d’autres montraient des douilles et des restes de bombes lacrymogènes.

Les heurts ont éclaté samedi lorsque les policiers ont tenté d’évacuer les quelque 500 manifestants qui se trouvaient toujours sur la place, au lendemain d’une grande manifestation qui avait réuni 50.000 personnes.

Un homme de 23 ans a été tué par balle au Caire, un autre à Alexandrie, et 766 personnes ont été blessées selon le ministère de la Santé cité par l’agence de presse officielle Mena.

Un responsable des forces de sécurité a assuré que la police n’avait pas tiré à balles réelles et que l’armée était restée en dehors des affrontements.

Reuters – Marwa Awad et Shaimaa Fayed – dimanche 20 novembre 2011

Le bras-de-fer continue place Tahrir au Caire : au moins 33 morts

Les heurts entre des manifestants hostiles au pouvoir militaire et les forces de l’ordre se poursuivent ce lundi au Caire. Ce qui laisse craindre le report des élections législatives prévues dans une semaine.

Blessé évacué de la place Tahrir cette nuit © Reuters Amr Dalsh

Au moins 33 morts au Caire, selon le ministère égyptien de la Santé. Peut-être davantage… Les affrontements entre les manifestants islamistes et libéraux réunis place Tahrir depuis vendredi et la police égyptienne ont pris une tournure particulièrement violente hier. Ce matin encore, quelque 3.000 personnes affrontent à coup de pierres la police anti-émeute, armée de son côté de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. 

Des heurts à une semaine des premières élections législatives depuis la chute de Moubarak. Elections menacées désormais de suspension. Les Frères musulmans, les mieux placés dans les sondages, ne veulent pas en entendre parler.

Les manifestants réclament notamment le retrait d’une réforme constitutionnelle destinée à maintenir ad vitam les privilèges de l’armée, actuellement au pouvoir. Ils exigent aussi de l’armée qu’elle cède les rênes du pays aux civils, dès la fin des législatives, alors que le Conseil militaire l’envisage pour bien plus tard, fin 2012 ou début 2013.

France Info, 21 novembre 2011

[CHINE] Plus de 7000 travailleurs en grève contre licenciements et réductions de salaires dans le sud du pays

[CHINE] Plus de 7000 travailleurs en grève contre licenciements et réductions de salaires dans le sud du pays

Chine: grève dans une fabrique de chaussures Nike et Adidas

(Belga) Plus de 7.000 salariés d’une fabrique de chaussures Adidas, Nike et New Balance du sud de la Chine ont fait grève contre des licenciements et des réductions de salaires et des heurts avec la police ont fait plusieurs blessés, a annoncé un groupe de défense des droits de l’homme.

Des dizaines d’ouvriers ont été blessés jeudi lorsque la police a tenté de démanteler un barrage installé par les grévistes sur la rue principale de la ville située près de Dongguan, dans la province de Guangdong, a indiqué vendredi soir dans un communiqué le China Labor Watch (CNW), organisation spécialisée dans la défense des droits de l’homme. Les salariés de l’usine de Yucheng, près de Huangjiang, se sont mis en grève après le licenciement le mois dernier de 18 de leurs cadres, interprété par les ouvriers comme un signe de prochaine délocalisation, a ajouté CNW dont le siège est à New York. L’un des cadres licenciés a déclaré au China Business News que son départ faisait partie d’un projet de déménagement de la production dans la province de Jiangxi afin de réduire les coûts qui sont plus élevés dans le vaste pôle manufacturier de Dongguan. Cette grève est la dernière d’une série d’incidents et de mouvements sociaux qui ont éclaté dans le Guangdong, région connue comme le grand atelier du monde qui attirent des dizaines de millions de travailleurs migrants.

Presse bourgeoise – Le Vif (avec Belga), 19/11/2011 à 11h

Résolution du conseil de l’Europe contre la violation par la France du droit des Rroms en matière de logement et de circulation

Zebulon 1er rappelé à l’ordre par une instance européenne au sujet des roms

En ce jeudi 17 novembre 2011, quoi de neuf en ce monde ??? La polémique remonte à l’été 2010 mais la conclusion du Comité européen des droits sociaux est sans appel: la politique de démantèlement des camps roms décidée par la France a été discriminatoire et contraire à la dignité humaine.

La volonté de supprimer les campements illégaux avait été annoncée par Zebulon 1er à la fin du mois de juillet après les dégradations commises le 18 juillet à Saint-Aignan (Loir-et-Cher). Les annonces de Zebulon 1er avaient suscité de vives réactions de la part des organisations de défense des droits de l’homme mais aussi de la Commission européenne et de la Roumanie, dont les ressortissants étaient particulièrement ciblés.

«Les mesures en cause révèlent un non-respect des valeurs essentielles inscrites dans la Charte européenne, notamment la dignité humaine, dont la nature et l’ampleur vont au-delà des violations ordinaires de la Charte», affirme l’instance européenne dans un rapport publié ce jeudi.

La France a violé à la fois les règles relatives au droit au logement et celles en vigueur en matière d’expulsions, affirme ce Comité d’experts, dont les avis s’imposent aux Etats et qui est chargé de veiller au respect de la Charte européenne des droits sociaux par les Etats membres.

 Il avait été saisi d’une réclamation émanant du Centre sur les droits au logement et les expulsions, une organisation non gouvernementale basée à Genève.  La circulaire du 5 août 2010, qui ciblait en priorité les camps roms avant d’être remplacée par un nouveau texte juridiquement moins attaquable le 13 septembre, «a donné lieu à un traitement clairement et directement discriminatoire», ajoute le Comité.

Quant aux renvois des Roms d’origine roumaine et bulgare vers leur pays – un millier pour le seul mois d’août 2010 selon le gouvernement français – ils s’apparentent à des expulsions collectives prohibées par la Convention européenne des droits de l’homme, selon lui.  Le gouvernement français n’a même pas pris la peine d’établir au cas par cas le caractère irrégulier du séjour des Roms concernés par ces expulsions, affirment les experts.

 Ils balayent les arguments de la France, pour qui ces départs étaient volontaires, chaque candidat au retour se voyant proposer une aide de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant puisque l’acceptation de cette aide «révèle une situation de grande précarité ou une situation de dénuement où l’absence de liberté économique comporte un danger pour la jouissance effective de la liberté politique d’aller et de venir», analysent les experts.

Evoquant un précédent constat de violation établi en 2009 contre la France en matière de droit au logement des Roms, ils constatent «non seulement l’absence de progrès mais une régression évidente».  La France est donc invitée à adopter des «mesures de réparation adéquates» mais a également «l’obligation d’offrir des assurances appropriées et des garanties de non répétition» de ces violations de la Charte sociale, concluent-ils.  Le Comité des ministres du Conseil de l’Europe, chargé de la mise en oeuvre des conclusions de ce rapport, a adopté mercredi une résolution invitant Paris à lui faire part des mesures prises ou envisagées.

Mais ne rêvons pas tous cela restera lettre morte et Zebulon 1er tout comme l’obersturmführer  Guéant, continueront leur chasse aux roms et autres immigres, car maintenant « c’est réglé,  çà y est c’est formel,  ça y est c’est confirmer par voie ministérielle,  les nazillons sont lâchés,  les bidochons décomplexés,  carte blanche pour les gros beaufs qui ont la haine pour l’étranger «  comme le dit ZEP dans sa chanson. La France est raciste et nous nous devons de combattre cet état de fait avant qu’il ne soit trop tard.

Voila encore un jour en ce beau monde….allez allez circulez il y a rien à voir !!!!!

Groupe de Béthune (FA), 17 novembre 2011